Nature en ville à Cergy-Pontoise | Espace d’information et d’échange pour les acteurs du territoire, ces 365 derniers jours

Espace d’information et d’échange pour les acteurs du territoire



mercredi 27 janvier 2021

  • Ce week-end on compte les oiseaux !

    Comme tous les ans à cette période, l’observatoire Oiseaux des Jardins vous propose un weekend spécial « comptage des oiseaux des jardins ». Il suffit de mettre à disposition une heure d’observation, et quelques minutes de saisies des données sur le site de l’observatoire. Toutes les informations concernant le protocole sur ce lien.

    Etes-vous prêts ?

    Il n’est pas toujours facile de distinguer les oiseaux quand ils se posent un peu loin. Surtout en cette période, ils ne chantent pas ou peu et la luminosité n’aide pas à les voir nets. En revanche, certains détails ne trompent pas. Saurez-vous reconnaître les oiseaux sur ces photos de faible qualité ?

    Un indice, ils sont tous présents sur la fiche de OiseauxdesJardins.

    Oiseau n°1

    Oiseau n°1 © CACP – Emilie Périé

    Oiseau n°2

    Oiseau n°2 © CACP – Emilie Périé

    Oiseau n°3

    Oiseau n°3 © CACP – Emilie Périé

    Les avez-vous tous reconnus ? Voici leur noms !

    Oiseau n°1 – La grive draine

    La grive draine © CACP – Emilie Périé

    La taille et la morphologie de l’oiseau permettent d’orienter vers la bonne famille : de loin, elle a l’aspect des grives et des merles. Les mouchetures très rondes sur le ventre précisent l’espèce : la grive draine.

    Oiseau n°2 – Le chardonneret élégant

    Le chardonneret élégant © CACP – Emilie Périé

    La taille et le comportement de l’oiseau sont de bons indices : souvent en groupe en train de picorer les graines dans les arbres. Mais le masque rouge, que l’on peut distinguer même de loin, est sans équivoque pour reconnaître le chardonneret élégant !

    Oiseau n°3 – Le pic vert

    Le pic vert © CACP – Emilie Périé

    Bien qu’il soit le plus souvent observé dans l’herbe où il mange des fourmis, il lui arrive de se poser dans un arbre, il est alors un peu caché parmi les branches. Les couleurs de son ventre et son dos, les moustaches bien visibles et les mouchetures sur le bords de l’aile permettent de déterminer le pic vert ; ici une femelle (les moustaches sont noires et non rouges).

    A vos observations !


lundi 25 janvier 2021

  • Huppés et dorés

    Lors des rencontres naturalistes 2020 un des intervenants nous a présenté les résultats d’une étude concernant deux oiseaux aux noms aussi esthétiques que leurs plumages : le comptage 2020 des vanneaux huppés et des pluviers dorés.

    Une grande partie de ces oiseaux, arrivant de Scandinavie et d’Islande, passent l’hiver en Île-de-France. D’après les résultats de ce comptage, près de 5% de la population mondiale de pluviers dorés hivernent en Île-de-France (soit environ 100 000 individus) !

    Ces oiseaux limicoles (qui fréquentent les marais et les zones côtières l’été) passent l’hiver dans les espaces de grandes cultures, où les champs à végétation rase à perte de vue leur permettent de se rassembler en grands groupes (parfois jusqu’à 6000 individus) et de se nourrir des petits invertébrés du sol (coléoptères, vers, araignées, …).

    L’ornithologue indique qu’en 2020 dans le Val d’Oise les observateurs ont certes étaient moins nombreux que dans les autres départements d’Île-de-France mais les vanneaux et pluviers étaient également beaucoup moins présents. Tout de même, les 5000 vanneaux sur les 100 000 recensés en 2020 et 2000 pluviers sur les 95 000 comptés sont sans doute revenus, et il faut bien qu’ils soient posés quelque part ! Et selon lui, janvier est une bonne période pour prospecter. Allons y !

    Profitant d’une éclaircie je pars donc arpenter les champs au nord ouest de l’agglomération, du côté de Puiseux-Pontoise et Courdimanche.

    J’aperçois essentiellement des groupes de mouettes rieuses qui se nourrissent dans les champs mais … là peut-être ? J’arrête la voiture et sors les jumelles.

    Groupe de vanneaux huppés © CACP – Emilie Périé

    Oui ! Les motifs noirs et blancs ne trompent pas, ce sont bien les vanneaux huppés ! Je trouve un endroit où garer la voiture et me rapprocher un peu du bord du champs, mais les vanneaux restent assez loin de la route.

    Vanneau huppé, pluvier doré et mouette rieuse © CACP – Emilie Périé

    Loin, mais tout de même visibles. J’en compte une petite centaine au milieu des mouettes. Et ils ne sont pas seuls, au premier rang on distingue deux pluviers dorés. En tout j’en dénombrerai 10.

    Vanneau huppé, Vanellus vanellus © CACP – Emilie Périé

    Quand je parlais d’esthétique, ce n’était pas exagéré. Avec ses motifs noirs et blancs, les reflets verts de ses ailes et sa fine huppe je le trouve très élégant.

    Pluvier doré, Pluvialis apricaria © CACP – Emilie Périé

    Les pluviers sont restés loin de mon objectif, mais on distingue un peu la silhouette fine et le plumage doré de l’oiseau.

    On est loin des envols de milliers d’oiseaux (qu’on peut retrouver dans la présentation de Maxime Zucca ci-dessous), mais ils étaient tout de même présents. Essayons de faire en sorte qu’ils reviennent dans les prochaines années.

    Sources :

    La présentation de Maxime Zucca lors des rencontres naturalistes, Youtube

    La présentation de Maxime Zucca lors des rencontres naturalistes, support PDF

    Retrouvez d’autres clichés des vanneaux huppés à Cergy-Pontoise :

    Les bronzés à la plage

    Vanneaux


jeudi 21 janvier 2021

  • WetLands 2021

    Le WetLands est le premier protocole de l’année. C’est un comptage à l’échelle internationale qui consiste à compter les oiseaux hivernants des milieux humides. A la mi-janvier, la plupart des migrateurs venus du nord pour passer l’hiver sur les plans d’eau franciliens et échapper au froid et à la neige sont arrivés. Le 15 janvier dernier, avec les coordinateurs de la LPO, nous avons donc participé au comptage de l’un des sites majeurs de la Région : l’île de loisirs de Cergy-Pontoise.

    L’île de loisir de Cergy-Pontoise © CACP – Emilie Périé

    C’est un maigre bilan que celui de notre premier comptage de l’année. Les populations d’oiseaux d’eau sont en nette baisse.

    Ce sont quelques 90 cormorans qui sont venus se poser pour passer la nuit sur leur dortoir habituel au milieu de l’île de loisirs.

    Cormoran immature – Cergy, 2020 © CACP – Emilie Périé

    Un seul fuligule morillon passait sur un bassin en compagnie de canards colverts. A titre indicatif, il arrivait plusieurs centaines de fuligules à cette même période 20 ans plus tôt.

    Fuligules morillons – Cergy, 2014 © CACP – Gilles Carcassès

    Les colverts, qui ont totalisé une petite soixantaine d’individus, étaient également accompagnés de deux canards mandarins.

    Canards mandarins – Cergy, 2019 © CACP – Gilles Carcassès

    Les foulques macroules ont difficilement atteint les 20 individus et moins de 10 poules d’eau ont été contactées.

    Gallinule poule d’eau – Cergy, 2018 © CACP – Gilles Carcassès

    Nous avons également croisé 5 hérons cendrés et presque autant de cygnes tuberculés.

    Héron cendré – Cergy, 2020 © CACP – Emilie Périé

    Malgré la déception due à ces très faibles effectifs, nous avons tout de même eu la chance d’observer le ballet de quelques milliers de mouettes rieuses s’envolant de l’eau pour rejoindre un dortoir, probablement plus au sud sur la Seine, de quoi égayer la journée. Non non, il ne neigeait pas encore !

    Mouettes rieuses – Cergy © CACP – Emilie Périé

    Et toujours, pour nous tenir compagnie, l’ami rougegorge.

    Le rougegorge, toujours curieux © CACP – Emilie Périé

    Pour aller plus loin :

    Le WetLands, par la LPO

    Quelques retours des années passées :

    Edition 2015

    Edition 2016

    Edition 2020


mercredi 20 janvier 2021

  • Xysticus cristatus

    Un nouveau colocataire

    Xysticus cristatus, jeune mâle © CACP – Emilie Périé

    Décidément, il en passe du monde dans mon bac à tomates ! Cette fois-ci c’est sur les feuilles de menthe qu’une araignée s’est laissée tirer le portrait. Après Steatoda triangulosa et sa proie, nous avons maintenant affaire à un jeune mâle de Xysticus groupe cristatus.

    Caractéristiques de notre jeune ami

    Xysticus cristatus, jeune mâle © CACP – Emilie Périé

    Sur la première image nous voyons les palpes à l’avant (les sortes de gants de boxe rougeâtres), il s’agit donc d’un mâle.

    L’individu a les pattes avant plus longues et imposantes que les pattes arrières, nous pouvons donc le chercher parmi les araignées crabes. La clé d’identification des araignées crabes du SPIPOLL m’indique qu’avec des couleurs ternes (gris, noir et brun) et des chevrons dessinés sur l’abdomen il s’agit du genre Xysticus. 

    Ceci est confirmé par mon expert arachnologue : le motif en pointe noir du thorax et les trois épines visibles sur les pattes avant permettent même d’aller jusqu’à dire que notre individu est du genre Xysticus et du groupe d’espèces cristatus (« crêté » en rapport avec la forme des chevrons). Être plus précis sur seules photographies est impossible (et je n’ai pas vraiment envie de disséquer mon hôte).

    Xysticus cristatus, jeune mâle © CACP – Emilie Périé

    De plus, cette espèce ne chasse pas avec des toiles mais directement en capturant les insectes floricoles, donc elle ne risque pas de perturber mon ménage.

    Le seul moment où ce mâle pourrait tisser une toile serait lors de la reproduction, pour fixer la femelle au sol et éviter de se faire dévorer à la fin de l’acte (malin!) ; ce qui ne risque pas d’arriver de si tôt puisque celui-ci n’est pas encore totalement adulte et que je n’ai vu aucune femelle dans l’appartement.

    Sources :

    Xysticus cristatus, par l’INPN

    Images dans la galerie de Insecte.org

    La clé des araignées crabes du SPIPOLL


lundi 18 janvier 2021

  • La fauvette à tête noire en hiver

    Un petit nouveau dans BirdLab

    Fauvette à tête noire mâle © CACP – Emilie Périé

    Vous le reconnaissez ? Avec son berret noir sur un plumage gris et le bec ouvert, pris en plein chant, c’est l’immanquable mâle de la fauvette à tête noire. Cette espèce a fait cette année son entrée dans les rangs des oiseaux observables dans le protocole BirdLab.

    La fauvette à tête noire était connue pour être une espèce au moins partiellement migratrice. Les fauvettes à tête noire les plus septentrionales quittaient le pays à l’arrivée de l’hiver et passaient la saison froide dans le sud de l’Afrique avant de revenir en France vers le mois d’avril.

    Or, les tendances ont l’air de changer. A l’instar des fauvettes méridionales qui restent sur place toute l’année, nos fauvettes nordiques (franciliennes comprises) ne migrent plus, ou moins loin et s’arrêtent volontiers sur les côtes méditerranéennes ou bretonnes plutôt que de traverser la Mer.

    Il est donc de plus en plus fréquent d’observer des fauvettes à tête noire en hiver ; dans les jardins, les parcs ou directement sur les mangeoires. Et comme les chercheurs s’interrogent sur l’ampleur du phénomène (« Combien de fauvettes passent l’hiver en France ? », « Où sont-elles le plus nombreuses ? », « Quels sont leurs comportement en cette saison ? »), vos contributions sont très attendues ! Il reste encore deux mois pour participer à BirdLab, profitez-en pour faire quelques sessions. Et si vous croisez une fauvette ailleurs que sur une mangeoire (elles fréquentent souvent les boules de gui et de lierre) signalez-le sur Faune Île-de-France.

    Des explications ?

    Fauvette à tête noire mâle © CACP – Emilie Périé

    L’évolution de ces tendances migratoires pourrait s’expliquer par deux éléments. Le premier étant bien évidemment les changements climatiques. Les hivers plus doux et la diminution des périodes de gel ne forcent plus les départs des oiseaux vers des espaces plus cléments. Le deuxième pourrait bien être le nourrissage. En effet, les changements de comportements migratoires des fauvettes, et les changements physiques liés (forme des ailes et du bec) ont été observés en premier lieu en Grande-Bretagne, terre historique du nourrissage des oiseaux l’hiver.

    Rossignol de mars

    L’avantage à cela est que l’on pourra profiter du chant mélodieux de la fauvette bien plus tôt dans l’année ! Dès fin février – début mars, quand les températures s’adoucissent.

    En voici un avant-goût :

    Source :

    5 choses à savoir sur la fauvette à tête noire, VigieNature

    Fauvette à tête noire mâle © CACP – Emilie Périé

vendredi 15 janvier 2021

  • A pompons : l’onopordon
    Onorpodum acanthium – Osny © CACP – Emilie Périé

    Dans la famille des astéracées à pompons roses et à épine je pioche l’onopordon faux-acanthe !

    Onopordum acanthium – Osny © CACP – Emilie Périé

    Il fait partie de la grande famille des plantes que l’on appelle communément les chardons. Mais il n’est pas du genre Carduus (les chardons vrais), il appartient à un genre à part Onopordum, le chardon aux ânes.

    L’onopordon faux-acanthe est reconnaissable à sa grande taille (jusqu’à 3 mètres de haut pour les plus grands spécimens !), ses gros pompons violets, ses larges feuilles recouvertes d’un duvet aranéeux, ses longues épines et surtout, les ailes de ses tiges et rameaux.

    Les ailes de la tige © CACP – Emilie Périé

    La tige présente une extension comme 4 ailes vertes, qui ont la même fonction de photosynthèse que les feuilles et soutiennent de fortes épines. Ca n’est pas un cadeau pour les herbivores ! Mais les pollinisateurs, eux, apprécient fortement ses pompons bien à l’abri dans un buisson d’épines.

    Onopordum acanthium – Saint-Ouen l’Aumône © CACP – Gilles Carcassès

    Un air d’artichaut ? Ce sont des plantes de familles proches, elles partagent de nombreuses caractéristiques. D’ailleurs, l’onopordon a été cultivé et consommé comme l’artichaut. Mais plutôt en temps de disette, il ne doit pas être si fameux en cuisine.

    Sources :

    L’onopordon faux-acanthe, par FLORIF

    L’onopordon faux-acanthe, par TelaBotanica

    L’onopordon faux-acanthe, par ZoomNature

    Dans la série des pompons :

    Le cirse laineux


mercredi 13 janvier 2021

  • L’épervier d’Europe
    Epervier mâle – Cergy © Michèle Camprasse

    Vous êtes plusieurs ces derniers temps à m’avoir signalé un épervier à Cergy. Certains en ont même fait de très jolis clichés. Un grand merci à Michèle qui m’a partagé ces images d’un épervier mâle sur l’Axe Majeur.

    Portrait d’un rapace commun

    L’épervier d’Europe, Acipiter nisus, est, avec la buse variable, le rapace le plus fréquent en Europe. On le rencontre dans tous les milieux, jusqu’à l’intérieur des villes. Il est plutôt sédentaire sur notre territoire. On peut donc l’observer en toute saison. Il se nourrit essentiellement de petits oiseaux.

    Les caractéristiques physiques du mâle sont : un dos gris ardoise, des flancs et joues couleur rouille et un iris orange à rouge. On ne peut pas le confondre avec un autre rapace. La femelle adulte a le même dos ardoise, mais ses flancs ne sont pas rouille et son iris est jaune.

    Mâle et possible femelle d’épervier d’Europe © CACP – Gilles Carcassès

    Sur la photo de droite, l’œil est bien jaune, comme celui de la femelle, mais le plumage du dos est brun avec des mouchetures blanches. Il s’agit donc probablement d’un immature, mâle ou femelle.  De plus, sur photo il est difficile d’apprécier la taille de l’oiseau, mais l’immature d’une autre espèce, beaucoup plus grande, lui ressemble fortement : l’autour des palombes.

    Confusions à éviter

    La confusion la plus fréquente est donc entre femelle ou immature d’épervier d’Europe et femelle ou immature d’autour des palombes. Certains détails permettent tout de même de les différencier : la forme des stries sur le ventre, le sourcil blanc ou la silhouette en vol. Mais les éléments les plus évidents, sur le terrain, restent la taille et le comportement. L’autour mesure entre 20 et 30 centimètres de plus que l’épervier et s’attaque à de plus grosses proies, comme les pigeons. Un autour m’a d’ailleurs été signalé cet hiver dans un jardin à Cergy. Il venait d’attraper un pigeon.

    Silhouette au vol © CACP – Emilie Périé (gauche) , François Lelièvre (droite)

    En vol, on peut reconnaître les rapaces à leur silhouette. L’épervier a la queue longue (proportionnellement à la largeur de ses ailes) et rectangulaire, comme les faucons. En revanche la forme des ailes est différente. Là où le faucon a des ailes droites et pointues, l’épervier est plus arrondi avec des plumes digitées apparentes.

    Sources :

    Guide Delachaux Ornitho

    L’épervier d’Europe par Oiseaux.net

    L’autour des palombes par Oiseaux.net


lundi 11 janvier 2021

  • La circée de Paris

    Bravo à Franck qui a reconnu tout de suite la circée de Paris, de la famille des Onagracées ! La voici, bien vivante cette fois, dans les bois autour de la ferme d’Ecancourt.

    Circea lutetiana, la circée de Paris © CACP – Léo Micouin

    L’élégance parisienne

    Notre mystérieuse plante aime la fraicheur des milieux plutôt humides et les jeux de lumières des zones ombragées qui mettent en valeur sa floraison délicate. Très commune dans la Région on la retrouve dans presque tous les boisements humides, comme ici, dans le parc de Grouchy.

    Circea lutetiana, circée de Paris © CACP – Emilie Périé

    Elle présente un look tout en sobriété : plante d’une vingtaine de centimètres seulement, portant une inflorescence en grappe aérée, de petits fruits ornés de poils crochus et des fleurs sur un modèle 2. C’est en effet l’une des très rares plantes de nos contrées à n’avoir que deux pétales ; deux petits cœurs blancs se faisant face autour des pièces fertiles de la fleur.

    Fleurs de circée © CACP – Emilie Périé

    Des histoires de sorcières

    Pourtant, malgré son apparence inoffensive, son nom est évocateur. Si lutetiana fait référence à Paris (Lutèce) et à sa présence fréquente en France, Circea renvoie à Circée la célèbre magicienne de la mythologie grecque. Parait-il que c’est cette plante que Circée utilisa dans la potion qui transforma Ulysse et ses compagnons en cochons (d’Inde, selon les versions) !

    Circea lutetiana, la circée de Paris © CACP – Léo Micouin

    D’autres affirment que Herbe aux sorcières, nom qu’on lui donne à l’occasion, est un dérivé de « sourcière » qui lui correspond bien puisqu’on la trouve essentiellement en milieu humide.

    Mais méfiance tout de même, elle n’est pas comestible. Elle est fortement tanique et cette histoire de métamorphose n’est pas totalement élucidée …

    Sources :

    La flore d’Île-de-France, par Philippe Jauzein et Olivier Nawrot

    Le portrait de la circée par Sauvage du Poitou

    Retrouvez d’autres portraits d’Onagracées dans nos articles :

    La jussie à grandes fleurs

    La jussie rampante


vendredi 8 janvier 2021

  • Photo mystère de janvier 2021

    Pour cette première énigme de l’année, qui saura reconnaître cet échantillon que je conserve dans mon bureau (comme élément de décoration) ?

    A lundi pour la réponse !


mercredi 6 janvier 2021

  • Le festin de l’araignée

    En voilà une en bien mauvaise posture !

    Pentatoma rufipes, la punaise à pattes rousses – Pontoise © CACP – Emilie Périé

    Même en pièces détachées il est relativement aisé de reconnaître cette punaise. Avec ses pattes rouges (qu’elle a perdues en se débattant dans la toile) et la pointe jaune du scutellum on devine qu’il s’agit de Pentatoma rufipes, la punaise à pattes rousses. Quand elle n’est pas prise dans une toile d’araignée, cette punaise se rencontre un peu partout dans les bois, vergers et jardins. Les larves consomment des feuilles de chênes ou d’autres feuillus. L’adulte mange des fruits, des chenilles voire des insectes morts.

    Mais pour cette fois, c’est elle qui va être mangée. D’ailleurs, le prédateur est toujours sur place.

    Pentatoma rufipes et Enoplognatha sp. – Pontoise © CACP – Emilie Périé

    Notre araignée blanche, presque translucide est du genre Enoplognatha. Difficile d’en dire plus sur photo. On lui souhaite tout de même un bon repas.

    Retrouvez d’autres histoires d’araignées dans ces articles :

    L’araignée et la chenille

    A chacune son menu


lundi 4 janvier 2021

  • Meilleurs vœux 2021

    Cette année notre ami le héron cendré est à l’honneur pour vous souhaiter le meilleur !

    Nous vous souhaitons une bonne rentrée, un bon début d’année 2021 et de belles observations et découvertes naturalistes dans nos articles, notre Instagram et sur le territoire !


mercredi 30 décembre 2020

  • Les coulisses du blog 2020

    En cette fin d’année, à l’heure des bilans, c’est l’occasion pour moi de vous donner des nouvelles de l’équipe.

    Malgré sa retraite de la fonction publique, Gilles n’a pas cessé ses activités naturalistes et il a continué à nous faire part de ses découvertes et nous accompagner sur le terrain.

    Après un an dans l’équipe et fraichement diplômé Léo s’en est allé voguer vers de nouvelles aventures écologiques en pays basque.

    Marie et Manon, nos deux stagiaires de printemps et d’été ont découvert la vie active en confinement mais ont pu participer à nos différentes missions.

    Quant à moi, je reste seule aux commandes mais je continue à écrire et photographier pour mettre en lumière toutes les beautés de notre territoire.

    Mais voyons un peu comment chacun s’est impliqué cette année !

    Sauve qui peut !

    Gilles et les migrateurs d’hiver – Cergy © CACP – Emilie Périé

    Exfiltration d’urgence lors de la prise d’assaut de notre observatoire à l’heure de la sortie de l’école maternelle.

    Sauvetage !

    Léo et les œufs de grenouille © CACP – Emilie Périé

    Remise à l’eau des œufs d’une grenouille agile écrasée par une voiture.

    SPIPOLLons !

    Manon et Léo en plein SPIPOLL © CACP – Emilie Périé

    Entre Missions Messicoles-pollinisateurs et l’étude Cimetières vivants, Manon, Léo et moi avons passé une grande partie de l’été avec le protocole SPIPOLL. Près de 60 collections publiées cette année !

    Patounes et croquettes !

    Manon et Léo pendant Mission Hérisson © CACP – Emilie Périé

    Le protocole Mission Hérisson déployé pendant l’étude cimetière a été l’occasion donnée à tous de mettre à profit ses talents de bricoleurs : montage des tunnels, peinture à l’encre, dosage des croquettes … Avec à la clé : des « patounes » ! (Les empreintes laissées par les petits mammifères sur les feuilles blanches). On ne peut que vous encourager à réaliser le protocole dès le printemps prochain, à la sortie d’hibernation des hérissons.

    Sortons !

    Léo, expliquant le protocole LichenGo © CACP – Emilie Périé

    Sous la pluie, la canicule, de nuit, de jour, masqués ou non, dans les jardins et les maisons ou dans les champs et forêts, nous avons mis à profit tous les instants disponibles cette année pour observer la biodiversité de notre territoire et vous la faire partager.

    On espère que tout cela vous aura plu et que vous continuez à apprendre et vous émerveiller à nos côtés. Car il y a encore beaucoup à découvrir, alors on vous donne rendez-vous l’année prochaine !

    Première sortie de mai © CACP – Emilie Périé

lundi 28 décembre 2020

  • Stenodema la punaise
    Stenodema calcarata © CACP – Emilie Périé

    En septembre dernier, une tache verte se promène dans les épis rouges des roseaux aux bords de l’Oise à Maurecourt. Son allure très allongée m’intrigue. C’est Gilles qui m’en donnera le nom. Il nous en parle dans cet article.

    Il s’agit d’une punaise du nom de Stenodema calcarata de la famille des Miridae. Calcar signifie « éperon » et fait référence aux épines présentes sur les fémurs de la bête. La couleur verte oriente vers la femelle de l’espèce (le mâle étant plutôt couleur paille).

    Nous l’avons surement dérangée en plein repas, cette punaise se nourrit en piquant les graines pas encore mûres de graminées essentiellement en zone humide, comme ce roseau (Phragmites australis).

    Est-elle commune ? Difficile à dire, elle n’est mentionnée que 20 fois dans toute l’Île-de-France dans la base de données CETTIA, mais c’est peut-être seulement parce qu’elle est discrète.

    Retrouvez dans nos articles d’autres Miridae :

    La miride du chêne

    Heterotoma planicornis

    Mermitelocerus schmidtii 


mercredi 23 décembre 2020

  • Joyeuses fêtes de fin d’années
    Le rougegorge familier – Cergy © CACP – Emilie Périé

    Notre ami rougegorge est déjà prêt, installé sous une branche de gui. Je me joins à lui pour vous souhaitez à tous de très belles fêtes de fin d’année !


lundi 21 décembre 2020

  • Le Projet Alimentaire Territorial et la biodiversité

    Imaginons notre alimentation de demain

    Plaine maraîchère, Cergy © CACP – Gilles Carcassès

    La mise en chantier du Projet Alimentaire Territorial (PAT) Cergy-Pontoise Vexin français est lancée. Fruit d’un partenariat engagé depuis plusieurs mois entre la Communauté d’agglomération de Cergy-Pontoise (CACP) et le Parc naturel régional du Vexin français, en lien avec deux associations, Quelle Terre Demain ? et le Centre d’Ecodéveloppement de Villarceaux, ce projet va s’appuyer sur un diagnostic agricole et alimentaire du territoire qui est en cours d’élaboration. Il présentera un état des lieux de la demande, de la production existante, des flux et des réseaux de transformation ainsi que de distribution.

    Ce premier travail, partagé avec les acteurs locaux et le grand public, permettra d’aboutir, dans un second temps, à un plan d’actions opérationnel et concerté à l’été 2021.

    Le PAT s’inscrit dans une démarche globale et transversale en faveur d’une meilleure prise en compte des problématiques agricoles et alimentaires à l’échelle locale. Il vise le rapprochement de l’offre et de la demande alimentaire locale.

    Les premières thématiques identifiées concernent la préservation de l’environnement (dont la protection des ressources et la lutte contre le gaspillage alimentaire), la justice sociale (via la restauration collective), l’éducation alimentaire et l’aménagement du territoire.

    Une cinquantaine de partenaires techniques se sont retrouvés la semaine dernière pour découvrir et enrichir le diagnostic du PAT, qui sera présenté au plus grand nombre fin janvier. A suivre..


vendredi 18 décembre 2020

mercredi 16 décembre 2020

  • A pompons : le cirse laineux
    Cirsium eriophorum © CACP – Emilie Périé

    Avec le froid qui s’installe il est temps de ressortir les pulls en laine, les bonnets à pompons et les photos des pompons du cirse laineux !

    Car lui est un peu à contre-courant, c’est en été, au moment de la floraison qu’il sort ses pelotes de laine. En ce moment on peut trouver au mieux des rosettes de feuilles au ras du sol ou des graines bien cachées sous terre.

    Ces grosses boules laineuses qui ressemblent au choix à une barbe-à-papa ou à une pelote de toiles d’araignées flanquée d’aiguilles sont les capitules de la plante. De la famille des Astéracées, le cirse laineux forme des fleurs très nombreuses rassemblées en capitules qui sont entourés par des bractées (les pointes rouges qui ressemblent à des aiguilles). Les jeunes fleurs sont protégées par l’assemblage de soies qui limite la prédation par les chenilles ou les charançons. A l’éclosion des fleurs le capitule s’ouvre et transforme le pompon blanc en pompon rose. On voit ci-dessous l’émergence des premières fleurs sur un jeune capitule.

    Cirsium eriophorum © CACP – Gilles Carcassès

    Côté protection, le cirse laineux ne s’arrête pas là. Les cirses font partie de ce qu’on appelle communément les chardons : les plantes à épines et à fleurs violettes. On le voit sur ces images, les feuilles du cirse laineux sont terminées par de fortes épines.

    Pourtant cela n’empêche pas de très nombreux animaux d’en profiter : les butineurs, le insectes phytophages, les ruminants et même les humains ! Il parait que les capitules de cirses étaient consommés comme ceux de l’artichaut.

    Sources :

    La flore d’Île-de-France, par Philippe Jauzein et Olivier Nawrot

    Le cirse laineux, FLORIF

    Le cirse laineux, TelaBotanica

    Le cirse laineux par ZoomNature

    Retrouvez d’autres pompons dans nos articles :

    Le cirse des champs

    Le cirse maraicher


lundi 14 décembre 2020

  • Le héron cendré
    L’île de loisirs de Cergy © CACP – Emilie Périé

    Il y a quelques jours, pendant que je profitais de mon heure quotidienne pour observer la vie hivernale de l’île de loisirs, il y avait sur la pyramide (à gauche de l’île astronomique sur l’image) pas moins de 5 hérons cendrés.

    Le héron cendré, Ardea cinerea © CACP – Emilie Périé

    Ce grand oiseau, à l’allure tantôt gracieuse et tantôt renfrognée est un animal grégaire. L’hiver, les individus se regroupent en dortoir dans des espaces protégés des prédateurs. Vue l’avancée de la nuit au moment de mon observation je suppose que mes 5 hérons, isolés sur leur pyramide, s’apprêtaient à passer la nuit ensemble et à l’abris. Au printemps, les adultes forment des colonies pour nidifier. Jusqu’à plusieurs dizaines voire centaines de couples se regroupent dans des arbres ou des roselières et y construisent des nids de relativement petite taille comparée à celle de l’oiseau.

    Jeune héron dans un platane © CACP – Gilles Carcassès

    Malgré son envergure, le héron fréquente beaucoup les arbres, pour se percher, pour dormir ou pour y construire son nid.

    En revanche, lorsqu’il chasse le héron est solitaire et défend farouchement son territoire. Que ce soit à la pêche (il consomme essentiellement des poissons et quelques amphibiens) ou à la chasse (il n’est pas rare de le voir dans les champs attraper de petits mammifères) il ne se laisse pas voler une proie.

    Héron cendré, au déconfinement de mai © CACP – Emilie Périé

    Il n’est d’ailleurs pas moins farouche concernant les humains. S’il n’est pas rare de le voir sur les bassins urbains où il se nourrit de poissons rouges il se tient en général à bonne distance. Celui-ci profitait du confinement du printemps pour faire une petite promenade aux bords des bassins du parc de la préfecture.

    Quelques critères physiques

    Le héron cendré en vol © CACP – Emilie Périé

    Les oiseaux de la famille des Ardéidés, dont fait partie le héron cendré, ont la particularité de tenir leur long cou replié en vol et au repos, il prend une forme de S, caractéristique de la famille.

    Ils le déplient quand ils sont à l’affut d’une proie ou pour la harponner. Le héron est pour cela équipé d’un bec long et puissant en forme de poignard.

    Héron cendré juvénile © CACP – Gilles Carcassès

    Côté couleur, le héron fait dans l’élégance sobre : en nuances de gris, de noir et de blanc. Le juvénile a le front gris et peu de distinctions sur le reste du plumage. Les adultes ont le front blanc et deux sourcils noirs qui se rejoignent derrière la tête. Le cou est blanc et très différencié du reste du corps, gris cendre.

    Héron cendré © CACP – Emilie Périé

    De l’importance de la cendre :

    Si le qualificatif de cendré (cinerea en latin) correspond bien à la couleur de l’oiseau il rappelle également qu’il n’est pas seul et permet de le distinguer des autres espèces de hérons. En Île-de-France on peut rencontrer :

    • Ponctuellement, un héron pourpré (plutôt méditerranéen) de passage pendant une migration.
    • Le héron garde-bœufs, un petit héron tout blanc.
    • Le butor étoilé, le bihoreau gris et le blongios nain, trois petits hérons rares mais présents dans la région.
    • Le héron crabier, encore plus rare que les précédents.
    • Et les deux aigrettes, la grande et la garzette que l’on a déjà vu sur le territoire.

    Sources :

    Le héron cendré, par Oiseaux.net

    Cettia-idf

    Faune Île-de-france


vendredi 11 décembre 2020

  • Le myrtil

    Ramenons un petit air d’été avec ces quelques clichés de papillon.

    Le myrtil, Maniolia jurtina, mâle© CACP – Alexandra Marques

    Ce grand brun (il fait presque 5 centimètres d’envergure!) est le myrtil, Maniola jurtina. Cet individu, butinant des fleurs d’origan, est un mâle. On le reconnait aux teintes foncées du dessus de ses ailes ; la femelle a des marques orange plus claires autour des ocelles (les points noirs sur les ailes antérieures) et n’a pas les bandes foncées proches du corps qu’a le mâle.

    Le myrtil, Maniolia jurtina, femelle© CACP – Emilie Périé

    On peut aussi les différencier grâce au dessous des ailes. Sur la lavande c’est une femelle, on le voit à la bande blanche très marquée sur l’aile postérieure qu’on distingue moins bien chez le mâle.

    Le myrtil, Maniola jurtina, mâle © CACP – Alexandra Marques

    Chez cette espèce les ocelles sont variables. Ils peuvent contenir deux points blancs (femelle ci-dessus) ou un seul (femelle ci-dessous).

    Le myrtil, Maniolia jurtina, femelle © CACP – Emilie Périé

    Le myrtil est une espèce très commune qu’on rencontre tout l’été dans les milieux herbacés partout en France. La chenille (toute poilue!) se nourrit de diverses graminées et l’adulte butine sur des fleurs variées. Ici trois exemples de plantes que l’on rencontre dans les prairies, les champs ou les jardins : l’origan, la lavande et le cirse des champs.

    La chenille du myrtil © CACP – Gilles Carcassès

    Sources :

    Le myrtil, INPN

    Le myrtil, par Quel est cet animal ?


mercredi 9 décembre 2020

  • Petite mouche

    Du fard à paillettes ?

    Gymnosoma sp. – Cergy © CACP – Emilie Périé

    Vue sur une achillée millefeuille dans le parc du Hazay à Cergy cet été, cette mouche est une Gymnosoma. S’il n’y a pas de doute quant à son genre, il est revanche impossible de différencier les 13 espèces européennes sur photo. Mais, n’ayant aucune volonté de la disséquer je m’en tiendrai à Gymnosoma sp.

    En revanche, la pruine (sorte de poudre) dorée que l’on voit sur sa face et son scutellum (dos) nous indique qu’il s’agit d’un mâle.

    Toute nue !

    Gymnosoma sp. – Cergy © CACP – Emilie Périé

    Etymologiquement, « gymnosoma » signifie « au corps nu ». Cela fait référence au fait que, à la différence des autres espèces de la famille des Tachinidae, les mouches Gymnosoma n’ont pas de soies fortes (de grands poils) hérissant l’abdomen.

    La mouche coccinelle

    Gymnosoma sp. – Cergy © CACP – Emilie Périé

    Se promenant sur les fleurs d’achillée, Monsieur Gymnosoma se montre sous toutes ses faces. Avec son abdomen arrondi, orange à pois noirs il rappelle un peu une coccinelle. Mais la ressemblance s’arrête là. Les adultes de Gymnosoma sont des butineurs, d’ailleurs notre modèle est en plein repas, alors que les coccinelles se nourrissent essentiellement de pucerons (même si certaines sont végétariennes). Les larves des mouches sont des parasites des punaises Pentatomidae (comme Palomena prasina) alors que celles des coccinelles sont de voraces consommatrices de pucerons.

    Sources :

    Insectes.org

    Clé des tachinaires (en anglais), par Hans-Peter Tschorsnig et Benno Herting

    Le gymnosome arrondi par Quel est cet animal ?

    Retrouvez d’autres tachinaires (plus poilues) :

    Ectophasia crassipennis

    Peleteria iavana

    Tachina fera

    Zophomyia temula


lundi 7 décembre 2020

  • Les rapaces en vol

    Bravo à tous. Vous êtes nombreux à avoir reconnu la buse variable.

    Buse variable, Buteo buteo, en vol © CACP – Emilie Périé

    En ombre chinoise

    Le plus souvent, lorsque l’on voit un rapace c’est en vol, c’est-à-dire loin et à contre-jour. Pas toujours facile d’identifier l’espèce qui nous passe au-dessus de la tête dans ces conditions. Heureusement les silhouettes sont assez caractéristiques et permettent de discriminer assez précisément l’oiseau, du moins pour les espèces connues en Île-de-France. Les ailes et les queues sont de bons indicateurs.

    Caractéristiques de la buse variable en vol © CACP – Emilie Périé

    La buse a de larges ailes digitées, les dernières plumes sont bien visibles, même de loin, comme les doigts écartés d’une main. Elle a une queue courte, comparativement à la largueur de ses ailes et arrondie. A la différence des milans par exemple qui ont la queue fourchue. Sa silhouette se rapproche de celle de la bondrée apivore, également présente en Île-de-France mais qu’on peut reconnaitre à la forme de sa tête et aux contrastes de son plumage (relativement difficile à contre-jour).

    Caractéristiques du faucon en vol © CACP – Emilie Périé

    Les faucons ont eux des ailes en forme de faux et non digitées, elles sont bien pointues au bout et les dernières plumes ne se séparent pas. La queue est longue (toujours par rapport à la largeur des ailes) et de forme rectangulaire lorsqu’elle est repliée. Les différents faucons d’Île-de-France se distinguent par le contraste de leurs plumages.

    En couleurs

    Dans quelques cas, la lumière et l’orientation de l’oiseau concordent pour voir les couleurs et identifier l’espèce.

    Faucon crécerelle mâle, Falco tinnunculus © CACP – Emilie Périé

    Malgré le peu de netteté de cette image, on reconnait ici un faucon à la silhouette de l’oiseau, et son plumage (couleur claire, bas-ventre blanc, queue blanche avec une bande terminale noire) indique qu’il s’agit d’un faucon crécerelle mâle.

    Au plus près

    Pour les plus chanceux, l’oiseau est assez près pour que l’objectif en capte tous les détails.

    Faucon crécerelle mâle en vol © CACP – Gilles Carcassès

    Ici, le vol caractéristique du faucon crécerelle : lorsqu’il repère une proie il vole en surplace avant de plonger.

    Buse variable en vol © CACP – Emilie Périé

    La buse variable plane en cercles concentriques au-dessus de la proie qu’elle a repérée.

    Encore plus chanceux, les oiseaux posés à portée de clichés :

    La buse variable

    La faucon crécerelle

    Le repas du faucon crécerelle


vendredi 4 décembre 2020

mercredi 2 décembre 2020

  • Saponaria officinalis, la savonette
    Saponaria officinalis © CACP – Gilles Carcassès

    La saponaire est une plante de la famille des Caryophyllacées, aux fleurs roses pâles et aux propriétés étonnantes. Elle est assez fréquente en Île-de-France, notamment sur les sols riches et humides.

    Saponaria officinalis © CACP – Emilie Périé

    Malgré ses airs colorés et festifs, c’est une plante qui aime la vie nocturne. Elle déclenche la production de nectar au coucher du soleil pour attirer les papillons nocturnes (près de 95 % des espèces de papillons en France sont nocturnes !) qui assurent sa pollinisation.

    Saponaria officinalis © CACP – Emilie Périé

    Son nom, saponaire, a la même racine étymologique que le savon. Et pour cause, pour se défendre contre les agressions des insectes et maladies, la saponaire contient des saponines. Ce sont des molécules qui, une fois frottées avec de l’eau, moussent énormément. Les anciens utilisaient la saponaire pour faire leur lessive.

    Attention toutefois, en usage externe elle peut être bénéfique, mais n’essayez pas d’en consommer, elle a un pouvoir hémolytique reconnu (qui détruit les globules rouges).

    Sources :

    La flore d’Île-de-France, par Philippe Jauzein et Olivier Nawrot

    La saponaire, par Sauvage du Poitou

    Retrouvez d’autres Caryophyllacées dans ces articles :

    Le compagnon accompagné

    Etoile de Noël


lundi 30 novembre 2020

  • La pie bavarde
    Pie bavarde dans les lilas © CACP – Emilie Périé

    Connaissez-vous la pie bavarde ? On attribue souvent à cet oiseau de biens vilains défauts. Elle serait agressive, bruyante et voleuse. Elle est tellement commune qu’on donne même son nom à tous les animaux de couleur noire et blanche (chevaux, vaches, autres oiseaux…). Pourtant, quand on y regarde plus près, la pie est surprenante.

    Pie bavarde, Pica pica © CACP – Emilie Périé

    Son nom scientifique est Pica pica, elle fait partie de la famille des corvidés, qu’elle partage en Île-de-France avec 4 autres espèces la corneille noire, le corbeau freux, le choucas des tours et le geai des chênes. Comme les autres corvidés, elle fait preuve d’une grande adaptabilité dans son régime alimentaire : essentiellement insectivore, elle peut aussi consommer des baies, tirer profits des déchets des humains, jouer les charognards ou chasser de petits vertébrés (lézards, amphibiens, poussins de passereaux). Elle est également capable de faire des réserves et de cacher de la nourriture pour les jours de pénuries. La pie étant sédentaire (elle ne migre pas à l’hiver) elle défend donc son territoire alimentaire, le plus souvent face aux autres prédateurs (les rapaces). Ainsi, ses tares de d’agressivité et de vol ne sont que des déformations de sa nature même de prédatrice.

    Les couleurs irisées de la Pie bavarde © CACP – Emilie Périé

    Quant à ses couleurs, elles sont bien plus variées que ce qu’on le laisse croire. Sur l’image ci-dessus on peut voir, de la tête à la queue, du noir, du blanc, du bleu, du vert et du violet.

    Pie en vol © CACP – Emilie Périé

    Et quelle allure ! Avec sa queue immense (plus longue que le reste de son corps) et son vol gracieux elle n’a rien à envier aux plus exotiques paradisiers.

    Au-delà des aspects physiques et esthétiques la pie a de nombreuses qualités.

     

    C’est un oiseau social. Les couples sont d’une grande fidélité et élèvent à deux les petits de l’année qui restent en famille toute l’année. A l’hiver les pies se rassemblent de manière grégaire pour passer la saison difficile et prendre soin des plus faibles (notamment les jeunes de l’année). Au printemps, la séparation du groupe en vue de la nidification et de la reproduction entraine quelques discussions. Ce qui lui vaut d’ailleurs le nom de bavarde et sa réputation d’oiseau bruyant.

    Jeune pie attendant le nourrissage par ses parents © CACP – Emilie Périé

    A propos de la nidification, la pie est une bâtisseuse hors paire et véritable ingénieur. Il est fréquent que les couples construisent plusieurs prototypes de nids avant d’en occuper un pour la saison de ponte. Le nid en coupe fait de brindilles et de branches dans les hauteurs des arbres a d’ailleurs inspiré les nids-de-pie des grands voiliers.

    Enfin, si les qualités intellectuelles de la pie étaient encore à démontrer, c’est l’un des rares oiseaux pour lequel il a été prouvé la capacité à reconnaître son reflet dans un miroir.

    Pour en savoir plus :

    La pie bavarde, par Oiseaux.net


vendredi 27 novembre 2020

  • Scène macabre dans les tomates
    Scène du drame : mon plant de tomates © CACP – Emilie Périé

    A défaut d’une nouvelle épopée de jardin confiné, je peux vous raconter une histoire de plant de tomates. J’ai, pour maintenir un peu de nature dans mon confinement, des pieds de tomates qui grandissent totalement librement dans un petit bac en compagnie de menthe et de chénopodes (tout aussi sauvages et désordonnés).

    Ce matin là je les observe, les feuilles paraissent raplapla, ça manque d’eau … Mais autre chose attire mon attention, ça bouge sous le bac. C’est étrange, il n’y a pas de vent dans l’appartement, ce n’est donc pas une feuille qui s’agite …

    Je me baisse pour voir de quoi il s’agit et qu’elle ne fut pas ma surprise de découvrir une grosse chenille prise dans une toile d’araignée. Encore plus surprise de voir que le prédateur est toujours sur la scène du crime. L’occasion d’un reportage photo !

    Steatoda triangulosa et sa proie © CACP – Emilie Périé

    L’araignée est la malmignatte des maisons, Steatoda triangulosa. On la reconnait à ses motifs marbrés en forme de triangles sur l’abdomen. C’est une araignée relativement commune dans l’hémisphère nord. Elle s’accommode très bien des habitations humaines, c’est d’ailleurs là qu’on la repère le plus souvent.

    Elle fait partie de la famille des Theridiidées, la même famille que les veuves noires. Elle est inoffensive pour l’Homme, mais ce n’est pas la même histoire pour mon amie chenille. Elle s’est vaillamment débattue une fois prise dans la toile, mais l’araignée a été plus efficace. On voit l’effet du venin sur l’extrémité haute de la chenille et elle est déjà bien ficelée dans la toile.

    72 heures plus tard, celle qui aurait probablement pu devenir un papillon blanc de la famille des piérides est dans un état de nécrose avancé. Madame l’araignée va bientôt pouvoir passer à table.

    L’effet du venin sur la proie © CACP – Emilie Périé

    Qui sait ce que peuvent encore héberger mes tomates ? Heureusement, malgré ces péripéties je n’ai pas oublié de leur donner de l’eau.

    Sources :

    Steatoda triangulosa sur SpiderID

    Insectes.org


mercredi 25 novembre 2020

  • BirdLab c’est reparti !

    Il est l’heure !

    Mangeoires plates – Cergy © CACP – Emilie Périé

    Ca y est, le 15 novembre étant passé, il est temps de raccrocher les mangeoires, la saison BirdLab reprend !

    Rappels du protocole :

    Mangeoires BirdLab – Cergy © CACP – Emilie Périé

    Pour jouer, c’est très simple : installez deux mangeoires* plates (format A4) à environ 1m de distance sur votre balcon (comme ici au 5ème étage) ou dans votre jardin, téléchargez l’application gratuite, et observez !

    *Pour jouer il vaut mieux remplir les mangeoires avec des graines de tournesol.

    Du nouveau

    L’équipe BirdLab propose du nouveau cette année : un site internet, et trois nouvelles espèces qui vont faire leur apparition dans le jeu. Il s’agit du choucas des tours, de la fauvette à tête noire et du bouvreuil pivoine.

    Y a plus qu’à !

    Profitons du confinement et du télétravail pour surveiller les mangeoires aux heures de repas des oiseaux, une partie ne dure que 5 min, pas plus long qu’une pause café.

    Au 5ème étage de mon immeuble, en quartier très urbain, je ne sais pas vraiment qui j’aurai à vous présenter en fin de saison. Sans doute quelques pigeons assez observateurs, des étourneaux ou des moineaux fréquents dans le quartier ; et pourquoi pas un rougegorge ou une mésange un peu curieux ?

    Un rougegorge familier bien curieux – Cergy © CACP – Emilie Périé

    Pour en savoir plus :

    Le site de BirdLab

    La page BirdLab de VigieNature

    Vidéo de présentation de BirdLab


lundi 23 novembre 2020

vendredi 20 novembre 2020

  • Et l’humanité dans tout ça ?

    En 2019, le Parc naturel régional du Vexin français a réalisé un travail de sensibilisation et de dialogue autour d’un projet de films qui donnent la parole à une pluralité d’acteurs qui invitent à réfléchir à notre rapport à la nature.

    L’un d’eux est un film de Marie-Elise Beyne, de 45 min, intitulé « Et l’humanité dans tout ça ? ».

    A l’heure de la sixième extinction des espèces et de la responsabilité de l’Homme, des acteurs de terrain (agriculteurs, élus, écologue, technicien rivière, chargés de mission Parcs…) et des chercheurs reviennent sur la nécessité de changer nos comportements mais aussi notre regard vis à vis de l’ensemble du vivant comme sur la nature ordinaire.

    A défaut de la balades natures, pour occuper ce confinement, je vous recommande vivement son visionnage.

    Et en regardant attentivement vous pourriez y croiser des noms connus !

    Source :

    Page correspondante sur le site du PNR du Vexin français


mercredi 18 novembre 2020

  • Le coprin chevelu
    Le coprin chevelu © CACP – Emilie Périé

    Il a une allure étrange ce champignon avec toutes ses mèches blanches. C’est le coprin chevelu, Coprinus comatus. 

    Sa chevelure est assez commune dans la région. Il pousse dans les sols riches des prés, friches, sous-bois et bords de route.

    Il a une odeur faible et une saveur assez douce. Il est réputé être très bon en omelette. Mais méfiance, la prudence est de mise quand il s’agit de cueillette de champignons. Coprinus comatus ressemble à certaines autres espèces du mêmes genre : Coprinus sterquilinus a la même allure mais pousse sur le fumier (d’ailleurs Coprinus vient du grec Kopros qui signifie « excrément ») ou Coprinus levisticolens qui lui sent la chicorée.

    Sources :

    Le guide des champignons, France et Europe par Guillaume Eyssatier et Pierre Roux

    Les coprins par le Club Mycologique Conflanais

    Le coprin chevelu par MycoDB


lundi 16 novembre 2020

  • Les characées

    Il y a quelques semaines, j’ai suivi une formation sur la reconnaissance des Characées. J’y ai découvert des plantes absolument fascinantes et dont la reconnaissance est relativement abordable. Je crois me souvenir en avoir vu il y a plus d’un an à Vauréal. J’espère qu’il me reste de quoi l’identifier.

    Herbier à characées – Mare du Clos Levallois, Vauréal © CACP – Emilie Périé

    Bonne nouvelle, j’ai bien quelques photos de l’herbier et encore mieux, il s’agit bien de characées !

    Les characées font partie des algues vertes. Les différentes espèces tolèrent des conditions écologiques différentes, mais de manière générale, la présence de characées traduit une très bonne qualité de l’eau. Ces plantes ayant un grand besoin de lumière, elles ne tolèrent pas de fortes turbidités dans l’eau. Elles auraient même une action sur l’épuration de l’eau (des nitrates et des carbonates). Malheureusement, elle sont devenues terriblement rares.

    Les plus vieux fossiles connus de characées datent d’il y a 420 millions d’années, c’est l’une des plus anciennes formes végétales connues. Une bonne partie des espèces ont disparu lors des cinq crises biologiques majeures, mais celles subsistant aujourd’hui existaient déjà il y a 400 millions d’années ! Une longévité exceptionnelle pour une espèce (on estime à 50 millions d’années la durée moyenne d’une espèce, entre apparition et extinction). Aujourd’hui, la sixième crise biologique et la disparition des milieux favorables ont fortement réduit les populations de characées. Il reste en Île-de-France 26 espèces (40 en France et environ 400 dans le monde). C’est un chiffre inquiétant compte tenu de l’intérêt patrimonial et écologique des characées mais relativement rassurant pour un naturaliste débutant dans le domaine : 26 espèces, on apprend vite les critères ! A titre d’exemple, les plantes à fleurs indigènes en Île-de-France sont environ 1600.

    Fragment de Chara vulgaris © CACP – Gilles Carcassès

    Gilles avait récupéré un fragment pour le photographier de près. D’après les critères de la clé de détermination, il s’agit de Chara vulgaris. Sans doute la moins rare des Characées d’Île-de-France, mais tout de même !

    Chara vulgaris vue à la loupe © CACP – Emilie Périé

    Lors de la formation, j’ai tenté quelques prise de photo des échantillons observés à la loupe. On voit ici l’oogone (la cellule reproductrice femelle) de Chara vulgaris. 

    La formation avait lieu du côté de Fontainebleau, hotspot de biodiversité dans la région, aussi, nous avons eu la chance de voir plusieurs espèces de characées (environ une dizaine). J’espère que mes prochaines prospections me permettront d’en trouver sur le territoire, certaines sont vraiment très élégantes.

    Sources :

    La formation characées, par l’ARB-idf

    Le guide des characées de France méditerranéenne

    Les characées, par le CBNBL


vendredi 13 novembre 2020

  • La nuit des dragons

    La salamandre

    Salamandre tachetée © Christophe Guego

    Ce petit amphibien est aisément reconnaissable : une allure un peu boudinée et une peau noire brillante marquée de jaune, c’est la salamandre tachetée, Salamandra salamandra, la seule salamandre d’Île-de-France.

    A la différence des tritons, la salamandre adulte a une vie essentiellement terrestre, la femelle retourne à l’eau pour donner naissance aux petits (une cinquantaine de larves en général), mais la reproduction a lieu sur terre. La salamandre n’a pas les doigts palmés.

    La larve est elle aquatique pendant plusieurs mois (voire années), elle se nourrit de divers petits organismes présents dans l’eau avant de sortir sous sa forme presque définitive (elle ne sera mâture qu’après 3 à 6 ans) et d’entamer une vie terrestre.

    Larve de salamandre © CACP – Gilles Carcassès

    Terrestre, et nocturne. En effet, l’activité des salamandres est conditionnée par l’humidité ambiante, qui est souvent plus importante la nuit (et d’autant plus lors de pluies).

    Leur habitat favorable est le boisement humide. Elles sont actives sur toute la période février-novembre, pour peu que le temps soit suffisamment humide, puis hivernent dans des cavités rocheuses ou des branches ou souches. Mais lors des migrations il n’est pas impossible de les voir traverser les routes. Méfiance au volant ! Les salamandres sont assez rares en Île-de-France et protégée à l’échelle nationale.

    Elles sont d’une remarquable longévité pour leur petite taille (une vingtaine de centimètres). Elles peuvent vivre jusqu’à plus de 20 ans !

    La nuit des dragons

    Nous vous avons déjà parlé du protocole Un dragon dans mon jardin dans de précédents articles. Cette année, la Société Herpétologique de France a développé un nouveau protocole accessible à tous : la nuit des dragons. Et qui de mieux que l’animal emblématique* de l’élément « feu » pour incarner les dragons de nos jardins ? Ce nouveau protocole, à réaliser uniquement au mois d’octobre, consiste à partager les observations nocturnes de salamandres. Rendez-vous donc l’année prochaine, et d’ici là, le protocole Un dragon dans mon jardin est toujours valable pour tous ceux qui croisent reptiles et amphibiens !

    *Dans la culture populaire, la salamandre est connue pour être capable de résister aux flammes et de vivre à la fois sur terre et dans l’eau. Elle revêt souvent un caractère mystique.

    Sources :

    La salamandre tachetée dans l’Atlas de Vauréal

    La salamandre tachetée, par Info Fauna

    La salamandre tachetée, par INPN

    Protocole un dragon dans mon jardin

    La salamandre, emblème de François Premier

    Retrouvez dans nos articles d’autres petits dragons :

    Triton alpestre

    Triton palmé et la grenouille agile

    Triton ponctué


mercredi 11 novembre 2020

  • Coucher de soleil
    Coucher de soleil © CACP – Emilie Périé

    Aujourd’hui c’est férié, on ne publie pas, mais je vous offre ce joli coucher de soleil au-dessus de Cergy.


lundi 9 novembre 2020

  • Le xylocope violet

    Bravo à tous ! Et mention spéciale à Bruno qui a répondu juste le premier, il s’agissait bien d’une abeille charpentière.

    Abeille charpentière © CACP – Emilie Périé

    Elle m’a donné du fil à retorde lors du premier confinement, et je n’ai pas eu la possibilité de la prendre en photo mieux que ça. Heureusement, au cours de l’été d’autres individus se sont montrés plus coopératifs, et même d’ailleurs coopératives, car il s’agissait de deux femelles.

    Xylocope violacea femelle – Vauréal © CACP – Emilie Périé

    On reconnait la femelle du mâle des xylocopes (les abeilles charpentières) grâce au nombre d’articles (de segments) qui composent les antennes : 12 chez la femelle, 13 chez le mâle.

    Trois espèces peuvent être rencontrées en France. X. iris est très rare et beaucoup plus petite que les deux autres. Et entre violacea et valga, il vaut mieux avoir le mâle, chez qui la distinction est évidente. Mais, avec un peu d’attention identifier la femelle est également possible.

    Il faut regarder les antennes. Le dessous du fouet (l’alignement de segments courts) est légèrement roux chez violacea (noir chez valga). L’article 3 (juste après le coude) équivaut en taille au trois suivants chez violacea (seulement deux chez valga). A priori nous avons bien ici deux femelles de Xylocopa violacea.

    Chez le mâle, c’est beaucoup plus simple violacea présente un anneau orangé au bout de chaque antenne.

    Xylocope violacea femelle – Vauréal © Christophe Etchemendy

    Les xylocopes sont des hyménoptères solitaires. Elles butinent, parfois à plusieurs, pour se nourrir et nourrir leur progéniture mais ne forment pas de colonie comme le font les guêpes ou les abeilles domestiques.

    On les appelle abeilles charpentières car elles nichent dans le bois. Comme les osmies, elles installent les œufs et les réserves de nourriture dans des galeries, séparées en logettes individuelles. Mais à la différences des osmies, qui s’installent dans des galeries existantes (tiges creuses, buches percées, mur troué, …) l’abeille charpentière creuse sa propre galerie dans le bois ! Et vu la taille de la bête il lui faut faire un trou de diamètre conséquent, imaginez la puissance des mandibules !

    Sources :

    Distinguer les xylocopes, par Faune-alsace

    CETTIA Île-de-France

    L’abeille charpentière, par Insectes.net

    Le mâle de Xylocopa violacea, dans le blog de Gilles


vendredi 6 novembre 2020

mercredi 4 novembre 2020

  • Octobre et les hulottes, le bilan

    Clôture du concours

    C’est dans un contexte quelques peu délicat pour les sorties naturalistes que s’achève cette première édition du concours Octobre et les hulottes. Toutefois les participants n’ont pas démérité. Nous tenons à féliciter Antoine et Noé, nos meilleurs contributeurs ce mois-ci avec respectivement 9 et 4 chouettes hulottes observées sur le territoire, qui remportent donc ce premier concours !

    Des hulottes …

    Chouette hulotte, Strix aluco © Benjamin Fougère, LPO-idf

    Ce ne sont pas moins de 25 chouettes hulottes qui ont rejoint l’Atlas de la biodiversité de Cergy-Pontoise ce mois-ci, et nous vous en remercions ! Si la hulotte est le rapace nocturne le plus commun du territoire, cela reste un oiseau protégé, et la connaissance de ses populations nous permet une meilleure efficacité sur les mesures de protection à mettre en œuvre.

    Le concours est clos, mais l’Atlas reste ouvert ! N’hésitez pas à nous transmettre vos observations de chouettes hulottes partout sur le territoire. Son habitat naturel est la forêt. On peut donc l’entendre dans la forêt de l’Hautil, mais aussi dans le bois de Lieu à Vauréal, le bois Lapelote à Cergy, le parc de Grouchy à Osny et peut-être à côté de chez vous ?

    Localisation des chouettes hulottes à Cergy-Pontoise © CACP

    … mais pas que !

    Les sorties nocturnes animées par la LPO Île-de-France et la Ferme d’Ecancourt ont permis à plus d’une vingtaine de personnes de découvrir les rapaces nocturnes franciliens et d’entendre le chant des chouettes hulottes mais également ceux de leurs congénères.

    Deux chouettes chevêches ont été entendues, à Courdimanche et à Maurecourt

    Chouette chevêche, Athene noctua © Eric Grosso, LPO-idf

    La chouette chevêche (ou chevêche d’Athéna) est la plus petite des rapaces nocturnes (environ 20 cm de haut). Elle se nourrit principalement d’insectes qu’elle chasse dans les milieux ouverts à végétation basse. Elle niche dans les cavités des vieux arbres voire directement dans les granges et bâtiments agricoles. L’association de ses différents milieux ayant tendance à disparaître la chouette chevêche est rare en Île-de-France, et de statut « quasiment menacée ». Les deux entendues ce mois-ci sont les seules connues sur Cergy-Pontoise à ce jour.

    Deux chouettes effraies ont été entendues à la limite de Maurecourt et Andrésy

    Chouette effraie, Tyto alba © Laurent But, LPO-idf

    La chouette effraie, qui tient son nom de ses chuintements et cris assez effrayants, se reconnait à son disque facial d’un blanc éclatant. Elle se nourrit essentiellement de campagnols et musaraignes qu’elle chasse en milieu ouvert. Elle niche dans les granges et les clochers des églises (on l’appelle d’ailleurs l’effraie des clochers). Malheureusement ces espaces sont le plus souvent fermés (pour éviter l’intrusion de pigeons), la chouette effraie est maintenant rare en Île-de-France et classée vulnérable. La Ville de Vauréal a installé un nichoir dans l’église du village en début d’année. Nous espérons qu’il sera rapidement occupé. Pour le moment nous ne connaissons qu’un seul couple, à Courdimanche.

    Un probable hibou moyen-duc a été aperçu à Maurecourt

    Hibou moyen-duc, Asio otus © Morgane Lecoq

    Lors de la sortie du 16 octobre dernier, les participants ont eu la chance de voir passer juste devant eux la forme sombre d’un rapace nocturne parfaitement silencieux. D’après la taille de l’oiseau nous pensons qu’il s’agit d’un hibou moyen-duc. De plus, le moyen-duc n’étant pas sédentaire (il se déplace l’hiver pour trouver sa nourriture et former des dortoirs de plusieurs individus sur des sites différents de celui de sa nidification au printemps) il ne chante pas pour défendre son territoire comme le font les chouettes. Celui-ci n’ayant pas répondu aux enregistrements sonores que nous avons passés, il pourrait bien être un hibou moyen-duc. Mais en l’absence des hou-hou caractéristiques, cette observation restera dans la catégorie « incertaine ».

    Rendez-vous en octobre 2021 pour une deuxième édition du concours et de nouvelles observations !

    Pour en savoir plus :

    La LPO Île-de-France

    La chouette hulotte par oiseaux.net

    La chouette chevêche par oiseaux.net

    La chouette effraie par oiseaux.net

    Le hibou moyen-duc par oiseaux.net

    CETTIA Île-de-France


lundi 2 novembre 2020

  • La jussie à grande fleur
    Station de jussie à grandes fleurs © CACP – Emilie Périé

    Parmi les Bidens et menthes aquatiques, une autre fleur attire mon attention sur la plage de galets de l’île de loisirs : la jussie.

    Les jussies sont des plantes aquatiques de la famille de Onagraceae qui forment des sortes de lianes rampantes, flottantes ou submergées. Bien qu’encore extrêmement rares dans la région, elles sont réputées pour leur caractère invasif qui peut entrainer des dysfonctionnements hydrauliques et biologiques dans les milieux où elles s’installent avec vigueur (eutrophisation, diminution de la biodiversité et de la qualité de l’eau).

    Ludwigia grandiflora, la jussie à grandes fleurs © CACP – Emilie Périé

    Les jussies ont été introduites comme plantes d’ornement de bassins en raison de leur belle floraison jaune. Elles ont largement conquis le sud de la France et remontent progressivement vers le nord, bien qu’elles ne soient quasiment pas présentes en Île-de-France.

    Ludwigia grandiflora, la jussie à grandes fleurs © CACP – Emilie Périé

    Ici, il s’agit de la jussie à grandes fleurs, Ludwigia grandiflora, que l’on différencie de la jussie faux-pourpier, Ludwigia peploides, par la taille des poils sur ses tiges et la présence de stipules à l’aisselle des feuilles.

    Sources :

    La flore d’Île-de-France par Philippe Jauzein et Olivier Nawrot

    Ludwigia grandiflora par TelaBotanica


vendredi 30 octobre 2020

  • De la mousse dans l’herbe

    Etrange mousse blanche sur les feuilles de graminées…

    Mucilago crustacea © CACP – Gilles Carcassès

    On peut la rencontrer dans les jardins, prairies et bords de chemins au milieu de l’automne. C’est Mucilago crustacea, un myxomycète.

    Myxo quoi ?

    Les myxomycètes sont des organismes qui forment une sortent de gelée visqueuse (le plasmode) capable de se déplacer et de phagocyter (c’est-à-dire d’absorber au travers de la paroi cellulaire) des moisissures ou des bactéries pour s’en nourrir. Puis, cette gelée se fixe sur un support, durcit et forme une croûte (le sporocyste) qui produit des spores pour la reproduction. A priori cette phase est réversible : le myxomycète peut revenir à l’état visqueux pour recommencer un cycle nourriture/reproduction.

    Le myxomycète se déplace, comme un animal, mais produit des spores, comme un champignon. Alors qui est-il ? Dans la classification actuelle du vivant on considère 7 règnes différents : les animaux, les végétaux, les champignons, les bactéries, les archées, les chromistes et les protozoaires. Les myxomycètes appartiennent à cette dernière catégorie, les protozoaires. Ce sont des organismes constitués d’une unique cellule capable de se déplacer et de phagocyter sa nourriture.

    Le mucilage crustacé

    Ce myxomycète particulier est somme toute assez fréquent dans les prairies et les bords de chemins et il peut mesurer plusieurs centimètres de long, il est donc assez facile à repérer. Au stade « plasmode » il est jaune pâle et se déplace sur les herbes et les feuilles en décomposition. Au stade « sporocyste » il est blanc, car composé de cristaux de calcaire, puis gris à la libération des spores qui, elles, sont noires.

    D’autres « mousses »

    Fuligo septica © CACP – Gilles Carcassès

    D’autres myxomycètes forment des croutes à l’aspect de mousse dans la litière forestière ou la végétation basse. C’est le cas par exemple du genre Fuligo dont la couleur varie selon l’espèce, comme ce jaune vif chez septica.

    Sources :

    Mucilago crustacea en forêt d’Orléans

    Mucilago crustacea par mycorance

    Les myxomycètes, synthèse de TelaBotanica

    Retrouvez dans ces articles d’autres myxomycètes :

    Bretzel d’or

    Le blob et les petits bâtons


mercredi 28 octobre 2020

  • Le bidens trifolié

    En observation aux bords des étangs de l’île de loisirs je repère au milieu des menthes aquatiques quelques pieds d’une plante déjà toute séchée. Il s’agit d’un bidens.

    Bidens tripartita © CACP – Emilie Périé

    Les bidens sont des astéracées à fleurs jaunes typiques des milieux humides. Celui-ci, Bidens tripartita, le bidens trifolié, est le plus commun des 5 espèces présentes en Île-de-France. On le retrouve sur les substrats vaseux des berges des mares et étangs un peu partout dans la région.

    Bidens en fleur © CACP – Gilles Carcassès

    Bien que nos individus soient secs, il reste un élément important sur nos plantes : le fruit. Etymologiquement, Bidens fait référence à la forme du fruit à deux pointes bien visibles (bi-dents).

    Fruit du Bidens tripartita © CACP – Emilie Périé

    Si on y regarde de plus près on distingue de nombreuses épines, telles des harpons. Cela permet certainement au fruit de mieux s’accrocher dans les poils et plumes des animaux de rivage et d’assurer une meilleure dispersion des graines.

    Fruits en harpon de Bidens tripartita © CACP – Emilie Périé

    Sources :

    Dictionnaire étymologique de la flore française, par JP Ferrari

    La flore d’Île-de-France, par Philippe Jauzein et Olivier Nawrot

    Bidens tripartita, par TelaBotanica 

    CETTIA Île-de-France


lundi 26 octobre 2020

  • Le leste vert
    Leste vert, Chalcolestes viridis, mâle – Maurecourt © CACP – Emilie Périé

    Le leste vert, Chalcolestes viridis, est une espèce de l’ordre des Odonates et du sous-ordre des Zygoptères, les demoiselles.

    On reconnait les lestes à leurs couleurs métalliques, leurs ptérosigmas (taches colorées dans les ailes) de forme rectangulaires et le fait qu’ils se posent en général avec les ailes étalées, caractéristique plus commune chez les anisoptères (libellules) que les zygoptères (demoiselles). Il en existe 6 espèces en Île-de-France.

    Chalcolestes viridis se différencie des autres par : une couleur métallique verte relativement uniforme du thorax au bout de l’abdomen, des ptérostigmas clairs, une pointe verte sur le côté du thorax et des appendices annaux très clairs chez le mâle.

    Critères d’identification de Chalcolestes viridis © CACP – Emilie Périé

    Chez tous les lestes la ponte se réalise en tandem, mâle et femelle accrochés, dans des tissus végétaux vivants ; souvent dans les branches de saules avançant au-dessus d’un plan d’eau. On peut d’ailleurs voir les cicatrices provoquées par les pontes sur les branches des arbres.

    Tandem de lestes verts en ponte – Maurecourt © CACP – Emilie Périé

    Le leste vert est l’un des plus tardif. Il émerge vers juillet-août et peut se rencontrer jusqu’au mois de novembre !

    Sources :

    Le guide des libellules – Guide DELACHAUX

    CETTIA Île-de-France

    Chalcolestes viridis, par l’INPN


vendredi 23 octobre 2020

  • Le cornouiller sanguin

    Cornus sanguinea, le cornouiller sanguin, est un arbrisseau qui dépasse rarement les 3 mètres de haut. Il appartient à la famille des Cornaceae, qu’il partage avec Cornus mas, le cornouiller mâle, le seul autre représentant en Île-de-France.

    Quelques caractéristiques du cornouiller sanguin

    Le cornouiller sanguin a des fleurs blanches disposées en corymbe. Sa floraison est souvent décrite comme ayant une odeur « désagréable ». Je lui trouve un parfum de levure de boulanger, ou de patte à pain crue… Chacun y trouvera agrément ou non selon ses préférences.

    Fleur du cornouiller sanguin © CACP – Emilie Périé

    La feuille du cornouiller est de forme elliptique avec des nervures bien dessinées. Elle présente une caractéristique particulière : lorsque l’on déchire la feuille des filaments se forment, probablement par coagulation de la sève, qui maintiennent quelques temps les deux fragments, reliés comme par magie !

    La feuille magique du cornouiller sanguin © CACP – Emilie Périé

    Le fruit du cornouiller est une drupe, un fruit charnu contenant un seul noyau, d’un bleu tirant sur le noir.

    Le fruit du cornouiller sanguin © CACP – Emilie Périé

    L’écorce des plus jeunes rameaux a des teintes rouges, parfois très vives, ce qui lui vaut son nom de cornouiller sanguin. On voit sur l’image précédente l’aspect pourpré de la branche.

    Quelques atouts du cornouiller sanguin

    Cet arbuste est indigène en Île-de-France, il est très présent et particulièrement bien adapté aux conditions franciliennes. Il fait d’ailleurs partie des plantes disposant de la marque Végétal Local pour la région. Ses fleurs, qui s’épanouissent de mai à juin, sont très mellifères et assez appréciées des insectes pollinisateurs. En septembre et octobre ce sont ses fruits qui nourrissent les oiseaux amateurs de baies et petits fruits (comme les merles et les grives par exemple). Etant de plus, plutôt bas et de structure très buissonnante il fait un formidable allié des créateurs de haies !

    Buisson de cornouiller sanguin © CACP – Gilles Carcassès

    Sources :

    La flore d’Île-de-France, par Philippe Jauzein et Olivier Nawrot

    Cornus sanguinea par, Telabotanica

    Cornus sanguinea par, INPN

    La feuille magique du Cornouiller sanguin, par TelaBotanica et la Salamandre


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