Nature en ville à Cergy-Pontoise | Espace d’information et d’échange pour les acteurs du territoire, ces 365 derniers jours

Espace d’information et d’échange pour les acteurs du territoire



mercredi 30 décembre 2020

  • Les coulisses du blog 2020

    En cette fin d’année, à l’heure des bilans, c’est l’occasion pour moi de vous donner des nouvelles de l’équipe.

    Malgré sa retraite de la fonction publique, Gilles n’a pas cessé ses activités naturalistes et il a continué à nous faire part de ses découvertes et nous accompagner sur le terrain.

    Après un an dans l’équipe et fraichement diplômé Léo s’en est allé voguer vers de nouvelles aventures écologiques en pays basque.

    Marie et Manon, nos deux stagiaires de printemps et d’été ont découvert la vie active en confinement mais ont pu participer à nos différentes missions.

    Quant à moi, je reste seule aux commandes mais je continue à écrire et photographier pour mettre en lumière toutes les beautés de notre territoire.

    Mais voyons un peu comment chacun s’est impliqué cette année !

    Sauve qui peut !

    Gilles et les migrateurs d’hiver – Cergy © CACP – Emilie Périé

    Exfiltration d’urgence lors de la prise d’assaut de notre observatoire à l’heure de la sortie de l’école maternelle.

    Sauvetage !

    Léo et les œufs de grenouille © CACP – Emilie Périé

    Remise à l’eau des œufs d’une grenouille agile écrasée par une voiture.

    SPIPOLLons !

    Manon et Léo en plein SPIPOLL © CACP – Emilie Périé

    Entre Missions Messicoles-pollinisateurs et l’étude Cimetières vivants, Manon, Léo et moi avons passé une grande partie de l’été avec le protocole SPIPOLL. Près de 60 collections publiées cette année !

    Patounes et croquettes !

    Manon et Léo pendant Mission Hérisson © CACP – Emilie Périé

    Le protocole Mission Hérisson déployé pendant l’étude cimetière a été l’occasion donnée à tous de mettre à profit ses talents de bricoleurs : montage des tunnels, peinture à l’encre, dosage des croquettes … Avec à la clé : des « patounes » ! (Les empreintes laissées par les petits mammifères sur les feuilles blanches). On ne peut que vous encourager à réaliser le protocole dès le printemps prochain, à la sortie d’hibernation des hérissons.

    Sortons !

    Léo, expliquant le protocole LichenGo © CACP – Emilie Périé

    Sous la pluie, la canicule, de nuit, de jour, masqués ou non, dans les jardins et les maisons ou dans les champs et forêts, nous avons mis à profit tous les instants disponibles cette année pour observer la biodiversité de notre territoire et vous la faire partager.

    On espère que tout cela vous aura plu et que vous continuez à apprendre et vous émerveiller à nos côtés. Car il y a encore beaucoup à découvrir, alors on vous donne rendez-vous l’année prochaine !

    Première sortie de mai © CACP – Emilie Périé

lundi 28 décembre 2020

  • Stenodema la punaise
    Stenodema calcarata © CACP – Emilie Périé

    En septembre dernier, une tache verte se promène dans les épis rouges des roseaux aux bords de l’Oise à Maurecourt. Son allure très allongée m’intrigue. C’est Gilles qui m’en donnera le nom. Il nous en parle dans cet article.

    Il s’agit d’une punaise du nom de Stenodema calcarata de la famille des Miridae. Calcar signifie « éperon » et fait référence aux épines présentes sur les fémurs de la bête. La couleur verte oriente vers la femelle de l’espèce (le mâle étant plutôt couleur paille).

    Nous l’avons surement dérangée en plein repas, cette punaise se nourrit en piquant les graines pas encore mûres de graminées essentiellement en zone humide, comme ce roseau (Phragmites australis).

    Est-elle commune ? Difficile à dire, elle n’est mentionnée que 20 fois dans toute l’Île-de-France dans la base de données CETTIA, mais c’est peut-être seulement parce qu’elle est discrète.

    Retrouvez dans nos articles d’autres Miridae :

    La miride du chêne

    Heterotoma planicornis

    Mermitelocerus schmidtii 


mercredi 23 décembre 2020

  • Joyeuses fêtes de fin d’années
    Le rougegorge familier – Cergy © CACP – Emilie Périé

    Notre ami rougegorge est déjà prêt, installé sous une branche de gui. Je me joins à lui pour vous souhaitez à tous de très belles fêtes de fin d’année !


lundi 21 décembre 2020

  • Le Projet Alimentaire Territorial et la biodiversité

    Imaginons notre alimentation de demain

    Plaine maraîchère, Cergy © CACP – Gilles Carcassès

    La mise en chantier du Projet Alimentaire Territorial (PAT) Cergy-Pontoise Vexin français est lancée. Fruit d’un partenariat engagé depuis plusieurs mois entre la Communauté d’agglomération de Cergy-Pontoise (CACP) et le Parc naturel régional du Vexin français, en lien avec deux associations, Quelle Terre Demain ? et le Centre d’Ecodéveloppement de Villarceaux, ce projet va s’appuyer sur un diagnostic agricole et alimentaire du territoire qui est en cours d’élaboration. Il présentera un état des lieux de la demande, de la production existante, des flux et des réseaux de transformation ainsi que de distribution.

    Ce premier travail, partagé avec les acteurs locaux et le grand public, permettra d’aboutir, dans un second temps, à un plan d’actions opérationnel et concerté à l’été 2021.

    Le PAT s’inscrit dans une démarche globale et transversale en faveur d’une meilleure prise en compte des problématiques agricoles et alimentaires à l’échelle locale. Il vise le rapprochement de l’offre et de la demande alimentaire locale.

    Les premières thématiques identifiées concernent la préservation de l’environnement (dont la protection des ressources et la lutte contre le gaspillage alimentaire), la justice sociale (via la restauration collective), l’éducation alimentaire et l’aménagement du territoire.

    Une cinquantaine de partenaires techniques se sont retrouvés la semaine dernière pour découvrir et enrichir le diagnostic du PAT, qui sera présenté au plus grand nombre fin janvier. A suivre..


vendredi 18 décembre 2020

mercredi 16 décembre 2020

  • A pompons : le cirse laineux
    Cirsium eriophorum © CACP – Emilie Périé

    Avec le froid qui s’installe il est temps de ressortir les pulls en laine, les bonnets à pompons et les photos des pompons du cirse laineux !

    Car lui est un peu à contre-courant, c’est en été, au moment de la floraison qu’il sort ses pelotes de laine. En ce moment on peut trouver au mieux des rosettes de feuilles au ras du sol ou des graines bien cachées sous terre.

    Ces grosses boules laineuses qui ressemblent au choix à une barbe-à-papa ou à une pelote de toiles d’araignées flanquée d’aiguilles sont les capitules de la plante. De la famille des Astéracées, le cirse laineux forme des fleurs très nombreuses rassemblées en capitules qui sont entourés par des bractées (les pointes rouges qui ressemblent à des aiguilles). Les jeunes fleurs sont protégées par l’assemblage de soies qui limite la prédation par les chenilles ou les charançons. A l’éclosion des fleurs le capitule s’ouvre et transforme le pompon blanc en pompon rose. On voit ci-dessous l’émergence des premières fleurs sur un jeune capitule.

    Cirsium eriophorum © CACP – Gilles Carcassès

    Côté protection, le cirse laineux ne s’arrête pas là. Les cirses font partie de ce qu’on appelle communément les chardons : les plantes à épines et à fleurs violettes. On le voit sur ces images, les feuilles du cirse laineux sont terminées par de fortes épines.

    Pourtant cela n’empêche pas de très nombreux animaux d’en profiter : les butineurs, le insectes phytophages, les ruminants et même les humains ! Il parait que les capitules de cirses étaient consommés comme ceux de l’artichaut.

    Sources :

    La flore d’Île-de-France, par Philippe Jauzein et Olivier Nawrot

    Le cirse laineux, FLORIF

    Le cirse laineux, TelaBotanica

    Le cirse laineux par ZoomNature

    Retrouvez d’autres pompons dans nos articles :

    Le cirse des champs

    Le cirse maraicher


lundi 14 décembre 2020

  • Le héron cendré
    L’île de loisirs de Cergy © CACP – Emilie Périé

    Il y a quelques jours, pendant que je profitais de mon heure quotidienne pour observer la vie hivernale de l’île de loisirs, il y avait sur la pyramide (à gauche de l’île astronomique sur l’image) pas moins de 5 hérons cendrés.

    Le héron cendré, Ardea cinerea © CACP – Emilie Périé

    Ce grand oiseau, à l’allure tantôt gracieuse et tantôt renfrognée est un animal grégaire. L’hiver, les individus se regroupent en dortoir dans des espaces protégés des prédateurs. Vue l’avancée de la nuit au moment de mon observation je suppose que mes 5 hérons, isolés sur leur pyramide, s’apprêtaient à passer la nuit ensemble et à l’abris. Au printemps, les adultes forment des colonies pour nidifier. Jusqu’à plusieurs dizaines voire centaines de couples se regroupent dans des arbres ou des roselières et y construisent des nids de relativement petite taille comparée à celle de l’oiseau.

    Jeune héron dans un platane © CACP – Gilles Carcassès

    Malgré son envergure, le héron fréquente beaucoup les arbres, pour se percher, pour dormir ou pour y construire son nid.

    En revanche, lorsqu’il chasse le héron est solitaire et défend farouchement son territoire. Que ce soit à la pêche (il consomme essentiellement des poissons et quelques amphibiens) ou à la chasse (il n’est pas rare de le voir dans les champs attraper de petits mammifères) il ne se laisse pas voler une proie.

    Héron cendré, au déconfinement de mai © CACP – Emilie Périé

    Il n’est d’ailleurs pas moins farouche concernant les humains. S’il n’est pas rare de le voir sur les bassins urbains où il se nourrit de poissons rouges il se tient en général à bonne distance. Celui-ci profitait du confinement du printemps pour faire une petite promenade aux bords des bassins du parc de la préfecture.

    Quelques critères physiques

    Le héron cendré en vol © CACP – Emilie Périé

    Les oiseaux de la famille des Ardéidés, dont fait partie le héron cendré, ont la particularité de tenir leur long cou replié en vol et au repos, il prend une forme de S, caractéristique de la famille.

    Ils le déplient quand ils sont à l’affut d’une proie ou pour la harponner. Le héron est pour cela équipé d’un bec long et puissant en forme de poignard.

    Héron cendré juvénile © CACP – Gilles Carcassès

    Côté couleur, le héron fait dans l’élégance sobre : en nuances de gris, de noir et de blanc. Le juvénile a le front gris et peu de distinctions sur le reste du plumage. Les adultes ont le front blanc et deux sourcils noirs qui se rejoignent derrière la tête. Le cou est blanc et très différencié du reste du corps, gris cendre.

    Héron cendré © CACP – Emilie Périé

    De l’importance de la cendre :

    Si le qualificatif de cendré (cinerea en latin) correspond bien à la couleur de l’oiseau il rappelle également qu’il n’est pas seul et permet de le distinguer des autres espèces de hérons. En Île-de-France on peut rencontrer :

    • Ponctuellement, un héron pourpré (plutôt méditerranéen) de passage pendant une migration.
    • Le héron garde-bœufs, un petit héron tout blanc.
    • Le butor étoilé, le bihoreau gris et le blongios nain, trois petits hérons rares mais présents dans la région.
    • Le héron crabier, encore plus rare que les précédents.
    • Et les deux aigrettes, la grande et la garzette que l’on a déjà vu sur le territoire.

    Sources :

    Le héron cendré, par Oiseaux.net

    Cettia-idf

    Faune Île-de-france


vendredi 11 décembre 2020

  • Le myrtil

    Ramenons un petit air d’été avec ces quelques clichés de papillon.

    Le myrtil, Maniolia jurtina, mâle© CACP – Alexandra Marques

    Ce grand brun (il fait presque 5 centimètres d’envergure!) est le myrtil, Maniola jurtina. Cet individu, butinant des fleurs d’origan, est un mâle. On le reconnait aux teintes foncées du dessus de ses ailes ; la femelle a des marques orange plus claires autour des ocelles (les points noirs sur les ailes antérieures) et n’a pas les bandes foncées proches du corps qu’a le mâle.

    Le myrtil, Maniolia jurtina, femelle© CACP – Emilie Périé

    On peut aussi les différencier grâce au dessous des ailes. Sur la lavande c’est une femelle, on le voit à la bande blanche très marquée sur l’aile postérieure qu’on distingue moins bien chez le mâle.

    Le myrtil, Maniola jurtina, mâle © CACP – Alexandra Marques

    Chez cette espèce les ocelles sont variables. Ils peuvent contenir deux points blancs (femelle ci-dessus) ou un seul (femelle ci-dessous).

    Le myrtil, Maniolia jurtina, femelle © CACP – Emilie Périé

    Le myrtil est une espèce très commune qu’on rencontre tout l’été dans les milieux herbacés partout en France. La chenille (toute poilue!) se nourrit de diverses graminées et l’adulte butine sur des fleurs variées. Ici trois exemples de plantes que l’on rencontre dans les prairies, les champs ou les jardins : l’origan, la lavande et le cirse des champs.

    La chenille du myrtil © CACP – Gilles Carcassès

    Sources :

    Le myrtil, INPN

    Le myrtil, par Quel est cet animal ?


mercredi 9 décembre 2020

  • Petite mouche

    Du fard à paillettes ?

    Gymnosoma sp. – Cergy © CACP – Emilie Périé

    Vue sur une achillée millefeuille dans le parc du Hazay à Cergy cet été, cette mouche est une Gymnosoma. S’il n’y a pas de doute quant à son genre, il est revanche impossible de différencier les 13 espèces européennes sur photo. Mais, n’ayant aucune volonté de la disséquer je m’en tiendrai à Gymnosoma sp.

    En revanche, la pruine (sorte de poudre) dorée que l’on voit sur sa face et son scutellum (dos) nous indique qu’il s’agit d’un mâle.

    Toute nue !

    Gymnosoma sp. – Cergy © CACP – Emilie Périé

    Etymologiquement, « gymnosoma » signifie « au corps nu ». Cela fait référence au fait que, à la différence des autres espèces de la famille des Tachinidae, les mouches Gymnosoma n’ont pas de soies fortes (de grands poils) hérissant l’abdomen.

    La mouche coccinelle

    Gymnosoma sp. – Cergy © CACP – Emilie Périé

    Se promenant sur les fleurs d’achillée, Monsieur Gymnosoma se montre sous toutes ses faces. Avec son abdomen arrondi, orange à pois noirs il rappelle un peu une coccinelle. Mais la ressemblance s’arrête là. Les adultes de Gymnosoma sont des butineurs, d’ailleurs notre modèle est en plein repas, alors que les coccinelles se nourrissent essentiellement de pucerons (même si certaines sont végétariennes). Les larves des mouches sont des parasites des punaises Pentatomidae (comme Palomena prasina) alors que celles des coccinelles sont de voraces consommatrices de pucerons.

    Sources :

    Insectes.org

    Clé des tachinaires (en anglais), par Hans-Peter Tschorsnig et Benno Herting

    Le gymnosome arrondi par Quel est cet animal ?

    Retrouvez d’autres tachinaires (plus poilues) :

    Ectophasia crassipennis

    Peleteria iavana

    Tachina fera

    Zophomyia temula


lundi 7 décembre 2020

  • Les rapaces en vol

    Bravo à tous. Vous êtes nombreux à avoir reconnu la buse variable.

    Buse variable, Buteo buteo, en vol © CACP – Emilie Périé

    En ombre chinoise

    Le plus souvent, lorsque l’on voit un rapace c’est en vol, c’est-à-dire loin et à contre-jour. Pas toujours facile d’identifier l’espèce qui nous passe au-dessus de la tête dans ces conditions. Heureusement les silhouettes sont assez caractéristiques et permettent de discriminer assez précisément l’oiseau, du moins pour les espèces connues en Île-de-France. Les ailes et les queues sont de bons indicateurs.

    Caractéristiques de la buse variable en vol © CACP – Emilie Périé

    La buse a de larges ailes digitées, les dernières plumes sont bien visibles, même de loin, comme les doigts écartés d’une main. Elle a une queue courte, comparativement à la largueur de ses ailes et arrondie. A la différence des milans par exemple qui ont la queue fourchue. Sa silhouette se rapproche de celle de la bondrée apivore, également présente en Île-de-France mais qu’on peut reconnaitre à la forme de sa tête et aux contrastes de son plumage (relativement difficile à contre-jour).

    Caractéristiques du faucon en vol © CACP – Emilie Périé

    Les faucons ont eux des ailes en forme de faux et non digitées, elles sont bien pointues au bout et les dernières plumes ne se séparent pas. La queue est longue (toujours par rapport à la largeur des ailes) et de forme rectangulaire lorsqu’elle est repliée. Les différents faucons d’Île-de-France se distinguent par le contraste de leurs plumages.

    En couleurs

    Dans quelques cas, la lumière et l’orientation de l’oiseau concordent pour voir les couleurs et identifier l’espèce.

    Faucon crécerelle mâle, Falco tinnunculus © CACP – Emilie Périé

    Malgré le peu de netteté de cette image, on reconnait ici un faucon à la silhouette de l’oiseau, et son plumage (couleur claire, bas-ventre blanc, queue blanche avec une bande terminale noire) indique qu’il s’agit d’un faucon crécerelle mâle.

    Au plus près

    Pour les plus chanceux, l’oiseau est assez près pour que l’objectif en capte tous les détails.

    Faucon crécerelle mâle en vol © CACP – Gilles Carcassès

    Ici, le vol caractéristique du faucon crécerelle : lorsqu’il repère une proie il vole en surplace avant de plonger.

    Buse variable en vol © CACP – Emilie Périé

    La buse variable plane en cercles concentriques au-dessus de la proie qu’elle a repérée.

    Encore plus chanceux, les oiseaux posés à portée de clichés :

    La buse variable

    La faucon crécerelle

    Le repas du faucon crécerelle


vendredi 4 décembre 2020

mercredi 2 décembre 2020

  • Saponaria officinalis, la savonette
    Saponaria officinalis © CACP – Gilles Carcassès

    La saponaire est une plante de la famille des Caryophyllacées, aux fleurs roses pâles et aux propriétés étonnantes. Elle est assez fréquente en Île-de-France, notamment sur les sols riches et humides.

    Saponaria officinalis © CACP – Emilie Périé

    Malgré ses airs colorés et festifs, c’est une plante qui aime la vie nocturne. Elle déclenche la production de nectar au coucher du soleil pour attirer les papillons nocturnes (près de 95 % des espèces de papillons en France sont nocturnes !) qui assurent sa pollinisation.

    Saponaria officinalis © CACP – Emilie Périé

    Son nom, saponaire, a la même racine étymologique que le savon. Et pour cause, pour se défendre contre les agressions des insectes et maladies, la saponaire contient des saponines. Ce sont des molécules qui, une fois frottées avec de l’eau, moussent énormément. Les anciens utilisaient la saponaire pour faire leur lessive.

    Attention toutefois, en usage externe elle peut être bénéfique, mais n’essayez pas d’en consommer, elle a un pouvoir hémolytique reconnu (qui détruit les globules rouges).

    Sources :

    La flore d’Île-de-France, par Philippe Jauzein et Olivier Nawrot

    La saponaire, par Sauvage du Poitou

    Retrouvez d’autres Caryophyllacées dans ces articles :

    Le compagnon accompagné

    Etoile de Noël


lundi 30 novembre 2020

  • La pie bavarde
    Pie bavarde dans les lilas © CACP – Emilie Périé

    Connaissez-vous la pie bavarde ? On attribue souvent à cet oiseau de biens vilains défauts. Elle serait agressive, bruyante et voleuse. Elle est tellement commune qu’on donne même son nom à tous les animaux de couleur noire et blanche (chevaux, vaches, autres oiseaux…). Pourtant, quand on y regarde plus près, la pie est surprenante.

    Pie bavarde, Pica pica © CACP – Emilie Périé

    Son nom scientifique est Pica pica, elle fait partie de la famille des corvidés, qu’elle partage en Île-de-France avec 4 autres espèces la corneille noire, le corbeau freux, le choucas des tours et le geai des chênes. Comme les autres corvidés, elle fait preuve d’une grande adaptabilité dans son régime alimentaire : essentiellement insectivore, elle peut aussi consommer des baies, tirer profits des déchets des humains, jouer les charognards ou chasser de petits vertébrés (lézards, amphibiens, poussins de passereaux). Elle est également capable de faire des réserves et de cacher de la nourriture pour les jours de pénuries. La pie étant sédentaire (elle ne migre pas à l’hiver) elle défend donc son territoire alimentaire, le plus souvent face aux autres prédateurs (les rapaces). Ainsi, ses tares de d’agressivité et de vol ne sont que des déformations de sa nature même de prédatrice.

    Les couleurs irisées de la Pie bavarde © CACP – Emilie Périé

    Quant à ses couleurs, elles sont bien plus variées que ce qu’on le laisse croire. Sur l’image ci-dessus on peut voir, de la tête à la queue, du noir, du blanc, du bleu, du vert et du violet.

    Pie en vol © CACP – Emilie Périé

    Et quelle allure ! Avec sa queue immense (plus longue que le reste de son corps) et son vol gracieux elle n’a rien à envier aux plus exotiques paradisiers.

    Au-delà des aspects physiques et esthétiques la pie a de nombreuses qualités.

     

    C’est un oiseau social. Les couples sont d’une grande fidélité et élèvent à deux les petits de l’année qui restent en famille toute l’année. A l’hiver les pies se rassemblent de manière grégaire pour passer la saison difficile et prendre soin des plus faibles (notamment les jeunes de l’année). Au printemps, la séparation du groupe en vue de la nidification et de la reproduction entraine quelques discussions. Ce qui lui vaut d’ailleurs le nom de bavarde et sa réputation d’oiseau bruyant.

    Jeune pie attendant le nourrissage par ses parents © CACP – Emilie Périé

    A propos de la nidification, la pie est une bâtisseuse hors paire et véritable ingénieur. Il est fréquent que les couples construisent plusieurs prototypes de nids avant d’en occuper un pour la saison de ponte. Le nid en coupe fait de brindilles et de branches dans les hauteurs des arbres a d’ailleurs inspiré les nids-de-pie des grands voiliers.

    Enfin, si les qualités intellectuelles de la pie étaient encore à démontrer, c’est l’un des rares oiseaux pour lequel il a été prouvé la capacité à reconnaître son reflet dans un miroir.

    Pour en savoir plus :

    La pie bavarde, par Oiseaux.net


vendredi 27 novembre 2020

  • Scène macabre dans les tomates
    Scène du drame : mon plant de tomates © CACP – Emilie Périé

    A défaut d’une nouvelle épopée de jardin confiné, je peux vous raconter une histoire de plant de tomates. J’ai, pour maintenir un peu de nature dans mon confinement, des pieds de tomates qui grandissent totalement librement dans un petit bac en compagnie de menthe et de chénopodes (tout aussi sauvages et désordonnés).

    Ce matin là je les observe, les feuilles paraissent raplapla, ça manque d’eau … Mais autre chose attire mon attention, ça bouge sous le bac. C’est étrange, il n’y a pas de vent dans l’appartement, ce n’est donc pas une feuille qui s’agite …

    Je me baisse pour voir de quoi il s’agit et qu’elle ne fut pas ma surprise de découvrir une grosse chenille prise dans une toile d’araignée. Encore plus surprise de voir que le prédateur est toujours sur la scène du crime. L’occasion d’un reportage photo !

    Steatoda triangulosa et sa proie © CACP – Emilie Périé

    L’araignée est la malmignatte des maisons, Steatoda triangulosa. On la reconnait à ses motifs marbrés en forme de triangles sur l’abdomen. C’est une araignée relativement commune dans l’hémisphère nord. Elle s’accommode très bien des habitations humaines, c’est d’ailleurs là qu’on la repère le plus souvent.

    Elle fait partie de la famille des Theridiidées, la même famille que les veuves noires. Elle est inoffensive pour l’Homme, mais ce n’est pas la même histoire pour mon amie chenille. Elle s’est vaillamment débattue une fois prise dans la toile, mais l’araignée a été plus efficace. On voit l’effet du venin sur l’extrémité haute de la chenille et elle est déjà bien ficelée dans la toile.

    72 heures plus tard, celle qui aurait probablement pu devenir un papillon blanc de la famille des piérides est dans un état de nécrose avancé. Madame l’araignée va bientôt pouvoir passer à table.

    L’effet du venin sur la proie © CACP – Emilie Périé

    Qui sait ce que peuvent encore héberger mes tomates ? Heureusement, malgré ces péripéties je n’ai pas oublié de leur donner de l’eau.

    Sources :

    Steatoda triangulosa sur SpiderID

    Insectes.org


mercredi 25 novembre 2020

  • BirdLab c’est reparti !

    Il est l’heure !

    Mangeoires plates – Cergy © CACP – Emilie Périé

    Ca y est, le 15 novembre étant passé, il est temps de raccrocher les mangeoires, la saison BirdLab reprend !

    Rappels du protocole :

    Mangeoires BirdLab – Cergy © CACP – Emilie Périé

    Pour jouer, c’est très simple : installez deux mangeoires* plates (format A4) à environ 1m de distance sur votre balcon (comme ici au 5ème étage) ou dans votre jardin, téléchargez l’application gratuite, et observez !

    *Pour jouer il vaut mieux remplir les mangeoires avec des graines de tournesol.

    Du nouveau

    L’équipe BirdLab propose du nouveau cette année : un site internet, et trois nouvelles espèces qui vont faire leur apparition dans le jeu. Il s’agit du choucas des tours, de la fauvette à tête noire et du bouvreuil pivoine.

    Y a plus qu’à !

    Profitons du confinement et du télétravail pour surveiller les mangeoires aux heures de repas des oiseaux, une partie ne dure que 5 min, pas plus long qu’une pause café.

    Au 5ème étage de mon immeuble, en quartier très urbain, je ne sais pas vraiment qui j’aurai à vous présenter en fin de saison. Sans doute quelques pigeons assez observateurs, des étourneaux ou des moineaux fréquents dans le quartier ; et pourquoi pas un rougegorge ou une mésange un peu curieux ?

    Un rougegorge familier bien curieux – Cergy © CACP – Emilie Périé

    Pour en savoir plus :

    Le site de BirdLab

    La page BirdLab de VigieNature

    Vidéo de présentation de BirdLab


lundi 23 novembre 2020

vendredi 20 novembre 2020

  • Et l’humanité dans tout ça ?

    En 2019, le Parc naturel régional du Vexin français a réalisé un travail de sensibilisation et de dialogue autour d’un projet de films qui donnent la parole à une pluralité d’acteurs qui invitent à réfléchir à notre rapport à la nature.

    L’un d’eux est un film de Marie-Elise Beyne, de 45 min, intitulé « Et l’humanité dans tout ça ? ».

    A l’heure de la sixième extinction des espèces et de la responsabilité de l’Homme, des acteurs de terrain (agriculteurs, élus, écologue, technicien rivière, chargés de mission Parcs…) et des chercheurs reviennent sur la nécessité de changer nos comportements mais aussi notre regard vis à vis de l’ensemble du vivant comme sur la nature ordinaire.

    A défaut de la balades natures, pour occuper ce confinement, je vous recommande vivement son visionnage.

    Et en regardant attentivement vous pourriez y croiser des noms connus !

    Source :

    Page correspondante sur le site du PNR du Vexin français


mercredi 18 novembre 2020

  • Le coprin chevelu
    Le coprin chevelu © CACP – Emilie Périé

    Il a une allure étrange ce champignon avec toutes ses mèches blanches. C’est le coprin chevelu, Coprinus comatus. 

    Sa chevelure est assez commune dans la région. Il pousse dans les sols riches des prés, friches, sous-bois et bords de route.

    Il a une odeur faible et une saveur assez douce. Il est réputé être très bon en omelette. Mais méfiance, la prudence est de mise quand il s’agit de cueillette de champignons. Coprinus comatus ressemble à certaines autres espèces du mêmes genre : Coprinus sterquilinus a la même allure mais pousse sur le fumier (d’ailleurs Coprinus vient du grec Kopros qui signifie « excrément ») ou Coprinus levisticolens qui lui sent la chicorée.

    Sources :

    Le guide des champignons, France et Europe par Guillaume Eyssatier et Pierre Roux

    Les coprins par le Club Mycologique Conflanais

    Le coprin chevelu par MycoDB


lundi 16 novembre 2020

  • Les characées

    Il y a quelques semaines, j’ai suivi une formation sur la reconnaissance des Characées. J’y ai découvert des plantes absolument fascinantes et dont la reconnaissance est relativement abordable. Je crois me souvenir en avoir vu il y a plus d’un an à Vauréal. J’espère qu’il me reste de quoi l’identifier.

    Herbier à characées – Mare du Clos Levallois, Vauréal © CACP – Emilie Périé

    Bonne nouvelle, j’ai bien quelques photos de l’herbier et encore mieux, il s’agit bien de characées !

    Les characées font partie des algues vertes. Les différentes espèces tolèrent des conditions écologiques différentes, mais de manière générale, la présence de characées traduit une très bonne qualité de l’eau. Ces plantes ayant un grand besoin de lumière, elles ne tolèrent pas de fortes turbidités dans l’eau. Elles auraient même une action sur l’épuration de l’eau (des nitrates et des carbonates). Malheureusement, elle sont devenues terriblement rares.

    Les plus vieux fossiles connus de characées datent d’il y a 420 millions d’années, c’est l’une des plus anciennes formes végétales connues. Une bonne partie des espèces ont disparu lors des cinq crises biologiques majeures, mais celles subsistant aujourd’hui existaient déjà il y a 400 millions d’années ! Une longévité exceptionnelle pour une espèce (on estime à 50 millions d’années la durée moyenne d’une espèce, entre apparition et extinction). Aujourd’hui, la sixième crise biologique et la disparition des milieux favorables ont fortement réduit les populations de characées. Il reste en Île-de-France 26 espèces (40 en France et environ 400 dans le monde). C’est un chiffre inquiétant compte tenu de l’intérêt patrimonial et écologique des characées mais relativement rassurant pour un naturaliste débutant dans le domaine : 26 espèces, on apprend vite les critères ! A titre d’exemple, les plantes à fleurs indigènes en Île-de-France sont environ 1600.

    Fragment de Chara vulgaris © CACP – Gilles Carcassès

    Gilles avait récupéré un fragment pour le photographier de près. D’après les critères de la clé de détermination, il s’agit de Chara vulgaris. Sans doute la moins rare des Characées d’Île-de-France, mais tout de même !

    Chara vulgaris vue à la loupe © CACP – Emilie Périé

    Lors de la formation, j’ai tenté quelques prise de photo des échantillons observés à la loupe. On voit ici l’oogone (la cellule reproductrice femelle) de Chara vulgaris. 

    La formation avait lieu du côté de Fontainebleau, hotspot de biodiversité dans la région, aussi, nous avons eu la chance de voir plusieurs espèces de characées (environ une dizaine). J’espère que mes prochaines prospections me permettront d’en trouver sur le territoire, certaines sont vraiment très élégantes.

    Sources :

    La formation characées, par l’ARB-idf

    Le guide des characées de France méditerranéenne

    Les characées, par le CBNBL


vendredi 13 novembre 2020

  • La nuit des dragons

    La salamandre

    Salamandre tachetée © Christophe Guego

    Ce petit amphibien est aisément reconnaissable : une allure un peu boudinée et une peau noire brillante marquée de jaune, c’est la salamandre tachetée, Salamandra salamandra, la seule salamandre d’Île-de-France.

    A la différence des tritons, la salamandre adulte a une vie essentiellement terrestre, la femelle retourne à l’eau pour donner naissance aux petits (une cinquantaine de larves en général), mais la reproduction a lieu sur terre. La salamandre n’a pas les doigts palmés.

    La larve est elle aquatique pendant plusieurs mois (voire années), elle se nourrit de divers petits organismes présents dans l’eau avant de sortir sous sa forme presque définitive (elle ne sera mâture qu’après 3 à 6 ans) et d’entamer une vie terrestre.

    Larve de salamandre © CACP – Gilles Carcassès

    Terrestre, et nocturne. En effet, l’activité des salamandres est conditionnée par l’humidité ambiante, qui est souvent plus importante la nuit (et d’autant plus lors de pluies).

    Leur habitat favorable est le boisement humide. Elles sont actives sur toute la période février-novembre, pour peu que le temps soit suffisamment humide, puis hivernent dans des cavités rocheuses ou des branches ou souches. Mais lors des migrations il n’est pas impossible de les voir traverser les routes. Méfiance au volant ! Les salamandres sont assez rares en Île-de-France et protégée à l’échelle nationale.

    Elles sont d’une remarquable longévité pour leur petite taille (une vingtaine de centimètres). Elles peuvent vivre jusqu’à plus de 20 ans !

    La nuit des dragons

    Nous vous avons déjà parlé du protocole Un dragon dans mon jardin dans de précédents articles. Cette année, la Société Herpétologique de France a développé un nouveau protocole accessible à tous : la nuit des dragons. Et qui de mieux que l’animal emblématique* de l’élément « feu » pour incarner les dragons de nos jardins ? Ce nouveau protocole, à réaliser uniquement au mois d’octobre, consiste à partager les observations nocturnes de salamandres. Rendez-vous donc l’année prochaine, et d’ici là, le protocole Un dragon dans mon jardin est toujours valable pour tous ceux qui croisent reptiles et amphibiens !

    *Dans la culture populaire, la salamandre est connue pour être capable de résister aux flammes et de vivre à la fois sur terre et dans l’eau. Elle revêt souvent un caractère mystique.

    Sources :

    La salamandre tachetée dans l’Atlas de Vauréal

    La salamandre tachetée, par Info Fauna

    La salamandre tachetée, par INPN

    Protocole un dragon dans mon jardin

    La salamandre, emblème de François Premier

    Retrouvez dans nos articles d’autres petits dragons :

    Triton alpestre

    Triton palmé et la grenouille agile

    Triton ponctué


mercredi 11 novembre 2020

  • Coucher de soleil
    Coucher de soleil © CACP – Emilie Périé

    Aujourd’hui c’est férié, on ne publie pas, mais je vous offre ce joli coucher de soleil au-dessus de Cergy.


lundi 9 novembre 2020

  • Le xylocope violet

    Bravo à tous ! Et mention spéciale à Bruno qui a répondu juste le premier, il s’agissait bien d’une abeille charpentière.

    Abeille charpentière © CACP – Emilie Périé

    Elle m’a donné du fil à retorde lors du premier confinement, et je n’ai pas eu la possibilité de la prendre en photo mieux que ça. Heureusement, au cours de l’été d’autres individus se sont montrés plus coopératifs, et même d’ailleurs coopératives, car il s’agissait de deux femelles.

    Xylocope violacea femelle – Vauréal © CACP – Emilie Périé

    On reconnait la femelle du mâle des xylocopes (les abeilles charpentières) grâce au nombre d’articles (de segments) qui composent les antennes : 12 chez la femelle, 13 chez le mâle.

    Trois espèces peuvent être rencontrées en France. X. iris est très rare et beaucoup plus petite que les deux autres. Et entre violacea et valga, il vaut mieux avoir le mâle, chez qui la distinction est évidente. Mais, avec un peu d’attention identifier la femelle est également possible.

    Il faut regarder les antennes. Le dessous du fouet (l’alignement de segments courts) est légèrement roux chez violacea (noir chez valga). L’article 3 (juste après le coude) équivaut en taille au trois suivants chez violacea (seulement deux chez valga). A priori nous avons bien ici deux femelles de Xylocopa violacea.

    Chez le mâle, c’est beaucoup plus simple violacea présente un anneau orangé au bout de chaque antenne.

    Xylocope violacea femelle – Vauréal © Christophe Etchemendy

    Les xylocopes sont des hyménoptères solitaires. Elles butinent, parfois à plusieurs, pour se nourrir et nourrir leur progéniture mais ne forment pas de colonie comme le font les guêpes ou les abeilles domestiques.

    On les appelle abeilles charpentières car elles nichent dans le bois. Comme les osmies, elles installent les œufs et les réserves de nourriture dans des galeries, séparées en logettes individuelles. Mais à la différences des osmies, qui s’installent dans des galeries existantes (tiges creuses, buches percées, mur troué, …) l’abeille charpentière creuse sa propre galerie dans le bois ! Et vu la taille de la bête il lui faut faire un trou de diamètre conséquent, imaginez la puissance des mandibules !

    Sources :

    Distinguer les xylocopes, par Faune-alsace

    CETTIA Île-de-France

    L’abeille charpentière, par Insectes.net

    Le mâle de Xylocopa violacea, dans le blog de Gilles


vendredi 6 novembre 2020

mercredi 4 novembre 2020

  • Octobre et les hulottes, le bilan

    Clôture du concours

    C’est dans un contexte quelques peu délicat pour les sorties naturalistes que s’achève cette première édition du concours Octobre et les hulottes. Toutefois les participants n’ont pas démérité. Nous tenons à féliciter Antoine et Noé, nos meilleurs contributeurs ce mois-ci avec respectivement 9 et 4 chouettes hulottes observées sur le territoire, qui remportent donc ce premier concours !

    Des hulottes …

    Chouette hulotte, Strix aluco © Benjamin Fougère, LPO-idf

    Ce ne sont pas moins de 25 chouettes hulottes qui ont rejoint l’Atlas de la biodiversité de Cergy-Pontoise ce mois-ci, et nous vous en remercions ! Si la hulotte est le rapace nocturne le plus commun du territoire, cela reste un oiseau protégé, et la connaissance de ses populations nous permet une meilleure efficacité sur les mesures de protection à mettre en œuvre.

    Le concours est clos, mais l’Atlas reste ouvert ! N’hésitez pas à nous transmettre vos observations de chouettes hulottes partout sur le territoire. Son habitat naturel est la forêt. On peut donc l’entendre dans la forêt de l’Hautil, mais aussi dans le bois de Lieu à Vauréal, le bois Lapelote à Cergy, le parc de Grouchy à Osny et peut-être à côté de chez vous ?

    Localisation des chouettes hulottes à Cergy-Pontoise © CACP

    … mais pas que !

    Les sorties nocturnes animées par la LPO Île-de-France et la Ferme d’Ecancourt ont permis à plus d’une vingtaine de personnes de découvrir les rapaces nocturnes franciliens et d’entendre le chant des chouettes hulottes mais également ceux de leurs congénères.

    Deux chouettes chevêches ont été entendues, à Courdimanche et à Maurecourt

    Chouette chevêche, Athene noctua © Eric Grosso, LPO-idf

    La chouette chevêche (ou chevêche d’Athéna) est la plus petite des rapaces nocturnes (environ 20 cm de haut). Elle se nourrit principalement d’insectes qu’elle chasse dans les milieux ouverts à végétation basse. Elle niche dans les cavités des vieux arbres voire directement dans les granges et bâtiments agricoles. L’association de ses différents milieux ayant tendance à disparaître la chouette chevêche est rare en Île-de-France, et de statut « quasiment menacée ». Les deux entendues ce mois-ci sont les seules connues sur Cergy-Pontoise à ce jour.

    Deux chouettes effraies ont été entendues à la limite de Maurecourt et Andrésy

    Chouette effraie, Tyto alba © Laurent But, LPO-idf

    La chouette effraie, qui tient son nom de ses chuintements et cris assez effrayants, se reconnait à son disque facial d’un blanc éclatant. Elle se nourrit essentiellement de campagnols et musaraignes qu’elle chasse en milieu ouvert. Elle niche dans les granges et les clochers des églises (on l’appelle d’ailleurs l’effraie des clochers). Malheureusement ces espaces sont le plus souvent fermés (pour éviter l’intrusion de pigeons), la chouette effraie est maintenant rare en Île-de-France et classée vulnérable. La Ville de Vauréal a installé un nichoir dans l’église du village en début d’année. Nous espérons qu’il sera rapidement occupé. Pour le moment nous ne connaissons qu’un seul couple, à Courdimanche.

    Un probable hibou moyen-duc a été aperçu à Maurecourt

    Hibou moyen-duc, Asio otus © Morgane Lecoq

    Lors de la sortie du 16 octobre dernier, les participants ont eu la chance de voir passer juste devant eux la forme sombre d’un rapace nocturne parfaitement silencieux. D’après la taille de l’oiseau nous pensons qu’il s’agit d’un hibou moyen-duc. De plus, le moyen-duc n’étant pas sédentaire (il se déplace l’hiver pour trouver sa nourriture et former des dortoirs de plusieurs individus sur des sites différents de celui de sa nidification au printemps) il ne chante pas pour défendre son territoire comme le font les chouettes. Celui-ci n’ayant pas répondu aux enregistrements sonores que nous avons passés, il pourrait bien être un hibou moyen-duc. Mais en l’absence des hou-hou caractéristiques, cette observation restera dans la catégorie « incertaine ».

    Rendez-vous en octobre 2021 pour une deuxième édition du concours et de nouvelles observations !

    Pour en savoir plus :

    La LPO Île-de-France

    La chouette hulotte par oiseaux.net

    La chouette chevêche par oiseaux.net

    La chouette effraie par oiseaux.net

    Le hibou moyen-duc par oiseaux.net

    CETTIA Île-de-France


lundi 2 novembre 2020

  • La jussie à grande fleur
    Station de jussie à grandes fleurs © CACP – Emilie Périé

    Parmi les Bidens et menthes aquatiques, une autre fleur attire mon attention sur la plage de galets de l’île de loisirs : la jussie.

    Les jussies sont des plantes aquatiques de la famille de Onagraceae qui forment des sortes de lianes rampantes, flottantes ou submergées. Bien qu’encore extrêmement rares dans la région, elles sont réputées pour leur caractère invasif qui peut entrainer des dysfonctionnements hydrauliques et biologiques dans les milieux où elles s’installent avec vigueur (eutrophisation, diminution de la biodiversité et de la qualité de l’eau).

    Ludwigia grandiflora, la jussie à grandes fleurs © CACP – Emilie Périé

    Les jussies ont été introduites comme plantes d’ornement de bassins en raison de leur belle floraison jaune. Elles ont largement conquis le sud de la France et remontent progressivement vers le nord, bien qu’elles ne soient quasiment pas présentes en Île-de-France.

    Ludwigia grandiflora, la jussie à grandes fleurs © CACP – Emilie Périé

    Ici, il s’agit de la jussie à grandes fleurs, Ludwigia grandiflora, que l’on différencie de la jussie faux-pourpier, Ludwigia peploides, par la taille des poils sur ses tiges et la présence de stipules à l’aisselle des feuilles.

    Sources :

    La flore d’Île-de-France par Philippe Jauzein et Olivier Nawrot

    Ludwigia grandiflora par TelaBotanica


vendredi 30 octobre 2020

  • De la mousse dans l’herbe

    Etrange mousse blanche sur les feuilles de graminées…

    Mucilago crustacea © CACP – Gilles Carcassès

    On peut la rencontrer dans les jardins, prairies et bords de chemins au milieu de l’automne. C’est Mucilago crustacea, un myxomycète.

    Myxo quoi ?

    Les myxomycètes sont des organismes qui forment une sortent de gelée visqueuse (le plasmode) capable de se déplacer et de phagocyter (c’est-à-dire d’absorber au travers de la paroi cellulaire) des moisissures ou des bactéries pour s’en nourrir. Puis, cette gelée se fixe sur un support, durcit et forme une croûte (le sporocyste) qui produit des spores pour la reproduction. A priori cette phase est réversible : le myxomycète peut revenir à l’état visqueux pour recommencer un cycle nourriture/reproduction.

    Le myxomycète se déplace, comme un animal, mais produit des spores, comme un champignon. Alors qui est-il ? Dans la classification actuelle du vivant on considère 7 règnes différents : les animaux, les végétaux, les champignons, les bactéries, les archées, les chromistes et les protozoaires. Les myxomycètes appartiennent à cette dernière catégorie, les protozoaires. Ce sont des organismes constitués d’une unique cellule capable de se déplacer et de phagocyter sa nourriture.

    Le mucilage crustacé

    Ce myxomycète particulier est somme toute assez fréquent dans les prairies et les bords de chemins et il peut mesurer plusieurs centimètres de long, il est donc assez facile à repérer. Au stade « plasmode » il est jaune pâle et se déplace sur les herbes et les feuilles en décomposition. Au stade « sporocyste » il est blanc, car composé de cristaux de calcaire, puis gris à la libération des spores qui, elles, sont noires.

    D’autres « mousses »

    Fuligo septica © CACP – Gilles Carcassès

    D’autres myxomycètes forment des croutes à l’aspect de mousse dans la litière forestière ou la végétation basse. C’est le cas par exemple du genre Fuligo dont la couleur varie selon l’espèce, comme ce jaune vif chez septica.

    Sources :

    Mucilago crustacea en forêt d’Orléans

    Mucilago crustacea par mycorance

    Les myxomycètes, synthèse de TelaBotanica

    Retrouvez dans ces articles d’autres myxomycètes :

    Bretzel d’or

    Le blob et les petits bâtons


mercredi 28 octobre 2020

  • Le bidens trifolié

    En observation aux bords des étangs de l’île de loisirs je repère au milieu des menthes aquatiques quelques pieds d’une plante déjà toute séchée. Il s’agit d’un bidens.

    Bidens tripartita © CACP – Emilie Périé

    Les bidens sont des astéracées à fleurs jaunes typiques des milieux humides. Celui-ci, Bidens tripartita, le bidens trifolié, est le plus commun des 5 espèces présentes en Île-de-France. On le retrouve sur les substrats vaseux des berges des mares et étangs un peu partout dans la région.

    Bidens en fleur © CACP – Gilles Carcassès

    Bien que nos individus soient secs, il reste un élément important sur nos plantes : le fruit. Etymologiquement, Bidens fait référence à la forme du fruit à deux pointes bien visibles (bi-dents).

    Fruit du Bidens tripartita © CACP – Emilie Périé

    Si on y regarde de plus près on distingue de nombreuses épines, telles des harpons. Cela permet certainement au fruit de mieux s’accrocher dans les poils et plumes des animaux de rivage et d’assurer une meilleure dispersion des graines.

    Fruits en harpon de Bidens tripartita © CACP – Emilie Périé

    Sources :

    Dictionnaire étymologique de la flore française, par JP Ferrari

    La flore d’Île-de-France, par Philippe Jauzein et Olivier Nawrot

    Bidens tripartita, par TelaBotanica 

    CETTIA Île-de-France


lundi 26 octobre 2020

  • Le leste vert
    Leste vert, Chalcolestes viridis, mâle – Maurecourt © CACP – Emilie Périé

    Le leste vert, Chalcolestes viridis, est une espèce de l’ordre des Odonates et du sous-ordre des Zygoptères, les demoiselles.

    On reconnait les lestes à leurs couleurs métalliques, leurs ptérosigmas (taches colorées dans les ailes) de forme rectangulaires et le fait qu’ils se posent en général avec les ailes étalées, caractéristique plus commune chez les anisoptères (libellules) que les zygoptères (demoiselles). Il en existe 6 espèces en Île-de-France.

    Chalcolestes viridis se différencie des autres par : une couleur métallique verte relativement uniforme du thorax au bout de l’abdomen, des ptérostigmas clairs, une pointe verte sur le côté du thorax et des appendices annaux très clairs chez le mâle.

    Critères d’identification de Chalcolestes viridis © CACP – Emilie Périé

    Chez tous les lestes la ponte se réalise en tandem, mâle et femelle accrochés, dans des tissus végétaux vivants ; souvent dans les branches de saules avançant au-dessus d’un plan d’eau. On peut d’ailleurs voir les cicatrices provoquées par les pontes sur les branches des arbres.

    Tandem de lestes verts en ponte – Maurecourt © CACP – Emilie Périé

    Le leste vert est l’un des plus tardif. Il émerge vers juillet-août et peut se rencontrer jusqu’au mois de novembre !

    Sources :

    Le guide des libellules – Guide DELACHAUX

    CETTIA Île-de-France

    Chalcolestes viridis, par l’INPN


vendredi 23 octobre 2020

  • Le cornouiller sanguin

    Cornus sanguinea, le cornouiller sanguin, est un arbrisseau qui dépasse rarement les 3 mètres de haut. Il appartient à la famille des Cornaceae, qu’il partage avec Cornus mas, le cornouiller mâle, le seul autre représentant en Île-de-France.

    Quelques caractéristiques du cornouiller sanguin

    Le cornouiller sanguin a des fleurs blanches disposées en corymbe. Sa floraison est souvent décrite comme ayant une odeur « désagréable ». Je lui trouve un parfum de levure de boulanger, ou de patte à pain crue… Chacun y trouvera agrément ou non selon ses préférences.

    Fleur du cornouiller sanguin © CACP – Emilie Périé

    La feuille du cornouiller est de forme elliptique avec des nervures bien dessinées. Elle présente une caractéristique particulière : lorsque l’on déchire la feuille des filaments se forment, probablement par coagulation de la sève, qui maintiennent quelques temps les deux fragments, reliés comme par magie !

    La feuille magique du cornouiller sanguin © CACP – Emilie Périé

    Le fruit du cornouiller est une drupe, un fruit charnu contenant un seul noyau, d’un bleu tirant sur le noir.

    Le fruit du cornouiller sanguin © CACP – Emilie Périé

    L’écorce des plus jeunes rameaux a des teintes rouges, parfois très vives, ce qui lui vaut son nom de cornouiller sanguin. On voit sur l’image précédente l’aspect pourpré de la branche.

    Quelques atouts du cornouiller sanguin

    Cet arbuste est indigène en Île-de-France, il est très présent et particulièrement bien adapté aux conditions franciliennes. Il fait d’ailleurs partie des plantes disposant de la marque Végétal Local pour la région. Ses fleurs, qui s’épanouissent de mai à juin, sont très mellifères et assez appréciées des insectes pollinisateurs. En septembre et octobre ce sont ses fruits qui nourrissent les oiseaux amateurs de baies et petits fruits (comme les merles et les grives par exemple). Etant de plus, plutôt bas et de structure très buissonnante il fait un formidable allié des créateurs de haies !

    Buisson de cornouiller sanguin © CACP – Gilles Carcassès

    Sources :

    La flore d’Île-de-France, par Philippe Jauzein et Olivier Nawrot

    Cornus sanguinea par, Telabotanica

    Cornus sanguinea par, INPN

    La feuille magique du Cornouiller sanguin, par TelaBotanica et la Salamandre


mercredi 21 octobre 2020

  • Un grosse tête sur une petite punaise
    Geocoris megacephalus – Courdimanche © CACP – Emilie Périé

    Elle a une drôle d’allure cette petit bête avec sa grosse tête et ses yeux globuleux. Je la trouve plutôt mignonne. Mais qui peut-elle bien être ?

    Comme je l’ai rencontrée au cours des inventaires des pollinisateurs des cimetières pendant l’observation d’un liseron à Courdimanche, je poste son portrait sur la plateforme SPIPOLL. La communauté m’informe aussitôt : c’est une punaise de la famille des Lygaeidae, Geocoris megacephalus. On rencontre plus fréquemment son cousin, Geocoris erytrhocephalus, à tête beaucoup plus petite et rouge vif.

    Notre spécimen semble donc être une rareté. Et après vérification, il n’est mentionné que deux fois dans la base de données régionale ! Pourtant, quelques jours plus tard je recroise un individu sur le cimetière de Maurecourt. D’après les quelques descriptions de l’espèce, cette punaise est plutôt méditerranéenne et apprécie les espaces chauds, secs et sableux. Peut-être est-elle en train de remonter vers le nord au fil des changements climatiques. Et sans doute que les cimetières, des espaces secs et rocailleux, lui sont favorables.

    Pour aller plus loin :

    Le SPIPOLL

    La galerie insectes.org

    Geocoris megacephalus, par l’INPN

    CETTIA, la base de données régionale

    Retrouvez dans cet article une autre punaise de la famille des Lygaeidae :

    Melanocoryphus albomaculatus


lundi 19 octobre 2020

  • Le séneçon du cap

    Une astéracée du sud

    Le séneçon du cap, de son nom latin Senecio inaequidens, est une plante de la famille des Astéracées originaire d’Afrique du Sud. Elle a été introduite en Europe au 19ème siècle par le biais d’importations de laines de mouton qui contenaient des graines.

    Séneçon du Cap © CACP – Gilles Carcassès

    Ecologie

    Le séneçon du cap se développe sur des terrains vagues et sur le bord des routes. Sa taille varie entre 20 et 80 cm et peut parfois atteindre les 1.50 m de haut. Elle fleurit en formant de nombreux capitules radiés jaunes de mars à décembre.

    Séneçon du Cap © CACP – Gilles Carcassès

    Ces fleurs donnent ensuite des fruits en akènes plumeux blancs. Ses futures graines sont transportées par anémochorie (par le vent), hydrochorie (par l’eau) et par zoochorie (par les animaux). Leur germination se fait rapidement et sur toute l’année, avec un plus fort succès durant le printemps.

    A ne pas confondre avec le séneçon jacobée

    Séneçon de Jacob © CACP – Gilles Carcassès

    On la différencie du séneçon jacobée par ses feuilles. Celles-ci sont entières et à bords parallèles, contrairement à Senecio jacobaea qui présente des feuilles profondément découpées.

    A vos observations !

    Cette espèce figure parmi la liste à observer dans notre Atlas de la Biodiversité. N’hésitez pas à venir y saisir vos observations !

    Sources :

    Séneçon du Cap, par la flore de Jussieu

    Séneçon du Cap, par l’Office de l’environnement de la Corse

    Retrouvez d’autres Astéracées :

    La chondrille effilée

    Les salsifis


vendredi 16 octobre 2020

  • Mouches d’été

    Quand on parle de pollinisateurs, on pense souvent aux abeilles et aux papillons. On oublie alors un groupe important : les mouches ! En France, près d’un tiers des pollinisateurs sont des diptères (mouches et moustiques). Lors de nos inventaires estivaux nous avons l’occasion d’en croiser de toutes les couleurs et de toutes les tailles. En voici quelques unes, assez sages pour s’être fait tirer le portrait.

    Des chloropides

    Meromyza sp. dans une fleur de liseron © CACP – Emilie Périé

    Parmi les toutes petites mouches, qu’on appelle en général des moucherons, certaines ont des couleurs particulières. A y regarder de près celle-ci est jaune, à motifs bruns et avec des yeux verts. Etonnant non ? (Mieux vaut regarder de très près, elle ne fait qu’un ou deux millimètres !) Cette mouche du genre Meromyza appartient à la famille des Chloropidae (environ une vingtaine d’espèces).

    Des mouches à reflets métalliques

    Lucilia sericata sur une fleur de lierre © CACP – Emilie Périé

    Dans la famille des Calliphoridae, qui regroupe plusieurs espèces ayant des reflets métalliques, nous avions rencontré au printemps Calliphora vicina, la mouche bleue. C’est maintenant sa comparse, la mouche verte, Lucilia sericata. Elles sont toutes les deux assez fréquentes dans les maisons. Elles n’y sont que rarement appréciées, pourtant le détail des couleurs est saisissant : masque blanc, yeux rouges et armure verte.

    Des mouches à damier

    Une Sarcophaga sur une feuille de laurier © CACP – Emilie Périé

    Celle-ci arbore des motifs blancs et noirs ressemblant à un damier. Ces mouches, du genre Sarcophaga sont assez fréquentes. On les appelle également mouches à viande. Elles aiment pondre sur la viande (ou les cadavres d’animaux de manière plus générale), leurs asticots s’en nourrissent et agissent comme équarisseurs du milieu naturel. Bien que pas très glamour, elles ont un look intéressant.

    Calliphoridae toujours

    Stomorhina lunata mâle sur une feuille d’aristoloche © CACP – Emilie Périé

    Stomorhina lunata est également une Calliphoridae. Si elle n’a pas de reflets métalliques distinctifs on la reconnait aisément à ses yeux : ils sont rayés !

    Des Stratiomyidae

    Un Stratiomyidae sur une feuille de picris © CACP – Emilie Périé

    Cette jolie mouche appartient à la grande famille des Stratiomyidae (plus de cinquante espèces). Son allure élancée, ses yeux verts et son thorax métallique peuvent indiquer qu’elle est du genre Sargus. Mais il serait difficile d’aller plus loin dans l’identification sur photo.

    Des syrphes évidemment

    Syritta pipiens sur un Erigeron © CACP – Emilie Périé

    La famille la plus représentée dans nos inventaires de pollinisateurs est sans doute celle des syrphes. C’est une famille assez conséquente et dont les individus, qui ressemblent souvent à des guêpes ou des abeilles, sont assez photogéniques. Ici, c’est un syrphe avec de gros fémurs que l’on rencontre souvent lors des inventaires SPIPOLL : Syritta pipiens, la syritte piaulante.

    Et des Bombylidae

    Villa hottentotta sur une fleur de lierre © CACP – Emilie Périé

    Ces grosses mouches velues qui ressemblent un peu à de minuscules nounours sont des Bombylidae. C’est également une grande famille (avec plus de soixante espèces en France). Ici, c’est Villa hottentotta qui se délecte d’une fleur de lierre.

    Retrouvez notre galerie de printemps dans cet article :

    Mouches de printemps

    Pour aller plus loin :

    Le SPIPOLL

    Insectes.org


mercredi 14 octobre 2020

  • Rencontre avec un Tetrix
    Tetrix sp. – Ile de loisirs de Cergy-Pontoise © Gilles Carcassès

    Ce tout petit criquet blanc aux larges épaules nous attendait sur la plage de l’étang des Galets, à la limite de la végétation herbacée.

    Tetrix sp. – l’île de loisirs de Cergy-Pontoise © Gilles Carcassès

    Nous le plaçons en quarantaine (de secondes) dans une boîte loupe, le temps de le photographier plus commodément. Ce n’est pas l’abdomen qui est très long, c’est une expansion du pronotum, le dessus du thorax, qui couvre les ailes. C’est une particularité du genre Tetrix dont on compte 6 espèces en Ile-de-France.

    Tetrix sp. – l’île de loisirs de Cergy-Pontoise © Gilles Carcassès

    Nous avons capturé une femelle. Au bout de son abdomen, son ovipositeur denté comme un couteau-scie lui sert à pondre dans les berges caillouteuses.

    Tetrix sp. – l’île de loisirs de Cergy-Pontoise © Emilie Périé

    On voit sur ces photos que le dessus de la tête (le vertex) avance un peu au-devant des yeux, que le thorax est peu bombé et que l’arête inférieure des fémurs médians ne semble pas ondulée. Il s’agit donc probablement de l’espèce Tetrix subulata, une espèce rare inféodée aux milieux humides. Si ce n’est lui, c’est son frère Tetrix ceperoi, le criquet des vasières.

    Source :

    Clé d’identification des orthoptères du Grand-Est, de Julien Ryelandt

    Comparaison entre les Tetrix à pronotums longs, par Laurent Debordes


lundi 12 octobre 2020

  • Le jardin de la Harengerie
    Jardin partagé de la Harengerie à Pontoise © Gilles Carcassès

    Connaissez-vous le jardin de la Harengerie ?

    C’est au cœur du Vieux Pontoise, au numéro 9 de la rue de la Harengerie, que m’attend ma correspondante, une des membres de l’association qui fait vivre ce jardin peu commun.

     

    Avec l’accord de la ville, propriétaire des lieux, les jardiniers amateurs ont investi les ruines de l’ancien presbytère dont il ne subsiste que quelques pans de mur. On lit encore la trace de l’un des bâtiments démolis sur le pignon aveugle de l’immeuble voisin.

    Le défi a été rude : pas d’eau sur le terrain et pas non plus de sol, uniquement des gravats !

     

    Et pourtant cet endroit inhospitalier est devenu au bout de quelques années une oasis de verdure productive et pleine de charme.

    Jardin partagé de la Harengerie à Pontoise © Gilles Carcassès

    A coups de pioche, les plus gros moellons sont extraits et réemployés à mesure des aménagements pour réaliser des murets ou des escaliers.

    Jardin partagé de la Harengerie à Pontoise © Gilles Carcassès

    Pour l’essentiel, les parcelles jardinées sont des bacs ou des buttes de culture intégrant de grosses quantités de compost. La végétation sauvage présente sur le site (clématite, buddleias, orties) est régulièrement taillée et coupée menu pour pailler le pied des fleurs et des légumes.

    C’est un jardin dans lequel sont bichonnées avec amour toutes les plantes : les sauvageonnes, les mellifères, les aromatiques, les engrais verts, les vivaces et bulbes de collection, les légumes généreux… La biodiversité y trouve son compte, on peut même y croiser la belle Ariane, Lasiommata maera.

    Les bacs de compostage collectifs ont été fournis par la Communauté d’agglomération, ils fonctionnent à plein régime !

    Pour en savoir plus :

    Le blog du jardin de la Harengerie


vendredi 9 octobre 2020

  • Le petit sylvain
    Le petit sylvain, Limenitis camilla © CACP – Emilie Périé

    Voici un joli papillon que nous n’avions pas encore vu : le petit sylvain. Son habitat naturel est le boisement ou la forêt humide, rien d’étonnant à ce que nous l’ayons aperçu dans le sous-bois aux bords de la mare de l’Hautil.

    De plutôt grande envergure (4 à 5 cm) le petit sylvain arbore des couleurs sobres, brun et blanc, sur la face supérieure de ses ailes et tire sur le orange vif sur la face inférieure.

    Il serait friand des fleurs de ronce.


mercredi 7 octobre 2020

  • Services écosystémiques : la pollinisation

    Qu’est-ce-que la pollinisation ?

    La pollinisation est un processus par lequel le pollen (grains émis par les étamines de la fleur) est transféré vers le stigmate (partie réceptive du pollen), permettant ainsi la fécondation de la fleur et donc la reproduction de la plante. Il existe différents vecteurs de pollinisation, qui peuvent être biotiques (insectes, oiseaux, chauves-souris…) ou abiotiques (eau, vent…).

    Schéma d’une fleur hermaphrodite © CACP – Léo Micouin

    Son importance pour l’agriculture

    Bien que la plupart des cultures agricoles mondiales soient anémophiles (pollinisation par le vent), comme les céréales, 30% d’entre elles dépendent tout de même des pollinisateurs. C’est le cas, par exemple, de nombreux fruits et légumes. Cela signifie qu’en l’absence de cette pollinisation, assurée par tout un tas d’insectes et plus globalement par des animaux, la culture de fruits et légumes devient compliquée voire impossible.

    Mégachilidé sur une fleur de cirse – Parc des Larris de Pontoise © CACP – Léo Micouin

    Aujourd’hui, sous l’effet d’un grand nombre de facteurs (fragmentation des habitats, utilisation de produits chimiques, altération phénologique…), l’activité des pollinisateurs est limitée. Cette forte perturbation vis-à-vis des pollinisateurs nous contraint d’aménager des zones « refuges » pour favoriser leur présence.

    L’hélophile suspendu sur une fleur de menthe – Parc des Larris de Pontoise © CACP – Léo Micouin

    Depuis 2010, le SPIPOLL (suivi photographique des insectes pollinisateurs), protocole de sciences participatives du Muséum national d’Histoire Naturelle, permet d’étudier les réseaux de pollinisation (interactions entre les plantes et les insectes et entre les insectes). Ouvert à tous, il est un bon moyen pour se rendre compte de l’incroyable diversité des insectes pollinisateurs, parmi lesquels les abeilles domestiques et les papillons restent minoritaires.

    Préserver les espaces naturels

    Pour protéger ce processus naturel qui est aujourd’hui menacé, il est indispensable de laisser aux insectes des espaces de vie sur lesquels ils puissent accomplir leur cycle biologique. Faciliter le déplacement des insectes est également primordial, en reformant les trames vertes et en amoindrissant les fragmentations écologiques.

    Sources :

    Services de régulation, par la FAO

    La pollinisation, par aquaportail

    Retrouvez d’autres articles sur les pollinisateurs :

    Collection d’automne, le lierre et les pollinisateurs

    Les pollinisateurs nocturnes

    Les plantes attractives pour les abeilles et les insectes pollinisateurs


lundi 5 octobre 2020

  • La réduve annelée

    Bravo à Milvus, Philippe et Jean-Pierre qui ont su reconnaître les pontes de Rhynocoris annulatus, la réduve annelée.

    Digitalis purpurea, la digitale pourpre © Léo Micouin

    Mention spéciale à Antoine qui a reconnu la digitale pourpre sur laquelle se trouvaient les pontes.

    Une sacrée punaise

    Cet hémiptère, de la famille des Reduviidae, présente une coloration tout à fait remarquable. Le rouge vif qui vient ponctuer ses pattes et ses flancs agit comme un signal de dissuasion vis-à-vis des prédateurs, qui l’interprètent probablement comme un danger. On appelle ce stratagème le mimétisme « mullérien ».

    Ses ailes sont entièrement noires et ses pattes sont annelées de rouge et de noir, cette caractéristique lui vaut d’ailleurs son nom. Le rostre (appendice allongé) est replié sous son thorax. Comme les autres espèces de réduve, il lui sert à poignarder sa proie et à lui injecter des sucs digestifs, ce qui lui permet ensuite d’aspirer son repas sous forme liquéfiée. Charmant !

    Nous n’avons malheureusement pas eu la chance de photographier cette prédatrice pour vous illustrer ces explications, mais l’apparence de ses pontes lui est caractéristique et nous a permis d’identifier l’espèce.

    Pontes de Rhinocoris annulatus, la réduve annelée © Léo Micouin

    Celles-ci sont de couleur noire vernissée, et sont facilement reconnaissables par leur collerette blanche. On croirait presque y voir de minuscules bouteilles !

    Plusieurs espèces présentes en France

    Il existe un total de 5 espèces de Rhinocoris, dont 3 qui sont observables en France : Rhinocoris erythropus, Rhinocoris iranundus et Rhinocoris annulatus, notre réduve annelée. La différenciation est parfois difficile mais il existe certains critères discriminants si on regarde bien, notamment sur la couleur du rostre et des pattes.

    Sources (et pour voir des images) :

    Les punaises terrestres, par aramel.free.fr

    Rhinocoris annulatus, denbourge.free.fr

    Irascible mais très beau, par Zoom nature

    Retrouvez d’autres articles sur les punaises :

    La punaise arlequin

    Une punaise en or

    La punaise cuirasse


vendredi 2 octobre 2020

  • Photo mystère d’octobre 2020

     

    Qu’est-ce donc ?

     

    A lundi pour la réponse !

     

    PS : Bonus pour celle ou celui qui trouve aussi le nom de la plante.


mercredi 30 septembre 2020

  • La sagittaire

    En début d’été un informateur m’indique qu’aux bords de la mare de l’Hautil se trouve une plante rare (encore une !) en fleurs à ce moment : une sagittaire. Intéressant, car cette plante aquatique des milieux calmes et stagnants est en effet peu commune dans la région, concentrée essentiellement dans les grandes vallées (l’Ourcq, la Viosne, l’Orge, le Morin, …).

    Station de sagittaire, mare de l’Hautil © CACP – Emilie Périé

    L’espèce indigène, documentée en Île-de-France, est Sagittaria sagittifolia, la sagittaire à feuille de flèche car elle présente des feuilles à pointes aigues et fines comme la pointe d’une flèche. Elle est également reconnaissable à ses fleurs dont les pétales présentent au centre un onglet pourpré.

    Feuilles obtuses de Sagittaria latifolia © CACP – Emilie Périé

    Or, s’il y a bien des sagittaires en fleurs en juillet aux bords de la mare, ce ne sont pas des Sagittaria sagittifolia, mais Sagittaria latifolia, la sagittaire à larges feuilles ! Cette espèce-là a des feuilles obtuses et beaucoup plus larges et des fleurs entièrement blanches. Elle est essentiellement connue sur les rives de la Garonne et de la Dordogne. Que peut-elle bien faire dans un milieu si septentrional ?

    Fleurs entièrement blanches de Sagittaria latifolia © CACP – Emilie Périé

    Sources :

    La flore d’Île-de-France, par Philippe Jauzein et Olivier Nawrot

    La sagittaire à feuille de flèche, par TelaBotanica

    La sagittaire à larges feuilles, par TelaBotanica


lundi 28 septembre 2020

  • Projet chouette un chouette projet
    Chouette hulotte © JA Dufaux, LPO Île-de-France

    En octobre on célèbre habituellement le Jour de la Nuit, une journée de sensibilisation à la pollution lumineuse et à l’activité de la biodiversité la nuit. Cette année, on fête également la nature, de manière générale. Octobre est aussi un mois propice à l’écoute des chouettes. Aussi, en partenariat avec la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO), nous vous proposons pour Octobre 2020 un mois complet dédié à la chouette hulotte.

    Un concours

    La chouette hulotte fait partie des oiseaux à repérer dans l’Atlas de la biodiversité de Cergy-Pontoise. Pour ce mois dédié à la chouette hulotte nous vous proposons un concours d’observation (à vue ou à l’écoute) via l’Atlas. Les règles sont simples : ouvrez l’œil, tendez l’oreille, et si vous repérez une chouette, inscrivez-la dans l’Atlas !

    Trois prix seront décernés :

    • « Grand reporter », à celui ou celle qui aura totalisé le plus grand nombre de chouettes hulottes en des points différents sur le mois d’octobre.
    • « Rencontre insolite », racontez-nous votre rencontre avec la chouette dans la rubrique « remarques » de l’Atlas (Onglet « participez ici »)
    • « Photographe émérite », partagez votre plus belle photo de chouette hulotte prise sur le territoire dans la rubrique photo de l’Atlas (Onglet « participez ici »).*

    *Photographie prise toujours dans le respect de l’animal. Nous comptons sur les participants pour ne pas déranger les animaux au repos, au nid et ne pas abuser du flash.

    Chouettes hulottes de Cergy-Pontoise © CACP

    A ce jour, 5 chouettes sont identifiées dans l’Atlas. A vous de jouer !

    Des sorties

    Chouette hulotte © Alain Peresse, LPO Île-de-France

    Venez participez à l’une des deux promenades à la tombée de la nuit pour écouter les chouettes hulottes.

    • Le vendredi 02 octobre de 19h30 à 21h30 à Boisemont
    • Le vendredi 16 octobre de 19h30 à 21h30 à Maurecourt

    Détails et inscriptions par mail à biodiversite@cergypontoise.

    N’oubliez pas les deux sorties également prévues dans le cadre de la Fête de la Nature !

    Une page Facebook

    Retrouvez tous les détails de l’événement, des sorties et de nombreuses informations complémentaires concernant la chouette hulotte et ses comparses les chouettes chevêche et effraie sur notre page Facebook dédiée !


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