Nature Yvelines – Le blog de Gilles, ces 365 derniers jours

Le blog de Gilles



vendredi 15 octobre 2021

  • Une chenille parasitée
    Macrothylacia rubi –  parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    En septembre et octobre, il n’est pas rare de croiser cette grosse chenille très poilue qui vagabonde sur les sentiers à la recherche d’un endroit où passer l’hiver. Car chez cette espèce, le bombyx de la ronce, c’est la chenille qui hiverne.

    Larves de Braconidae –  parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    Je remarque deux petites choses claires accrochées dans ses poils soyeux. Des graines ? Je vérifie en zoomant avec l’appareil photo. La situation est plus étrange. Une larve vient de sortir de la chenille et tisse son cocon. Une autre, à droite, a déjà fini et on devine sa présence à travers le cocon. Il s’agit de larves de Braconidae, de petits hyménoptères parasites, peut-être du genre Cotesia comme dans ce reportage que j’ai vu dans le site insecte.org. Combien de ces larves vont ainsi sortir de cette chenille ? Beaucoup sans doute. Si j’avais eu un pilulier dans ma poche, j’aurais pu récolter ce cocon achevé et le placer dans une boîte d’élevage pour voir à quoi ressemble l’adulte.

    Voici un couple de bombyx de la ronce (Macrothylacia rubi) observé au mois de mai.

    Retrouvez un autre parasite de chenilles de papillons de nuit :

    Panzeria puparum


jeudi 14 octobre 2021

  • Coremacera marginata
    Coremacera marginata – Poigny-la-Forêt © Gilles Carcassès

    Ça, c’est une belle mouche ! Posée sur une feuille de carex, elle ne me permettra pas un portrait plus rapproché, en disparaissant prestement dans la végétation.

    Coremacera marginata est un diptère Sciomyzidae. Ses larves consomment des escargots terrestres, tout comme Salticella fasciata que j’ai vue au parc du peuple de l’herbe.

    Euthycera cribata – Montpellier © Gilles Carcassès

    Ces mouches viennent parfois aux pièges lumineux dans les séances d’observations nocturnes. Ci-dessus, voici une espèce proche, franchement méditerranéenne, Euthycera cribata, photographiée au crépuscule dans un jardin à Montpellier.

    Retrouvez une autre Sciomyzidae :

    Elgiva cucularia


mercredi 13 octobre 2021

  • Elasmucha grisea
    Elasmucha grisea – Poigny-la-Forêt © Gilles Carcassès

    Je suis en expédition avec un ami naturaliste dans le Marais du Cerisaie, en forêt de Rambouillet. Nous progressons prudemment parmi les lysimaques et les carex dans un boisement de bouleaux. Une punaise brune décolle devant moi et se pose sur cette feuille de bourdaine.

    Elasmucha grisea – Poigny-la-Forêt © Gilles Carcassès

    J’en trouve une autre au bord d’une mare sur un aulne glutineux. Celle-ci a une allure plus caractéristique qui me permet de l’identifier comme une Elasmucha, de la famille des Acanthosomatidae. Et comme la base des antennes est claire, c’est Elasmucha grisea, la punaise du bouleau. Elle vit sur les aulnes, les noisetiers, les saules, les bouleaux, les peupliers, et parfois les charmes, les chênes ou les hêtres. Je ne l’ai jamais rencontrée ailleurs dans des zones humides boisées.

    La femelle Elasmucha grisea fait preuve d’un curieux instinct maternel, elle reste à proximité de ses œufs, puis de ses juvéniles, pour les protéger des prédateurs et des parasites.

    Retrouvez une autre punaise du bouleau :

    Kleidocerys resedae


mardi 12 octobre 2021

  • Ophonus ardosiacus
    Ophonus ardosiacus – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    Que peut-on faire un jour de tempête ? Aller à la chasse aux carabes, bien sûr ! Armé de mon parapluie de golf à double auvent qui ne se retourne jamais et de mon bocaloscope, j’entreprends d’écarter les ombelles fanées et recroquevillées des carottes sauvages. Oh, oh! en voilà un beau. C’est une grande espèce (12 mm), toute ponctuée de partout, avec les pattes rouges et sur les élytres un reflet d’une couleur indéfinissable entre bleu-vert et violet. Le dessus de son thorax est remarquablement arrondi en arrière.

    Ça y est, je l’ai trouvé ! C’est Ophonus ardosiacus, un Carabidae phytophage qui, justement, se nourrit de graines de carottes !

    Il faudra un jour que je cherche Ophonus stictus, grand amateur de graines de panais…

    Dans les ombelles de carottes, on trouve aussi :

    Kiefferia pericarpiicola, la galle des fruits de la carotte


lundi 11 octobre 2021

  • Eurydema ornata
    Eurydema ornata – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    En longeant le chemin de halage

    Au pied d’une petite falaise de terre où j’ai observé Hedychridium roseum, je rencontre cette jolie punaise, Eurydema ornata.

    )Eurydema ornata – Jouy-le-Moutier (95) © Gilles Carcassès

    Eurydema ornata peut présenter quelques variantes de couleurs, mais la trainée grise sur l’exocorie est une constante de l’espèce.

    Eurydema ornata – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    Un peu plus loin, un couple s’est formé.

    A chaque espèce ses préférences alimentaires

    Au parc du peuple de l’herbe, je croise régulièrement Eurydema oleracea sur l’alysson blanc (Berteroa incana), Eurydema ventralis sur le chou, et c’est à proximité immédiate de la roquette vivace (Diplotaxis tenuifolia) que je découvre Eurydema ornata. Il me manque la quatrième espèce du genre, que l’on peut rencontrer en Ile-de-France : Eurydema dominulus. Celle-ci est plus rare que les trois premières, elle fréquente les zones humides et se nourrit sur les rorripes et les cardamines.


dimanche 10 octobre 2021

  • Macdunnoughia confusa, la Goutte d’argent
    Macdunnoughia confusa – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    La nuit va bientôt tomber sur le parc du peuple de l’herbe. Un noctuelle au vol lourd se pose sur une branche d’armoise annuelle au bord de la Seine. La photo prise au flash révèle le joli profil de la bête et son dessin blanc très marqué sur l’aile antérieure. Il s’agit de Macdunnoughia confusa, de la sous-famille des Plusiinae, comme le Gamma et la Plusie chalcite.

    Cette espèce est migratrice. Elle a été nommée ainsi en l’honneur de James Haliday McDunnough (1877-1962), lépidoptérologue canadien spécialiste des Noctuidae et des Geometridae.

    Les chenilles de la Goutte d’argent se nourrissent de diverses plantes herbacées.


samedi 9 octobre 2021

  • La tenthrède de la lysimaque
    Larve de Monostegia abdominalis – Poigny-la-Forêt © Gilles Carcassès

    Au bord d’une mare forestière, plusieurs pieds de lysimaque ont leurs feuilles grignotées par une sorte de chenille grise. Mais ce cou bien marqué et ces nombreuses fausses-pattes sont à l’évidence les caractéristiques d’une fausse-chenille, autrement dit une larve de symphyte.

    Elles ne doivent pas être bien nombreuses, les tenthrèdes qui consomment la lysimaque. Je me plonge dans la documentation et les forums.

    Les taches noires sur la tête et le triangle gris en son sommet me permettent d’identifier l’espèce Monostegia abdominalis.

    Monostegia abdominalis, ce nom ne m’est pas inconnu…

    Ça me revient : je vous ai déjà présenté l’adulte de cette espèce, prisonnier des poils crochus d’une picride !


vendredi 8 octobre 2021

  • Anchoscelis lunosa
    Anchoscelis lunosa – Poissy © Gilles Carcassès

    Anchoscelis lunosa est la noctuelle la plus fréquemment observée en France dans la première décade d’octobre. C’est une habitante des prairies car ses chenilles consomment surtout des graminées.

    Anchoscelis lunosa – Poissy © Gilles Carcassès

    Cette espèce est de couleur très variable, mais on retrouve toujours la ligne de points noirs dans la zone submarginale.

    Retrouvez une autre noctuelle commune en octobre :

    Le Hibou


jeudi 7 octobre 2021

  • Lestes virens, le Leste verdoyant
    Lestes virens femelle – Poigny-le-Forêt © Gilles Carcassès

    Dans la roselière du Marais du Cerisaie, cette demoiselle verte qui se repose sur un roseau est peut-être le classique Leste vert, Chalcolestes viridis. Mais certains détails me font douter : les ptérostigmas ne sont pas clairs cernés de sombre mais à l’inverse sombres encadrés de clair, et les dessins sur le côté du thorax sont différents.

    Lestes virens mâle immature – Poigny-le-Forêt © Gilles Carcassès

    La nuque jaune vient confirmer l’identification de Lestes virens. Il ressemble sur ce point au Leste barbare, mais les ptérostigmas de cette espèce sont nettement bicolores.

    Lestes virens est une espèce plutôt forestière, assez rare et classée vulnérable dans la liste rouge des odonates d’Ile-de-France. Elle semble absente du Val d’Oise.

    Dans la moitié nord de la France, c’est la sous-espèce Lestes virens vestalis qui est présente.

    Source :

    Lestes virens, dans l’Atlas des odonates d’Ile-de-France


mercredi 6 octobre 2021

  • Aspitates ochrearia
    Aspitates ochrearia –  parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    Aspitates ochrearia est l’un de ces papillons de nuit qu’on peut voir voleter dans la journée. C’est une bonne idée, les photos sont plus sympas ! C’est un Geometridae, de la sous-famille des Ennominae.

    Cette espèce, dont la répartition en France est essentiellement méditerranéenne et atlantique, est en forte régression en Ile-de-France. Cette année, elle a été signalée une deuxième fois dans les Yvelines, à Verneuil-sur-Seine.

    La chenille se nourrit sur les plantes herbacées des prairies sèches.

    Retrouvez d’autres Ennominae :

    Apeiria syringaria, l’Ennomos du lilas

    Selenia lunularia, le Croissant


mardi 5 octobre 2021

  • Kiefferia pericarpiicola, la galle des fruits de la carotte
    Kiefferia pericarpiicola – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    J’aime bien faire l’indiscret et écarter les ombelles de fruits de la carotte quand en fin de saison elles se referment pour protéger les graines. J’y rencontre des araignées, des fourmis, des punaises fausses-fourmis (Himacerus mirmicoides) et parfois des carabes. Là, c’est autre chose : certaines graines sont déformées et transformées en galles volumineuses. Voyons ce qui se cache à l’intérieur !

    Kiefferia pericarpiicola – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    Du bout de l’ongle, avec d’infinies précautions, j’entreprends d’ouvrir une de ces galles. Il y a bien un habitant, une sorte de larve de mouche toute rondelette et joliment colorée. Il s’agit de la larve d’une cécidomyie, Kiefferia pericarpiicola, qui est galligène sur les fruits de nombreuses espèces d’Apiaceae : carottes, panais, fenouil, buplèvres, berces notamment.

    L’intérieur de la galle est tapissé d’un mycélium dont la larve se nourrit. Comment est-il arrivé là ? Très probablement, il a été introduit dans le jeune fruit lors de la ponte de l’insecte.

    Retrouvez une autre galle :

    Eriosoma lanuginosum, galle en bourse de l’orme

    Sources :

    Guide des galles de France et d’Europe – Patrick Dauphin (2012)

    Kiefferia pericarpiicola, Plant Parasites of Europe

    Jean Meyer (1969) Problèmes actuels de Cécidologie, Bulletin de la Société
    Botanique de France, 116:9, 445-481, DOI: 10.1080/00378941.1969.10838689


lundi 4 octobre 2021

  • La saison des cèpes est lancée !
    Boletus edulis – forêt de Marly © Gilles Carcassès

    Les premiers cèpes de Bordeaux percent la litière au bord des chemins forestiers.

    Boletus edulis – forêt de Marly © Gilles Carcassès

    Celui-ci est plus gros, mais les limaces et les scarabées l’ont déjà bien entamé.

    J’ai trouvé cet Helicodonta obvoluta au fond d’une grotte creusée dans le pied de ce cèpe. A mon avis, il n’est pas venu là par hasard. Cet escargot, la veloutée plane, est censé vivre dans le bois pourri farci de moisissures. Il trouve sans doute le bolet à son goût !

    Mais, au fait, peut-on prévoir la pousse des cèpes ?

    Pour que les cèpes (de Bordeaux) fructifient, il faut :

    • un bon stock mycélien dans le sol qui dépend des conditions météos de l’année et des années précédentes. Un printemps humide et un été chaud seraient plutôt favorables, ainsi qu’une canicule l’année précédente.
    • des arbres naturellement mycorhizés. Le cèpe de Bordeaux est le compagnon racinaire des chênes, des hêtres, des châtaigniers, des épicéas et d’un certain nombre d’autres conifères. C’est ce qui explique la fidélité des stations au pied des mêmes arbres d’une année sur l’autre. Et si les arbres sont vieux, ils ont plus de chance d’avoir noué des relations mycorhiziennes durables et fructueuses.
    • un sol mouillé sur 10 à 15 cm de profondeur. Cela s’obtient généralement avec 30 à 50 mm de pluie, de préférence en plusieurs jours de précipitations.
    • un brusque refroidissement du sol qui déclenche la fructification. L’incubation avant la sortie des premiers champignons est de 6 à 10 jours si la température est supérieure à 15°, de 8 à 15 jours si elle est inférieure. La pluie et mieux encore la grêle sont de bons facteurs de refroidissement.
    • un maintien des conditions de douceur. Si un nouveau refroidissement du sol de plus de 3° intervient, la pousse s’arrête, de même si la température du sol descend en-dessous de 10°.

    Retrouvez un autre cèpe :

    Le cèpe bronzé

    Source :

    VERS L’INOCULATION CONTRÔLÉE DES CÈPES ET BOLETS COMESTIBLES ?
    J.-M. OLIVIER – J. GUINBERTEAU – J. RONDET – Michèle MAMOUN


dimanche 3 octobre 2021

  • Uroleucon cirsii, le grand puceron du chardon
    Uroleucon cirsii – Dampierre-en-Yvelines © Gilles Carcassès

    Au bord d’un marais, un cirse des champs héberge une petite colonie de pucerons bruns. Le plus gros individu sur la photo est une femelle en train de mettre au monde un juvénile. Elle est aussi en train de s’alimenter, puisant la sève de la plante avec son rostre. L’espèce se reproduit ainsi pendant une partie de la belle saison de façon vivipare et parthénogénétique, c’est-à-dire sans fécondation. La descendance de cette femelle constitue donc un clone. Les femelles de la génération sexuée qui apparaît en fin d’été pondent leurs œufs sous les feuilles des cirses.

    Les deux bâtons noirs plantés sur son dos sont ses cornicules. Ces organes présents chez tous les pucerons, et plus ou moins développés selon les espèces, peuvent produire une substance collante dissuasive pour les prédateurs ainsi qu’une phéromone d’alerte destinée à prévenir la colonie en cas d’attaque.

    Uroleucon cirsii est reconnaissable à ses pattes claires aux genoux noirs, à sa cauda claire et à ses longues antennes.

    Retrouvez d’autres insectes qui vivent sur les cirses :

    Myelois circumvoluta

    Larinus turbinatus

    Sources :

    Uroleucon cirsii, par Influentialpoints

    Les pucerons, par Alain Fraval


samedi 2 octobre 2021

  • Hermetia illucens, la mouche soldat noire
    Hermetia illucens – Poissy © Gilles Carcassès

    J’ai découvert cet insecte mort sur le paillasson de ma véranda. Il a des balanciers bien visibles, de longues antennes et de beaux yeux aussi. C’est chez les diptères Stratiomyidae qu’il faut chercher, sans doute.

    Il s’agit d’Hermetia illucens, et je suis bien content d’avoir cette mouche dans mon jardin, parce que c’est une championne du compostage. Ses larves transforment en bon humus tous les déchets avec une rapidité et une efficacité surprenante ! De plus, l’espèce est très prolifique. On lui pardonnera d’être d’origine américaine.

    Pour en savoir plus sur cette mouche aux étonnantes propriétés, culinaires notamment, retrouvez cet article :

    Hermetia illucens

    Un autre Stratiomyidae de mon jardin :

    Actina chabylea


vendredi 1er octobre 2021

jeudi 30 septembre 2021

mercredi 29 septembre 2021

  • Opisthograptis luteolata, la Citronnelle rouillée
    Opisthograptis luteolata – Poissy © Gilles Carcassès

    Opisthograptis luteolata est un Geometridae commun partout en France. Il appartient à la sous-famille des Ennominae. Ses chenilles se nourrissent sur de nombreuses espèces d’arbres et d’arbustes : aubépines, noisetiers, saules sorbiers, érables, cotonéasters, pyracanthas, arbres fruitiers… L’adulte vole d’avril à septembre avec un pic d’activité au mois d’août.

    Toujours très inventifs, les lépidoptéristes l’ont affublé du nom de Citronnelle rouillée.

    Retrouvez d’autres Ennominae :

    La phalène emplumée et l’hibernie orangée


mardi 28 septembre 2021

  • Eupteryx decemnotata
    Eupteryx decemnotata – Poissy © Gilles Carcassès

    Il y a une bête sur ma sauge !

    Eupteryx decemnotata – Poissy © Gilles Carcassès

    Bien camouflée

    Ce tout petit insecte de 3 mm est une cicadelle. Je vois cela aux grandes épines qui arment ses tibias postérieurs. Sur la sauge, deux espèces sont communes : Eupteryx melissae et Eupteryx decemnotata, pus petite. Cette dernière est identifiable aux trois paires de taches noires sur le dessus de sa tête.

    Elle est responsable par ses piqures d’alimentation des taches jaunes sur les feuilles. Il me semblait bien aussi que ma sauge jaunissait à vue d’œil !

    Je tente une photo plus près. Raté, la bête a sauté et a disparu dans le décor.

    Cette espèce fréquente la sauge officinale et un certain nombre d’autres plantes de la famille des Lamiaceae : romarin, lavande, menthe…

    Retrouvez un autre insecte qui aime bien la sauge :

    Chrysolina americana


lundi 27 septembre 2021

  • Artemisia biennis, l’armoise bisannuelle
    Artemisia biennis – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès
    Artemisia biennis – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    Cette année, je constate l’arrivée de grosses populations d’armoise annuelle (Artemisia annua) sur les berges de Seine. Parmi ces hautes plantes, je découvre une autre armoise au port bien singulier, c’est une véritable chandelle et tous les capitules sont tassés contre une tige rougeâtre. Il s’agit d’Artemisia biennis, l’armoise bisannuelle. Elle est peu odorante, contrairement à Artemisia annua.

    Artemisia biennis est une espèce d’origine nord-américaine et est arrivée en Europe au début du XXème siècle probablement avec des livraisons de céréales.

    Retrouvez une autre plante aux longs épis feuillés :

    L’agripaume cardiaque

    Source :

    Artemisia biennis, par CABI


dimanche 26 septembre 2021

  • Chiasmia clathrata, le Réseau
    Chiasmia clathrata – Bierre-en-Morvan © Gilles Carcassès

    Au petit matin, mes pas dans la prairie font s’envoler les papillons de nuit encore étourdis de leurs aventures nocturnes. L’un d’eux se pose sur un arbuste, je m’approche doucement.

    Celui-ci est facile à identifier, il porte un motif à carreaux ! C’est Chiasmia clathrata, alias le Réseau. Il vole plutôt en journée dans les friches et les prairies. Ses chenilles se nourrissent des vesces, des luzernes et d’autres Fabaceae.

    Retrouvez un autre Geometridae :

    Ematurga atomaria, la phalène picotée


samedi 25 septembre 2021

  • Acronicta psi, le Psi
    Acronicta psi – Poissy © Gilles Carcassès

    Une chenille avec deux bosses noires sur le dos escalade vivement le mur de ma maison. Le temps d’aller chercher mon appareil photo, elle est déjà à deux mètres de haut. Je l’invite à changer provisoirement de support pour une meilleure photo.

    Acronicta psi – Poissy © Gilles Carcassès

    Reconnaissable entre mille, c’est la chenille d’Acronicta psi. Elle fait son ordinaire des feuilles de nombreux arbres. Je l’ai d’ailleurs déjà observée sur un pommier. L’arbre le plus proche de cette observation est un gros abricotier. Sans doute vient-elle de là, elle cherchait peut-être un endroit tranquille pour se nymphoser.

    L’adulte est une noctuelle grise, avec de curieux motifs en pieds de poule sur les ailes : j’aimerais bien la rencontrer !

    Retrouvez la très belle chenille d’une autre espèce d’Acronicta :

    Acronicta auricoma


vendredi 24 septembre 2021

  • Bidens frondosa, le bident feuillé
    Bdens frondosa – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    Cette plante généreuse pousse sur les berges de la Seine. A la fin de l’été, elle prend une belle teinte rouge vineuse.

    Bdens frondosa – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    Ses folioles fortement dentées ont de courts pétioles, contrairement à l’espèce Bidens tripartita, plus commune et indigène. Bidens frondosa est en effet une plante nord-américaine naturalisée, arrivée en France en 1920 (près de Paris). Elle s’est ensuite répandue dans la vallée de la Seine, de la Loire, en Bretagne et dans l’est de la France. En expansion, elle a tendance à supplanter Bidens tripartita.

    Bdens frondosa – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    Les fleurs sont discrètes, parfois dotées, en périphérie du capitule, de quelques ligules jaunes. Au second plan sur cette photo, on reconnait les larges feuilles d’un pied de guimauve.

    Bdens frondosa – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    Aux fleurs succèdent des akènes plats un peu verruqueux portant deux grandes épines munies de crochets qui lui permettent de se fixer, comme des harpons, sur les pelages et les pantalons des promeneurs.

    Retrouvez une autre plante américaine naturalisée sur les berges de Seine :

    Cyperus eragrostis


jeudi 23 septembre 2021

  • Jolies surprises nocturnes

    Délaissant pour une fois les noctuelles et les géomètres, je me suis intéressé aux papillons de nuit des autres familles.

    Anania verbascalis – Poissy © Gilles Carcassès

    Ce petit doré au joli dessin est un Crambidae. Sa chenille se nourrit dans les clairières et les friches sur la germandrée scorodoine (Teucrium scorodonia) et la ballote noire (Ballota nigra).

    Cameraria ohridella – Poissy © Gilles Carcassès

    De la famille des Gracillariidae, Cameraria ohridella est la tristement célèbre mineuse du marronnier dont la chenille provoque de larges cloques brunes sur les feuilles de cet arbre.

    Hypsopygia costalis – Poissy © Gilles Carcassès

    Suspendu au plafond de la terrasse, Hypsopygia costalis me regarde à l’envers, l’abdomen redressé. Les chenilles de ce Pyralidae mangent du foin et des feuilles mortes.

    Agonopterix nervosa – Poissy © Gilles Carcassès

    Avec ses ailes aux marges brunes et ses pattes rougeâtres, voici Agonopterix nervosa, une espèce de la famille des Depressariidae, inféodée aux genêts et aux ajoncs. C’est l’une des 66 espèces d’Agonopterix recensées en France, et elle n’est pas souvent observée en Ile-de-France. Merci aux experts qui me l’ont identifiée !

    Retrouvez d’autres papillons de nuit de ces familles :

    Le Botys poudreux (Crambidae)

    Calybites phasianipennella (Gracillariidae)

    Myelois circumvoluta (Pyralidae)


mercredi 22 septembre 2021

  • Hyla arborea, la rainette verte
    Hyla arborea – Bierre-en-Morvan © Gilles Carcassès

    Un visiteur à la fenêtre de la cuisine

    Le repas du soir entre amis se prolonge un peu et de nombreux insectes viennent folâtrer à la fenêtre. Les chrysopes, chironomes et microlépidoptères attirés par la lumière intéressent visiblement ce charmant acrobate. C’est la rainette verte, seul batracien en Europe capable de grimper grâce aux pelotes adhésives situées au bout de ses doigts élargis. Brusquement, elle s’allonge et mâchouille quelque chose mais elle est si rapide dans sa capture que je n’ai pas réussi à identifier sa proie. Elle restera sur la vitre jusqu’à l’extinction des feux.

    L’espèce est potentiellement présente en France dans une grande moitié nord du territoire. Au sud elle est remplacée par la reinette méridionale dont la bande noire sur la joue ne descend pas sur le flanc.

    Comme tous les batraciens, la reinette verte est protégée mais elle est en danger. La destruction des zones humides et les pesticides lui sont fatals.

    Aussi vert que la rainette :

    Le membracide bison

    Un autre batracien :

    Une jolie grenouille brune


mardi 21 septembre 2021

  • Arctia caja, l’écaille martre
    Arctia caja – Vouillé (79)  © Gilles Carcassès

    Cette écaille martre est venue la nuit dans mon piège lumineux. Au matin, je lui ai rendu sa liberté, elle s’est posée sur une pierre.

    Arctia caja – Vouillé (79)  © Gilles Carcassès

    Au moment de prendre son envol, elle montre ses ailes postérieures aux couleurs intenses. Encore un subterfuge pour effrayer ces benêts de prédateurs. Elle partage cette particularité avec d’autres écailles, comme l’écaille chinée.

    Ses chenilles très poilues fréquentent de nombreuses plantes des friches et aussi des arbustes. Elles sont souvent vue sur l’ortie dioïque.

    Retrouvez un autre papillon de la même sous-famille (les Arctiinae) :

    Diaphora mendica, l’écaille mendiante


lundi 20 septembre 2021

  • Dipsacus sativus, la cardère cultivée
    Dipsacus sativus – Paris © Gilles Carcassès

    Dans le parc de la Butte du Chapeau Rouge, que j’ai visité dans le cadre du concours Décoflo 2021, les jardiniers ont choisi cette année d’intégrer un chardon à leurs compositions fleuries, pour les qualités graphiques de la plante et aussi pour son histoire singulière. Sur un fond d’amarantes, voici la cardère cultivée.

    Les capitules de Dipsacus sativus sont munis d’épines très solides, souples et recourbées. Après séchage, ils étaient enfilés sur des sortes de peignes et servaient à griffer des étoffes fines pour leur donner un aspect soyeux. Cette opération est nommée le lainage. Les tapis de billard, les manteaux de luxe, par exemple, bénéficiaient de ce traitement.

    Cette cardère était autrefois largement cultivée pour cet usage surtout dans les régions où l’industrie textile était bien implantée. Les derniers champs de cardère cultivée ont disparu de France vers 1980, avec l’arrivée de machines plus modernes.

    Dipsacus sativus / Dipsacus fullonum
    © Gilles Carcassès

    Il ne faut pas confondre la cardère cultivée (Dipsacus sativus) avec la cardère sauvage (Dipsacus fullonum). Les capitules de la première sont plus longs et cylindriques, les bractées de l’involucre sont plus courtes et les fleurs beaucoup plus pâles.

    Retrouvez le portrait d’un grand amateur de graines de cardères :

    Le chardonneret élégant


dimanche 19 septembre 2021

  • Autographa gamma, le Gamma
    Autographa gamma – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    En passant dans les herbes, on fait parfois décoller ce lourdaud. Il ne va pas bien loin. Inquiété par la présence du photographe, il fait trembler ses ailes. On reconnaît le Gamma à la marque blanche sur l’aile antérieure.

    Autographa gamma – Cergy (95) © Gilles Carcassès

    Son profil est remarquable !

    Autographa gamma – Vouillé (79) © Gilles Carcassès

    C’est à la nuit tombante que je surprend cet individu en train de butiner des centhrantes en fleurs. Il a sorti sa trompe qu’il s’apprête à plonger au fond d’une corolle en tube pour y puiser le nectar.

    Les chenilles d’Autographa gamma sont polyphages. C’est la seconde génération, à la fin de l’été, qui peut provoquer d’importants dégâts aux cultures légumières, en particulier aux choux.

    Retrouvez une autre noctuelle nuisible aux cultures :

    La Plusie chalcite


samedi 18 septembre 2021

  • Phytomyza spondylii, mineuse des feuilles de berce
    Phytomyza spondylii – Saint-Germain-en-Laye © Gilles Carcassès

    Au bord du chemin forestier, les berces communes (Heracleum sphodylium) font grise mine malgré le rayon de soleil ! Les feuilles sont dévorées de l’intérieur par de petites larves qui tracent leur chemin sinueux.

    Phytomyza spondylii – Saint-Germain-en-Laye © Gilles Carcassès

    Par transparence, on voit une pupe de couleur noire, à l’extrémité d’une mine. Les routes de ces larves mineuses se croisent souvent et par endroit la feuille n’a plus de parenchyme.

    Phytomyza spondylii est un diptère de la famille des Agromyzidae. La mouche mineuse du poireau qui désespère les jardiniers est une autre mouche du genre Phytomyza.

    Retrouvez un autre Agromyzidae :

    La petite mineuse des ancolies


vendredi 17 septembre 2021

  • Mythimna

    Je vous ai déjà présenté Mythimna l-album, une noctuelle très commune inféodée aux graminées. Voici quatre autres espèces de Mythimna. Ces photos font la démonstration de la belle diversité de ce genre qui compte 19 espèces en France.

    Les chenilles de ces espèces consomment diverses graminées.

    La Leucanie blafarde

    Mythimna pallens – Vouillé (79)  © Gilles Carcassès

    Le point blanc

    Mythimna albipuncta – Vouillé (79)  © Gilles Carcassès

    La Leucanie vitelline

    Mythimna vitellina – Vouillé (79)  © Gilles Carcassès

    La Leucanie riveraine

    Mythimna riparia – Vouillé (79)  © Gilles Carcassès

    Retrouvez une autre noctuelle dont les chenilles consomment des graminées :

    Noctua pronuba, le Hibou


jeudi 16 septembre 2021

  • Décoflo 2021

    Cette année encore, j’ai eu l’honneur de participer au jury du concours des décorations florales de la ville de Paris. Nous avons visité et noté les compositions florales de onze parcs et jardins sélectionnés par les organisateurs. Le thème de l’année était « contes et légendes ».

    Parc floral © Gilles Carcassès

    Au parc floral, j’ai aimé cette mise en scène très onirique dans laquelle s’insère avec beaucoup de classe une des énigmatiques sculptures de Daniela Cappacioni.

    Parc de la Butte du Chapeau Rouge © Gilles Carcassès

    Ce décor floral tout en délicatesse magnifie l’étonnant panorama de la Butte du Chapeau Rouge.

    Jardin Tino Rossi © Gilles Carcassès

    Chut ! Ne pas déranger, c’est la maison des hobbits !

    Jardin Tino Rossi © Gilles Carcassès

    Cette jolie fleur est celle d’un Hibiscus cannabinus.

    Jardin des Mères et Grands-Mères de la place de mai © Gilles Carcassès

    Ces plantes savamment associées jouent avec le soleil et le vent.

    Jardin des Mères et Grands-Mères de la place de mai © Gilles Carcassès

    Un art très maîtrisé de la composition florale !

    Promenade Pereire © Gilles Carcassès

    Promenade Pereire : saurez-vous trouver le lapin mystère dans le labyrinthe d’Alice au pays des merveilles ?

    Parc Monceau © Gilles Carcassès

    Au parc Monceau, le spectacle est dans les yeux des tout-petits émerveillés devant le village des Schtroumpfs et la maison de Gargamel. Les jardiniers du parc Monceau ont reçu le prix spécial coup de cœur du public pour cette décoration.


mercredi 15 septembre 2021

  • Curculio elephas, le balanin éléphant

    Au lever du soleil, j’examine le contenu de mon piège lumineux pour découvrir les visiteurs de la nuit. Surprise, des charançons se sont invités parmi les papillons de nuit !

    Curculio elephas mâle – Poissy © Gilles Carcassès

    Quel drôle de museau pointu !

    Chez les balanins, ce long rostre est utilisé pour perforer les akènes comme les glands, les châtaignes ou les noisettes et y pondre ensuite leur œuf.

    Curculio elephas femelle – Poissy © Gilles Carcassès

    Et que penser de celui-ci au rostre démesuré ?

    C’est la femelle du précédent. Je repère sur cette photo les critères d’identification de l’espèce : le rostre est brun et pas noir, les fémurs des pattes antérieures et postérieures sont dotés d’une forte dent, le scutellum est allongé et les élytres sont de couleur fauve. Il s’agit de Curculio elephas, le balanin éléphant, dont les larves consomment les châtaignes et parfois les glands. Le cycle de vie de cette espèce dont le pic de vol est en août et septembre confirme la détermination.

    Couple de Curculio elephas – Poissy © Gilles Carcassès

    Un couple s’est installé sur le cable d’alimentation de mon piège lumineux !

    Retrouvez un autre Curculionidae à très long rostre :

    Dorytomus longimanus

    Sources :

    Clé des Curculio de France, dans insecte.org

    Les balanins, par André Lequet


mardi 14 septembre 2021

  • Spilosoma lubricipeda, l’écaille tigrée
    Spilosoma lubricipeda – Vouillé (79) © Gilles Carcassès

    L’écaille tigrée est un Erebidae commun, même en ville. Ses chenilles consomment des pissenlits, des plantains et de nombreuses autres plantes basses.

    écaille tigrée / écaille mendiante
    © Gilles Carcassès

    Il ne faut pas confondre l’écaille tigrée et la femelle de l’écaille mendiante ! La présence ou l’absence de lignes de points noirs à l’apex des ailes antérieures suffit à les départager.

    Retrouvez d’autres Erebidae, dans cet article :

    Leurs chenilles mangent des lichens ! (2)


lundi 13 septembre 2021

  • Dyroderes umbraculatus
    Dyroderes umbraculatus – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    Curieuse rencontre sur une feuille de bardane !

    Cette punaise aux formes arrondies est une Pentatomidae inféodée aux gaillets. Les entomologistes la capturent généralement en passant le filet fauchoir dans ses plantes hôtes. Je l’ai trouvée à vue sur une grande feuille de bardane au bord du chemin de halage.

    En détaillant ma photo, je repère les expansions caractéristiques de son pronotum, de chaque côté de la tête, avec un bien joli pointillé noir. Dyroderes umbraculatus n’est pas une espèce rare dans les secteurs où ses plantes hôtes sont présentes.

    Retrouvez une autre punaise de cette famille :

    Pentatoma rufipes


dimanche 12 septembre 2021

  • Acronicta rumicis, l’adulte
    Acronicta rumicis – Vouillé (79) © Gilles Carcassès

    Je rencontre souvent sa chenille, mais je ne connaissais pas le papillon. C’est chose faite ! Ici, c’est un individu sombre, les motifs de ses ailes peuvent être bruns ou gris vert.

    Dans le jardin où j’ai observé ce papillon, j’avais vu sa chenille se repaître de feuilles de rhubarbe.

    Retrouvez une autre noctuelle très commune :

    Tyta luctuosa, la noctuelle en deuil


samedi 11 septembre 2021

  • Phragmatobia fuliginosa, l’écaille cramoisie
    Phragmatobia fuliginosa – Bierre-en-Morvan (21) © Gilles Carcassès

    Ce papillon marron posée sur une toile grise éclairée la nuit montre des dessous de satin rouge et noir. C’est l’écaille cramoisie (Phragmatobia fuliginosa), une écaille très commune en été.

    Phragmatobia fuliginosa – Bierre-en-Morvan (21) © Gilles Carcassès

    Au soleil levant, elle prend des tons plus chauds. Ses fémurs sont couverts d’une pilosité rouge.

    Phragmatobia fuliginosa – Vouillé (79) © Gilles Carcassès

    Les chenilles de cette espèce consomment de nombreuses plantes basses, comme les plantains, le séneçon jacobée, les rumex, les ronces…

    Retrouvez un autre Erebidae :

    Euclidia glyphica, la Doublure jaune


vendredi 10 septembre 2021

  • Thyreocoris scarabaeoides
    Thyreocoris scarabaeoides – Bierre-en-Morvan © Gilles Carcassès

    A peine sorti de la voiture, cette chose minuscule atterrit sur mon bras. J’ai juste le temps de prendre une photo qu’elle redécolle pour disparaître dan un buisson. Quel est donc ce visiteur si pressé ?

    Je vois sur ma photo ses tibias épineux et son large scutellum qui recouvre presque tout l’abdomen. La bête est de couleur uniforme même sur les exocories. L’excellent livre « Punaises Pentatomoidea de France » de Roland Lupoli et François Dusoulier me guide vers la toute petite famille des Thyreocoridae puis à l’espèce Thyreocoris scarabaeoides, de mœurs fouisseuses et très rarement observée. Pour se nourrir, elle pique de son rostre des graines de renoncules et de violettes tombées au sol.

    Retrouvez une autre punaise à grand scutellum :

    Odontotarsus perpureolineatus


jeudi 9 septembre 2021

  • Araschnia levana, la carte géographique
    Chrysalide sur une ortie dioïque – Vouillé (79) © Gilles Carcassès

    Au bord d’un chemin ombragé, les touffes d’orties sont passablement grignotées. En retournant quelques feuilles, je finis par débusquer un présumé coupable : cette chrysalide de papillon, aux reflets argentés, attachée à la plante par le derrière. Je la prélève délicatement pour en tenter l’élevage afin de déterminer l’espèce avec certitude.

    Chenille de Polygonia c-album – Vouillé (79) © Gilles Carcassès

    Sur la même plante, je trouve un autre indice très sérieux, cette minuscule chenille est celle du Robert-le-diable (Polygonia c-album) au stade L2.

    Je coince la feuille dans le système de fermeture d’un récipient transparent, afin que la chrysalide reste suspendue, après avoir bien entendu percé le couvercle pour assurer une bonne aération de la boîte. Il ne reste plus qu’à attendre et surveiller tous les jours…

    Araschnia levana – Vouillé (79) © Aurélie Carcassès

    Une semaine passe, surprise ! Un magnifique papillon est sorti de la chrysalide, et ce n’est pas du tout un Robert-le-diable, mais une Carte géographique (Araschnia levana), un Nympalidae inféodé aux orties.

    Araschnia levana – Vouillé (79) © Aurélie Carcassès

    Ce superbe papillon a fini de se remettre de ses émotions sur une tige de menthe. Les orties ne sont pas loin. Ce sont ces dessins blancs en réseau au revers de son aile postérieure qui lui valent son surnom de carte géographique.

    Ici, c’est la génération d’été, sombre avec de larges bandes blanches.

    Source :

    Araschnia levana, par André Lequet


mercredi 8 septembre 2021

  • Selenia lunularia, le Croissant
    Selenia lunularia – Vouillé (79) © Gilles Carcassès

    Cet étrange papillon est venu à la lumière et s’est posé sur la fenêtre. Sa silhouette et ses ailes découpées me rappellent l’Ennomos du lilas, mais les dessins sont différents. Je le trouve sans peine dans la même sous-famille des Ennominae, chez les Geometridae : il s’agit de Selenia lunaria, alias le Croissant. En cette fin d’été, c’est un individu de la deuxième génération.

    Selenia lunularia – Vouillé (79) © Gilles Carcassès

    Il s’est posé sur un groseillier. La ressemblance avec une feuille morte est frappante !

    Les chenilles de Selenia lunularia se nourrissent des feuilles de nombreux arbres et arbustes.

    Source :

    Selenia lunularia, par Lepinet


mardi 7 septembre 2021

  • Le gobemouche noir
    Gobemouche noir – Vouillé (79) © Gilles Carcassès

    Quel est cet oiseau sur ce saule tortueux ? Il se livre à un curieux manège : s’élance vivement, et après quelques battements d’ailes d’un vol stationnaire revient se poser sur son perchoir.

    Gobemouche noir – Vouillé (79) © Gilles Carcassès

    Le gobemouche noir, comme son nom l’indique, capture les insectes au vol. Sur la photo ci-dessus, il semble s’apprêter à bondir sur un moucheron qui brille dans le soleil.

    Cet oiseau est un grand migrateur, il niche jusqu’en Russie et en Scandinavie et prend ses quartiers d’hiver en Afrique tropicale. En Ile-de-France, on dénombre environ 200 couples, essentiellement dans le secteur de la forêt de Fontainebleau.

    Source:

    Le gobemouche noir, par la LPO Ile-de-France


lundi 6 septembre 2021

  • Smerinthus ocellata, une chenille à corne bleue
    Chenille de Smerinthus ocellata – Vouillé (79) © Gilles Carcassès

    Cette chenille grosse comme mon index était en mauvaise posture, elle avait entrepris de traverser la piscine en rampant sur le tapis de couverture. Nous l’avons sorti de là en la faisant grimper sur une feuille de rhubarbe.

    Chenille de Smerinthus ocellata – Vouillé (79) © Gilles Carcassès

    La corne bleue à l’extrémité de son abdomen m’oriente vers Mimas tiliae, un sphinx que j’ai déjà rencontré, mais elle devrait avoir une zone de granulations orange à l’arrière de cette corne. Cette absence est un critère pour une espèce proche, un peu moins commune, Smerinthus ocellata, le sphinx demi-paon. Son nom évoque les ocelles qui ornent ses ailes postérieures.

    Les chenilles du sphinx demi-paon consomment les feuilles des saules, des peupliers et des arbres fruitiers.

    Retrouvez un autre insecte doté d’une corne :

    Le membracide bison

    Source :

    Clé de détermination des sphinx de France, adultes et chenilles, par Timothée Bay-Nouailhat et Jean Haxaire


dimanche 5 septembre 2021

  • Leurs chenilles mangent des lichens ! (2)

    Dans un article précédent, je vous ai montré des papillons de nuit dont les chenilles consomment des lichens. En voici d’autres !

    Miltochrista miniata – Crespières © Gilles Carcassès

    Dans la famille des Erebidae, voici la Rosette, facile à reconnaître. Ses chenilles consomment les lichens des arbres, surtout du genre Parmelia.

    Cleorodes lichenaria – Vouillé (79) © Gilles Carcassès

    La Boarmie des lichens est un Geometridae. Ce sont surtout les usnées sur les chênes, les peupliers et les ormes qui sont consommées. Cette espèce est éteinte en Ile-de-France depuis 1960.

    Paidia rica – Vouillé © Gilles Carcassès

    La chenille de cet Erebidae, surnommé l’Ecaille gris-souris, consomme les lichens qui croissent sur les rochers et aussi sur les arbres.

    Bryopsis muralis Vouillé © Gilles Carcassès

    Le bryophile du lichen est une bien jolie noctuelle verte. Sa chenille se nourrit des lichens des arbres et des pierres.


samedi 4 septembre 2021

  • Leptorchestes berolinensis, araignée myrmécomorphe
    Leptorchestes berolinensis – Vouillé (79) © Gilles Carcassès

    La table est dressée sur la terrasse pour le déjeuner. En attendant l’apéritif, je suis des yeux machinalement les errements d’une petite fourmi qui court sur la nappe. Elle est bizarre cette fourmi, on dirait bien qu’elle a huit pattes !

    Leptorchestes berolinensis mâle – Vouillé (79) © Gilles Carcassès

    Huit pattes : c’est donc une araignée !

    Et même une Salticidae, avec ces deux gros yeux frontaux qui semblent me dévisager ! Cet abdomen tricolore, et cette hanche de la troisième patte, noire et non pas blanche comme celles des autres pattes, m’orientent vers Leptorchestes berolinensis.

    Cette araignée, par sa silhouette et son comportement, imite une fourmi, on la dit myrmécomorphe. Il s’agit sans doute de dissuader d’éventuels prédateurs qui évitent les fourmis.

    Retrouvez une autre insecte qui imite une fourmi :

    Himacerus mirmicoides, une punaise fausse-fourmi


vendredi 3 septembre 2021

  • Calybites phasianipennella
    Calybites phasianipennella – Vouillé (79) © Gilles Carcassès

    Les microlépidoptères, malgré leur petite taille, ne sont pas sans charme. Voici un Gracillariidae bien contrasté, nommé Calybites phasianipennella, venu la nuit à la lumière.

    Calybites phasianipennella – Vouillé (79) © Gilles Carcassès

    Au matin, il a escaladé ma main avant de prendre son envol.

    Les chenilles de cette espèce minent les feuilles des lysimaques et aussi des rumex et des renouées persicaires, avant d’en déformer le limbe en cornet pour se nymphoser.

    L’espèce est présente ponctuellement un peu partout en France, elle a été notée une fois en Ile-de-France.

    Retrouvez un autre Gracillariidae :

    Parectopa robiniella


jeudi 2 septembre 2021

  • Apeira syringaria, l’Ennomos du lilas
    Apeira syringaria femelle – Vouillé (79) © Gilles Carcassès

    Attiré par la lumière, cet élégant papillon de nuit est venu pondre sur une fenêtre ! Il s’agit d’Apeira syringaria, un Geometridae de grande taille, reconnaissable à l’aspect plissé de ses ailes antérieures. Chez cette espèce, la femelle a aussi les antennes pectinées. Ses chenilles cornues vivent sur les lilas, les troènes, les chèvrefeuilles ou les frênes.

    Retrouvez d’autres Geometridae :

    La phalène emplumée et l’hibernie orangée


mercredi 1er septembre 2021

mardi 31 août 2021

  • Leurs chenilles mangent des lichens !
    Laspeyria flexula – Bierre-en-Morvan (21) © Gilles Carcassès

    Ce papillon de nuit attiré par ma lampe est surnommé le Crochet, il est commun un peu partout en France. Sa chenille consomme les lichens des arbres. Cette particularité alimentaire est le fait d’environ 70 espèces de papillons, tous nocturnes, appartenant à diverses familles, notamment celle des Erebidae comme celui-ci et celui qui suit.

    Lithosia quadra mâle – Bierre-en-Morvan (21) © Gilles Carcassès

    Lithosia quadra est remarquable par son fort dimorphisme sexuel. Le mâle est drapé dans ses ailes bicolores orange et gris, alors que la femelle a les ailes beige ornées de quatre points noirs.

    Cryphia algae – Bierre-en-Morvan (21) © Gilles Carcassès

    Les chenilles de Cryphia algae, de la famille des Noctuidae, consomment les lichens qui poussent sur les chênes et les peupliers.

    Source :

    Lépidoptères et lichens, par Nicole Lepertel- Association Française de Lichénologie


lundi 30 août 2021

  • Amaranthus deflexus, l’amarante couchée
    Amaranthus deflexus – Poissy © Gilles Carcassès

    On trouve parfois au pied des murs, poussant dans les fissures d’enrobé des trottoirs, une petite plante base au feuillage pourpre. Ses minuscules fleurs verdâtres sont groupées en épis allongés. C’est Amaranthus deflexus, l’amarante couchée.

    Amaranthus deflexus – Poissy © Gilles Carcassès

    Amaranthus deflexus est l’une des sept espèces d’amarante que l’on peut rencontrer en Ile-de-France. Les voici listées, avec leur statut de rareté et leur contrée d’origine :

    • Amaranthus albus, AR, Amérique tropicale
    • Amaranthus blitoides, R, Amérique du Nord
    • Amaranthus blitum, AR, Méditerranée (ancienne plante alimentaire)
    • Amaranthus deflexus, AC, Amérique du Sud
    • Amaranthus graecizans subsp. sylvestris, AR, Afrique et Méditerranée
    • Amaranthus hybridus, CC, Amérique centrale
    • Amaranthus retroflexus, AC, Amérique du Nord

    Amaranthus hybridus, robuste plante dressée, est de loin la plus commune, c’est elle qui envahit souvent nos potagers.

    Retrouvez une autre plante adventice des jardins :

    Calendula arvensis, le souci des champs


dimanche 29 août 2021

  • Euplagia quadripunctaria, l’écaille chinée
    Euplagia quadripunctaria posée sur une eupatoire – Feucherolles © Gilles Carcassès

    L’écaille chinée est chaque année un très grand classique du mois d’août. Ce beau papillon de nuit très commun, de la famille des Erebidae, est souvent vu de jour en train de butiner les fleurs de l’eupatoire. Ses chenilles consomment de nombreuses pantes basses, comme les orties, les ronces, les vipérines…

    Euplagia quadripunctaria butinant une lavande- Bierre-en-Morvan (21) © Gilles Carcassès

    On peut supposer que le rouge flamboyant de ses ailes postérieures, que l’on aperçoit seulement lorsque le papillon décolle, constitue vis-à-vis des prédateurs un système de défense basé sur l’effet de surprise. D’autres espèces ont de la même façon les ailes postérieures rouges, apparaissant vivement au décollage. C’est le cas chez plusieurs autres écailles, dans le genre Catocala (Noctuidae) et aussi chez des criquets.

    Retrouvez une autre écaille :

    L’écaille mendiante


samedi 28 août 2021

  • Triodia sylvina, la sylvine
    Triodia sylvina – Poissy © Gilles Carcassès

    Ce papillon de nuit qui tient ses ailes en toit est un membre de la famille des Hepialidae. Aux dessins blancs sur ses ailes brunes, je reconnais la sylvine, Triodia sylvina, un papillon très commun et partout répandu en France continentale. Ses chenilles se nourrissent des racines de nombreuses plantes basses : plantains, rumex, sauges, molènes, carottes, pissenlits…

    La sylvine vole en août et septembre. Elle est venue le soir à la fenêtre éclairée de mon salon.

    Ici, c’est un mâle, reconnaissable à ses antennes épaisses.

    Retrouvez un autre papillon de nuit qui tient ses ailes en toit :

    Chrysodeixis chalcites


vendredi 27 août 2021

  • Leptopterna, une punaise des graminées
    Leptopterna sp. – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    Avez-vous remarqué comment cet insecte se tient sur cette graminée et positionne ses antennes, imitant un épillet et son arête ? Cette punaise Miridae n’est pas facile à repérer dans les hautes herbes et c’est en passant un coup de filet au hasard dans la prairie que j’ai fait sa connaissance. Lui rendant sa liberté, elle a grimpé sur une herbe et j’ai remarqué alors son art consommé du camouflage.

    Leptopterna sp. – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    Ses dessins et couleurs participent aussi à l’illusion. Je pense qu’il s’agit ici de Leptopterna dolabrata, une espèce commune qui se nourrit de la sève de nombreuses graminées, elle pique en particulier les jeunes semences de ces plantes.

    Retrouvez un autre insecte discret qui vit dans les hautes herbes :

    Calamobius filum, l’aiguillonier des céréales


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