Nature Yvelines – Le blog de Gilles, ces 365 derniers jours

Le blog de Gilles



samedi 16 janvier 2021

vendredi 15 janvier 2021

  • Ischnura elegans, l’agrion élégant
    Ischnura elegans – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    Par un beau matin de juillet, ce couple en tandem se pose devant moi sur une feuille de peuplier et forme le cœur copulatoire. En haut, le mâle est facile à reconnaître avec son thorax bleu et son huitième segment abdominal tout bleu. Sur les ailes, ses ptérostigmas sont bicolores. L’identification des femelles est plus délicate, il en existe de plusieurs types avec des couleurs différentes qui d’ailleurs changent selon leur âge. On peut ainsi rencontrer des femelles orange, roses, fauves, vertes, bleues, mauves. Voici une femelle au thorax mauve qui a capturé un petit diptère :

    Ischnura elegans femelle – Vauréal (95) © Gilles Carcassès

    Ischnura elegans est une espèce commune et répandue. Ses larves aquatiques en effet ne sont pas exigeantes sur la qualité de l’eau, elles colonisent facilement toutes sortes d’étangs et de mares, même de petite taille.

    Retrouvez un autre agrion :

    L’agrion à larges pattes

    Source :

    Ishnura elegans, dans la base de données Doris


jeudi 14 janvier 2021

  • Tibellus

    En fauchant avec mon filet à papillons une touffe de roseaux des bois au parc du peuple de l’herbe, je récupère cette magnifique araignée tachetée comme une panthère. C’est une Philodromidae qui établit son territoire de chasse dans les hautes herbes. Il s’agit du genre Tibellus et probablement de l’espèce oblongus dans une rare forme tachetée. Ce petit mâle s’échappe sans peine du bocal d’observation dans lequel je l’avais placé.

    Tibellus sp. – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    Les Philodromidae font partie des araignées-crabes et chassent à l’affût. Tibellus oblongus se positionne tête en bas sur les épis et les tiges de graminées, avec lesquels il se confond.

    Retrouvez une autre espèce vue dans les roseaux des bois :

    Dimorphopterus spinolae

    Source :

    L’identification des espèces d’araignées sans toiles de chasse de la région PACA, par Françoise Drouard et Anne Bounias-Delacour


mercredi 13 janvier 2021

  • Oenopia conglobata, la coccinelle rose
    Oenopia conglobata – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    Cachés sous l’écorce d’un vieux saule, ces deux coccinelles attendent le printemps. Il s’agit de l’espèce Oenopia conglobata. Elle doit son nom de coccinelle rose à la couleur de fond de ses élytres, mais elle est en fait d’allure assez variable comme le montre cette photo, les élytres pouvant être plus ou moins teintées de jaune.

    Cette coccinelle se reconnaît à la suture épaisse des élytres ornés de16 taches noires vaguement rectangulaires et parfois fusionnées. Elle vit dans les arbres, notamment les saules, les chênes et les peupliers, où elle consomme des pucerons et des psylles, et aussi du nectar et du pollen. Les adultes passent l’hiver sous des écorces et parfois dans les maisons.

    Ces deux-là sont allées poursuivre leur hivernage dans le sous-sol de la Maison des insectes, adoptées par le responsable des élevages en vue de futures animations pédagogiques.

    Retrouvez une autre coccinelle à suture noire et taches fusionnées :

    Tytthaspis sedecimpunctata, la coccinelle à 16 points

    Sources :

    Oenopia conglobata, fiche descriptive dans l’INPN, par Hervé Bouyon

    Oenopia conglobata, par Encyclop’Aphid


mardi 12 janvier 2021

  • Calliphora vicina, la mouche bleue
    Calliphora vicina – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    On peut observer toute l’année Calliphora vicina, la mouche bleue de la viande. Son observation en janvier n’est donc pas une anomalie. Ici, elle prend le soleil sur une petite pomme encore accrochée dans un arbre.

    Calliphora vicina est attirée par les charognes très fraiches. Sa rapidité à coloniser un cadavre et la durée de ses trois stades larvaire sont connues en fonction de différents facteurs : la facilité d’accès pour les mouches, la température de l’environnement, la température des différentes zones du cadavre. Le stade de développement des asticots est donc un indice précieux pour estimer la date d’un décès en expertise médico-légale. Mais des analyses effectuées notamment par immunofluorescence, sur ces larves et même sur les pupes vides, peuvent être aussi d’un grand secours pour déterminer la cause d’un empoisonnement ou confirmer l’absorption de drogue avant la mort. Une soixantaine de substances toxiques peuvent être ainsi décelées.

    Sources :

    L’entomotoxicologie légale, par Matthias Gosselin (2009)

    Les larves de diptères nécrophages en entomologie médico-légale : une histoire de température, par Cindy Aubernon, Valéry Hédouin et Damien Charabidzé (2017)


lundi 11 janvier 2021

dimanche 10 janvier 2021

  • Paidiscura pallens
    Cocons de Paidiscura pallens – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    Deux petites meringues au revers d’une feuille d’érable, voilà qui n’est pas banal ! J’ai déjà vu chose semblable dans le parc du château de Marcouville à Pontoise, également sous une feuille de sycomore.

    Paidiscura pallens – parc du château de Marcouville à Pontoise © Gilles Carcassès

    Ces constructions en soie blanche sont l’œuvre d’une toute petite araignée (moins de 2 mm), rondouillarde et pâlichonne : Paidiscura pallens. Elle appartient à la famille des Theridiidae qui compte 119 espèces en France. Ces cocons que la femelle surveille et déplace en cas de danger abritent sa ponte.

    Paidiscura pallens tisse une toile en réseau désordonné en trois dimensions sous les feuilles des branches basses d’arbres à feuillage caduc tels que les chênes, les érables, les pommiers, les bouleaux. Elle y capture des pucerons, des psylles, de petits diptères… On peut la rencontrer aussi sur les épicéas, les genêts, les callunes et divers arbustes. C’est une espèce assez commune mais discrète en raison de sa petite taille. On la repère généralement à la présence de ses cocons.

    Pourquoi cette espèce ne se contente-t-elle pas de réaliser des cocons bien sphériques, certainement plus simples à fabriquer, comme beaucoup d’autres araignées ? Il paraît que c’est pour faire parler les naturalistes trop curieux.

    Retrouvez une autre araignée arboricole :

    Nigma walckenaeri

    Source :

    Des araignées en Limousin, par M Cruveillier (Annales scientifiques du Limousin – 2013)


samedi 9 janvier 2021

  • Kelisia
    Kelisia cf punctulum – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    Le pâle soleil de décembre m’accueille au parc du peuple de l’herbe. A tout hasard, je bats deux ou trois touffes sèches de Carex au bord de la mare pédagogique. Au fond de mon filet, j’observe cet homoptère très clair aux ailes membraneuses. Ce n’est pas un puceron, ni une cicadelle. Ses antennes en gros bâton, implantées très bas, m’orientent vers une famille que je connais mal, celle des Delphacidae. Après quelques recherches, je conclus au groupe d’espèces Kelisia pallidula.

    Kelisia cf punctulum – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    Une vue de profil me permet de repérer la petite tache noire présente sur la joue de cet insecte (sous l’œil et vers l’avant). Sa forme et sa position constituent des critères distinctifs de plusieurs espèces de Kelisia. Le dessin trouvé dans Die Zikaden Mitteleuropa me semble confirmer dans le groupe l’espèce Kelisia punctulum qui serait inféodée à Carex acutiformis, la laîche des marais. Je vérifierai l’identité de la plante en bonne saison car il faut l’examiner en fleurs.

    Dans l’INPN,16 espèces de Kelisia sont répertoriées pour la France, mais aucune d’entre elles n’est illustrée ni ne fait l’objet d’observations. Je ne pense pas que ce genre soit spécialement rare, cette carence montre simplement que personne ne s’intéresse aux Delphacidae. Et pourtant, un expert, William Della Giustina a publié en 2019 dans le cadre de travaux de recherche menés à l’INRA, un guide en deux tomes Les Delphacidae de France et des pays limitrophes, mettant à la disposition de tous les naturalistes un outil fabuleux (187 espèces décrites en 832 pages) !

    Retrouvez d’autres homoptères du parc du peuple de l’herbe :

    Lepyronia coleoptrata

    Stictocephala bisonia, le membracide bison

    Sources :

    Les Delphacidae de France, tome 1 – aperçu

    Les Delphacidae de France, tome 2 – aperçu

    Kelisia punctulum, dans le Forum Waarneming.nl

    Genus Kelisia, par University of Delaware

    Kelisia punctulum, par British Bugs

    Kelisia punctulum, par Bladmineerders

    Kelisia punctulum, par Fauna Europaea


vendredi 8 janvier 2021

  • Rhopalapion longirostre, l’apion des roses trémières
    Rhopalapion longirostre – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    C’est la fête !

    Par une belle matinée de juin, ces petits coléoptères se sont donné rendez-vous sur les boutons floraux d’une rose trémière. Les mâles se disputent fébrilement le dos des femelles. Celles-ci vont pondre au cœur des fleurs, les larves se développant à l’intérieur des graines en formation.

    Larve de Rhopalapion longirostre dans une graine de rose trémière – Vauréal © Gilles Carcassès

    Largement répandu en Amérique du Nord, Moyen-Orient, Asie mineure et Europe méridionale, cet apion a été découvert en France en 1982. Il a depuis gagné tout l’Hexagone et bien au-delà, sans doute aidé dans sa progression rapide par des jardiniers amateurs désireux de semer dans leur jardin des roses trémières rencontrées lors de voyages. Ils ont sans le savoir introduit le ravageur en même temps qu’ils ont semé la plante !

    Rhopalapion longirostris femelle – Auvers-sur-Oise © Gilles Carcassès

    La femelle se différencie du mâle par son rostre plus allongé.

    Rhopalapion longirostre est facile à observer sur les roses trémières. C’est également un ravageur du coton, une autre Malaceae.

    Apios, la poire

    Les Apionidae tirent leur nom du grec apios, qui signifie poire, eu égard à leur forme allongée et renflée vers l’arrière.

    Retrouvez un autre insecte en expansion géographique, présent au parc du peuple de l’herbe :

    Guanchia pubescens

    Sources :

    Rhopalapion longirostre, par l’Atlas de biodiversité de la commune de Vauréal

    L’apion des roses trémières, par André Lequet

    Les Apions de France, clés d’identification commentées, par Jean-Marie Ehret (1990)


jeudi 7 janvier 2021

  • Exidia truncata
    Exidia truncata – Poissy © Gilles Carcassès

    Cette masse noire sur une branche morte de chêne est de consistance gélatineuse mais assez ferme. Sa surface présente une multitude de petites verrues. Il s’agit de jeunes Exidia truncata, des champignons assez communs qui dégradent le bois mort.

    Exidia truncata – Poissy © Gilles Carcassès

    En s’épanouissant, ce champignon prend la forme qui lui vaut son nom d’espèce : elle s’apparente à une demi-sphère, coupe vers le haut, avec les bords plus ou moins lobés. La partie fertile est sur le dessus.

    Exidia truncata est reviviscent. A l’état sec, il disparaît presque complètement et redevient turgescent une fois réhumecté.

    Retrouvez d’autres champignons de consistance gélatineuse :

    Les trémelles

    L’oreille de Judas

    Source :

    Trémelles et assimilées, par le Groupe mycologique de Cournon d’Auvergne


mercredi 6 janvier 2021

  • Ocypus aethiops, le staphylin à bouton d’or
    Ocypus aethiops – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    Ce n’est pas une larve, mais bien un coléoptère adulte. Ces élytres très courts qui ne couvrent que le début de l’abdomen sont une caractéristique des staphylins (famille des Staphylinidae pour les puristes).

    J’ai trouvé celui-ci dans une vieille souche pourrie au bord de l’étang de la Galiotte. Parmi tous les grands staphylins, Ocypus aethiops est facile à reconnaître : des touffes de poils dorés sont alignées sur le dessus de son abdomen.

    Cette espèce est très commune dans tous les massifs forestiers d’Ile-de-France, sur sol sableux, mais on peut la rencontrer dans d’autres milieux. Elle est même citée dans l’étude des communautés spécifiques des toitures végétalisées en Ile-de-France.

    Ocypus aethiops est carnivore, il consomme notamment de petits mollusques. Je l’ai plusieurs fois rencontré sous le bois mort tombé au sol.

    Retrouvez un autre staphylin :

    Tachinus subterraneus

    Source :

    Coléoptères du Bassin parisien, par Bruno Mériguet et Pierre Zagatti (2016)


mardi 5 janvier 2021

  • Sympetrum sanguineum, le sympétrum sanguin
    Sympetrum sanguineum – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    Le mâle du sympétrum sanguin se reconnaît à ses pattes entièrement noires et à son abdomen rouge rétréci dans son tiers antérieur.

    Sympetrum sanguineum – mare de l’Hautil à Triel © Gilles Carcassès

    Les ptérostigmas (cellules colorées vers l’extrémité des ailes) sont brun rouge. Sur le dessus des derniers segments de l’abdomen, on remarque les traits noirs dont la présence constitue une autre caractéristique de l’espèce.

    Couple de Sympetrum sanguineum – Menucourt © Gilles Carcassès

    La femelle est brun jaune assez clair, avec les yeux bicolores, marron dessus et vert dessous. Pour s’accoupler, les libellules prennent cette position acrobatique dite « en cœur copulatoire », le mâle tenant fermement la femelle derrière la tête à l’aide des appendices qui prolongent son abdomen. (Vous avez bien compris : les organes sexuels du mâle sont placés à la base de son abdomen.) Chez cette espèce, le couple vole ensuite en tandem pendant que la femelle pond au-dessus de la végétation des rives. Puis la femelle termine seule la ponte.

    Sympetrum sanguineum est une espèce commune des eaux stagnantes aux rives bien végétalisées. C’est un hôte fréquent des mares forestières, et des étangs, même en ville.

    Retrouvez un autre sympétrum :

    Sympetrum striolatum

    Source :

    Identifier les sympétrums du Grand Est, par Faune Lorraine


lundi 4 janvier 2021

  • Lythria purpuraria, l’ensanglantée des renouées
    Lythria purpuraria femelle – Vouillé (79), 31 août 2020 © Gilles Carcassès

    Voici un bien joli Geometridae aux teintes ocre et pourpre. Comme les bandes pourpres n’atteignent pas le bord interne de l’aile antérieure, il s’agit de l’espèce Lythria purpuraria. Ici, c’est une femelle, car le mâle a des antennes fortement pectinées.

    Lythria purpuraria mâle – Cuzac (46) © Gilles Carcassès

    On voit voler cette espèce surtout au mois d’août. Elle est commune dans presque toute la France. Ses chenilles consomment la renouée des oiseaux, Polygonum aviculare, une petite plante tapissante des sols tassés.

    Retrouvez d’autres Geometridae jaunes dans cet article :

    La phalène emplumée et l’hibernie orangée


dimanche 3 janvier 2021

  • Trémelles
    Tremella aurantia – Poissy © Gilles Carcassès

    Sur cette branchette de chêne tombée au sol plusieurs champignons se sont développés. A l’arrière plan à gauche, ces consoles superposées, coriaces et hérissées de peluches sont les fructifications d’un Deadaleopsis confragosa, la tramète rougissante. Les petits plateaux ondulés en guirlande sur le côté droit de la branche sont celles de Stereum hirsutum, la stérée hirsute. Et au premier plan, cette salade gélatineuse et chiffonnée qui évoque vaguement la forme d’une cervelle, c’est Tremella aurantia, la trémelle orangée.

    Si la stérée hirsute et la tramète rougissante décomposent le bois mort, il n’en est pas de même pour la trémelle. Ce champignon est un parasite des stérées ! Tout se passe à l’intérieur des fibres du bois, le mycélium de la trémelle se nourrissant de celui de la stérée. Les parties visibles et colorées ne sont que les fructifications de ces espèces.

    Tremella mesenterica est une autre trémelle, elle parasite les Peniophora, des champignons dont les fructifications en croûte sont appliquées contre le bois mort (voir photo ci-dessous). Tremella aurantia et Tremella mesenterica étant très semblables, les mycologues les distinguent par l’examen microscopique des spores lorsque le champignon parasité n’est pas visible.

    Tremella foliaceae, de couleur rose ou brune, et Tremella encephala, de forme plus globuleuse, sont d’autres espèces parasites de stérées, communes en Ile-de-France.

    Les trémelles sont parfois désignées sous le vocable poétique de beurre de sorcière. Malgré cette appellation appétissante, je vous déconseille fortement d’en faire des tartines.

    Retrouvez un autre champignon qui décompose le bois mort :

    L’oreille de Judas

    Source :

    Clé des trémelles du Sud-Ouest, par Robert Cazenave


samedi 2 janvier 2021

  • Nuctenea umbratica, l’épeire des fissures
    Nuctenea umbratica, sous l’écorce d’un arbre mort – Vauréal © Gilles Carcassès

    Partout où il y a des fissures, on peut trouver cette araignée : murs délabrés, écorces décollées, serrures de portail, poteaux fendus sont autant de cachettes qui lui conviennent bien. C’est l’épeire des fissures, elle est assez grosse mais, grâce à une musculature adaptée, elle peut s’aplatir pour se faufiler dans son logement. Invisible le jour, Nuctenea umbratica sort la nuit pour tisser une toile et chasser près de son repère. Ses proies sont des insectes de mœurs nocturnes, papillons de nuit, chrysopes, opilions…

    J’héberge cette espèce sur mon balcon à Poissy. Voyez-vous son logement ? Elle partage sa fissure avec une épeire des fenêtres, plus petite. Les séances d’observations des papillons de nuit avec mon piège lumineux sont pour ces araignées l’occasion de grands festins !

    Retrouvez une autre de mes locataires :

    La scutigère véloce


vendredi 1er janvier 2021

  • Vanessa atalanta, le Vulcain
    Vanessa atalanta – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy (août 2020) © Gilles Carcassès

    Un joli papillon pour bien commencer l’année

    Les salicaires en fleurs au bord de la Seine sont un régal pour l’observation des insectes. J’ai eu le grand plaisir d’y rencontrer Melitta nigricans, un hyménoptère spécialisé sur cette plante, des abeilles domestiques, des Amaryllis et de nombreuses piérides. Cet autre papillon de jour, le Vulcain (Vanessa atalanta), était lui aussi intéressé par le nectar des salicaires.

    Vanessa atalanta – Osny © Gilles Carcassès

    Vu de dessus, les bandes orange de ses ailes esquissent un cercle.

    Vanessa atalanta est un papillon migrateur qui chaque printemps nous arrive des régions méditerranéennes. Lors de leur voyage de retour à l’automne, la génération estivale peut parcourir 3000 km en cinq semaines. Les papillons font alors des haltes pour se nourrir au moins une fois par semaine. Quelques individus font l’économie du voyage et choisissent de passer l’hiver chez nous en se cachant dans une crevasse ou un abri quelconque.

    Les chenilles épineuses du vulcain consomment les feuilles des orties.

    Retrouvez un autre Nymphalidae :

    Le Tircis

    Source :

    Suivez la piste du vulcain, par Vigie Nature


jeudi 31 décembre 2020

  • Le meilleur de 2020

    Commencé le 25 février 2020, ce blog compte désormais 269 articles. Voici les articles qui ont été les plus lus :

    Championne toutes catégories, la scutigère que je croise parfois dans ma maison !

    Scutigera coleoptrata – Poissy © Gilles Carcassès

    Deuxième au classement général, un reportage sur une soirée d’animation nature organisée par le parc du peuple de l’herbe et l’OPIE.

    Devant la Maison des insectes – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    La reine frelon asiatique dans sa loge d’hivernage c’est aussi taillé un beau succès médiatique.

    Vespa velutina (Vespidae) – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    Les portraits de l’araignée Zoropsis spinimana et de l’hyménoptère Ophion obscuratus ont été aussi très partagés sur les réseaux sociaux.

    Un grand merci pour votre fidélité et vos encouragements !

    Je vous souhaite à tous une excellente année 2021.


mercredi 30 décembre 2020

  • Tachinus subterraneus
    Tachinus subterraneus – Poissy © Gilles Carcassès

    Un staphylin du compost

    Les tomates pourries sont tombées au sol dans le potager. En en enlevant une pour la mettre au compost, je vois dessous ce petit coléoptère avec deux taches jaunes. Je l’introduis pour examen dans mon bocaloscope et je constate alors, à ses élytres courts, que c’est un staphylin.

    J’ai l’honneur de vous présenter Tachinus subterraneus, un grand classique du compost. Les adultes et les larves de cette espèce sont carnivores : les larves de diptères sont à leur menu. Il paraît qu’il adore chasser dans les pommes de terre pourries. Dans les tomates aussi, on dirait.

    Les ailes dépliées de Tachinus subterraneus – Poissy © Gilles Carcassès

    Malgré la petitesse de ses élytres, ce staphylin vole très bien, simplement lorsqu’il ne s’en sert pas, ses longues ailes membraneuses sont savamment repliées et cachées sous ses élytres.

    Retrouvez un autre coléoptère du compost :

    La cétoine dorée


mardi 29 décembre 2020

  • Cyathus stercoreus, le cyathe coprophile
    Cyathus stercoreus – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    C’est dans une zone dénudée du parc du peuple de l’herbe, au sol tassé par des engins de chantier, que je rencontre ce drôle de champignon. On dirait un nid garni de petits œufs noirs.

    Cyathus stercoreus – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    A côté d’un pied d’arbre paillé avec des branches broyées, j’en trouve une troupe serrée. Certains de ces champignons n’ont plus leurs « œufs ». Ils sont sortis de leur coupe : on en voit quelques-uns sur le sol.

    Cyathus stercoreus – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    L’intérieur de la coupe est gris et satiné, alors que l’extérieur présente des mèches grossières. C’est ce qui me permet d’identifier Cyathus stercoreus, le cyathe coprophile, de la famille des Nidulariaceae. On trouve ce champignon sur les crottins, les fumiers, les sols fumés ou brûlés, les débris ligneux et pourris. Une amie mycologue me donne quelques éléments de vocabulaire pour ces champignons : la coupe est nommée péridium et les œufs sont les péridioles. Les péridioles sont violemment expulsés par les gouttes de pluie, entrainant chacune avec elle un filament collant nommé funicule. Elles s’accrochent par ce funicule à des herbes, des brindilles et des petits débris qui seront emportés par la pluie ou déplacés par des animaux. Lorsqu’elles se décomposent, les péridioles libèrent des spores qui, en germant, assurent la reproduction de l’espèce.

    Ce champignon a fait l’objet d’une étude sur sa capacité à dégrader le TNT : il pourrait être utilisé pour détoxifier des sols contaminés par cet explosif.

    Retrouvez un autre champignon poussant sur le bois broyé :

    La pézize vésiculeuse

    Sources :

    Clé des Nidulariaceae, par Alain Coustillas

    Chen, Jinchuan (1995). Development of fungal degrading system to detoxify 2,4,6-Trinitrotoluene (TNT) in liquid phase bioreactors. Texas A&M University. Texas A&M University. Libraries. 


lundi 28 décembre 2020

  • Nigma walckenaeri
    Nigma walckenaeri  – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    L’hiver, c’est la bonne saison pour observer les araignées cachées dans leur abri. Bien sûr, il faut veiller à déranger le moins possible et toujours tout remettre en place avec précaution. Cette beauté verte était sous l’écorce décollée d’un peuplier mort tombé à terre. Entièrement verte, avec des poils blancs, c’est la femelle de Nigma walckenaeri, une toute petite araignée de la famille des Dictynidae. Le mâle est plus allongé avec le céphalothorax brun. Apparemment, ce sont surtout les femelles qui passent l’hiver chez cette espèce.

    Nigma walckenaeri construit sa toile sur le dessus d’une feuille d’arbuste. Elle apprécie les lilas, les forsythias, les houx parce que leurs feuilles ont souvent une forme en gouttière qui leur permet tisser une toile en nappe et de se cacher dessous. Ses proies sont les petits insectes imprudents qui se posent sur la feuille.

    Retrouvez une autre chasseuse qui hante les feuilles des arbres :

    Campyloneura virgula

    Source :

    Nigma walckenaeri, par Britishspiders


dimanche 27 décembre 2020

  • Camarota curvipennis
    Camarota curvipennis – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    Sauteur minuscule

    Les altises sont ces petits coléoptères sauteurs qui grignotent les feuilles de mes radis et détruisent ma planche de roquette chaque année au moment de la récolte. Ces charmantes bestioles ont une forme arrondie ou en poire et sont souvent de couleur noire.

    En relevant le piège lumineux que j’ai placé pour une nuit derrière la Maison des Insectes, je découvre une de ces altises. J’y accorde peu d’intérêt, ces insectes étant réputées indéterminables à vue.

    Par acquis de conscience, je tente un photo de plus près de cette bête contrariante qui saute dès que j’approche mon objectif. La voici posée sur un carton :

    Camarota curvipennis – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    Surprise, ce n’est pas une altise !

    Ses ailes membraneuses enveloppent son abdomen, donnant ainsi l’impression que ce sont des élytres. Et ce que je prenais pour de fines antennes de coléoptère sont en fait des antennes courtes et dodues dotées d’une sorte de gros poil allongé (une arista).

    Ce sont là des antennes de mouches ! Je trouve ce diptère chez les Conopidae. Il s’agit de Camarota curvipennis, un ravageur des céréales. Ses larves affectent le sommet des tiges de diverses graminées, dont le blé et l’avoine.

    Cette ressemblance avec les altises m’intrigue. Permet-elle à ces mouches d’échapper à quelques becs fins qui dédaignent les altises ?

    Retrouvez un autre ravageur des céréales :

    La tenthrède du blé


samedi 26 décembre 2020

  • Lasius emarginatus, une reine esseulée
    Reine de Lasius emarginatus – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    C’est l’histoire d’une fourmi

    Février 2020, je casse de vieux champignons et retourne quelques vieilles écorces à la recherche d’insectes cachés. Je fais une bonne moisson d’espèces ce jour-là : Hydrometra stagnorum, une punaise qui ressemble à un phasme, Armadillidium vulgare, le cloporte qui se roule en boule, Vespa velutina, une reine frelon asiatique qui me dévisage avec curiosité…

    Cette très grosse fourmi observée le même jour, sous l’écorce décollée d’un érable mort, est longtemps restée dans la pile des espèces indéterminées. Un expert vient de m’éclairer sur son identité : il s’agit d’une reine de l’espèce Lasius emarginatus, reconnaissable à son thorax brun-roux qui tranche avec la tête et l’abdomen plus sombres.

    Reine de Lasius emarginatus – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    Chez Lasius emarginatus, l’essaimage a lieu en été et les reines fécondées fondent rapidement une petite colonie. Ainsi normalement, la reine passe douillettement l’hiver dans son nid souterrain entourée de ses premières ouvrières. Celle-ci a du perdre sa ponte. Il faudra à la sortie de l’hiver qu’elle trouve à manger pour se refaire des forces si elle veut tenter de fonder une nouvelle colonie.

    Cette espèce qui élève les pucerons, aime les vieux murs et les tas de pierre. Au parc du peuple de l’herbe, le sol est par endroits constitué d’anciens tas de gravats, aussi cette fourmi y est bien à son aise !

    Retrouvez une autre espèce de fourmi du parc du peuple de l’herbe :

    Formica cunicularia

    Sources :

    La myrmécologie en Ile-de-France, par Lucien Claivaz

    Lasius emarginatus, par le site Les Fourmis


vendredi 25 décembre 2020

  • Erannis defoliaria, l’hibernie défeuillante
    Erannis defoliaria – Poissy © Gilles Carcassès

    Ce papillon de nuit est posé au bas du mur de ma maison. J’arrive avec mon appareil photo, mais il s’agite et ne tarde pas à s’envoler dans le jardin, côté poules (mauvais choix !). J’ai juste le temps de prendre cette photo où il nous montre ses ailes postérieures délicatement mouchetées.

    Les Geometridae de décembre ne sont pas très nombreux, cela va me faciliter la détermination. On peut en effet espérer croiser en décembre l’hibernie défeuillante, le phalène brumeuse, la cheimatobie du hêtre (très proche de la phalène brumeuse) et la phalène de l’érable. Ces quatre espèces ont pour point commun un fort dimorphisme sexuel : les femelles n’ont pas d’ailes fonctionnelles, elles attendent sur les troncs la visite des mâles.

    Il s’agit ici d’une forme sombre de l’hibernie défeuillante (Erannis defoliaria), ravageur très commun des chênes, des charmes et beaucoup d’autres espèces d’arbres.

    Retrouvez une autre hibernie dans cet article :

    La phalène emplumée et l’hibernie orangée

    Sources :

    Erannis defoliaria, par Oreina

    A la recheche des hibernies à Noël au fond des bois, un reportage dans Lépi’Net


jeudi 24 décembre 2020

  • Tomocerus minor
    Tomocerus minor – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    Ceci n’est pas un insecte !

    Cet arthropode à six pattes n’est pas un insecte car il n’a pas de pièces buccales externes. Il fait partie d’une autre classe, celle des enthognates. Chez les entognathes en effet les pièces bucales sont cachées à l’intérieur d’une poche qui fait office de bouche. Cette miscule bestiole, rencontrée sous une souche déracinée, appartient plus précisément à l’ordre des collemboles qui compte 745 espèces en France métropolitaine. En utilisant la clé des collemboles de Frans Janssens, j’arrive jusqu’à l’espèce Tomocerus minor, de la famille des Tomoceridae.

    Tomocerus minor est très commun sous les bois morts. On le reconnaît à sa couleur grise uniforme, son collier de soies sombres et ses antennes en baguettes de tambour, dont le 3ème article est plus long que les autres. Il se nourrit essentiellement de moisissures et de champignons.

    Cette espèce qui aime les milieux humides est capable, grâce à ses réserves de graisse, de résister à des variations de son environnement, comme des sècheresses passagères. Il survit à un jeûne d’un mois, mais c’est peu en comparaison des capacités de certaines espèces cavernicoles, adaptées à des conditions extrêmes. Parmi celles-ci, Bonetogastrura balazuci détient le record de survie avec un an et sept mois sans nourriture !

    Les collemboles constituent une pièce maîtresse de la biodiversité des sols et ils concourent de façon essentielle à la production de l’humus et à la fertilité des sols.

    Retrouvez un autre décomposeur :

    Le cloporte commun

    Sources :

    Le petit collembole illustré, par Jean-Marc Thibaud et Cyrille A. D’Haese

    Catalogue des collemboles de France, par Jean-Marc Thibaud


mercredi 23 décembre 2020

  • Agelastica alni, la galéruque de l’aulne
    Agelastica alni – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    Mai 2020, au bord de la Seine

    J’ai repéré une chrysomèle noire sur une feuille d’aulne, alors je la tournicote pour trouver le meilleur angle de vue. La patience du coléoptère a des limites et il a commencé à sortir ses ailes pour me fausser compagnie. Il est temps que je le place dans mon bocaloscope, le temps de mieux l’observer.

    Agelastica alni – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    En fait cette chrysomèle n’est pas noire mais d’un bleu très foncé. Il s’agit de la galéruque de l’aulne, Agelastica alni. Et c’est pour elle le début de la saison des amours. Les couples se forment sur les aulnes. Les petites larves qui naîtront à partir de juin vont décaper l’épiderme supérieur des feuilles des aulnes et finir par les transformer en dentelles.

    Larves d’Agelastica alni © Gilles Carcassès

    Il paraît que ces larves exsudent une humeur sucrée qui fait le régal de ces petites mouches Chloropidae.

    La vie larvaire dure trois à quatre semaines et la nymphose s’effectue au sol. Les nouveaux adultes, aux premiers frimas, se cachent pour hiverner dans des abris, des fissures d’écorce par exemple. Ils en sortiront au printemps suivant et se nourriront des jeunes feuilles des aulnes en y faisant de gros trous, comme celui que l’on voit sur la photo ci-dessus.

    Retrouvez une autre chrysomèle qui mange les feuilles des arbres :

    Chrysomela tremula, une des chrysomèles des peupliers

    Source :

    Agelastica alni, par e-phytia


mardi 22 décembre 2020

  • Dimorphopterus spinolae

    Calamagrostis epigejos, le roseau des bois, aux longs épis dorés, s’établit en taches denses sur les sols sableux. Une grosse touffe de cette graminée me tente pour passer un coup de filet. Je suis curieux en efffet de savoir qui habite dans cette végétation particulière.

    Dimorphopterus spinolae – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    Hop, j’ai attrapé une punaise très allongée, ici en compagnie de deux charmants collemboles ! Cette Lygaeidae était sur sa plante-hôte : il s’agit de Dimorphopterus spinolae, une espèce réputée rare qui fréquente essentiellement le roseau des bois. Il paraît qu’on peut l’observer aussi dans les dunes du littoral sur les oyats (Ammophila arenaria) et le sègle de mer (Leymus arenarius). Les adultes hivernent.

    J’ai capturé un autre individu aux ailes très courtes, c’est la forme brachyptère. Cela arrive parfois chez certaines espèces de punaises qui peuvent présenter en mélange deux formes, une à ailes longues (macroptère) et une autre à ailes courtes (brachyptère).

    Dimorphopterus spinolae, forme brachyptère – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    Retrouvez d’autres Lygaeidae :

    Spilosthetus pandurus

    Rhyparochromus vulgaris

    Source :

    Dimorphopterus spinolae, par Wanzen-im-Ruhrgebiet


lundi 21 décembre 2020

  • Operophtera
    Operophtera sp. – Poissy © Gilles Carcassès

    La magie de Noël ?

    Les écailles de ce papillon venu à la fenêtre du salon brillent à la lumière de mon flash. Sa façon de tenir ses ailes fermées comme un papillon de jour est typique des Operophtera, des Geometridae classiques au cœur de l’hiver.

    Chez les Operophtera, seuls les mâles sont ailés. Les femelles aptères attendent les hommages de ces messieurs sur les troncs d’arbres. C’est le cas aussi d’autres Geometridae, comme l’hibernie orangée.

    Il existe deux espèces d’Operophtera, la phalène brumeuse (Operophetera brumata) et la plus rare chématobie du hêtre (Operophterra fagata). Les différences visuelles entre les mâles de ces deux espèces sont trop subtiles pour moi. Leurs chenilles consomment les feuilles des arbres, surtout celles des hêtres pour la deuxième.

    Operophtera sp. – Chambourcy © Gilles Carcassès

    J’ai trouvé celui-ci dans une hêtraie. Alors serait-ce Operophtera fagata ? Peut-être, mais les experts ne tranchent pas… J’aurais du prendre une photo du dessous, paraît-il.

    Retrouvez une autre bestiole venue à ma fenêtre :

    Zoropsis spinimana


dimanche 20 décembre 2020

  • Cerceris arenaria
    Cerceris arenaria  – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy (août 2020) © Gilles Carcassès

    Le panais aux fleurs généreuses en nectar est très apprécié des hyménoptères. Cette fois-ci, c’est un Cerceris qui se régale. Les Cerceris se repèrent à leur abdomen boudiné et leur allure assez fine. La face jaune, l’abdomen régulièrement rayé et globalement plus noir que jaune, ainsi que la disposition des parties noires sur les pattes m’oriente vers Cerceris arenaria, une espèce très commune, et présente en Ile-de-France.

    Ce Cerceris creuse des terriers dans des sols meubles et y introduit des charançons de diverses espèces qu’il a capturés, paralysés et transportés en vol. Ils serviront de nourriture à ses larves. Les terriers sont assez profonds et ramifiés, ils peuvent contenir jusqu’à une centaine de charançons. Ils sont souvent groupés en bourgades importantes et l’ usurpation de terriers entre femelles voisines n’est pas rare.

    Sources :

    Souvenirs entomologiques de Jean-Henri Fabre – le Cerceris tuberculé Vous apprendrez dans ce très beau récit comment l’auteur a réussi a percé le mystère de la paralysie foudroyante du charançon par le Cerceris. Il donne aussi quelques éléments de biologie de différentes espèces de Cerceris.

    Cerceris arenaria, dans le site anglais BWARS

    Retrouvez d’autres hyménoptères Crabronidae :

    Philanthus triangulum, le loup des abeilles

    Ectemnius cephalotes


samedi 19 décembre 2020

  • Dorcus parallelipipedus, la petite biche
    Dorcus parapellipipedus mâle © Gilles Carcassès

    Dorcus parallelipipedus est un coléoptère de la famille des Lucanidae, comme le lucane cerf-volant avec lequel on le confond parfois. La mâle utilise ses mandibules pour lutter avec les concurrents afin de séduire les femelles. S’il se sent menacé, il peut vous pincer le doigt et il ne lâche pas prise facilement ! Cela m’est arrivé !

    Larve de Dorcus parallelipipedus © Gilles Carcassès

    Les larves de cette espèce sont arquées comme celles des hannetons. A l’aide de leurs mandibules fortement dentées, elles creusent des galeries dans le bois pourri. On les rencontre surtout dans les vieilles souches de saules et de peupliers.

    Dorcus parapellipipedus femelle © Gilles Carcassès

    Les mandibules de la femelle sont moins développées que celles du mâle, et sur le dessus de sa tête, au milieu, on remarque une paire de discrètes protubérances que n’a pas le mâle.

    Ce coléoptère très commun participe activement à la transformation des vieux bois en humus. Il est aussi une ressource de nourriture non négligeable pour les pics, les blaireaux et les sangliers.

    Pour ne plus confondre la petite biche mâle et le lucane cerf-volant femelle :

    Dorcus parallelipidepus mâle / Lucanus cervus femelle
    © Gilles Carcassès

    Retrouvez un autre coléoptère que l’on peut voir dans le bois tombé :

    La petite pelle à tarte

    Source :

    La petite biche, par André Lequet


vendredi 18 décembre 2020

  • Conistra rubiginosa, l’orrhodie grise
    Conistra rubiginosa – Poissy © Gilles Carcassès

    Les dessins noirs de cette noctuelle sont caractéristiques de l’espèce Conistra rubiginosa. Sa chenille consomme les bourgeons, les fleurs et les feuilles de nombreux arbres et arbustes, puis des plantes basses (plantains, pissenlits, achillées…).

    Conistra rubiginosa est une espèce commune même en ville et répandue partout en France. Cette noctuelle vole d’octobre à avril, avec un pic en février, tant que la température nocturne ne descend pas en dessous de 2°C. J’ai trouvée celle-ci au fond de mon piège lumineux, sur mon balcon, le 15 décembre 2020 (6°C).

    Les allemands nomment cette espèce « hibou d’hiver », il est vrai qu’elle ressemble un peu à celle que nous nommons le hibou (Noctua pronuba).

    Retrouvez un autre Conistra dans cet article :

    Noctuelles de novembre

    Source :

    Conistra rubiginosa, par Oreina


jeudi 17 décembre 2020

  • Le chemin du pompile
    Auplopus sp. et sa proie Cheiracanthium mildei – Vouillé (79) © Gilles Carcassès

    Septembre 2020, sur la terrasse à l’heure du café

    Une araignée traverse la table, sur le dos, portée par une petite guêpe noire ! Cet hyménoptère est en fait un pompile de genre Auplopus, il capture des araignées et les enferme dans son nid. Il les destine comme nourriture pour ses larves. Je me dis qu’il s’est fourvoyé, aussi je déménage délicatement cet étonnant équipage et le pose au bout de la terrasse côté jardin.

    Auplopus sp. – Vouillé (79) © Gilles Carcassès

    Curieux de découvrir l’emplacement de son nid, je suis cet hyménoptère du regard. Il entreprend d’escalader le mur de la maison. Ça n’a pas l’air facile, il tombe plusieurs fois. Quand il arrive enfin au plafond, il s’envole lourdement et atterrit… sur la table ! L’animal reprend alors le même chemin, trainant toujours laborieusement sa proie !

    La cachette d’Auplopus sp. – Vouillé (79) © Gilles Carcassès

    Et tous deux disparaissent au prix d’une manœuvre hardie et apparemment bien rodée dans une fente entre deux lattes de la table. Je me sens honteux, moi le prétendu professionnel de la biodiversité, d’avoir fait perdre inutilement du temps et de l’énergie à ce pauvre pompile. La morale de l’histoire, c’est qu’en croyant bien faire, on intervient souvent de travers et qu’il est préférable de laisser faire la Nature !

    Cette petite araignée au ventre jaune qu’un ami arachnologue identifie comme une très probable Cheiracanthium mildei est connue comme prédatrice efficace des pucerons cendrés dans les vergers de pommiers. Mais elle fréquente aussi les bâtiments. A noter qu’une espèce proche, Cheiracanthium inclusus qui vit au Etats-Unis, a causé le rappel de 65000 véhicules parce qu’elle installait préférentiellement sa retraite de soie dans l’évent du réservoir d’essence ! Il a fallu y installer un filtre anti-araignée.

    Retrouvez d’autres hyménoptères chasseurs spécialisés :

    Chasseur de criquets : Prionyx kirbii

    Chasseur de punaises : Dryudella tricolor

    Chasseur d’abeilles : Philanthus triangulum

    Chasseur de mouches ; Ectemnius cephalotes

    Chasseur de chenilles : Eumenes coronatus


mercredi 16 décembre 2020

  • Pararge aegeria, le Tircis
    Pararge aegeria sur une feuille de bryone – Vouillé (79) © Gilles Carcassès

    Le Tircis (Pararge aegeria) est un papillon extrêmement commun dans tous les espaces arborés : parcs, jardins, bords de chemins forestiers, clairières… On voit souvent les mâles territoriaux posés sur des feuilles au soleil, ils guettent le passage des femelles et défendent leur petit territoire en chassant les autres mâles.

    Avec cet abdomen long et effilé, c’est bien un mâle. Au centre de son aile antérieure, on remarque une zone triangulaire brillante, sur fond marron, qui s’étend vers la base, c’est la bande androconiale. Elle est tapissée d’écailles odorantes qui ont le pouvoir de séduire les femelles. Il faut un papillon pas trop usé et un bon éclairage pour la distinguer. Ici elle est bien nette.

    Tircis mâle / Tircis femelle
    © Gilles Carcassès

    Ce montage montre que l’abdomen de la femelle (à droite) est nettement plus rebondi et moins effilé que celui du mâle (à gauche). La femelle n’a pas de bande androconiale et les taches claires sur ses ailes sont généralement plus grandes. Son aile antérieure est un peu plus arrondie que celle du mâle. Mais ces critères de couleurs et de forme sont soumis à des variations individuelles et géographiques.

    Il ne faut pas le confondre avec ces deux-là :

    Lasiommata megera

    Lasiommata maera

    Source :

    Pararge aegeria, fiche descriptive de l’INPN


mardi 15 décembre 2020

  • Myelois circumvoluta
    Myelois circumvoluta, sur un cirse commun – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    Les anglais l’appellent l’Hermine des chardons

    C’est en été que l’on peut rencontrer sur les chardons Myelois circumvoluta, une très jolie pyrale. Ses chenilles consomment l’intérieur des tiges des Cirsium, des Carduus et des Onopordon. Sur cette photo, le papillon adopte la posture classique de cette espèce, tête en bas sous la pointe épineuse d’une feuille.

    On peut confondre Myoleis circumvoluta avec les hyponomeutes, dont les larves défolient notamment les fusains. Un examen attentif du nombre de points noirs permet de les différencier :

    Myelois circumvoluta (famille des Pyralidae) / Yponomeuta sp. (famille des Yponomeutidae)
    Gilles Carcassès

    Retrouvez d’autres habitués des Cirsium :

    Larinus turbinatus

    Terellia serratulae


lundi 14 décembre 2020

  • Polyxenus lagurus
    Polyxenus lagurus – Poissy © Gilles Carcassès

    Quelle est donc cette petite famille blottie sous une écorce ? Il ne s’agit pas de cloportes, ni de larves d’insectes, ces minuscules arthropodes sont des mille-pattes d’un genre particulier.

    Polyxenus lagurus fait partie de la famille des Polyxenidae, dans l’ordre des Polyxenida, ça ne s’invente pas. Et les Polyxenida sont un ordre dans la classe des diplopodes, ainsi nommés parce qu’ils ont deux paires de pattes par segment.

    Les Polyxenus vivent sous les écorces décollées. Détritivores, ils consomment aussi sans doute des algues et des moisissures.

    Chaque segment de leur corps présente des bouquets de soies épaisses et creuses, ce qui leur donne cet aspect satiné. Les longues soies dressées à l’arrière du corps ont la particularité d’avoir leur extrémité crochue. Elles sont utilisées pour la défense contre les prédateurs. En effet, lorsqu’une fourmi menaçante s’approche, Polyxenus lui montre son derrière et lui brosse brièvement la tête. Ses poils se détachent et s’emmêlent alors sur ceux de la tête de la fourmi qui a beaucoup de mal à se dépêtrer de ce ‘Velcro’ animal. Et lorsque Polyxenus a perdu ses poils détachables, il lui en repousse d’autres !

    Retrouvez un autre diplopode :

    Glomeris marginata

    Source :

    Millipede’s ‘barbed grappling hooks’ thwart predators, scanningelectronmicroscope study reveals, par H. Roger Segelken


dimanche 13 décembre 2020

  • Le bruant des roseaux
    Bruant des roseaux – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    C’est toute une petite troupe de bruants des roseaux qui s’égaye dans la végétation au bord de l’étang de la vieille ferme. Ils décortiquent les épis secs de ces grands joncs, s’équilibrant avec leur queue dans leurs acrobaties.

    Le bruant des roseaux vit dans les milieux humides avec une végétation haute de roseaux, joncs, carex, massettes. Il se nourrit en effet des graines de ces plantes. A la belle saison, il consomme aussi des insectes et en capture pour nourrir sa nichée cachée au sol parmi la végétation. En hiver, il fréquente aussi des friches en compagnie des bandes de pinsons et de chardonnerets.

    Les bruants des roseaux franciliens sont pour la plupart sédentaires, ils sont rejoints l’hiver par des migrateurs du Nord de l’Europe.

    Retrouvez un autre oiseau en visite à l’étang de la vieille ferme :

    L’aigrette garzette


samedi 12 décembre 2020

  • Peziza vesiculosa, la pézize vésiculeuse
    Peziza vesiculosa – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    Les jardiniers du parc ont approvisionné un énorme tas de branches broyées. Il s’en servent pour pailler les pieds des arbres nouvellement plantés. Un drôle de champignon a colonisé le matériau et fructifie en troupes serrées. Cette pézize vésiculeuse pousse sur le fumier, la paille décomposée, le compost.

    Peziza vesiculosa – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    La surface extérieure du champignon est granuleuse. Sa chair est fragile et se casse facilement.

    Peziza vesiculosa – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    Le fond de la coupe est souvent plissé.

    J’ai envoyé un exemplaire à une amie mycologue aux fins de détermination. Pour les pézizes en effet, il est nécessaire de mesurer la taille des spores pour être certain de l’espèce. Et pour cela il faut un bon microscope. Merci à Marie-Louise pour son aide !

    Retrouvez un autre ascomycète :

    Turquoises dans les bois

    Source :

    Peziza vesiculosa, par Mycocharentes


vendredi 11 décembre 2020

  • Oniscus asellus
    Oniscus asellus – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    Sous une vielle écorce délabrée, je rencontre ces charmants cloportes avec des dessins irréguliers sur leur face dorsale. Pour les déterminer, j’utilise la clé citée à la fin de cet article.

    Oniscus asellus © Gilles Carcassès

    Comme le flagelle, dernière partie de l’antenne, comporte 3 articles, cela réduit les recherches aux familles des Oniscidae, Philoscidae, et Halophiloscidae.

    Ensuite, les deux petites expansions de la tête, visibles de part et d’autre des antennes, sont un critère de distinction de l’espèce Oniscus asellus. De plus, la silhouette est bien régulière, sans décrochement de la partie l’arrière comme chez Philoscia par exemple.

    Oniscus asellus est une espèce très commune, elle vit dans de nombreux types de milieux, mais on la trouve souvent sous les écorces.

    Retrouvez un autre cloporte :

    Armadillidium vulgare

    Source :

    Crustacés Isopodes terrestres du Nord-­Ouest de la France
    (Crustacea, Isopoda, Oniscidea)
    Clé de détermination et références bibliographiques
    Franck NOËL & Emmanuel SÉCHET


jeudi 10 décembre 2020

  • Amara eurynota

    De nombreux insectes hivernent à l’état adulte cachés sous des pierres. Je tente ma chance en choisissant une grosse pierre au bord de l’étang de la vieille ferme. Mais elle est enfoncée profondément dans le sol de la berge et il m’est impossible de la sortir. Cette pierre moyenne peut-être ? Non plus… Bon, cette petite fera peut-être l’affaire ?

    Amara eurynota – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    Gagné, j’ai trouvé un carabe !

    C’est insecte n’est pas un carabe au sens strict, mais un carabique, c’est-à-dire un membre de la famille des Carabidae. Le déterminer n’est pas chose simple parmi les 1000 espèces que compte cette famille en France (378 seulement en Ile-de-France). Heureusement l’application iNaturalist est d’un bon secours. Je prends une photo avec mon portable et en un clic, elle m’oriente vers le genre Amara (31 espèces en Ile-de France). Je vérifie la validité de la piste avec une clé des Carabidae qui m’amène à l’espèce Amara eurynota.

    Ce carabique consomme des graines qu’il trouve au sol. Bien qu’il ne soit pas prédateur, il peut tout de même être considéré comme un auxiliaire de culture. Il participe en effet, comme la plupart des autres espèces d’Amara et de nombreux autres carabiques, à la lutte contre les plantes adventices dans les champs, en éliminant leurs graines.

    Retrouvez d’autres Carabidae du parc du peuple de l’herbe :

    Calathus fuscipes

    Elaphrus riparius

    Source :

    Des carabes pour remplacer les herbicides, par Zoom Nature

    Prédation des adventices par les carabes : Soutenance de thèse de Benjamin Carbonne INRAE (5 décembre 2020)


mercredi 9 décembre 2020

  • Phalangium opilio
    Phalangium opilio – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    Qui se réchauffe au soleil de décembre sur cette bordure de bois ? Je compte six pattes, ce serait un insecte ? Avec quatre pattes à gauche et deux à droite ? Non, plus sûrement une bestiole à huit pattes qui en a perdu deux accidentellement. Alors, une araignée ? L’abdomen serait séparé du reste du corps par un étranglement. C’est donc un opilion, appelé aussi faucheux.

    Comme les araignées, les opilions font partie de la classe des arachnides. Ils ne tissent pas de toiles et chassent la nuit en tâtant leur environnement avec leurs très grandes pattes. Ce sont des prédateurs, mais ils n’ont pas de glandes à venin.

    Phalangium opilio – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    L’INPN recense 19 espèces d’opilions pour l’Ile-de-France et Phalangium opilio est le plus commun. Pour le reconnaître, il faut observer les deux yeux composés rassemblés au sommet de la tête comme un périscope. Les arcades qui surmontent ces yeux sont ornées de deux rangées parallèles de fortes épines caractéristiques de l’espèce.

    Ici c’est une femelle, le mâle a des palpes plus allongés.

    Phalangium opilio se nourrit de petits animaux à corps mous, comme des pucerons, des chenilles, des larves de coléoptères, des acariens et même de petites limaces. On le rencontre dans de nombreuses cultures : luzerne, chou, fraise, pomme de terre, maïs, pommiers… En viticulture, on le considère comme un auxiliaire naturel intéressant qui consomme beaucoup de chenilles d’eudémis, lesquelles peuvent faire des dégâts importants dans les grappes. Une étude de l’INRAE de Bordeaux a montré que cette prédation est plus forte si des habitats naturels sont présents à proximité des parcelles de vigne.

    Retrouvez un autre arachnide :

    La tique du lapin

    Sources :

    Les faucheux ne sont pas vraiment des araignées, par Zoom Nature

    La prédation d’eudémis par les faucheux est favorisée par la complexité du paysage, Par Viti Veille (2020)

    Phalangium opilio, par Cornell University


mardi 8 décembre 2020

  • Le chardonneret élégant
    Chardonneret élégant – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    Celui-là, c’est le guetteur !

    Perché sur un grand peuplier au bord de l’étang de la vieille ferme, il attend que les choses se calment. Un groupe de marcheuses en bâtons est passé sur le chemin de halage et leurs bruyantes conversations s’éloignent. C’est un soulagement pour les petits oiseaux et aussi pour le photographe.

    Chardonnerets élégants – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    A son signal, toute la troupe se jette sur les touffes de bardanes en fruits que les jardiniers du parc ont eu le bon goût d’épargner.

    Chardonnerets élégants – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    A nous les petites graines !

    Les chardonnerets ont une nette préférence pour les Asteraceae. Je les vois picorer les capitules secs des chicorées, des bleuets, des centaurées, des cardères, des cirses, des bardanes, des séneçons… Vous savez ce qui vous reste à faire si vous voulez attirer ces magnifiques oiseaux dans votre jardin ! Ils consomment aussi des graines d’arbres : copalmes, bouleaux, platanes…

    Il semble qu’une bonne partie des chardonnerets qui nichent en Ile-de-France migrent en Espagne, mais d’autres sont sédentaires. En hiver, ceux qui ne partent pas sont rejoints par des populations d’origine plus nordique. Ces hivernants se mêlent souvent aux troupes de pinsons des arbres.

    Source :

    Les princes de la friche, par Nature en ville à Cergy-Pontoise


lundi 7 décembre 2020

  • Neomida haemorrhoidalis
    Neomida haemorrhoidalis – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    Un vieux peuplier s’est effondré sur la rive de l’étang de la vieille ferme. Sur son tronc pourri, on distingue encore quelques morceaux d’un gros amadouvier gorgé d’eau. Ce champignon recèle-t-il quelques trésors ? J’ai déjà trouvé dans des polypores semblables, du côté de l’étang de la Galiotte, l’étonnant Bolitophagus reticulosus. Je pense l’observer ici aussi car cette espèce est assez fréquente dans ce milieu très particulier.

    Surprise !

    C’est un autre coléoptère que je découvre. Avec ces fesses rouges bien particulières, je l’identifie facilement. Il s’agit du bien nommé Neomida haemorrhoidalis, de la famille des Tenebrionidae. Lui aussi vit dans les amadouviers. J’aurais aimé vous montrer un mâle qui a deux belles cornes sur la tête, mais je n’ai trouvé qu’une femelle, et je n’ai pas voulu démolir tout le champignon.

    Ce coléoptère très rare et récemment découvert dans les Yvelines avait été repéré lors de l’étude environnementale préalable à la réalisation du parc du peuple de l’herbe. Il avait été estimé alors que sa présence constituait un enjeu entomologique majeur pour le site. Aussi l’étude recommandait de conserver systématiquement les arbres morts sur pied et ceux tombés au sol. La consigne a été suivie et l’espèce est toujours présente ! Il est intéressant de noter que la première observation avait été faite également à l’intérieur d’un vieil amadouvier sur un peuplier effondré, mais à l’autre bout du parc.

    Source :

    Réalisation d’un inventaire faune flore habitats naturels sur le site du futur parc paysager et récréatif à Carrières-sous-Poissy (rapport final) – Alisea / Conseil général des Yvelines – 2012


dimanche 6 décembre 2020

  • Lepismachilis
    Lepismachilis sp. – Vouillé (79) © Gilles Carcassès

    « Papy, regarde dans le bois, on va peut-être trouver des bestioles » me dit mon petit-fils en désignant une vielle souche pourrie au bord du chemin qui mène à la rivière. Je détache délicatement un gros morceau d’écorce. Seraient-ce des œufs, ces amas de boules orange ? Non, il s’agit d’un myxomycète, peut-être du genre Trichia, une espèce fréquente sur le bois pourri.

    Et cet étonnant insecte primitif couvert d’écailles ? Il faut le chercher dans l’ordre peu connu des Microcoryphia, famille des Machilidae.

    Les yeux sont jointifs, bigarrés et nettement bicolores, entourés d’une bande très claire qui contraste avec le reste du corps : c’est le genre Lepismachilis. Je suis tenté de reconnaître l’espèce Lepismachilis y-signata, de loin la plus commune du genre. Mais je vois d’habitude cette espèce sur des falaises ou des pierres, et les motifs caractéristiques de cette espèce sont absents.

    Il y aurait en France huit espèces de Lepismachilis. Si un spécialiste passe par ici, aurait-il la gentillesse de m’éclairer ? (Mais ça ne doit pas courir les rues, les experts en Lepismachilis !)

    Lepismachilis sp. – Vouillé (79) © Gilles Carcassès
    Lepismachilis sp. – Vouillé (79) © Gilles Carcassès

    Selon l’incidence de l’éclairage, les écailles prennent de magnifiques teintes irisées. Toutes les couleurs de l’arc-en-ciel sont là ! Mais à quoi cela peut-il bien servir dans un endroit aussi obscur que le bois pourri ?

    Les Lepismachilis sont des décomposeurs, comme les cloportes. Ils pourraient aussi consommer des mousses, des algues et des lichens.

    Sources :

    Reconnaître les genre de Machilinae, par Le Monde des insectes

    Les Archéognathes, par Entomologic


samedi 5 décembre 2020

  • Ils ont raté le train de la migration !
    Rougequeue noir – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    Les rougequeues noirs qui ont niché chez nous sont partis vers le sud de l’Europe ou l’Afrique du nord entre la mi-septembre et fin octobre. Ils reviendront en mars ou avril. A la saison des amours, on repère ces oiseaux à leur chant grinçant quand ils sont perchés sur le toit des maisons. Celui-ci, vu au parc du peuple de l’herbe le dernier jour de novembre, ne partira plus. Il a gagné son statut d’hivernant. Ils sont tout au plus chaque année quelques dizaines à tenter ainsi de survivre à l’hiver dans notre région.

    Tarier pâtre mâle – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    De nombreux couples de tariers pâtres nichent dans les buissons du parc du peuple de l’herbe. Ils migrent vers les zones côtières et les régions méditerranéennes en septembre et octobre, et jusqu’à mi-novembre. Il y a fort à parier que celui-ci aussi, vu le même jour, ne partira plus. Ils sont aussi quelques dizaines d’individus de cette espèce à hiverner en Ile-de-France chaque année.

    Souhaitons-leur bonne chance !

    Retrouvez un autre oiseau migrateur du parc du peuple de l’herbe :

    La pie-grièche écorcheur


vendredi 4 décembre 2020

  • Zoropsis spinimana
    Zoropsis spinimana – Poissy © Gilles Carcassès

    Les autorités le recommandent, il faut ouvrir les fenêtres pour aérer l’habitation. C’est aussi l’occasion de faire d’intéressantes rencontres. Cette énorme araignée se réchauffe au soleil du matin. Encore un peu engourdie par la fraicheur de la nuit, je peux facilement la photographier de plus près.

    Zoropsis spinimana femelle – Poissy © Gilles Carcassès

    C’est Zorospis spinimana que l’on rencontre souvent dans les maisons, une vedette des réseaux sociaux tant sa taille et son allure impressionnent.

    Zoropsis spinimana – Poissy © Gilles Carcassès

    Sur son céphalothorax, on peut s’amuser à reconnaître le portrait de Nosteratu le vampire avec son visage allongé et ses yeux enfoncés. Le mien aurait même deux petits cornes diaboliques au somment du crâne ! Et si l’on regarde bien, on distingue les yeux de l’araignée de part et d’autre de ces prétendues « cornes ». Elle n’a pas besoin de se retourner pour me regarder.

    Zoropsis spinimana ne fait pas de toiles, elle erre la nuit et capture d’autres araignées, y compris les grosses tégénaires, au sol et sur les murs. On dit qu’elle a du caractère et qu’il ne faut pas trop la chatouiller. J’avoue ne pas avoir essayé, d’ailleurs je n’ai aucune raison objective de l’embêter puisqu’elle fait gratuitement et en silence le ménage dans toute la maison.

    C’est une espèce méridionale qui progresse vers le Nord. On la voit maintenant régulièrement en Ile-de-France. J’ai l’honneur de partager ma maison avec un couple de cette espèce depuis 2018.

    Retrouvez d’autres araignées de mœurs nocturnes :

    Deux épeires qui chassent la nuit

    Source :

    Zoropsis spinimana, fiche descriptive dans l’INPN


jeudi 3 décembre 2020

  • Tetranychus lintearius, le tétranyque de l’ajonc
    Tetranychus lintearius – Poissy © Gilles Carcassès

    Ce pied d’ajonc est en partie enveloppé d’une toile diffuse et dense. Inutile de chercher l’araignée responsable, les coupables sont visibles, agglutinés au bout des rameaux.

    Tetranychus lintearius – Poissy © Gilles Carcassès

    A leurs huit pattes, on sait que ce sont des acariens.

    Comment cela, vous ne voyez pas les huit pattes ? A vrai dire, moi non plus. Mais tout ici m’oriente vers l’acarien Tetranychus lintearius : les grandes toiles en manchons autour des rameaux de l’arbuste, la couleur rouge des individus minuscules et surtout la plante hôte, indispensable au cycle de vie de cet arthropode : l’ajonc d’Europe.

    Ces acariens d’à peine un demi-millimètre tissent une toile communautaire. Ils se nourrissent du contenu des cellules de la plante, ce qui explique ces traces blanches et ces brunissements sur les tiges et les feuilles épineuses de cet ajonc.

    Peut-être que ces tétranyques sont ici en phase de dissémination : ils se massent aux extrémités de la plante pour se faire emporter par le vent ou quelque animal de passage ?

    Notre ajonc indigène est une plante invasive gênante sur d’autres continents. Aussi, des scientifiques ont cherché à freiner sa vigueur et son expansion en important cet acarien. Aux Etats-Unis, ce ne fut pas très concluant, car il a servi de repas à un autre acarien prédateur introduit pour protéger des cultures, et à une coccinelle invasive arrivée accidentellement. Rien n’est simple dans la Nature !

    Source :

    Un minuscule, spécialiste du super web, par Zoom Nature


mercredi 2 décembre 2020

  • Kleidocerys resedae
    Kleidocerys resedae – Chambourcy © Gilles Carcassès

    La punaise des chatons de bouleaux

    Une bonne balade de trois heures en forêt, c’est excellent pour garder la forme. C’est aussi l’occasion de ramasser quelques champignons. Des chanterelles ! Miam ! Elles seront parfaites pour accompagner une aile de raie sauce hollandaise.

    De retour à la maison, sous l’effet de la douce chaleur du foyer, une dizaine de petits insectes sortent du panier et s’égayent sur la table de la cuisine. C’est la débandade ! Je capture un de ces passagers clandestins et lui propose une feuille de glycine pour le photographier dehors et l’identifier.

    Avec son museau de souris, je lui trouve une bonne tête de punaise Lygaeidae. Je le trouve effectivement dans cette famille. Il s’agit de Kleidocerys resedae, qui vit pour l’essentiel sur les bouleaux. Au printemps, les adultes se réveillent de leur sommeil hivernal et grimpent dans les bouleaux. Les deux sexes stridulent avant de s’accoupler. Les œufs sont pondus sous les écailles des chatons femelles. Les juvéniles et les adultes se nourrissent de la sève de ces arbres. L’automne venu, les adultes s’enfouissent pour hiverner dans la litière.

    Devinez-vous sous quels arbres j’ai trouvé mes chanterelles ? Des bouleaux bien sûr !

    Il paraît que les adultes stridulent aussi dans la litière lorsqu’ils sont dérangés. Je ne sais pas si l’information est exacte ; en tout cas, je n’ai rien entendu…

    Retrouvez d’autres insectes amateurs de bouleaux :

    La chevelure dorée

    Le grand scolyte du bouleau

    La punaise nébuleuse


mardi 1er décembre 2020

  • Cacyreus marshalli
    Cacyreus marshalli – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    Le brun du pélargonium est un petit papillon marron dont l’aile postérieure porte un ocelle noir et une fine queue grise. Le revers des ailes est marqué de blanc, de brun et de gris.

    Cacyreus marshalli – Vouillé (79) © Gilles Carcassès

    Cette espèce, de la famille des Lycaenidae, est originaire d’Afrique du Sud comme les pélargoniums que consomment ses chenilles. On rencontre ce papillon presque toute l’année car plusieurs générations se succèdent. Dans les régions où il est installé, il est fréquent sur les balcons fleuris, dans les jardins et dans les friches urbaines.

    Chenille de Cacyreus marshalli sur un pédoncule floral (novembre) – Poissy © Gilles Carcassès

    La jeune chenille est verte et poilue comme les tiges et pétioles de sa plante-hôte. En grandissant elle se teinte de rose et s’attaque aux boutons floraux. Ensuite elle perfore les tiges et en consomme l’intérieur. Elle ne survit pas aux gels importants mais les pélargoniums rentrés l’hiver dans les maisons et les vérandas assurent sa survie d’une année sur l’autre.

    Cacyreus marshalli est arrivé dans notre pays en 1977 par les Pyrénées orientales. L’espèce est maintenant largement présente dans une grande moitié sud de la France ainsi qu’en Bretagne, Alsace et Ile-de-France.

    Retrouvez d’autres Lycaenidae :

    Le cuivré commun

    Le techla du prunier

    Sources :

    Cayreus marshalli, par le Monde des insectes

    Le brun du pélargonium, un insecte envahisseur, par Gérard Tiberghien et Jean-Pierre Vesco (OPIE – 2003)


lundi 30 novembre 2020

  • Episyrphus balteatus, le syrphe ceinturé
    Episyrphus balteatus – Poissy © Gilles Carcassès

    Les orties qui accueillent plusieurs espèces de pucerons attirent aussi leurs prédateurs. Voici au pâle soleil de novembre une femelle de l’espèce Episyrphus balteatus.

    Ces yeux écartés sont ceux d’une femelle. Les moustaches noires dans les anneaux jaunes de l’abdomen sont typiques de l’espèce.

    Episyrphus balteatus est un syrphe très répandu, il peut avoir entre deux à sept générations par an selon les régions et les conditions météo. Chacune de ses larves mord et tue en moyenne 700 pucerons. Certains adultes passent l’hiver en se réfugiant dans des abris, d’autres effectuent des migrations vers des cieux plus cléments, parfois sur de longues distances. Est-elle une hivernante ou une migratrice en halte ? Elle gardera son secret.

    Episyrphus balteatus femelle © Gilles Carcassès

    Voici une autre femelle vue en juin. On peut remarquer que les bandes noires sur l’abdomen sont moins étendues. En particulier, le masque de cambrioleur au début de l’abdomen est moins bien dessiné que sur mon individu de novembre. Pourquoi cette différence entre les générations estivales et hivernales ? Les scientifiques qui ont étudié le phénomène avancent une explication : habillés de noir, ces diptères se réchaufferaient mieux au soleil.

    Episyrphus balteatus mâle © Gilles Carcassès

    Le mâle est facile à reconnaître avec ses yeux contigus.

    Retrouvez d’autres syrphes (très beaux !) :

    Callicera aurata

    Chrysotoxum festivum

    Sources :

    Episyrphus balteatus, par Arvalys

    Spipoll : l’hiver, saison des diptères


dimanche 29 novembre 2020

  • Salticella fasciata, une chasseuse d’escargots
    Une mouche sur un escargot  – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    Postée au sommet d’une coquille d’escargot, cette mouche semble faire le guet. Sa silhouette et son attitude me font penser à une scatophage, déjà trouvée dans les parages, mais certains détails clochent, notamment ces fémurs dodus à l’arrière. Je m’approche à quatre pattes pour ne pas l’effrayer.

    Salticella fasciata – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    De près, la bête est fort jolie. J’ai un peu de mal à cerner sa famille. Finalement, je la trouve chez les Sciomyzidae, ces mouches tueuses de gastéropodes. Il s’agit de Salticella fasciata dont les larves ne se nourrissent pas d’escargots aquatiques comme Sepedon sphegea et la plupart des autres espèces de cette famille. Celle-là est spécialisée dans les escargots terrestres.

    C’est une première observation pour Cettia Ile-de-France. Plutôt méditerranéenne, cette mouche est également présente sur le littoral atlantique. Décidément, il y a un microclimat au parc du peuple de l’herbe !

    Source :

    Salticella fasciata, par Manche Nature

    Retrouvez d’autres espèces méditerranéennes observées au parc du peuple de l’herbe :

    Druydella tricolor

    Guanchia pubescens


samedi 28 novembre 2020

  • Parectopa robiniella
    Parectopa robiniella – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    Le chemin de halage le long de la Seine au parc du peuple de l’herbe est une allée ombragée appréciée des promeneurs. Elle est bordée d’ormes, d’érables, de robiniers, de saules… Par endroits, les robiniers présentent ces taches blanches au contour digité sur leurs folioles. Peut-être les avez-vous vues ? Il ne s’agit pas d’une maladie mais de mines creusées par une petite chenille.

    Chenille de Parectopa robiniella  © Gilles Carcassès

    Voici la responsable : la chenille de Parectopa robiniella, un papillon de nuit de la famille des Gracillariidae. L’espèce est d’apparition toute récente en Ile-de-France : je n’ai pas connaissance d’observations antérieures à 2017. Ce microlépidoptère est originaire d’Amérique, il a débarqué en Italie en 1970. Il est désormais largement présent en Ile-de-France et ne paraît pas causer de dommages majeurs aux robiniers.

    Retrouvez une autre espèce mineuse de feuille :

    La petite mineuse des ancolies

    Source :

    La mine digitée du robinier, par Nature en ville à Cergy-Pontoise


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