Nature Yvelines – Le blog de Gilles, ces 365 derniers jours

Le blog de Gilles



mercredi 1er juillet 2020

  • Erythromma lindenii, la naïade aux yeux bleus
    Erythromma lindenii femelle – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    Erythromma lindenii s’aventure assez loin de l’eau pour chasser les petits insectes parmi les herbes. Les trois taches colorées alignées derrière la tête sont un critère important pour déterminer cette espèce. Les femelles arborent souvent ce beau dégradé de couleurs et elles ont les yeux verts. Les mâles sont beaucoup plus bleus.

    Erythromma lindenii femelle – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    Autre critère pour cette espèce : les ptérostigmas (sur les ailes) sont gris. Chez la femelle, les appendices à l’extrémité de l’abdomen sont clairs.

    Source :

    Erythromma lindenii, par Nature22


mardi 30 juin 2020

  • Tephritis bardanae, mouche de la bardane
    Tephritis bardanae mâle – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    Ça y est, elles sont de retour ! Ces diptères Tephritidae pondent dans les fleurs des bardanes, et justement les boutons floraux des bardanes commencent à poindre. Sur les bardanes au soleil, plus avancées, quelques Tephritis bardanae mâles attendent les femelles de pied ferme.

    Tephritis bardanae – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    Je reconnais cette espèce au X que forment les taches noires lorsque les ailes sont croisées.

    Retrouvez la bardane dans cet article :

    La coccinelle à 22 points


lundi 29 juin 2020

  • L’hydrocampe du nénuphar
    Un papillon sous une feuille de bardane  – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy  © Gilles Carcassès

    Au bord du chemin de halage poussent de grandes bardanes. Un coup d’oeil sous les grandes feuilles, et voilà encore une belle découverte ! Ce papillon très contrasté est un Crambidae, le dessin très particulier des motifs de ses ailes m’indique son espèce : Nymphula nitidula, l’hydrocampe du nénuphar. Sa chenille consomme sous l’eau le dessous des feuilles des nénuphars. Justement dans la Seine toute proche, près de la rive, poussent des nénuphars dont les fleurs jaunes sortant à peine de l’eau offrent des perchoirs aux demoiselles.

    Nymphula nitidula  – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy  © Gilles Carcassès

    Ce que l’on voit devant lui, ce sont ses pattes antérieures, et pas ses antennes qu’il tient au repos allongées sur son dos.

    Source :

    Les hydrocampes, par FauneAlsace


dimanche 28 juin 2020

samedi 27 juin 2020

  • La balotte noire
    Balotta nigra – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    La balotte noire est une Lamiacea vivace qui peut former de grosses touffes et atteindre 80 cm de haut. Elle est commune dans les friches, les décombres, les bords de chemins. En raison de son nectar accessible au fond des corolles en tube, cette plante est attractive pour les hyménoptères.

    Fleurs de Balotta nigra – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    Le genre Balotta compte 35 espèces de plantes vivaces ou de sous-arbrisseaux, pour la plupart originaires d’Asie Mineure et du pourtour Méditerranéen. Certaines de ces espèces, à feuillage cotonneux, sont utilisées en jardins de rocaille.

    Sous une grande feuille d’une bardane voisine, j’ai trouvé ce petit papillon multicolore et brillant, inféodé à la balotte noire : Nemophora fasciella. C’est la femelle, reconnaissable à sa coiffe orange.

    Nemophora fasciella – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    Retrouvez une autre grande Lamiaceae vivace du parc du peuple de l’herbe :

    L’agripaume cardiaque


vendredi 26 juin 2020

  • Lixus du parc du peuple de l’herbe
    Lixus filiformis – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    Le genre Lixus compte 35 espèces en France (Corse comprise). Certains Lixus sont communs, comme ce Lixus filiformis, d’autres sont beaucoup plus rares et difficiles à trouver : de quoi amuser un moment les entomologistes amateurs de ces grands charançons ! Les Lixus vivent aux dépens de plantes auxquelles chaque espèce est inféodée : des Amaranthaceae (épinards, blettes, betteraves, amantes, atriplex), de grandes Apiaceae (férules, opoponax, lasers, berles, céleris, berces, panais, oenanthes), de nombreuses Asteraceae (onopordons, léontodons, cirses, inules, picrides, armoises, tanaisies, centaurées, séneçons, artichauts) mais asssi dans d’autres familles : résédas, giroflées, câpriers, rumex, oeillets, faux-cressons, alliaires, mauves, dorycnies, érodiums. Il existe même un Lixus invasif (Lixus incanescens) qui mange les betteraves. Pour la chasse au Lixus, il est préférable d’avoir de bonnes connaissances en botanique !

    Lixus filiformis vit sur des chardons. Parmi ses plantes-hôtes, Cirsium arvense et Cirsium vulgare poussent en grand nombre au parc du peuple de l’herbe.

    Les larves des Lixus creusent des galeries dans les tiges et/ou les racines de leurs plantes-hôtes.

    Lixus sp. – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    Cet autre Lixus du parc du peuple de l’herbe, posé sur la capuche d’un étudiant en « gestion et protection de la nature », restera indéterminé. Il manque une vue de face pour arriver à l’espèce. Dommage, il est bien joli !

    Source :

    L’excellent site Lixus de France


jeudi 25 juin 2020

mercredi 24 juin 2020

  • Campyloneura virgula
    Un petit insecte est tombé dans ma main – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    Cet insecte tout mignon est tombé des branches qui surplombent le chemin de halage. Il est sur mon bras et je le fais gentiment passer dans ma main gauche pour mieux l’observer.

    Campyloneura virgula – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    C’est une punaise Miridae, nommée Campyloneura virgula, je vous en ai déjà parlé pour sa ressemblance avec un certain coléoptère. Cette grande chasseuse de pucerons et de psylles est forcément une femelle car il n’y a pas de mâles chez cette espèce qui se reproduit par parthénogénèse.

    Elle a sorti son rostre, est-ce pour se défendre ? Pour m’intimider ?

    Aïe !

    Non, c’est pour s’offrir un bon repas ! Ça pique ! Je serre les dents et la laisse faire pour voir ce qu’il va se passer. Elle change d’endroit et me pique à nouveau ! Avec la main valide, tremblant de douleur, je la photographie tant bien que mal.

    Bon, je veux bien faire des sacrifices pour la science, mais la plaisanterie a assez duré, je coupe court à son festin.

    Deux jours ont passé. La main me démange, aux endroits des piqures je constate un minuscule point noir au centre d’une petite rougeur enflée. La sensation est un peu celle d’une piqure de moustique.

    A la lecture des forums spécialisés, je constate que cette petite punaise est coutumière du fait. Il n’est pas dit si les autres victimes humaines ont survécu.

    Source :

    Hétéroptères Miridae, de E. Wagner et H.H. Weber (Faune de France)


mardi 23 juin 2020

  • Bolitophagus reticulatus
    Bolitophagus reticulatus – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    J’ai sorti ce coléoptère de l’intérieur d’un vieil amadouvier trouvé sur vénérable saule blanc abattu par une tempête. Il fait le mort quelques instants sur le dessus du champignon.

    Bolitophagus reticulatus – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    Timide, il va se cacher dessous, côté tubes, à l’abri du soleil. Cette espèce est étonnamment sculptée, on dirait un peu un dinosaure cuirassé. C’est un hôte extrèmement fréquent des amadouviers (Fomes fomentarius) qui poussent sur les troncs des gros hêtres et des peupliers et finit par les tuer en quelques années. Ce champignon peut parasiter aussi les saules, les platanes, les marronniers…

    Les larves comme les adultes de Bolitophagus reticulatus consomment la chair coriace de ce champignon jusqu’à la réduire totalement en poudre.

    Retrouvez un autre coléoptère spécialiste d’un champignon :

    Les beautés cachées du polypore soufré

    Source :

    Fiche champignon : Amadouvier, par l’Office National des Forêts


lundi 22 juin 2020

  • Prionyx kirbii
    Prionyx kirbii – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy  © Gilles Carcassès

    La belle endormie

    Une sortie nature de bon matin permet d’observer des insectes encore endormis. Leur immobilité les rend difficiles à trouver, mais faciles à photographier !

    Prionyx kirbii se réveille doucement – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy  © Gilles Carcassès

    Des mandibules dimensionnées pour serrer des criquets

    Cet hyménoptère de la famille des Sphecidae affectionne les lieux sablonneux, propices pour le creusement de son terrier, et herbeux car ce sont pour cette espèce de bons terrains de chasse. Prinonyx kirbii est en effet spécialisée dans la capture des criquets qu’elle enfouit dans son terrier pour servir de nourriture à ses larves. Des criquets plus gros qu’elle ne lui font font pas peur ! Elle arrive, en les saisissant avec ses mandibules fortes et acérées, à les traîner jusqu’à son terrier, après les avoir paralysés bien sûr.

    Chortippus sp., forme rose – Parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    Ce criquet rose posé sur une crotte de lapin, vu à proximité, serait un mets de choix pour Prionyx kirbii !

    Fait assez rare chez les hyménoptères, Prionyx kirbii peut-être facilement déterminée à vue, sans avoir à se plonger dans de laborieuses clés de détermination. Sa silhouette singulière et son abdomen rouge et noir présentant des bandes blanches très nettes suffisent pour la reconnaître.

    C’est une méridionale. Il semble qu’elle n’avait pas encore été vue au nord de la Seine.

    Retrouvez un autre hyménoptère vu au parc du peuple de l’herbe :

    Vespa velutina, la reine


dimanche 21 juin 2020

  • La picride fausse-vipérine, plante assassine ?

    Parmi toutes les astéracées à fleurs jaunes, la picride fausse-vipérine est l’une des plus faciles à reconnaître : les bractées qui entourent ses capitules sont larges et hérissées de poils raides. Elles sont très visibles avant floraison, formant, assemblées, une sorte de coupole peu avenante. Ses feuilles rêches sont parsemées de pustules blanches armées d’un piquant.

    Helminthoteca echioides, la picride fausse vipérine – Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    Cest une plante très commune des friches. On la rencontre souvent aux abords des maisons et dans les jardins. Ses feuilles hérissées s’accrochent facilement aux pantalons des jardiniers.

    Deux insectes prisonniers sur une tige de fausse-vipérine – Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    Ces deux insectes sont restés accrochés aux poils de cette plante. Chacun d’eux est terminé par deux petits crochets qui semblent particulièrement efficaces.

    Lampyris noctiluca – Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    Quelques mètres plus loin sur un autre pied, je trouve ce lampyre mâle mort accroché par le ventre. Et un autre sur un troisième pied !

    Dans d’autres secteurs du parc du peuple de l’herbe, les fausses-vipérines ne sont pas ainsi chargées de cadavres. Peut-être est-ce là une petite population aux poils particulièrement denses et crochus ?

    En savoir plus sur cette plante :

    Picride fausse vipérine, la mal rasée, par Sauvage du Poitou


samedi 20 juin 2020

  • Zicrona caerulea
    Zicrona caerulea – Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    Bord de Seine, au parc du peuple de l’herbe

    J’ai l’impression qu’un drame se joue sur ce pied d’épilobe.

    Zicrona caerulea – Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    Cette punaise à reflets bleus est une grande carnassière. Ici elle a perforé de son rostre une larve de chrysomèle, probablement une de ces altises qui dévorent les feuilles des épilobes.

    Zicrona caerulea se nourrit de larves de coléoptères, mais aussi de chenilles ou même de coléoptères adultes.

    Et sa larve n’est pas en reste !

    Larve de Zicrona caerulea – Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    Cette larve a trouvé une proie à sa taille. Comme pour beaucoup d’espèces de punaises Pentatomidae, la larve et l’adulte arborent des couleurs et une ornementation différentes. Cet accord en rouge et noir est du plus bel effet sur cette feuille de ronce !

    Source :

    Zicrona caerulea, fiche descriptive par l’INPN


vendredi 19 juin 2020

  • Macrophya montana
    Macrophya montana – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    11 heures, le soleil fait une timide apparition, les insectes se réveillent et s’activent. Sur ces feuilles de ronce bleue au bord de la Seine, ce sont des tenthrèdes, des hyménoptères qui n’ont pas la « taille de guêpe ».

    Macrophya montana femelle – Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    La couleur des pattes et la disposition des taches jaunes sur le thorax et l’abdomen me permettent d’identifier cette Tenthredinidae. Il s’agit de Macrophya montana, une espèce commune dont les larves consomment les ronces.

    Macrophya montana mâle – Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    Un peu plus loin, ce que je prends tout d’abord pour une autre espèce de tenthrède est en fait le mâle de la femelle ci-dessus. Ils ne ressemblent pourtant vraiment pas !

    Chez les Macrophya, les pattes postérieures sont très longues, en raison notamment de la grandeur de la hanche.

    Source :

    La tenthrède rustique, par Quel est cet animal ?


jeudi 18 juin 2020

  • La coccinelle à 24 points

    Sur un compagnon blanc (Silene latifolia), dans le parc du peuple de l’herbe, de minuscules coccinelles poilues font les timides. Elles ne bougent pas : seraient-elles attablées ? Je ne vois pourtant aucun puceron sur cette plante.

    De paisibles herbivores

    La détermination de l’espèce m’apprend que ces coccinelles à 24 points (Subcoccinella vigintiquatuorpunctata) ne sont pas prédatrices, elles consomment des végétaux. On appelle aussi cette espèce la coccinelle de la luzerne parce qu’elle peut faire quelques dégâts dans les luzernières. En fait, elle s’intéresse à de très nombreuses familles et espèces de plantes, dont les compagnons blancs.

    Subcoccinella vigintiquatuorpunctata – Carrières-sur-Seine © Gilles Carcassès

    L’ornementation des élytres est très variable, les 24 points pouvant être plus ou moins effacés ou fusionnés, mais en général on retrouve toujours le point noir central sur le pronotum, en arrière de la tête.

    Subcoccinella vigintiquatuorpunctata – Carrières-sur-Seine © Gilles Carcassès

    Dans ma main, cet autre individu présente des taches fortement fusionnées.

    Retrouvez d’autres coccinelles :

    La coccinelle à 22 points

    La coccinelle à damier


mercredi 17 juin 2020

  • Notoxus trifasciatus, coléoptère rare vu au parc du peuple de l’herbe
    Notoxus trifasciatus – parc du pleuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    Les grands saules blancs plongent leurs racines dans la Seine et leur végétation luxuriante est caressée par un vent léger. Je retourne machinalement quelques branches à la hauteur de mes yeux pour débusquer de menus insectes cachés sous les feuilles au revers argenté.

    Celui-ci a une allure vraiment inhabituelle : sa tête est surmontée d’une excroissance du pronotum en forme de fer de lance. Sa famille non plus n’est pas habituelle, je ne connaissais même pas son existence : les Anthicidae.

    La clé de détermination des espèces du genre Notoxus m’amène facilement à Notoxus trifasciatus. C’est la seule espèce a avoir la pointe des élytres noire.

    Ce petit coléoptère (3 à 4 mm) est rare en Ile-de-France. C’est une espèce sabulicole, c’est-à-dire qu’une partie de son cycle de développement se passe dans ou sur le sable. On rencontre les adultes en été dans les arbres. Il lui faut donc à la fois des arbres et un sol sableux. Une grève de fleuve lui convient donc parfaitement. Saluons ici le travail des concepteurs du parc du peuple de l’herbe qui ont su réaménager en pentes douces une partie des berges de la Seine, créant des espaces propices à une belle biodiversité.

    Sources :

    Les Anthricidae de la faune de France : compléments aux Notoxinae, par Paul Bonadona – 1991 (Société Linnéenne de Lyon)

    Notoxus trifasciatus, fiche descriptive par l’INPN


mardi 16 juin 2020

  • L’agripaume cardiaque
    Leonurus cardiaca – Parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    Quelle élégance !

    Les longs épis feuillés de l’agripaume signalent de loin cette belle Lamiacée vivace. Cette plante aime les situations chaudes et les sols riches et sableux. Elle est devenue rare en Ile-de-France.

    Sommité fleurie de l’agripaume © Gilles Carcassès

    Ses fleurs roses sont en casques et la lèvre supérieure est très poilue.

    Les fruits sont des akènes goupés par quatre, ils évoquent la forme d’un coeur. Justement, cette plante a été beaucoup utilisée pour soigner les maladies cardiaques, en vertu peut-être de la théorie des signatures, très en vogue avant l’avènement de la science moderne.

    Je déconseille la tisane sans prescription médicale, la plante a une réelle toxicité à haute dose et serait photosensibilisante. On la dit toxique pour les moutons.

    Source :

    Leonurus cardiaca, par Tela Botanica

    Retrouvez une autre grande plante vivace du parc du peuple de l’herbe :

    Le grand pigamon


lundi 15 juin 2020

  • Le thecla du prunier
    Satyrium pruni – Poissy © Gilles Carcassès

    En faisant le tour de mon figuier, je tombe en arrêt sur cet élégant Lycaenidae. Je crois reconnaître Satyrium w-album, le thecla de l’orme, mais non, c’est une autre espèce. Il s’agit ici du thecla du prunier, dont la bande orange plus importante déborde sur l’aile antérieure. Comme son nom l’indique, sa chenille consomme des feuilles de Prunus, comme les pruniers et les prunelliers. Il n’est pas rare, mais c’est une première pour moi.

    Retrouvez un autre Lycaenidae, vu également dans mon jardin :

    L’azuré des nerpruns


dimanche 14 juin 2020

  • La punaise verte des bois
    Palomena prasina (famille des Pentatomidae)- Poissy © Gilles Carcassès

    Admirez le mimétisme de cette punaise verte sur cette feuille de berce. Les nuances de vert, la texture et même la brillance : tout y est !

    La punaise verte des bois se rencontre à parir du mois de mai sur les plantes herbacées, mais elle affectionne beaucoup les arbres. Dans les vergers, elle peut occasionner des dégâts. Les poires piquées par cette punaise pour en sucer la sève deviennent pierreuses et les pommes sont déformées.

    En hiver, elle prend une teinte brune et se cache pour hiverner dans des abris naturels ou parfois dans les maisons. Dérangée, elle dégage une odeur nauséabonde.

    Retrouvez une autre punaise de la même famille :

    La punaise des baies

    Source :

    Palomena prasina, par Ephytia


samedi 13 juin 2020

  • Dysgonia algira
    Dysgonia algira – Poissy © Gilles Carcassès

    La Passagère

    Un papillon de nuit est entré dans ma serre. Le voyez-vous sur ces vieux paquets de graines ?

    Dysgonia algira – Poissy © Gilles Carcassès

    Il s’est posé sur une vitre. Cet Erebidae est inmanquable avec son magnifique dessin géométrique. Dysgonia algira est une espèce commune dans le Midi. Migratrice, elle fait souvent des incursions jusqu’au nord de la France. Sa chenille est polyphage, on peut la trouver notamment sur les ronces, les saules et les genêts.

    J’ai laissé la porte ouverte, et elle a fini par trouver la sortie. J’espèce qu’elle n’a pas pondu sur mon basilic !

    Source :

    Dysgonia algira, par Lépi’Net

    Retrouvez d’autres papillons de nuit visibles en journée :

    La Panthère

    La tordeuse méditerranéenne de l’oeillet


vendredi 12 juin 2020

  • Deux Tachycixius de mon jardin

    Ils sautent comme des cicadelles, ressemblent à de très petites cigales et ont les ailes poilues : ainsi sont les Tachycixius. J’ai l’honneur d’avoir dans mon jardin deux espèces de Tachycixius :

    Celui des arbres

    Tachycixius pilosus, au bord d’une feuille de figuier – Poissy © Gilles Carcassès

    Dans la famille des Cixiidae (classe des Homoptères), voici Tachycixius pilosus. Il se nourrit de la sève des bouleaux, des peupliers, des chênes, du prunelier, des saules. Dans mon jardin, il était sur le figuier.

    Tachycixius pilosus – Poissy © Gilles Carcassès

    Pour identifier l’espèce, il faut observer la disposition des petits points noirs et des zones sombres sur les ailes.

    Celui des herbes

    Tachycixius venustulus – Poissy © Gilles Carcassès

    Plus contrasté et beaucoup moins répandu, Tachycixius venustulus fréquente les plantes basses, plutôt dans les zones humides. On sait très peu choses sur la biologie de cette espèce.

    Tachycixius venustulus – Poissy © Gilles Carcassès

    Comme la première espèce, elle mesure environ 5 mm. Pour la voir, il faut de bons yeux et repérer attentivement toutes les petites bêtes qui sautent.

    Je note avec étonnement la fidélité de cette espèce. Je l’avais photographié exactement au même endroit en 2015 ! Sans doute apprécie-t-elle la plante qui tapisse ce petit coin du jardin : Aegopodium podagraria, l’herbe aux goutteux (ici une variété au feuillage panaché).

    Source :

    Tachycixius pilosus, par hemiptera-databases

    Retrouvez un autre homoptère :

    La larve de l’isside commun


jeudi 11 juin 2020

  • Malthinus flaveolus et Campyloneura virgula, les faux frères

    Résumé de l’épisode précédent : d’innocentes larves d’Homotoma ficus sirotent la sève d’une feuille de figuier…

    Malthinus flaveolus – Poissy © Gilles Carcassès

    Voici que s’approche le très beau Malthinus flaveolus, un fin Cantharidae d’à peine 6 mm. On rencontre régulièrement ce nécydale à points jaunes sur les feuilles des arbres (notamment les chênes) : peut-être se nourrit-il de miellat ? Et à l’occasion de petites larves bien tendres ? Les grands spécialistes s’accordent pour affirmer que la biologie de cette espèce est très mal connue. En vérité, on se sait pas ce que ça mange. J’aurais bien tenté de l’élever, mais il est reparti très vite.

    Fausse punaise ?

    Drôle d’allure tout de même que ce Malthinus flaveolus avec ses élytres trop courts terminés par un triangle jaune. Au début, je l’ai pris pour Campyloneura virgula, une punaise Miridae de même taille qui vit aussi dans les arbres. C’est l’examen des antennes qui m’a détrompé et a orienté mes recherches vers les coléoptères.

    Campyloneura virgula (antennes de 4 articles) © Gilles Carcassès

    Certains experts pensent que la ressemblance entre ces deux espèces est affaire de mimétisme. Le coléoptère afficherait cette coloration d’avertissement (les points jaunes), associée à son mauvais goût, pour décourager les prédateurs. Et la punaise mimerait l’aspect du coléoptère pour profiter de sa protection (mimétisme bathésien). L’inverse, d’ailleurs, est tout aussi plausible.

    Une autre hypothèse serait que ces deux espèces qui vivent dans les mêmes milieux, auraient toutes deux un goût détestable. Les colorations d’avertissement semblables qu’elles arborent auraient pour effet de renforcer l’efficacité de la protection des deux espèces (mimétisme müllérien). Les prédateurs apprendraient plus vite à ne pas les consommer.

    Source :

    Biology of the plant bugs (Hemiptera : Miridae) : pest, predators, opportunists, de Alfred George Wheeler (p101)


mercredi 10 juin 2020

  • Le psylle du figuier
    Homotoma ficus – Poissy © Gilles Carcassès

    Un psylle aux antennes poilues ?

    Sous les feuilles de mon figuier, je trouve quelques-uns de ces petits insectes, que je prends pour des psylles.

    Homotoma ficus – Poissy © Gilles Carcassès

    A la vue de ces ailes pointues, je réalise mon erreur, ce n’est pas un Psyllidae, il me faut plutôt chercher chez les Triozidae. Bizarre, il n’y est pas non plus. Cet insecte appartient en fait à une autre famille d’homoptères, les Homotomidae. Homotoma ficus, seule espèce de sa famille en Ile-de-France, se nourrit de la sève des figuiers, sans faire de dégâts significatifs, selon les agronomes de l’INRAE.

    Larve d’Homotoma ficus – Poissy © Gilles Carcassès

    Je finis par trouver quelques larves de cet homoptère au revers d’une feuille. Vertes, toute plates et poilues, elles sont peu visibles sur leur support, mais peut-être pas pour tout le monde !

    La suite demain !

    Retrouvez le portrait d’un Psyllidae :

    Le psylle du cytise


mardi 9 juin 2020

  • Le grand pigamon
    Thalictrum flavum – bord de Seine à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    Cette grande plante à la floraison claire m’intrigue. J’entreprends de descendre sur la berge pour l’examiner.

    Thalictrum flavum – Parc du peuple de l’herbe © Gilles Carcassès

    Ce que je prenais de loin pour des pétales ne sont en fait que des étamines ! Cette singulière disposition florale fait la particularité des pigamons. Ici c’est le grand pigamon (Thalictrum flavum). Cette Renonculacée vivace et stolonifère se plaît dans les milieux humides, elle est peu commune et en régression en Ile-de-France.

    Oedemera nobilis mâle – Carrière-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    Toutes ces étamines font le bonheur de nombreux insectes qui viennent s’y restaurer, comme cet œdémère noble. Ici c’est un mâle, reconnaissable à ses cuisses surdimensionnées !

    Source :

    Thalictrum flavum, par le CBNBP


lundi 8 juin 2020

  • La tordeuse méditerranéenne de l’œillet
    Cacoecimorpha pronubana © Gilles Carcassès

    Un papillon de nuit qui vole le jour

    Ce papillon de nuit s’est posé devant moi sur une feuille de lierre au pied d’une haie. Cette silhouette ne m’est pas inconnue, c’est celle de la tordeuse méditerranéenne de l’oeillet, Cacoecimorpha pronubana. D’origine méditerranéenne comme son nom l’indique, cette espèce s’est largement disséminée dans le monde à la faveur du commerce et des transports de végétaux. Ses chenilles qui se protègent dans des toiles de soie sont des ravageurs importants pour les cultures sous serres d’oeillets, mais aussi de rosiers et de fraisiers. Elles consomment les feuilles, tordent les jeunes pousses et détruisent les boutons floraux. Elles ont entre deux et cinq générations par an selon les conditions climatiques.

    160 espèces de plantes hôtes dans 42 familles !

    Au verger, elles peuvent faire des dégâts sur les oliviers, les agrumes, les pommiers, les poiriers. On peut aussi parfois la rencontrer sur les carottes, les pois, les pommes de terre, les tomates… Et elles ne manquent pas de plantes-hôtes parmi les végétaux non cultivés. La haie devant laquelle j’ai trouvé ce papillon en comptait pas moins de neuf : églantier, ronce, lilas, mahonia, érable, coronille, fusain, troène, choisya !

    Il est possible de contrôler ce ravageur en disposant des pièges à phéromones sexuelles.

    Sources :

    La tordeuse de l’oeillet, par Plume de ville

    Tortricidae, par Ephytia

    Découvrez d’autres tordeuses :

    On ne choisit pas sa famille, par Nautre en ville à Cergy-Pontoise


dimanche 7 juin 2020

  • La coccinelle à 22 points

    Les grandes feuilles des bardanes font souvent de belles cachettes pour toute une petite faune. J’en soulève une ou deux pour voir, au bord du chemin de halage, dans le parc du peuple de l’herbe.

    Arctium lappa, la grande bardane – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    Gagné ! Une coccinelle à 22 points !

    Psyllobora vigintiduopunctata – Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    Chaque élytre jaune citron est orné de dix gros points noirs plus un tout petit sur le bord externe. D’où les 22 points qui lui valent son nom. Chez le mâle, la tête et le pronotum sont parfois blancs à points noirs. Elle est très facile à reconnaître, il faut juste veiller à ne pas la confondre avec la forme jaune de la coccinelle à damier.

    Avec ses mandibules dotées de fines dents, elle moissonne et consomme les oïdiums qui poussent sur les feuilles. On la trouve souvent sur les berces, les orties, de nombreux arbustes et la partie basse des arbres. Sa larve également jaune à points noirs a le même régime alimentaire.

    Il faut avoir des gestes très doux avec cette coccinelle pour la photographier. A la moindre alerte, elle se laisse tomber et disparaît dans la végétation.

    Source :

    Psyllobora vigintiduopunctata, par Monaco nature Encyclopédia


samedi 6 juin 2020

  • Ceraleptus gracilicornis
    Ceraleptus gracilicornis – Poissy © Gilles Carcassès

    Il manque l’article terminal sur l’antenne gauche de cette punaise grise (elle a dû se bagarrer avec une mésange !). Heureusement, le détail qui me permet de l’identifier est sur sa patte postérieure : cet anneau brun diffus sur fond blanc au milieu du tibia signe l’espèce Ceratoleptus gracilicornis. Cette punaise de la famille des Coreidae est réputée se nourrir sur les ronces, mais je l’ai trouvé sur un ormeau.

    Ceraleptus gracilicornis – Poissy © Gilles Carcassès

    Cet autre individu, en meilleur état, se promenait sur le mur de ma maison. La vue de profil permet de bien voir le rostre qui lui sert à ponctionner la sève des plantes. Rigolo : il a des chaussettes noires à toutes les pattes !

    Ponte de Ceraleptus gracilicornis © Gilles Carcassès

    Belle acrobatie !

    Ceratoleptus gracilicornis a une curieuse particularité, l’espèce est connue pour empiler sa ponte ! J’avais au mois d’août 2019 trouvé une belle pile de cinq oeufs sur une feuille de tanaisie, mais je n’avais encore jamais rencontré la punaise responsable.

    Retrouvez d’autres punaises de la même famille :

    Syromastus rhombeus

    Gonocerus acuteangulatus


vendredi 5 juin 2020

  • La mouche des fruits de la bryone
    Bryone en fleurs – Poissy © Gilles Carcassès

    Au bord d’un champ de blé, cette bryone étend ses vrilles et ses longues tiges grimpantes dans les hautes herbes. Elle commence à fleurir et je remarque la présence d’une petite mouche perchée sur l’une des fleurs.

    Goniglossum wiedemanni – Poissy © Gilles Carcassès

    On voit le futur fruit sous la fleur, nous avons donc là un pied femelle de bryone. Chez cette espèce en effet les sexes sont séparés. Pour que les fruits se forment, il faut que du pollen des fleurs d’un pied mâle féconde les fleurs d’un pied femelle.

    Les beaux yeux verts que voilà !

    Ce diptère très coloré est inféodée aux bryones : ses larves se développent uniquement dans les fruits de cette plante. Celui-ci est un peut-être mâle qui attend la venue de sa belle sur sa fleur préférée. La femelle présente au bout de l’abdomen un ovipositeur mais il est très court et souvent peu visible.

    Goniglossum wiedemanni fait partie de la grande famille des Tephritidae, comme la mouche de l’onopordon ou Oxyna parietina que l’on voit sur les armoises.


jeudi 4 juin 2020

  • Aproceros leucopoda
    Feuille d’orme grignotée – Ile de la dérivation à Carrières-sous-Poissy  © Gilles Carcassès

    Curieuse découpe !

    La base de cette feuille rugueuse est dissymétrique, c’est bien un orme. Il n’en reste plus beaucoup depuis que la graphiose les décime. Et voilà qu’un nouveau ravageur les attaque !

    Aproceros leucopoda – Carrières-sous-Poissy  © Gilles Carcassès

    Cette fausse chenille est une artiste !

    Je vous présente la petite larve d’un hyménoptère symphyte d’origine asiatique, Aproceros leucopoda, qui fait cette découpe caractéristique sur les feuilles d’ormes. L’espèce a été notée pour la première fois en Ile-de-France en juin 2018. Bien que très peu observée, elle est sans doute maintenant assez largement présente dans la région.

    Retrouvez le portrait d’un autre hyménoptère symphyte :

    La tnethrède du blé


mercredi 3 juin 2020

  • L’isside commun
    Issus coleoptratus – Poissy © Gilles Carcassès

    Je vous avais montré sa larve étonnante avec un plumeau au derrière. Voici l’adulte, trouvé sur une branche de noisetier dans mon jardin. Cet homoptère, très commun mais discret sur les écorces en raison de son ornementation, se nourrit de la sève de nombreuses espèces d’arbres à feuillage caduc. On peut le rencontrer aussi sur le lierre.

    Un passage par le bocaloscope me permet de le photographier avant qu’il prenne la poudre d’escampette. Cette bestiole ne vole pas mais elle saute très bien !


mardi 2 juin 2020

  • Sicus ferrugineus
    Roncier – Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    Sur l’île de la dérivation

    Ce chemin de halage est un endroit bien sympathique et on y fait de jolies rencontres. Les ronces en pleine floraison attirent quantité d’abeilles et de bourdons.

    Bombus hortorum – Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    Ce bourdon des jardins amasse le pollen dans les corbeilles de ses pattes postérieures. Il est déjà bien chargé !

    Sicus ferrugineus – Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    Deux petites mouches se mêlent à la fête. L’endroit doit les inspirer car elles s’accouplent. Ces diptères roux avec un grand front blanc et l’abdomen recourbé sont des Sicus, de la famille des Conopidae. On les rencontre souvent dans les endroits fréquentés par les bourdons.

    Sicus ferrugineus – Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    Hop là, sans les mains !

    Comme bien souvent, la femelle est plus grosse que le mâle. Cette position permet de voir les deux pelotes noires placées sous les avant-derniers segments abdominaux de la femelle. Elles forment ce que les entomologistes nomment la théca. La clé de détermination des espèces du genre Sicus, basée sur l’anatomie de cette théca, me permet de conclure à l’espèce Sicus ferrugineus.

    La théca, à quoi ça sert ?

    Ces pelotes sont adhésives et adaptées pour s’agripper au pelage des bourdons ! La femelle fécondée va en effet sauter en vol sur le dos d’un bourdon et y déposer un oeuf. La petite larve qui naîtra finira par dévorer et tuer son hôte. Je vous passe les détails. Il paraît que Sicus ferrugineus s’intéresse surtout aux grosses espèces de bourdons, comme Bombus hortorum justement présent sur ce roncier.

    Sources :

    Clé de détermination des Sicus, par Mark van Veen

    Le Sicus ferrugineus, par Quel est cet animal ?


lundi 1er juin 2020

  • La scutigère
    Scutigera coleoptrata © Gilles Carcassès

    Surprise !

    Minuit, c’est l’heure de la scutigère. Elle sort de sa cachette et part en chasse. Je l’avais déjà aperçue furtivement dans l’escalier de la cave. C’est une belle bête qui fait bien 3 cm de long sans les pattes. Voilà qu’elle s’enhardit à explorer le rez-de-chaussée !

    Scutigera coleoptrata © Gilles Carcassès

    Une bête de course !

    Quel bel ordonnancement ! Les pattes sont rangées par ordre de taille, et les plus grandes sont à l’arrière. Cette disposition ingénieuse lui permet des accélérations stupéfiantes. Elle bondit sur ses proies et les paralyse avec ses crochets venimeux avant de les consommer. Tout lui fait ventre : araignées, fourmis, poissons d’argent, diptères endormis, cloportes égarés…

    Scutigera coleoptrata, la scutigère véloce, est la seule espèce de son genre présente en France. D’origine méditerranéenne, elle est maintenant largement répandue. Elle est sans doute chez vous aussi. Mais elle est discrète et très timide avec les humains, vous n’avez rien à craindre !

    Sources :

    La scutigère véloce, par André Lequet

    Scutigera coleoptrata, fiche descriptive, par l’INPN

    La scutigère, chilopode domestique, par Nature en ville à Cergy-Pontoise


dimanche 31 mai 2020

  • Cryptocephalus imperialis
    Cryptocephalus imperialis – Feucherolles © Gilles Carcassès

    En forêt de Marly, le long de la route royale, je cherche sur les scrophulaires des charançons inféodées à ces plantes. C’est une chrysomèle que je trouve. Elle semble m’attendre sur une feuille au soleil du soir.

    Cryptocephalus imperialis – Feucherolles © Gilles Carcassès

    Vu la faible lumière, j’utilise le flash pour bien distinguer les critères de détermination. La tête est comme engoncée sous le pronotum, je m’oriente vers les Cryptocephalus, un genre qui est représenté en Ile-de-France par 18 espèces. Le pronotum est noir et brillant, les élytres jaunes sont bordés par une ligne noire, trois taches noires, une à l’avant en bas et deux vers l’arrière ornent chaque élytre : ce doit être Cryptocephalus imperialis. Je poste mon observation sur Cettia, la base de données naturalistes d’Ile-de-France. Cette chrysomèle y est indiquée rare. En fait, on peut dire qu’elle est rarement observée : l’Inventaire National du Patrimoine Naturel (INPN) n’en recense que 17 données pour la France, dont 3 pour les Yvelines. Les localisations montrent que l’espèce est forestière. Elle vivrait sur les chênes, les saules et les noisetiers.

    Sources :

    Catalogue permanent des coléoptères d’Ile-de-France, par l’OPIE

    Cryptocephalus imperialis, par l’INPN

    Coléoptères du Bassin parisien, par Bruno Mériguet et Pierre Zagatti (2016), un guide Delachaux


samedi 30 mai 2020

  • La punaise des épiaires
    Eysarcoris venustissimus – Feucherolles © Gilles Carcassès

    J’ai rencontré cette punaise tout en rondeurs au sommet d’un gaillet gratteron dans une lisère forestière. Ses couleurs contrastées la rendent facile à identifier. Il s’agit d’Eysarcoris venustissimus, une Pentatomidae inféodée aux Lamiaceae, et en particulier aux épiaires (genre Stachys).

    Stachys sylvatica – Feucherolles © Gilles Carcassès

    Justement, au détour du chemin, voici une touffe d’épiaire des bois en fleurs. Et qui brille au soleil ? C’est un couple de cette petite punaise qui s’est installé sur un épi secondaire.

    Eysarcoris venustissimus – Feucherolles © Gilles Carcassès

    La tête et la base triangulaire du scutellum ont de jolis reflets cuivrés.

    Ce petit bijou est facile à trouver, il suffit de repérer sa plante hôte le long des allées forestières.

    Stachys sylvatica, l’épiaire des bois – Feucherolles © Gilles Carcassès

    Retrouvez d’autres punaises Pentatomidae :

    La punaise nébuleuse

    La punaise des haies


vendredi 29 mai 2020

  • La blatte sylvestre
    Ectobius sylvestris sur une ronce – Feucherolles © Gilles Carcassès

    Il s’agit bien d’une blatte, mais celle-ci ne s’installe pas dans les habitations. Ectobius sylvestris vit en forêt, dans la litière, où elle consomme des feuilles mortes en décomposition. Pour identifier cette espèce, il faut observer les contours de la tache noire qui orne son pronotum (entre la tête et les élytres) : elle présente dans ses coins postérieurs de chaque côté une petite expansion aigüe. Si la tache noire était ronde, ce serait l’espèce Ectobius lapponicus.

    Ces blattes indigènes sont très utiles pour la transformation de la matière organique en humus.

    Sources :

    Les blattes de jardin, par Nature en ville à Cergy-Pontoise

    La blatte sylvestre, par Quel est cet animal

    Les blattes de jardin, par Jardiner Autrement


jeudi 28 mai 2020

  • Filles de l’air
    Tillandsia aeranthos © Gilles Carcassès

    J’ai perché dans un abricotier quelques grosses boules de Tillandsia aeranthos. Elles refleurissent fidèlement chaque année au mois de mai. Ces plantes épiphytes sont originaires du Brésil. Dans leur pays, elles se développent pendues aux branches des arbres ou dans des fissures de rochers, on les rencontre même en ville. Dans mon jardin, de simples crochets en fil de fer leur ont suffi.

    Tillandsia aeranthos © Gilles Carcassès

    Les Tillandsia appartiennent à la famille des Broméliacées, comme les ananas et les Vriesea des fleuristes. Comme souvent dans cette famille, les fleurs et les bractées des épis floraux sont brillamment colorés, sans doute pour attirer les pollinisateurs.

    Chaque année de nouveaux rejets viennent étoffer la plante et les parties les plus anciennes au cœur de la boule se déssèchent. Il faut parfois renforcer le dispositif d’accrochage en conséquence. Lorsque des gelées sont annoncées, je rentre mes boules de Tillandsia dans une véranda maintenue hors-gel et je les ressors pour les suspendre dans leur arbre dès que le risque de grand froid n’est plus à craindre. En été, si la sècheresse sévit, je leur offre un bassinage de temps en temps. Mais ces plantes sont vraiment extrêmement résistantes.

    Il existe dans la nature environ 700 espèces de Tillandsia. Tillandsia aeranthos est populaire car c’est de loin la plus facile à cultiver.

    Pour en savoir plus :

    Tillandsia aeranthos, fiche botanique par Tropi-qualité

    Description botanique des Tillandsia, par Tropi-Qualité


mercredi 27 mai 2020

  • Le coupe-bouton a encore frappé !
    Bouton de framboisier endommagé – Poissy © Gilles Carcassès

    En observant mes framboisiers, je repère ce bouton floral qui pendouille. Quel est donc le coupable ?

    Anthonomus rubi – Poissy © Gilles Carcassès

    Voilà un suspect ! Ce petit charançon n’est pas loin d’une inflorescence.

    Anthonomus rubi – Poissy © Gilles Carcassès

    Un petit charançon tout noir avec des élytres striés et un écusson blanc, sur un framboisier, ça ne devrait pas être trop difficile à identifier. Effectivement je trouve rapidement son identité. Il est bien connu des producteurs de petits fruits : c’est Anthonomus rubi, l’anthonome du fraisier et du framboisier. Il peut faire des dégâts importants, surtout sur fraisiers. Avec sa manie de couper les boutons, c’est toute une partie de la récolte qui disparaît.

    La femelle mordille le pédoncule pour stopper l’arrivée de la sève et faire sécher le bouton floral. Elle y pond un oeuf. La larve se développe à l’intérieur et un nouvel adulte émerge au bout d’un mois environ. Chaque femelle peut pondre 25 à 30 oeufs.

    On peut lutter contre ce ravageur avec des pièges attractifs contenant des phéromones mâles de l’insecte et des composés volatils de fleurs de fraisier.

    Sources :

    Anthonomus rubi, par Ephytia

    Comment attirer deux ravagerus de framboises dans un même piège, par Agroscope (2015)


mardi 26 mai 2020

  • Dolycoris baccarum, la punaise des baies
    Dolycoris baccarum – Poissy © Gilles Carcassès

    La punaise des baies est partout abondante et commune dans tous les milieux. Elle appartient à la famille des Pentatomidae, comme la punaise nébuleuse. On la rencontre souvent sur les pissenlits, les orties, les chardons, les framboisiers, les noisetiers… En fait, elle est capable de piquer les fruits et les graines d’au moins une cinquantaine de plantes. En agriculture, elle peut nuire aux aubergines, au tournesol, au soja, aux céréales, mais elle fait généralement peu de dégâts.

    Couple de Dolycoris baccarum © Gilles Carcassès

    Chez la punaise des baies, les deux sexes sont très semblables. On peut observer sur cette photo un critère important de détermination de l’espèce : la présence de poils raides sur le dessus de la tête et le pronotum.

    Source :

    Dolycoris baccarum, par l’INPN


lundi 25 mai 2020

  • Raphidie

    Un insecte avec un cou de girafe !

    Raphidiidae – Poissy © Gilles Carcassès

    Ce drôle d’insecte grimpe sur le mur de la maison. Armé de mon escabeau, je le suis jusque dans la gouttière.

    Raphidiidae femelle – Poissy © Gilles Carcassès

    Ce n’est pas la première fois que je rencontre une raphidie, mais ce sont mes premières photos d’un tel insecte. Déterminer les raphidies est un exercice difficile. Je pense cependant que nous sommes en présence de Xanthostigma xanthostigma, l’espèce la plus communément observée en Ile-de-France.

    La belle tarière que voilà !

    Cette femelle est équipée d’une solide tarière qui lui permet d’insérer sa ponte dans des fissures d’écorce. Ses larves carnassières se nourrissent de larves d’autres insectes qui vivent sous les écorces ou dans le bois pourri. Les adultes sont des prédateurs de pucerons et d’autres petits insectes. Les raphidies sont reconnues comme insectes auxiliaires dans les vergers et aussi en maraîchage.


dimanche 24 mai 2020

  • Seringats
    Philadelphus x ‘White Rock’ © Gilles Carcassès

    Une cascade de fleurs

    Chaque année la floraison spectaculaire de mon seringat ‘WhiteRock’ me surprend et m’émerveille. Avec son port compact et retombant, c’est un arbuste précieux pour les petits jardins.

    Philadelphus x ‘White Rock’ © Gilles Carcassès

    Ses très grosses fleurs semi-doubles exhalent un parfum subtil, entre le lilas et le jasmin (selon moi).

    Des Amériques

    Philadelphus microphyllus © Gilles Carcassès

    Philadelphus microphyllus est un seringat botanique qui nous vient du Mexique. Il est étonnant avec ses toutes petites feuilles. Ses longs rameaux grêles se couvrent de petites fleurs simples et odorantes.

    Au parfum de fraise

    Philadelphus x ‘Belle étoile’ – Rueil-Malmaison © Gilles Carcassès

    Philadelphus ‘Belle étoile’ est un bel hybride reconnaissable au coeur pourpré de ses fleurs rondes. Son parfum envoutant rappelle étonnamment la fraise ! Comme les deux autres variétés ci-dessus, c’est un arbuste peu exigeant et de faible encombrement, aussi il irait bien dans mon jardin ! Mais où l’installer ? Problème ! Il faut conserver quelques allées pour circuler, n’est-ce pas ?


samedi 23 mai 2020

  • Un Némusien dans mon jardin

    Infatigable papillon !

    Toute la journée, il vole de long en large dans mon jardin, passe tout près de moi et jamais ne se pose ! Au passage d’un congénère, il engage une brève course poursuite tournoyante dans les airs puis il reprend inlassablement ses rondes. Il doit bien s’arrêter de temps en temps pour s’alimenter !

    Le Némusien, Lasiommata maera mâle – Poissy © Gilles Carcassès

    Ah, tout de même ! Je savais bien que mes Geranium x oxonianum l’intéresseraient ! Au revers gris clair de l’aile postérieure, je reconnais Lasiommata maera, papillon nommé le Némusien si c’est un mâle ou l’Ariane si c’est une femelle. En l’occurence ici c’est un mâle. Avec ce comportement territorial, je m’en doutais un peu.

    Voici la femelle, beaucoup plus orangée, vue en été 2019 à Vauréal, pour comparer :

    L’Ariane, Lasiommata maera femelle © Gilles Carcassès

    J’ai découvert où mon Némusien passe ses nuits : sous le revers du toit de ma maison. Enfin tranquille, il me permet de vous montrer les ocelles bien dessinés qui ornent le revers de son aile postérieure.

    Lasiommata maera en repos nocturne – Poissy © Gilles Carcassès

vendredi 22 mai 2020

  • La mouche de l’onopordon
    Onopordum acanthium – Poissy © Gilles Carcassès

    Ces chardons géants aux feuilles laineuses rencontrés sur le bord d’un chemin sont des onopordons. Onopordum acanthium était autrefois un légume, cultivé pour le même usage que les artichauts. L’espèce est assez commune dans la vallée de la Seine. Ses grosses fleurs violettes, assez décoratives mais très piquantes, sont assidûment fréquentées par les bourdons.

    En mai, sur ses feuilles s’accouplent de petites mouches grises aux ailes joliment barrées, de la famille des Tephritidae. Leurs larves se nourriront de jeunes graines au fond des capitules. Il s’agit de l’espèce Tephritis postica, inféodé aux onopordons.

    Tephritis postica mâle – Poissy © Gilles Carcassès

    Ce mâle occupe un poste d’observation stratégique et défend son territoire.

    Tephritis postica femelle – Poissy © Gilles Carcassès

    La femelle se reconnaît à la présence au bout de l’abdomen d’un ovipositeur noir qu’elle enfonce au coeur des fleurs pour effectuer la ponte.

    Retrouvez un autre article sur une mouche de la même famille :

    Oxyna parietina, une mouche de l’armoise


jeudi 21 mai 2020

  • Syromastus rhombeus
    Syromastus rhombeus – Poissy © Gilles Carcassès

    Cette punaise se promenait sur le mur de ma maison. Pour lui tirer le portrait, je l’ai placée quelques instants dans un bocal en verre. Cette espèce, comme Gonocerus acuteangulatus, appartient à la famille des Coreidae. Elle est très facile à reconnaître avec sa forme en losange. Syromastus rhombeus se nourrit de la sève de plantes basses, avec une préférence pour les Caryophyllacées (comme les silènes).

    Syromastus rhombeus (vue ventrale) © Gilles Carcassès

    Elle est dotée d’un rostre très long. On voit sur cette vue ventrale qu’en position repliée, cette pièce buccale atteint presque l’attache des pattes postérieures. Ici, c’est une femelle, que l’on reconnaît à l’aspect dentelé de son postérieur. Le mâle a l’extrémité de l’abdomen plus arrondi.

    Avec son look étonnant, à quoi vous fait-elle penser ?

    • Une feuille morte ?
    • Un calmar ?
    • Un bombardier furtif ?
    • Un flétan ?
    • Autre chose ?

mercredi 20 mai 2020

  • Pivoines de forme japonaise

    Je l’avoue, j’ai un faible pour les pivoines de forme japonaise. Ce sont des pivoines herbacées dont les fleurs sont composées d’un coeur de staminoïdes (étamines transformées) entouré d’une couronne de pétales. Voici trois variétés qui enchantent mon jardin chaque année au mois de mai :

    Pivoine herbacée ‘White cap’ © Gilles Carcassès

    Délurée celle-ci avec son pompon blanc ! ‘White cap’, variété créée en 1956, est vigoureuse et parfumée.

    Pivoine herbacée ‘Bowl of beauty’ © Gilles Carcassès

    ‘Bowl of Beauty’ est peut-être la plus connue des formes japonaises. Elle a été créée en 1949. Les tiges sont largement pluriflores.

    Pivoine herbacée ‘Feu d’artifice’ © Gilles Carcassès

    ‘Feu d’artifice’ est une création plus récente (1986). On peut en faire de superbes bouquets.

    Retrouvez nos articles sur des pivoines :

    Pivoine ‘Souvenir de Maxime Cornu’

    Première pivoine de l’année


mardi 19 mai 2020

  • Corizus hyoscyami, la corise de la jusquiame

    Cette belle punaise rouge et noire se prélasse au soleil. Au losange rouge qui orne le dessus de sa tête et à l’absence de tache blanche sur la membrane noire, je reconnais Corizus hyoscyami . Elle appartient à la famille des Rhopalidae. Comme Rhopalus subrufus, elle se nourrit de la sève de nombreux végétaux.

    Corizus hyoscyami – Poissy © Gilles Carcassès

    La corise de la jusquiame vit dans les prairies, les friches, les jardins, les lisières de forêts. Les adultes passent l’hiver enfouis dans la litière.

    Couple de Corizus hyoscyami

    Ce couple s’est installé sur une inflorescence de pissenlit qui est l’une de leur plante hôte. Je reste discret, il ne faut pas déranger …

    Source :

    Six punaises rouge et noir, par Nature en ville à Cergy-Pontoise


lundi 18 mai 2020

  • La grande saltique
    Marpissa muscova – Saint-Germain-en-Laye © Gilles Carcassès

    Tapie dans l’ombre sous une écorce

    Dans la forêt de Saint-Germain-en-Laye, je cueille cinq ou six mousserons de la Saint-Georges, de quoi parfumer une petite omelette avec les oeufs de mes poules. Il fait beau, j’en profite pour chercher des insectes au pied des arbres.

    Cette belle araignée sera mon tableau de chasse (photographique). On dirait une saltique, mais géante ! Mes recherches me confirment l’exsitence d’un représentant de la famille des Salticidae qui a cette apparence et une taille de plus d’un centimètre : Marpissa muscova. Elle est même très commune, mais je ne l’avais jamais vue.

    Marpissa muscova – Saint-Germain-en-Laye © Gilles Carcassès

    Elle a bien voulu accepter mon invitation à grimper sur ma main. Pas timide, la bête ! Et pas agressive du tout : elle se laisse gentiment photographier. Ces deux gros yeux ronds qui se touchent lui feraient presque un regard expressif. En fait elle n’a pas deux yeux, elle en a huit, quatre gros devant, et deux plus petits de chaque côté du céphalothorax.

    Avec ce masque de couleur fauve sous les yeux, c’est une femelle. Cette espèce ne tisse pas de toile, elle saute sur ses proies.

    Source :

    Marpissa muscova, par Quel est cet animal

    Retrouvez dans nos articles, une autre araignée :

    L’épeire de velours


dimanche 17 mai 2020

  • La libellule déprimée
    Libellula depressa – Poissy © Gilles Carcassès

    Ces grandes taches sombres à l’attache de chacune des quatre ailes permettent d’identifier au premier coup d’oeil Libellula depressa, la libéllule déprimée.

    Chez cette espèce, le mâle a l’abdomen bleu, et il est jaune chez la femelle.

    Donc, ici c’est une femelle ? Attention, il y a un piège ! Avant de prendre sa teinte bleue définitive, le mâle immature est jaune ! Alors, comment les différencier ? C’est simple, il suffit d’observer les appendices sexuels au bout de l’abdomen, ils n’ont pas la même forme :

    © Gilles Carcassès

    Pour en savoir plus :

    Reconnaître les libellules, par Nature en ville à Cergy-Pontoise

    Libellula depressa, par DORIS


samedi 16 mai 2020

  • Oxyna parietina, une mouche de l’armoise
    Sur un Hydrangea quercifolia © Gilles Carcassès

    Le sentiment d’être observé

    Sur l’un de mes Hydrangea quercifolia (de très beaux hortensias à feuilles de chêne, à floraison en épis blancs) mon œil est accroché par une forme insolite. Immobile, cette petite mouche aux ailes écartées me fait face.

    Oxyna parietina – Poissy © Gilles Carcassès

    Je peux m’approcher un peu et prendre d’autres photos. Il s’agit d’un représentant de la famille des Tephritidae, ces diptères aux ailes joliment ornées. C’est un mâle, il fait le beau…

    Oxyna parietina – Poissy © Gilles Carcassès

    Je parcours les forums et galeries entomologiques dans l’espoir de l’identifier. De très nombreux petits points blancs dans les zones noires des ailes : j’arrive à Oxyna parietina, dont les larves vivent dans les tiges des armoises. Justement à quelques mètres, il y a une touffe d’armoise. J’avais prévu d’arracher cette sauvageonne sans attrait particulier à mes yeux. Mais la petite mouche me fait changer d’avis, l’armoise aura droit de cité dans mon jardin.

    Oxyna parietina – Poissy © Gilles Carcassès

    Source :

    Une galerie de Tephritidae, avec l’indication des plantes-hôtes, par l’association CEBE-MOB

    Clé d’identification des Tephritidae par la Royal Entomological Society (2015)


vendredi 15 mai 2020

  • Une panthère aperçue dans la forêt de Saint-Germain !

    Les joggeurs et les familles à vélo passent sans la voir. Elle se tient immobile, cachée dans les hautes herbes qui borde l’allée forestière. Le soleil qui flirte avec la cime des grands chênes crée au sol une mosaïque d’ombre et de lumière. Avec sa tenue de camouflage, elle n’est pas facile à distinguer. Mais je l’ai repérée, alors je m’accroupis et j’avance à pas de loup…

    Elle est là, tout près ! Voici la Panthère :

    Pseudopanthera macularia – Saint-Germain-en-Laye © Gilles Carcassès

    Elle attend le passage d’un mâle pour convoler et aller pondre ses oeufs sur les lamiacées forestières, plantes hôtes de ses chenilles : peut-être le lamier blanc qui forme ici de belles touffes dans la lisière, ou bien l’épiaire des bois, la mélitte à feuilles de mélisse, le bugle, le glechoma que j’ai croisé en forêt ?

    Pseudopanthera macularia – Saint-Germain-en-Laye © Gilles Carcassès

    Pseudopanthera macularia est un papillon de la famille des Geometridae. Sa chenille verte est arpenteuse.

    Source :

    Attention à la panthère, par Nature en ville à Cergy-Pontoise


jeudi 14 mai 2020

  • Rhyparochromus vulgaris
    Rhyparochromus vulgaris, vu dans mon jardin de Poissy © Gilles Carcassès

    Cette fois-ci, c’est une punaise de la famille des Lygaeidae que je vous présente. Son dessin contrasté, en trois couleurs permet de la reconnaître facilement. Elle se nourrit ici de la sève d’un capitule de pissenlit. Cette espèce très commune fréquente de nombreuses plantes, parmi lesquelles les orties, les fraisiers, les bouleaux, les sauges, les ormes. Elle passe l’hiver à l’abri sous des écorces ou dans des tas de bois.

    Fausse alerte !

    Parfois elle se réveille en plein hiver dans les maisons, introduite avec du bois de chauffage, provoquant des inquiétudes infondées ! Son signalement dans ces conditions est un grand classique des forums d’entomologie.


mercredi 13 mai 2020

  • La tenthrède du blé
    Symphites dans une fleur de renoncule © Gilles Carcassès

    Au bal des renoncules

    Au bord d’un champ de blé, toutes les fleurs de renoncules sont occupées par ces petits visiteurs au corps grêle. Voilà un excellent exercice de détermination, puisqu’ils veulent bien se laisser photographier !

    Avançons par étapes :

    • Deux paires d’ailes membraneuses inégales : ordre des Hyménoptères
    • Pas « taille de guêpe » : sous-ordre des Symphytes
    • Un corps étroit et allongé, un aspect de brindille volante : famille des Cephidae
    • Antennes épaissies vers l’extrémité, face large, dessus de la tête lisse et brillant : genre Cephus
    Cephus pygmeus femelle – Poissy © Gilles Carcassès
    • L’abdomen est noir avec des bandes jaunes, et l’organe de ponte forme un angle marqué avec l’axe de l’abdomen : Cephus pygmeus !

    Ces Cephus pygmeus ne sont pas là par hasard : ce sont des ravageurs des céréales. Les larves percent les tiges, provoquant l’afaiblissement de la plante et parfois la verse.

    Sources :

    Les symphites, par ephytia

    Clé des familles de symphites, par Le Monde des insectes

    Clé des genres de Cephidae, par Le monde des insectes


Traduction

Sites favoris


122 sites référencés au total

Brèves

30 mai 2014 - Sur Facebook : Lac de Créteil - 94000 - Val de Marne -...

Lac de Créteil - 94000 - Val de Marne - France

24 février 2014 - Nous contacter

Pour nous contacter, cliquez sur l’enveloppe.http://laccreteil.fr/spip.php?page=...