Nature Yvelines – Le blog de Gilles, ces 365 derniers jours

Le blog de Gilles



dimanche 7 août 2022

  • Entomophaga, la maladie du sommet
    Entomophaga cf grylli – Saint-Germain-en-Laye © Gilles Carcassès

    Un gros pied d’asperge domine ma clairière préférée dans la forêt de Saint-Germain-en-Laye. Vais-je y trouver de jolis criocères ? Je n’en vois pas, mais je repère ce Pseudochorthippus parallelus immobile dans une posture étrange, les ailes et les pattes postérieures écartées. En m’approchant je remarque que l’abdomen est en partie manquant, c’est un cadavre ! Que s’est-il passé ?

    Un criquet zombi !

    L’histoire est singulière : ce criquet a été contaminé par un champignon du genre Entomophaga. Celui-ci a pénétré sa cuticule, dévoré ses réserves internes et modifié le comportement de sa victime, poussant le criquet à monter sur un support élevé. Il finit par y mourir dans la position caractéristique décrite plus haut. Ensuite, le champignon fructifie et les spores sont disséminées par le vent. Elles iront contaminer d’autres criquets ou resteront dormantes un an dans le sol.

    Retrouvez un autre champignon parasite d’insectes :

    Entomophtora, le champignon tueur de mouches

    Source :

    Mort au sommet pour les criquets, par Zoom Nature


samedi 6 août 2022

  • Rivula sericealis, la Soyeuse
    Rivula sericealis – Vouillé (79) © Gilles Carcassès

    Les Erebidae sont souvent somptueux, celui-ci avec ses tons mordorés n’échappe pas à la règle ! Rivula sericealis est un papillon de nuit très commun, visible tout l’été, sa chenille verte et blanche vit sur les Carex et les graminées.

    Etymologie :

    Le nom d’espèce « sericealis » est une référence à l’aspect soyeux des ailes de ce papillon.

    Retrouvez d’autres très beaux Erebidae :

    L’écaille mendiante

    L’écaille cramoisie

    L’écaille martre


vendredi 5 août 2022

  • Lobelia urens, la Lobélie brûlante
    Lobelia urens – Poigny-la-Forêt © Gilles Carcassès

    Quelle est donc cette plante fluette qui se signale par la couleur de ses fleurs en épis au bord de l’allée forestière ? C’est la Lobélie brûlante, autrefois nommée Cardinale des marais. Cette Campanulaceae se reconnaît facilement à ses corolles à cinq lobes, deux dressés vers le haut et trois tournés vers le bas.

    On la dit affreusement âcre, ce qui lui vaut certainement son qualificatif « brûlante ». Comme l’ajonc nain, elle affectionne les sols sableux acides et humides.

    Lobelia urens est rare dans la région parisienne mais on peut la rencontrer facilement dans le massif forestier de Rambouillet.

    Cette plante est protégée en Ile-de-France.

    Retrouvez une autre plante protégée de la forêt de Rambouillet :

    Le drosera à feuilles rondes

    Source :

    Lobelia urens, fiche descriptive par la CBNBP


jeudi 4 août 2022

  • Chrysochraon dispar, le Criquet des clairières
    Chrysochraon dispar femelle – Poigny-la-Forêt © Gilles Carcassès

    Je guette les insectes aux abords d’une mare dans une clairière de la forêt de Rambouillet. Je capture sans peine ce gros criquet beige aux ailes courtes. Ses formes sont aussi élancées que celles d’une saucisse. Il s’agit d’une femelle Chrysochraon dispar, espèce commune dans les prairies humides.

    Chrysochraon dispar mâle – Poigny-la-Forêt © Gilles Carcassès

    Juste à côté, je trouve un autre criquet d’un beau vert brillant, comme s’il était verni. Celui-ci est beaucoup plus petit et plus véloce. Surprise : j’apprends que c’est le mâle de la même espèce ! Ils sont vraiment très dissemblables. Comment font-ils pour se reconnaître ? Par le chant, sans doute…

    La femelle enfonce ses œufs dans des tiges rigides comme celles des joncs ou de la fougère aigle.

    Retrouvez un autre criquet des zones humides :

    Le Criquet ensanglanté


mercredi 3 août 2022

  • Miltochrista miniata, la Rosette
    Miltochrista miniata – Crespières © Gilles Carcassès

    La Rosette, à ne pas confondre avec celle de Lyon fréquente sur les plateaux de charcuterie, est un papillon de nuit de la famille des Erebidae. Sa chenille consomme les lichens qui poussent sur les arbres. Cette espèce est commune dans toutes les situations boisées.

    Elle venue vers 23 heures attiré par mon piège lumineux sur le mur d’un hangar dans un grand jardin arboré.

    Retrouvez un autre Erebidae :

    La Pudibonde


mardi 2 août 2022

lundi 1er août 2022

dimanche 31 juillet 2022

  • Acidalies

    Voici des acidalies, papillons nocturnes de la famille des Geometridae, observés dans mon jardin entre le 13 et le 23 juillet 2022. Vous pouvez cliquer sur les images pour les agrandir.

    Le genre Idaea qui compte 73 espèces en France est réputé difficile car de nombreuses espèces ne se distinguent entre elles que par de subtils détails. La plupart sont observées en été.

    Chaque espèce a ses milieux préférés et ses plantes hôtes. Les six espèces que je vous montre sont communes et assez polyphages :

    • Idaea aversata fréquente les lisières forestières,
    • Idaea biselata préfère les boisements humides,
    • Idaea degeneraria et Idaea subsericeata sont classiques dans les friches et les bords de chemin,
    • Idaea rusticata est fréquente dans les jardins,
    • Idaea dimidiata se plaît un peu partout.

    Retrouvez une autre acidalie :

    L’acidalie ornée

    Un autre Geometridae estival :

    La citronnelle rouillée


samedi 30 juillet 2022

  • Sphinx ligustri, le Sphinx du troëne
    Sphinx ligustri – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    La grosse bête !

    C’est la vedette incontestée de notre quête nocturne au parc du peuple de l’herbe. Ce très grand papillon, venu vers 23 heures à la lueur de la Lepiled, s’avère assez remuant. Nous décidons de le mettre un peu à l’écart le temps de photographier les autres papillons, afin d’éviter de l’écraser par mégarde.

    Sphinx ligustri – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    Les chenilles de Sphinx ligustri vivent principalement sur les Oleaceae : les troènes bien sûr, mais aussi les frênes, les lilas, les forsythias. Elles sont vertes et assez mimétiques malgré leur grande taille. Leurs étonnantes crottes cannelées trahissent souvent leur présence.

    Retrouvez un autre Sphingidae :

    Smerinthus ocellata


vendredi 29 juillet 2022

  • Cassida viridis, la Casside verte
    Cassida viridis – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    J’explore avec délice un bouquet de rubaniers et d’iris des marais au bord de la Seine. Je reconnais posté sur un haut brin de jonc Selandria melanostoma, un joli symphyte noir et jaune. Et tout en bas, cette grosse casside escalade une feuille d’une plante qui pourrait être un Mimulus. Je note la ponctuation fine et désordonnée des élytres, les bords très arrondis du pronotum, la base des antennes claire.

    Cassida viridis – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    Elle change de feuille. Je profite du virage pour photographier son ventre. La large bordure crème de l’abdomen et les pattes claires me confirment l’espèce, c’est Cassida viridis, une grande casside spécialisée dans les Lamiaceae des zones humides.

    Les cassides sont des coléoptères Chrysomelidae phytophages.

    Retrouvez d’autres cassides :

    Hypocassida subferruginea

    Cassida nebulosa

    Source :

    Cassida viridis, fiche descriptive dans l’INPN (Hervé Bouyon – 2022)


jeudi 28 juillet 2022

  • Heliothis viriplaca, la Noctuelle de la cardère
    Heliothis viriplaca – Vouillé (79) © Gilles Carcassès

    Heliothis viriplaca est un papillon actif de jour comme de nuit. Cette noctuelle butine les fleurs des champs comme les centaurées, les vipérines ou les panicauts. Son pic d’activité est en juillet et août. Dans la moitié nord de la France, c’est plutôt une migratrice.

    Ses chenilles se nourrissent des plantes des friches et des prairies comme la coronille variée, l’armoise des champs, l’œillet des Chartreux, diverses composées…

    Retrouvez une autre noctuelle à fond jaune :

    La Xanthie cirée


mercredi 27 juillet 2022

  • Lacerta agilis, le lézard des souches, ou lézard agile
    Lacerta agilis – Poigny-la-Forêt © Gilles Carcassès

    La clairière idéale est enfin trouvée pour le pique-nique, avec de beaux troncs de pins coupés qui pourront faire office de banc, table, desserte, bar, planche à découper… Mais ils sont au soleil, alors nous étalons la nappe sous un chêne dans l’allée forestière.

    Le lézard à Gilles ?

    Entre la quiche et le fromage, j’inspecte les abords de ce grand tas de bois, et je découvre ce gros lézard. Je le montre à mes compagnons d’excursion : avez-vous vu le lézard agile ?

    C’est une espèce typique des lisières de bois, des haies, des landes. Elle est plus grosse que le lézard des murailles. Ici, c’est sans doute une femelle avec de beaux ocelles noir et blanc sur les flancs. Je laisse choir maladroitement mon filet à papillons et pfff, il disparaît sous le tas de troncs.

    Lacerta agilis vit au sol, il se nourrit d’insectes, d’araignées, de vers, de cloportes. Il pourrait vivre une douzaine d’années.

    Retrouvez un autre lézard de grande taille :

    Le lézard vert

    Source :

    Fiche du lézard des souches, sur le site de l’ONF


mardi 26 juillet 2022

  • Selenia tetralunaria, l’Ennomos illustre
    Selenia tetralunaria – Poigny-la-Forêt © Gilles Carcassès

    Je ferme la marche en sortie mycologie, toujours retardé par une mouche ou une punaise de passage. Je rattrape le groupe qui progresse d’un pas rapide dans un sentier étroit envahi de hautes fougères. Un papillon aux ailes échancrées, placide, n’a pas bronché au passage des mycologues. Je prends tout de même le temps de le photographier, il vaut bien tous les champignons de la forêt.

    Je reconnais Selenia tetralunaria aux quatre taches noires visibles sur le dessus de ses ailes qu’il expose entrouvertes au repos.

    Selenia tetralunaria – Poigny-la-Forêt © Gilles Carcassès

    Le dessous des ailes, orné de quatre croissants de lune, présente des teintes délicates et des motifs d’une grande finesse.

    La chenille de cette espèce assez commune se nourrit des feuilles de divers arbres.

    Retrouvez d’autres Ennominae :

    Selenia lunularia, le Croissant

    Apeira syringaria, l’Ennomos du lilas


lundi 25 juillet 2022

dimanche 24 juillet 2022

  • Nemophora metallica
    Nemophora metallica femelle – Valdurenque (81) © Gilles Carcassès

    Au bord du charmant ruisseau de la Vialette, dans la Montagne noire, je remarque ce petit papillon couleur bronze doré, aux antennes en grande parte blanches. La plante hôte est un très bon indice : il s’agit de Nemophora metallica, un Adelidae inféodé aux knauties, aux scabieuses et aux centaurées.

    Nemophora metallica mâle – Genainville (95 © Gilles Carcassès

    J’avais déjà croisé le mâle de cette espèce, c’était lors des Inventaires éclairs de 2019, organisés par l’ARB Ile-de-France. Ses antennes sont beaucoup plus longues que celles de la femelle.

    Nemophora metallica mâle – Genainville (95 © Gilles Carcassès

    Avec de telles antennes et ses yeux immenses, il est parfaitement équipé pour accomplir son unique mission : trouver la femelle !

    Retrouvez un autre Nemophora dans cet article :

    La ballote noire


samedi 23 juillet 2022

  • Phelipanche purpurea, l’Orobanche pourprée
    Phelipanche purpurea – Saint-Germian-en-Laye © Gilles Carcassès

    C’est lors d’une sortie botanique en forêt de Saint-Germain-en-Laye que j’ai photographié cette belle orobanche. Les racines de cette plante parasite sans feuilles ni chlorophylle puisent les éléments dont elles ont besoin dans les racines des achillées millefeuilles.

    Phelipanche purpurea, classée en danger d’extinction sur la liste rouge de la flore d’Ile-de-France, est protégée au niveau régional.

    Retrouvez d’autres Orobanchaceae :

    Trois Melampyrum

    Source :

    Phelipanche purpurea, par Florif


vendredi 22 juillet 2022

jeudi 21 juillet 2022

  • Callopistria juventina, la noctuelle de la fougère
    Callopistria juventina – Feucherolles © Gilles Carcassès

    Je connais un coin secret qui me donne parfois quelques cèpes d’été en juillet. Cette fois-ci, ils ne sont pas là mais j’ai droit à une consolation en traversant les fougères pour rejoindre le chemin. Un papillon de nuit s’enfuit et se pose sur une feuille de ronce. Cette noctuelle aux pattes poilues est remarquable. J’aime beaucoup les volutes roses et blanches qui ornent ses ailes. L’espèce est décrite dans le guide des hétérocères du Bassin Parisien que nous a concocté l’association Seine et Marne Environnement. Je vous recommande ce très bel ouvrage accessible en ligne qui décrit 93 espèces faciles à identifier.

    Callopistria juventina est une espèce forestière assez rare, ses chenilles consomment la fougère aigle.

    Retrouvez d’autres noctuelles :

    Trois Agrotis

    Source :

    Hétérocères du Bassin parisien, par Seine et Marne Environnement


mercredi 20 juillet 2022

  • Micropeza corrigiolata
    Micropeza corrigiolata – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    Ça s’agite un peu sur cette feuille d’ortie ! Qu’est-ce donc ? Un gros puceron ? Non, c’est un couple de petits diptères !

    Micropeza corrigiolata – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    Avec leurs longues pattes grêles, on les croirait montés sur des échasses ! Leur tête étroite leur donne une allure sympathique. Ce ne sont pas des moustiques non plus, ni même des tipules, ce sont des Micropezidae, et même l’espèce Micropeza corrigiolata.

    Ces mouches sont spécialisées dans les Fabaceae : leurs larves mangent l’intérieur des nodules racinaires des trèfles, des luzernes et des pois fourragers. A côté du massif d’orties où je les ai trouvées, les pieds de luzerne sont légion.

    Source :

    Micropeza corrigiolata, an Eurasian stilt-legged fly new to North-America – E.Richard Hoebeke, A.G. Wheeler Jr


mardi 19 juillet 2022

  • Opilo mollis, le clairon porte-croix
    Opilo mollis – au parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    Un vieil érable, mort de la maladie de la suie, perd son écorce qui tombe par plaques. Sous l’une d’elles, portant les traces noires typiques du champignon fatal, je rencontre ce chasseur endormi. Opilo mollis est un coléoptère de la famille des Cleridae, prédateur nocturne de petits coléoptères saproxylophages. On reconnaît cette espèce à la carène, visible sur cette photo, qui souligne la septième strie longitudinale de l’élytre.

    Retrouvez d’autres Cleridae :

    Necrobia violacea

    Trichodes alvearius, le clairon des ruches

    Source :

    Opilo mollis, fiche descriptive dans l’INPN


lundi 18 juillet 2022

  • Malacosoma neustria, la Livrée des arbres
    Malacosoma neustria- Poissy © Gilles Carcassès

    Quelle est cette chenille aux flancs bleus sur mon framboisier grimpant ? Avec cet agencement de couleurs, je ne vois qu’un Malacosoma. Mais il me faut une vue de face pour être sûr de l’espèce.

    Malacosoma neustria- Poissy © Gilles Carcassès

    On dirait une tête de singe aux grands yeux noirs étonnés. En l’occurrence ce ne sont pas de vrais yeux mais des taches, peut-être pour effrayer des prédateurs. Et les grands poils sur les côtés de la tête ne sortent pas des oreilles !

    Ces taches noires sur la tête distinguent facilement Malacosoma neustria de Malacosoma castrense qui en est dépourvu.

    Malacosoma neustria mâle – Poissy © Gilles Carcassès

    La chenille est vue en mai et juin et le papillon en juin et juillet. Ci-dessus, c’est un mâle, aux antennes pectinées qui est venu à mon piège lumineux.

    La chenille de Malacosoma neustria se nourrit sur les arbres fruitiers, les aubépines, les prunelliers et de nombreux autres feuillus.

    Retrouvez un autre Lasiocampidae :

    Phyllodesma tremulifolia

    Source :

    Le bombyx à livrée, par e-phytia


dimanche 17 juillet 2022

  • Stauropus fagi, l’Ecureuil
    Stauropus fagi- Vouillé (79) © Gilles Carcassès

    Quel est cet original qui laisse dépasser ses ailes antérieures sous les postérieures ? C’est Stauropus fagi, un Notodontidae dont le pic d’activité est en juillet. Comme son nom l’indique (fagus, c’est le hêtre en latin), il vit sur le hêtre, mais aussi sur le chêne et bien d’autres espèces d’arbres et d’arbustes.

    Et pourquoi l’Ecureuil ?

    C’est sa chenille qui prend une posture singulière, l’abdomen relevé au-dessus du reste de son corps.

    Retrouvez un autre Notodontidae :

    Le Capuchon


samedi 16 juillet 2022

  • Chrysopa perla, le Lion des pucerons
    Chrysopa perla – Vouillé (79) © Gilles Carcassès

    Ces petites fées vertes enchantent les jardins et les buissons. Les chrysopes sont appréciées des jardiniers car leurs larves consomment quantité de pucerons. Mais savez-vous qu’il existe 50 espèces de chrysopes en France ? La clé des Chrysopidae de Belgique porte sur 28 espèces et est bien adaptée pour l’Ile-de-France, hormis peut-être pour quelques espèces méditerranéennes égarées.

    Chrysopa perla est l’une des plus communes, après le groupe d’espèces Chrysoperla carnea. Pour la reconnaître, c’est simple, il faut observer le dessus de sa tête. On y voit une tache claire délimitée de tous côtés par un trait noir épais.

    Elle vit dans tous types de milieux et est active depuis la fin de l’après-midi jusqu’au début de la nuit, quelques heures après le coucher du soleil.

    Source :

    Clé de détermination des Chrysopidae de Belgique, Gilles San Martin (2004)


vendredi 15 juillet 2022

  • Lepisma saccharina, le Poisson d’argent
    Lepisma saccharina – Chambourcy © Gilles Carcassès

    Un grand chêne mort au soleil surplombe le golf de Joyenval. Dans le fatras d’écorces tombées à son pied, je découvre ce drôle d’insecte couvert d’écailles brillantes. Ses mouvements vifs et ondoyants et ses reflets argentés lui valent son surnom de poisson d’argent. Lepisma saccharina fréquente habituellement les caves et les dépendances de nos maisons. Son alimentation dans ces milieux est bien documentée : insectes morts, légumes, céréales, viande séchée, papier (avec une préférence pour le papier glacé et le papier peint encollé), colle de reliure, sucre, rideaux, tapis, linge de maison, bois pourri.

    Que peut-il trouver à grignoter dans ce tas d’écorces ? Assurément du bois pourri à profusion, les restes de repas des araignées et peut-être les provisions de quelques mulots. Le poisson d’argent prospère habituellement dans des endroits chauds et humides. Cela correspond assez bien à la station ou je l’ai trouvé.

    Les observations faites en milieu naturel que j’ai repérées dans la littérature scientifique concernent comme ici des chandelles (arbres morts debout) mais elles semblent très peu nombreuses. Si avez observé cette espèce loin de bâtiments, voulez-vous bien en témoigner en me laissant un commentaire ?

    Retrouvez un autre habitant des vieux tas d’écorces :

    Stosatea italica


jeudi 14 juillet 2022

  • Colocasia coryli, la Noctuelle du coudrier
    Colocasia coryli – Crespières © Gilles Carcassès

    Cette belle noctuelle bicolore et poilue n’est pas rare dans les zones boisées. J’ai observé celle-ci un matin de juillet dans le bois de Crespières, à proximité de mon piège lumineux. On peut voir Colocasia coryli d’avril jusqu’en août.

    A ses antennes pectinées, vous aurez reconnu un mâle. Celui-ci porte une coquetterie à l’extrémité de chacune de ses deux antennes : un acarien rouge y est accroché, sans doute pour un transport gratuit !

    Colocasia coryli semble affectionner les forêts de hêtres, mais on peut rencontrer sa chenille également sur les chênes, les saules, les noisetiers, les bouleaux, les érables…

    Retrouvez une autre noctuelle :

    Le Hibou


mercredi 13 juillet 2022

  • Myrrha octodecimguttata, la Coccinelle des pins
    Myrrha octodecimguttata – Saint-Léger-en-Yvelines © Gilles Carcassès

    Enquête dans une toile d’araignée

    En examinant un tas de bûches au bord d’un chemin forestier, je trouve ces élytres de coccinelle dans une toile d’araignée. C’est un reste de repas, mais quelle espèce fut la proie ?

    Je compte neuf points blancs par élytre, dont un à l’apex (peu visible sur cette photo), serait-ce alors la coccinelle des pins ? Je lève les yeux, je suis entouré de pins !

    Myrrha octodecimguttata est d’aspect variable mais c’est bien elle, dans sa forme à dix-huit points blancs. Cette coccinelle prédatrice de pucerons n’est pas facile à observer car elle affectionne la cime des grands pins. On peut la trouver en battant les branches basses où elle se tient parfois, ou la nuit car elle vient parfois à la lumière. Je ne désespère pas de rencontrer un jour un exemplaire bien vivant !

    Retrouvez d’autres coccinelles à points blancs :

    Vibidia duodecimguttata

    Halyzia sedimguttata, coccinelle à seize points

    Source :

    Myrrha octodecimguttata, par Influentialpoints


mardi 12 juillet 2022

lundi 11 juillet 2022

  • Anchomenus dorsalis

    Une grosse gamelle en plastique à moitié remplie de terre et de feuilles mortes gît au bord du chemin. A tout hasard, je la soulève et jette un œil dessous.

    Anchomenus dorsalis – Orgeval © Gilles Carcassès

    Oh, ça grouille !

    Au moins une dizaine de carabiques courent en tous sens et cherchent à se cacher sous la matière organique en décomposition. Je réussis à en attraper un pour l’observer. Evidemment, il m’est resté le moins déluré de la bande, un de ses élytres est même cassé. Je pourrai tout de même le déterminer. Anchomenus dorsalis est très commun en bord de champs où il se cache en troupes sous les grosses pierres. Il se nourrit de pucerons, de petits insectes et d’œufs de limaces.

    Retrouvez un autre Carabidae des champs :

    Nebria brevicollis

    Source :

    Clé de détermination des carabidés des paysages agricoles du nord-ouest de la France, par Jean-Luc Roger, Olivier Jambon et Guillaume Bouger


dimanche 10 juillet 2022

  • Bembix rostrata
    Bembix rostrata – Saint-Germain-en-Laye © Gilles Carcassès

    Un hyménoptère butine assidûment les fleurs d’un gros roncier près de l’étang du Corra. Il est nettement plus grand que les nombreuses abeilles domestiques qui fréquentent aussi ces fleurs. Voyons cela de plus près.

    C’est une sorte de grosse abeille avec un abdomen rayé comme une guêpe, les pattes jaunes et d’immenses yeux verts : qu’est-ce que ça peut bien être ?

    Après quelques recherches, je cerne le genre Bembix, et seule l’espèce rostrata, la plus répandue, est citée dans la base de données naturalistes d’Ile-de-France. La carte des observations m’apprend que l’espèce a été vue dans le secteur de Fontainebleau, dans le massif forestier de Rambouillet, à Saint-Martin-la-Garenne au lieu-dit la Sablonnière, à Verneuil-sur-Seine et à l’étang du Corra (en 2019), exactement au même endroit que moi ! Dans tous les cas, ce sont des sites au sol sableux.

    La femelle Bembix rostrata creuse en effet son terrier dans le sable. Puis elle capture un syrphe ou une lucilie, le dépose au fond et pond dessus son œuf. Ensuite, à mesure que la larve grandit, elle l’approvisionne avec d’autres diptères plus gros, comme des taons. A la fin de sa croissance, la larve aura consommé plusieurs dizaines de mouches ! Les terriers de cette espèce sont généralement regroupés en bourgades assez importantes.

    Bembix sp.- marais d’Orx (40) © Gilles Carcassès

    Voici une femelle Bembix d’une espèce indéterminée observée devant l’entrée de son terrier sur un chemin longeant le marais d’Orx, superbe réserve naturelle dans les Landes.

    Retrouvez une autre prédatrice de diptères :

    Ectemnius cephalotes

    Source :

    Les Bembex, Souvenirs entomologiques de Jean-Henri Fabre


samedi 9 juillet 2022

  • Mon inventaire éclair 2022
    Timandra comae – Beautheil-Saints (77) © Giilles Carcassès

    Voyez-vous comme moi dans ce beau papillon de nuit un large sourire sur un visage détendu ? La Timandre aimée, trouvée dans une friche humide, est à l’image de ces Inventaires éclairs 2022 organisés par l’ARB Ile-de-France.

    Cette année, les 25 et 26 juin, trois communes ont été inventoriées : Mauperthuis, Saint-Augustin et Beautheil-Saints, en Seine-et-Marne. Plus de 130 naturalistes, amateurs et professionnels, sont venus de toute l’Ile-de-France pour mener à bien cette tâche avec beaucoup de passion et une indéfectible bonne humeur, malgré un temps plutôt maussade.

    J’ai à cette occasion fait de belles rencontres humaines et vu de bien beaux insectes. En voici quelques-uns :

    Andrena haffortiana – Saint-Augustin © Gilles Carcassès

    Andrena haffortiana est un andrène inféodé aux Dipsacaceae. On rencontre ce gros hyménoptère généralement sur les knauties, les pattes chargées du pollen de cette plante.

    Urophora stylata – Beautheil-Saints (77) © Giilles Carcassès

    Cet acrobate sous la pluie est un mâle de l’espèce Urophora stylata, un diptère Tephritidae dont la femelle pond dans les capitules des cirses.

    Rhagio tingarius – Saint-Augustin © Gilles Carcassès

    Posté sur une feuille de peuplier blanc, Rhagio tingarius attend patiemment le passage de son repas. Cette mouche prédatrice se nourrit de petits insectes qu’elle capture en vol.

    Vivement les inventaires éclairs 2023 qui seront organisés cette fois-ci sur des communes des Yvelines !


vendredi 8 juillet 2022

  • Clerus mutillarius, le clairon mutile
    Clerus mutilarius – La Roche-Guyon (95) © Gilles Carcassès

    A mon approche du tas de bois, il disparaît derrière une bille de bois. Je m’approche tout doucement. Chouette ! L’animal est toujours là. Je devine un clairon, mais lequel ?

    C’est Clerus mutillarius, le clairon mutile, ainsi nommé parce qu’il a le même code couleur qu’une guêpe mutile (famille des Mutillidae).

    Clerus mutilarius – La Roche-Guyon (95) © Gilles Carcassès

    Ce prédateur d’insectes xylophages aime beaucoup se poser sur les tas de bûches fraichement débitées en forêt, surtout si elles sont en chêne.

    Il paraît qu’il court rapidement et qu’il vole très bien, mais il ne m’a pas fait de démonstration.

    Retrouvez un autre clairon :

    Le clairon des ruches


jeudi 7 juillet 2022

  • Eupteryx melissae
    Eupteryx melissae – au parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    Dans un jardinet au bord de l’étang de la Galiotte, pousse un pied d’une variété pourpre de la sauge officinale. J’y cherche la chrysomèle du romarin parce que je vois que ses feuilles sont un peu grignotées. Aucune chrysomèle, c’est étonnant… En revanche je trouve une cicadelle, sans doute un Eupteryx.

    Eupteryx melissae – au parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    J’avais identifié Eupteryx decemnotata sur la sauge de mon jardin mais ici ce n’est pas cette espèce. Il s’agit d’Eupteryx melissae, la plus commune des cicadelles qui fréquentent les sauges, reconnaissable aux trois grosses taches noires sur sa tête.

    Eupteryx decemnotata / Eupteryx melissae
    © Gilles Carcassès

    Eupteryx melissae ressemble beaucoup à Eupteryx decemnotata mais les motifs en taches sur le dessus de sa tête sont différents.


mercredi 6 juillet 2022

  • Chrysomela populi, la Chrysomèle populaire
    Chrysomela populi – Poissy © Gilles Carcassès

    Voici sur un peuplier tremble une chrysomèle rouge qui me rappelle Chrysomela tremula trouvée au parc du peuple de l’herbe. Mais celle-ci est plus grosse.

    Chrysomela populi – Poissy © Gilles Carcassès

    Et puis, la pointe des élytres est noire. Il s’agit donc de Chrysomela populi.

    Ces chrysomèles vivent toutes deux sur différentes espèces de peupliers, y compris sur les trembles. Cela explique que j’ai pu rencontrer populi sur un tremble et tremula sur un peuplier. Pour ménager les méninges des amateurs, les chercheurs du Museum ont d’ailleurs décidé de baptiser la première la Chrysomèle populaire et la seconde la Chysomèle tremblante !


mardi 5 juillet 2022

  • Libellula quadrimaculata
    Libellula quadrimaculata – Poigny-la-Forêt © Gilles Carcassès

    Aux abords d’une mare forestière dans le marais du Cerisaie, de grandes libellules vont et viennent et se posent toujours sur les mêmes roseaux. Ce sont des mâles de l’espèce Libellula quadrimaculata, ainsi nommée en raison des taches noires aux nodus de chaque aile.

    La libellule à quatre taches apprécie les eaux stagnantes et les berges bien végétalisées. Elle est commune et bien répartie sur notre région francilienne.

    Retrouvez une autre Libellula :

    La libellule déprimée

    Source :

    Libellula quadrimaculata, fiche descriptive dans l’INPN (J. Ichter – 2017)


lundi 4 juillet 2022

  • Saperda populnea, la Petite saperde
    Saperda populnea – Poigny-la-Forêt © Gilles Carcassès

    Ce longicorne de petite taille trouvé en sous-bois sur une feuille de peuplier tremble est dans son élément : c’est la Petite saperde. Sa larve consomme le bois vivant des trembles, des autres peupliers et parfois aussi des saules et des bouleaux. Elle forme alors sur les petites branches des renflements de forme ovoïde.

    Retrouvez un autre Cerambycidae :

    Calamobius filum

    Source :

    Saperda populnea, fiche descriptive dans l’INPN


dimanche 3 juillet 2022

  • Cantharis pellucida
    Cantharis pellucida – Le Perray-en-Yvelines © Gilles Carcassès

    La scène se passe à la lisière de la forêt de Rambouillet, près de l’étang de Pourras. Un Cantharis rouge et noir s’est posé sur une feuille de ronce. En examinant la photo sur mon écran d’ordinateur, je découvre qu’un autre insecte est attablé dans la lucarne ! Ce petit coléoptère restera indéterminé.

    Cantharis pellucida – Le Perray-en-Yvelines © Gilles Carcassès

    Cantharis pellucida fréquente les prés et les haies. Les adultes consomment beaucoup de pucerons ainsi que du nectar et du pollen. Les larves vivent au sol et mangent des œufs et des larves d’insectes, notamment des chenilles, et aussi des escargots.

    Retrouvez un autre Cantharidae :

    Le téléphore fauve

    Sources :

    Cantharidae, par Encyclop’Aphid

    Cantharis pellucida, par Nature Spot


samedi 2 juillet 2022

  • Centrotus cornutus, le Demi-diable
    Centrotus cornutus – Massaguel (81) © Gilles Carcassès

    La photo mystère de juillet 2022 montrait l’exuvie d’un Demi-diable, autrement dit la mue nymphale de Centrotus cornutus. Cet homoptère possède trois cornes sur le dessus de son thorax, deux petites latérales et une troisième très longue et sinueuse dirigée vers l’arrière. Il est assez répandu mais discret, on le rencontre dans les zones boisées où il suce la sève des rameaux des arbustes. Il fréquente aussi diverses plantes élevées à l’ombre des arbres.

    Retrouvez un autre Membracidae dans cet article :

    Pour les beaux yeux du bison


vendredi 1er juillet 2022

  • La photo mystère de juillet 2022
    à Vouillé (79) © Gilles Carcassès

    Une larve de dragon dans le jardin ?

    Demain, toute la vérité sur cette curieuse bestiole !


jeudi 30 juin 2022

  • Andrena hattorfiana, l’Andrène de la scabieuse
    Andrena hattorfiana – Saint-Augustin (77) © Gilles Carcassès

    Quelle est cette grosse abeille noire qui visite avec méthode toutes les fleurs de knauties au bord de la route ? Elle se laisse facilement approcher et je peux constater que ce n’est pas une abeille mais un membre d’une autre famille, les Andrenidae. L’insecte amasse et transporte le pollen dans l’épaisse toison de ses pattes postérieures.

    Andrena hattorfiana – Saint-Augustin (77) © Gilles Carcassès

    La couleur du pollen donne d’ailleurs un indice sérieux car on voit que les étamines bien mûres de la plante sont de cette couleur corail. Notre espèce est en fait spécialisée sur les Dipsacaceae, en particulier les Knautia.

    La pilosité de la pointe de l’abdomen est orangée, c’est le critère pour reconnaître Andrena hattorfiana.

    Ici, c’est la forme noire de cette espèce, qui n’a pas de rouge sur le côté de l’abdomen.

    Le pollen des Knautia est disposé au fond de terriers creusés par les femelles. Il est consommé par les larves. Cette espèce n’a qu’une génération par an.

    Elle souffre trop souvent du désherbage et du labour des bermes des champs et du fauchage intempestif des bords de routes qui font disparaître sa plante hôte. Mais localement, elle est encore assez abondante. J’ai eu le plaisir de croiser sa route lors des inventaires éclairs 2022 organisés par l’ARB Ile-de-France sur le territoire des communes de Beautheil-Saints, Mauperthuis et Saint-Augustin, en Seine-et-Marne.

    Retrouvez d’autres andrènes :

    Andrena nitida

    Andrena flavipes


mercredi 29 juin 2022

  • Nemophora degeerella
    Nemophora degeerella mâle – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

    Ces antennes démesurées ne rentrent pas dans ma photo ! Ce sont celles de Nemophora degeerella, un papillon de la famille des Adelidae. On voit parfois en mai et juin cette espèce dans les zones boisées, posé sur des feuilles au soleil. Sa chenille consomme les fleurs et les fruits de l’anémone sylvie et peut-être d’autres Renunculaceae. Puis elle confectionne au sol, par assemblage de morceaux de feuilles mortes, un sorte de sac plat protecteur dans lequel elle va finir sa croissance, passer l’hiver et se nymphoser.

    Retrouvez un autre microlépidoptère doré :

    Esperia sulphurella

    Source :

    Nemophora degeerella, par Natura bohemica


mardi 28 juin 2022

  • Pyrochroa coccinea, le Cardinal
    Pyrochroa coccinea – forêt de Saint-Germain-en-Laye © Gilles Carcassès

    Je vous ai déjà montré l’autre Pyrochroa, celui dont la tête est rouge, Pyrochroa serraticornis. Voici celui à tête noire, Pyrochroa coccinea, moins répandu en Ile-de-France. Les larves des Pyrochroa vivent sous les écorces des troncs d’arbres et se nourrissent de larves saproxylophages. On peut voir les adultes d’avril à juin dans les trouées forestières sur les feuilles des plantes basses.

    Retrouvez un autre coléoptère forestier à élytres rouges :

    Lygistopterus sanguineus

    Source :

    Pyrochroa coccinea, fiche descriptive dans l’INPN


lundi 27 juin 2022

  • Cionus scrophulariae
    Cionus scrophulariae – Saint-Germain-en-Laye © Gilles Carcassès

    On trouve parfois des scrofulaires au bord des chemins en forêt. Ces plantes nourrissent une faune particulière, notamment des charançons joliment ornés. Voici Cionus scrophulariae que l’on reconnaît à la pubescence grise qui couvre presque complètement son thorax.

    Cionus scrophulariae / Cionus tuberculosus
    © Gilles Carcassès

    Chez Cionus tuberculosus, qui semble un peu plus répandu que le précédent, la pubescence est rose ou orange et ménage une large bande sombre imberbe sur le dessus du pronotum.

    Si j’en crois les observations consignées dans GeoNat’IdF, on peut rencontrer en Ile-de-France sept espèces de Cionus, trois sur les molènes (Cionus olens, thapsus et olivieri) et quatre sur les scrofulaires (Cionus alauda, hortulanus, scrophulariae et tuberculosus). Ouvrons l’œil !

    Retrouvez un autre Curculionidae :

    Dorytomus longimanus

    Source :

    Coléoptères Curculionidae, par Adolphe Hoffmann


dimanche 26 juin 2022

  • Gonioctena decemnotata, la Chrysomèle Totoro
    Gonioctena decemnotata – Poigny-la-Forêt © Gilles Carcassès

    Sur les feuilles de peuplier tremble, je connais la Chrysomèle du tremble mais elle ne lui ressemble pas. Quelle est donc cette espèce ? C’est la Chrysomèle Totoro, Gonioctena decemnotata. Pourquoi ce nom Totoro, choisi par les entomologistes du Museum ? Je crois pouvoir vous éclairer : Totoro est un personnage de film d’animation japonais. Croisement de chat, de chouette et de panda, c’est l’esprit de la forêt et le symbole de la pureté. Il est grand, tout gris, poilu, très gentil et a les oreilles dressées. Voilà, ne me remerciez pas.

    Gonioctena decemnotata – Poigny-la-Forêt © Gilles Carcassès

    Les pattes rouges de Gonioctena decemnotata permettent de le distinguer d’une espèce proche, Gonioctena viminalis, aux pattes noires, qui vit sur les saules.

    Dans les Yvelines, cette espèce est essentiellement notée dans le massif forestier de Rambouillet.

    Source :

    Goniotecna decemnotoata, par Arthropodaphotos


samedi 25 juin 2022

  • Quelques beautés du Quercy
    Cephalanthera rubra – Saint-Vincent-Rive-d’Olt (46) © Gilles Carcassès

    La céphalanthère pourpre, commune dans le Quercy, est classée « en danger d’extinction » dans la liste rouge de la flore vasculaire d’Ile-de-France. On peut encore la rencontrer dans le secteur de Fontainebleau. Elle était autrefois plus répandue car elle apparaît dans un relevé de la forêt de Saint-Germain-en-Laye de 1708. Cette espèce est protégée en Ile-de-France.

    Satyrus ferula – Saint-Pantaléon (46) © Gilles Carcassès

    La Grande coronide (Satyrus ferula) est classée « vulnérable » dans la liste rouge des Lépidoptères Rhopalocères & Zygènes d’Occitanie (2019). Sa chenille se nourrit des fétuques ovines.

    Codophila varia – Saint-Pantaléon (46) © Gilles Carcassès

    Cette grosse punaise capturée au filet fauchoir dans un causse du Quercy blanc est Codophila varia. Cette espèce polyphage est reconnaissable aux premiers articles rouges des antennes et au bord latéral infléchi du pronotum. Elle est strictement méditerranéenne, mais il existe quelques rares données récentes dans le Lot.

    Canthophorus sp. sur Centranthus calcitrapae – Saint-Vincent-Rive-d’Olt (46) © Gilles Carcassès

    Le centranthe chausse-trappes est une modeste plante annuelle qui pousse dans les éboulis ensoleillés en zone méditerranéenne. J’ai observé dans son inflorescence cette toute petite punaise noire à bordure blanche. Il s’agit d’un Canthophorus. Deux espèces sont connues pour vivre sur les centranthes : Canthophorus maculipes, réputée inféodée à Centranthus ruber et Canthophorus fuscipennis, que l’on trouve uniquement sur Centranthus angustifolius (dans les Alpes, le Jura et la Bourgogne). Et rien n’est répertorié sur Centranthus calcitrapae. Cette donnée est donc intéressante même si la photo ne permet pas d’identifier précisément l’espèce.

    Sources :

    Cephalanthera rubra, dans Florif

    Cephalanthera rubra, dans Openobs.mnhn

    Les punaises Pentatomoidea de France, de Roland Lupoli et François Dusoulier


vendredi 24 juin 2022

  • Deltote deceptoria, l’Erastrie noirâtre
    Deltote deceptoria – Crespières © Gilles Carcassès

    Je poursuis ce petit papillon de nuit dans une prairie bien exposée en lisière de bois, là où j’ai rencontré le magnifique Céphale.

    Il s’agit de l’Erastrie noirâtre, Deltote deceptoria, dont les chenilles consomment diverses graminées en contexte boisé sur sol calcaire.

    Deltote deceptoria a un faux frère, Acontia lucida, le Collier blanc. Cet autre Noctuidae est nettement plus commun. Ses chenilles polyphages se nourrissent sur les mauves, les liserons, les chénopodes…

    Deltote deceptaria / Acontia lucida
    © Gilles Carcassès

    Je vous laisse apprécier les différences subtiles entre ces deux espèces.

    Retrouvez une autre noctuelle à grosses taches blanches :

    Tyta luctuosa, la noctuelle en deuil


jeudi 23 juin 2022

  • Orobanche rapum-genistae, l’Orobanche du genêt
    Orobanche rapum-genistae – Saint-Germain-en-Laye © Gilles Carcassès

    Elle se dresse fièrement au détour du chemin, dans une touffe de genêt à balais. Orobanche rapum-genistae, la plus grande de nos orobanches, vit en parasite sur les racines des genêts.

    Orobanche rapum-genistae – Saint-Germain-en-Laye © Gilles Carcassès

    Cette plante peut atteindre 80 cm de hauteur. Elle est en forte raréfaction dans notre région et est classée « en danger » dans la liste rouge de la flore francilienne.

    Retrouvez d’autres Orobanchaceae :

    Trois Melampyrum


mercredi 22 juin 2022

  • Rhyacionia buoliana, la Tordeuse des pousses du pin
    Rhyacionia buoliana – Poissy © Gilles Carcassès

    Encore un petit bijou venu à la lumière !

    Rhyacionia buoliana est un Tortricidae et c’est un ravageur redouté des producteurs de conifères. Celui-ci cause en effet des dégâts en pépinière car sa chenille mine les bourgeons des pins. Comme c’est généralement le rameau terminal qui est détruit, le jeune pin prend une forme tordue.

    Mais que fait ce papillon sur le pas de ma porte ? Je ne vois aucune silhouette de pin à l’horizon. A moins que…

    Chrysalide de Rhyacionia buoliana -Poissy © Gilles Carcassès

    Mais oui, ce conifère nain en forme de boule qui trône devant la terrasse, c’est un pin ! Et je vois même les traces de la vie larvaire de ce papillon.

    Retrouvez un autre Tortricidae :

    Pandemis corylana

    Source :

    Rhyacionia buoliana, la Tordeuse des pousses du pin par e-phytia


mardi 21 juin 2022

  • Trifolium nigrescens, le trèfle noircissant
    Trilolium nigrescens – Saint-Germain-en-Laye © Gilles Carcassès

    La fine fleur des botanistes franciliens s’était donné rendez-vous à l’initiative de l’Association des Naturalistes des Yvelines, aux anciens champs de tir en forêt de Saint-Germain-en-Laye, près de Maisons-Laffitte. Cette vaste pelouse sablonneuse et sèche au cœur de la forêt recèle quelques trésors méconnus. En témoigne cet attroupement en admiration devant une toute petite station d’un trèfle blanc qui n’est pas le très commun Trifolium repens, mais une espèce annuelle non stolonifère, Trifolium nigrescens, d’origine méditerranéenne. Ce trèfle est rarissime en Ile-de-France. Le catalogue de la flore vasculaire d’Ile-de-France du CBNBP l’indique comme plante obsidionale. Sa présence pourrait être liée en effet au stationnement de garnisons. J’imagine que des graines sont arrivées fortuitement avec des livraisons de fourrage pour les chevaux d’un régiment de cavalerie. Mais rien ne le prouve.

    Trilolium nigrescens – Saint-Germain-en-Laye © Gilles Carcassès

    Une autre station est répertoriée dans la base de données naturalistes GéoNat Ile-de-France, à Fontainebleau, sur un terrain militaire. La perturbation périodique des sols par des manoeuvres militaires serait favorable au maintien de cette plante. Aussi, avec le départ de l’Armée, elle pourrait disparaître de cette station de Saint-Germain-en-Laye, comme elle a déjà disparu de la cour de l’école des Beaux-Arts à Paris et de plusieurs localités des Hauts-de-Seine et de l’Essonne où elle était arrivée avec les troupes prussiennes en 1871.

    En arrivant tôt le matin, j’ai croisé sur le site quelques individus mal réveillés dont la tenue et l’équipement ne permettaient aucune confusion avec des experts en botanique. Peut-être que les activités festives, nocturnes et clandestines dans ce lieu remplaceront efficacement, en terme de perturbation des sols, les cavalcades des militaires ? Souhaitons longue vie au trèfle noircissant !

    Retrouvez une autre clairière sèche en forêt de Saint-Germain-en-Laye :

    Une clairière bien cachée

    Source :

    Flore d’Ile-de-France de Philippe Jauzein, Olivier Nawrot et Gérard Aymonin


lundi 20 juin 2022

  • Fabriciana niobe, le Chiffre
    Fabriciana nioba – Saint-Pantaléon © Jean-Louis Verrier

    Sur la maigre végétation d’un sommet venté dans le Quercy blanc, un grand papillon orange s’affaire sur les fleurs de germandrée des montagnes. Avec ces taches ivoire au revers de l’aile postérieure, j’en ferais bien un nacré mais je ne pense pas le connaître. La clé des mélitées, nacrés et damiers que j’utilise habituellement a été écrite pour les papillons de Champagne-Ardennes. Sera-t-elle pertinente pour le Quercy ? Je le tente.

    Super, cette clé, vraiment ! J’arrive à Argynnis niobe, le Chiffre. Je conforte ma détermination par une vérification dans Artemisiae : c’est bien cette espèce, rebaptisée Fabriciana niobe. Elle est considérée comme ‘quasi menacée’ dans la Liste Rouge des Papillons de jour de France métropolitaine (UICN, 2012).

    Montagnarde d’affinité méditerranéenne, elle était présente en Ile-de-France dans quelques stations de l’Essonne et de Seine-et-Marne jusqu’en 1950. Depuis, on ne l’a plus revue. Mais avec le changement climatique, on ne sait jamais, ouvrons l’œil ! Le premier qui signalerait son retour en Ile-de-France connaîtrait la gloire !

    Fabriciana nioba – Saint-Pantaléon © Jean-Louis Verrier

    Fabriciana niobe doit son nom vernaculaire, le Chiffre, aux dessins noirs alignés près du bord, sur le dessus de l’aile antérieure. Le Père Jacques-Louis-Florentin Engramelle (1734-1814) qui l’a décrit et nommé, y lisait le nombre 1376.

    Notons, pour terminer sur une note culturelle, que c’est le 25 mars 1376 que Jeanne de Naples épousa en quatrièmes noces Othon IV de Brunswick-Grubenhagen. Voici ce que cette reine, célèbre en son temps, inspire à César de Nostredame, le fils de Nostradamus, auteur d’une Histoire de la Provence : (…) combien les femmes sont ineptes et incapables à commander, combien leur cerveau inconstant et léger, leurs forces débiles, leur cœur ployable et peu résolu et tous leurs mouvements prompts, incertains, embrasés, hâtifs, inconsidérés et violents. Il est très probable qu’elle ait été l’instigatrice du meurtre de son premier mari. Son second mari, autoritaire et brutal, pris froid en prenant son bain et en mourut. Le troisième époux était fou, des suites d’un emprisonnement de quatorze ans dans une cage de fer. Finalement, Jeanne sera assassinée le 27 juillet 1382, étouffée sous des oreillers. Parions que vous ne regarderez plus le Chiffre de la même façon !

    Retrouvez un autre Nymphalidae :

    Nymphalis antiopa, le Morio

    Sources :

    Les mélitées, nacrés et damiers de Champagne-Ardenne de Romaric Leconte, Michel et Vincent Baudraz

    La vie des papillons, de Tristan Lafranchis, David Jutzeler, Jean-Yves Guillosson, Pieter et Brigitte Kan (2015)


dimanche 19 juin 2022

  • Cryptocephalus biguttatus
    Cryptocephalus biguttatus – Poigny-la-Forêt © Gilles Carcassès

    En balade en forêt de Rambouillet, j’explore une clairière tourbeuse. Elle est envahie par les callunes et les bruyères, dont la rare et belle bruyère à quatre angles. J’y trouve ce petit Chrysomelidae original, tout noir avec deux taches oranges à l’arrière des élytres.

    Cryptocephalus biguttatus – Poigny-la-Forêt © Gilles Carcassès

    La tête est engoncée sous le pronotum, c’est un Cryptocephalus et avec ce code couleurs c’est l’espèce Cryptocephalus biguttatus.

    L’insecte a été observé en Ile-de-France dans deux endroits seulement. Il a été repéré en 2021 en Seine-et-Marne, dans les bois de Cugny. Et l’autre site est dans les Yvelines : un entomologiste l’avait vu en 2008 exactement au même endroit que moi !

    Cryptocephalus biguttatus vit sur les callunes et les bruyères. On le trouve généralement dans des landes humides.

    Retrouvez un autre Cryptocephalus :

    Cryptocephalus rufipes

    Source :

    Localisation des ZNIEFF pour Cryptocephalus biguttatus – INPN


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