Nature en ville à Cergy-Pontoise | Espace d’information et d’échange pour les acteurs du territoire, ces 365 derniers jours

Espace d’information et d’échange pour les acteurs du territoire



vendredi 25 mai 2018

  • Bébé blatte
    Ectobius pallidus juvénile- Neuville-sur-Oise © CACP – Gilles Carcassès

    J’ai trouvé cet insecte en retournant un carton dans une friche à Neuville-sur-Oise. Cette jeune blatte de jardin y prenait le frais. Il s’agit en fait d’une larve car ses ailes ne sont pas encore développées. Les blattes de jardin consomment les débris végétaux, elles sont de grands transformateurs de la litière et pourvoyeurs d’humus. Ces insectes sont même capables de grignoter les papiers abandonnés.

    Comme leur nom l’indique, les blattes de jardin vivent dans les jardins, ce ne sont pas les mêmes espèces que les blattes des maisons.

    Retrouvez un autre article sur les blattes :

    Blatte de jardin

    Source :

    Les blattes, un article d’Alain Fraval – Insectes 2014


jeudi 24 mai 2018

  • Extra plats
    Larve de Cardinal (Pyrochroa sp.) – parc du château de Grouchy à Osny © CACP – Gilles Carcassès

    Pour chasser sous les écorces des arbres morts, mieux vaut avoir le bon profil ! Cette larve de Pyrochroa est très à l’aise pour se faufiler dans la moindre fente ou galerie à la recherche des larves de buprestes et d’autres insectes xylophages qui font son ordinaire. Les Pyrochroa sont réputés fréquenter surtout les troncs pourrissants des chênes. J’ai trouvé cette larve sous l’écorce d’un peuplier dans le parc du château de Grouchy à Osny. On voit facilement sur la végétation dans les clairières les adultes des deux espèces qui cohabitent dans le parc : Pyrochroa coccinea (à tête noire) et Pyrochroa serraticornis (à tête rouge).

    Pyrochroa coccinea sur un fusain – Osny © CACP – Gilles Carcassès
    Pyrochroa serraticornis – Osny © CACP – Gilles Carcassès

    Sous l’écorce de la même grume de peuplier, j’ai trouvé un autre coléoptère tout plat, un adulte cette fois-ci.

    Hololepta plana – Osny © CACP – Marion Poiret

    Il s’agit de Hololepta plana, de la famille des Histeridae. Contrairement aux autres membres de sa famille qui sont plutôt rondouillards, cette espèce est très aplatie : c’est une adaptation pour son mode de vie particulier. C’est en effet un prédateur de larves d’insectes, de diptères notamment, qu’il chasse sous les écorces des troncs de saules et de peupliers morts.

    Source :

    Le cardinal, par Quel est ce animal ?

    Retrouvez un autre article sur les Pyrochroa :

    Pince monseigneur


mercredi 23 mai 2018

  • Un escargot poilu !
    Trochulus sp. – Menucourt © CACP – Gilles Carcassès

    Des poils sur la coquille

    Ainsi sont les veloutées, de la famille des Hygromiidae. Il existe 11 espèces de Trochulus en France, apparemment de détermination délicate.

    Les Trochulus ne sont pas rares dans les zones humides. J’ai trouvé celui-ci sous une branche pourrie au pied d’un arbre mort dans le parc du château de Menucourt.

    Veloutée – Menucourt © CACP – Gilles Carcassès

    Comme beaucoup d’espèces d’escargots, les veloutées possèdent un « dard d’amour » qu’ils plantent dans le corps de leur partenaire, entre les préludes (embrassades baveuses) et l’accouplement. Cette fléchette acérée est tirée violemment à bout portant par l’effet d’une contraction musculaire. Cette estocade aurait une action favorable sur le succès de la reproduction, le dard étant enduit d’un mucus riche en hormones améliorant la survie des spermatozoïdes.

    Source :

    Le cycle de vie des escargots, par Vigie Nature Ecole


mardi 22 mai 2018

  • Attention à la panthère !
    Pseudopanthera macularia, la panthère © CACP – Gilles Carcassès

    En mai et juin, la panthère rôde dans les clairières !

    A ses antennes, on reconnaît un hétérocère, autrement dit un papillon de nuit. Mais cette espèce est active en plein jour et on la voit butiner toutes sortes de fleurs des plantes basses dans les bois clairs. Elle est classée dans la famille des Geometridae, comme la phalène anguleuse ou le géomètre à barreaux.

    Pseudopanthera macularia © CACP – Gilles Carcassès

    Vu de près, le « pelage » de la panthère a l’air très doux !

    La panthère est univoltine (il n’y a qu’une génération par an), les papillons volent en mai et juin. Puis en été, on pourra observer ses chenilles arpenteuses vert clair sur les feuilles des Lamiaceae : germandrées, lamiers, bugles, menthes, sauges, bugranes… La chrysalide passera l’hiver cachée au sol dans l’attente des chaudes journées du printemps pour donner naissance à la nouvelle génération.

    Source :

    Pseudopanthera macularia, par Papillons de Poitou-Charente

    Retrouvez notre article :

    Attention au tigre !


lundi 21 mai 2018

  • Journée de rencontre technique, session 2018

    Retenez la date sur vos agendas : mardi 26 juin 2018 !

    Les Parcs naturels régionaux du Vexin français et Oise – Pays de France avec la Communauté d’agglomération de Cergy-Pontoise organisent pour la 7 ème année consécutive leur journée de rencontre technique sur la gestion écologique des espaces verts et naturels.

    Rencontre technique 2013, à Plailly (Oise) © CACP – Gilles Carcassès

    Cette année, c’est le PNR Oise – Pays de France qui nous concocte, avec la participation du Syndicat Interdépartemental du Sage de la Nonette, une rencontre dédiée à la prise en compte de l’eau dans les aménagements et les modes de gestion. Nous serons notamment accueillis par les villes de Senlis et Crépy-en-Valois qui nous feront visiter leurs réalisations.

    Les conditions sont les mêmes que l’année dernière :

    • la participation à la journée est gratuite,
    • il faut apporter son pique-nique,
    • on peut inscrire deux personnes par collectivité,
    • l’effectif est limité, les premières inscriptions seront prises en compte,
    • cette journée s’adresse prioritairement aux jardiniers, cantonniers et élus des collectivités des trois territoires organisateurs.

    Inscriptions

    La date limite pour les inscriptions est fixée au 19 juin 2018. Pour s’inscrire, il faut envoyer un mail en indiquant son nom, prénom, fonction, adresse de messagerie et téléphone aux personnes suivantes, selon le cas :

    • pour le territoire du PNR Oise-Pays-de-France, à Solange Duchardt : s.duchardt@parc-oise-paysdefrance.fr
    • pour le territoire du PNR du Vexin français, à Magali laffond : m.laffond@pnr-vexin-francais.fr
    • pour le territoire de la Communauté d’agglomération de Cergy-Pontoise à Gilles Carcassès : biodiversite@cergypontoise.fr

    Le programme détaillé sera communiqué aux personnes inscrites.

    Retrouvez le reportage sur la rencontre technique 2017 :

    Retour sur la rencontre technique à Vauréal le 28 septembre 2017


vendredi 18 mai 2018

  • Le Gazé
    Aporia crataegi, le gazé © CACP – Gilles Carcassès

    Ce beau papillon aux ailes diaphanes est le Gazé. Ses nervures bien marquées de noir le distinguent aisément des autres piérides plus communes.

    Sur la liste des espèces protégées en Ile-de-France, il était présent dans le Val d’Oise jusqu’en 2007, mais il semble bien que ses populations se soient éteintes et qu’il ait disparu au niveau régional. Reviendra-t-il dans notre département ? Ce papillon vole en juin, en attendant on peut chercher ses chenilles sur l’aubépine, sa plante-hôte.

    Chenilles d’Aporia crataegi – Doubs © CACP – Gilles Carcassès

    Arrivées au terme de leur cinquième et dernier stade de croissance en mai, ces chenilles ont complètement dévoré le feuillage d’une aubépine. Elles s’attaquent maintenant aux tiges des rameaux de l’année.

    Le solide appétit de la chenille du Gazé © CACP – Gilles Carcassès

    La ponte effectuée par le papillon courant juin donnera de petites chenilles tout juste capables d’entamer l’épiderme des feuilles. Elles passeront l’hiver au deuxième stade larvaire dans un modeste cocon collectif.

    Le cocon collectif d’hivernage des chenilles du Gazé © CACP – Gilles Carcassès

    Une chenille au dernier stade passe sur le cocon d’hivernage. On aperçoit sur le rameau quelques mues des jeunes chenilles.

    Source :

    Le Gazé, dans Les pages entomologiques d’André Lequet

    Retrouvez une autre piéride dans cet article :

    L’aurore de la cardamine


jeudi 17 mai 2018

mercredi 16 mai 2018

  • La saperde perforée
    Saperda perforata – parc du château de Grouchy à Osny © CACP – Gilles Carcassès

    Saperda perforata, une espèce en extension vers l’ouest

    Cette saperde d’Europe centrale est longtemps restée une rareté alsacienne, connue seulement de la région de Haguenau, dans le Bas-Rhin ; sa première mention dans cette localité date de 1866. Elle a gagné le Haut-Rhin en 1974, puis est signalée dans les Hautes-Alpes en 1995, elle est ensuite observée dans l’Allier et dans la région Centre en 1997. Aujourd’hui, elle semble bien établie dans les Alpes et le centre de la France et est attestée en Seine-et-Marne et dans l’Oise. Elle aurait été vue aussi dans les Yvelines et en Essonne.

    Carte de répartition de Saperda perforata, par l’INPN

    Je suis content de pouvoir ajouter le Val d’Oise au domaine de ce superbe coléoptère. Mon observation viendra verdir la carte de répartition de l’espèce sur le site de l’INPN lorsque la donnée sera intégrée, l’an prochain sans doute.

    La saperde perforée est inféodée aux peupliers. Sa larve se développe sous l’écorce des arbres morts. Il paraît que lorsque la larve consomme le bois d’un peuplier tremble, l’adulte est de couleur grise.

    Source :

    Extension en Île-de-France de Saperda perforata, par Philippe REISDORF, Pierre ZAGATTI et Nicolas MOULlN (2012)


mardi 15 mai 2018

lundi 14 mai 2018

  • Humbles habitants de la rue de l’écureuil
    Plantules – rue de l’écureuil à Cergy © CACP – Gilles Carcassès

    La rue de l’écureuil, au trois quarts en passage sous dalle, encaissée entre de hauts murs, n’est pas la voie la plus verte de Cergy-Pontoise. Pourtant des plantes y prospèrent. Ces jeunes Polygonaceae ont germé dans une fissure du trottoir. Plus loin, c’est une touffe de pariétaire de Judée qui garnit la base d’un poteau à l’entrée d’une rampe de parking souterrain.

    Parietaria judaica © CACP – Gilles Carcassès
    Gaillet gratteron et euphorbe des jardins © CACP – Gilles Carcassès

    Un pied de gaillet gratteron accompagne des euphorbes des jardins et une lampsane commune au pied d’un mur. Mais quelles sont donc ces fines feuilles bleutées qui se cachent tout à droite ?

    Semis de cèdre © CACP – Gilles Carcassès

    C’est une graine du grand cèdre de la résidence voisine qui a trouvé là suffisamment d’humus accumulé pour germer !

    Lychnis coronaria © CACP – Gilles Carcassès

    Et celle-ci ? Une coquelourde des jardins ! J’en avais planté quelques pieds dans les jardinières de la dalle il y a sept ans. Là-haut ces plantes n’ont pas duré. Mais une graine voyageuse a fait souche sur ce trottoir décidemment bien accueillant. Je l’aime bien, cette rue de l’écureuil.

    Avec le programme Sauvages de ma rue, vous aussi, vous pouvez inventorier les plantes des trottoirs : avec le site dédié et le petit livre illustré en couleurs, c’est un vrai jeu d’enfants !


vendredi 11 mai 2018

  • L’orchis brûlé

    Facile à reconnaître, avec ses boutons floraux cramoisis !

    L’orchis brûlé © CACP – Gilles Carcassès

    Neotinea ustulata, l’orchis brûlé, apprécie l’herbe rase et les situations très chaudes. L’embroussaillement des pelouses calcaires lui fait partout perdre du terrain. Cette espèce rare en Ile-de-France subsiste dans le Val d’Oise sur quelques sites : Vienne-en-Arthies, Parmain, Nesles-la-Vallée. Comme elle est de petite taille et de floraison précoce, cette orchidée est discrète et sa répartition est peut-être sous-estimée. Sa floraison la rendant visible, c’est le moment de prospecter les coteaux calcaires et de découvrir de nouvelles stations !

    Neotinea ustulata © CACP – Gilles Carcassès

    Ne dirait-on pas de petits bonshommes en pyjama à pois ?

    Téléchargez notre livret d’identification :

    Les orchidées sauvages de Cergy-Pontoise et du Vexin français


jeudi 10 mai 2018

  • Blanche et plissée

    En explorant méthodiquement les branches basses d’un chêne, j’ai trouvé une drôle de chenille blanche toute plissée !

    Au revers d’une feuille de chêne – Eaubonne © CACP – Gilles Carcassès
    Larve d’Apethymus filiformis © CACP – Gilles Carcassès

    Vue de tout près, elle semble verte et recouverte d’une couche de poudre blanche. En plus de ses trois paires de pattes thoraciques, elle est dotée de deux rangées de fausses pattes abdominales. Elle m’en montre au moins six, ce qui confirme mon impression : ce n’est pas une chenille, mais une larve de symphyte, autrement dit une fausse chenille. Adulte, elle sera un hyménoptère, et pas un papillon.

    Apethymus fifliformis est l’une des espèces de symphytes que l’on peut rencontrer sur les chênes. Mais elle est très peu observée, peut-être est-elle rare, ou simplement discrète ? Ou alors, peut-être que ce sont les naturalistes qui retournent les feuilles des chênes au mois de mai qui sont rares ?

    Retrouvez nos articles sur les larves de symphytes :

    La fausse chenille du faux sureau

    Belle découverte sur une scutellaire

    Periclista, tenthrède du chêne

    Charmeuse de serpents


mercredi 9 mai 2018

  • Sortie nature au parc du peuple de l’herbe
    Observations au bord d’une mare © CACP – Gilles Carcassès

    Le 25 avril, l’équipe du parc du peuple de l’herbe proposait une sortie nature, animée par la Ferme d’Ecancourt : « Sur la trace des animaux à sang-froid ». Le public est reparti incollable sur la vie des reptiles et des batraciens !

    Ce fut l’occasion de découvrir aussi une plante rare emblématique du parc, la renoncule à petites fleurs.

    Ranunculus parviflorus, la renoncule à petites fleurs © CACP – Gilles Carcassès

    Huit autres sorties sont proposées de juin à novembre au parc du peuple de l’herbe : découvrez le programme des sorties nature de la saison 2018.

    La serre à papillons de la Maison des insectes © CACP – Gilles Carcassès

    Bien sûr, on profite de sa venue au parc pour visiter la Maison des insectes ! Des animateurs très compétents vous y attendent et répondront à toutes vos questions.

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mardi 8 mai 2018

  • La viorne lantane
    Viburnum lantana – côte des Closbilles à Vauréal © CACP – Gilles Carcassès

    La viorne lantane, ou mancienne, (Viburnum lantana) pousse en compagnie du cornouiller sanguin, du troène, du cornouiller mâle et de l’aubépine, en lisière des bois sur sol calcaire. A ses fleurs épanouies en mai succèdent des fruits rouges puis noirs à maturité.

    Un bel arbuste pour la haie

    Voilà encore un bon arbuste pour une haie champêtre, très rustique et vraiment pas difficile. On peut trouver en pépinières une forme compacte ‘Mohican’ qui ne dépasse pas 2,50 m et une variété dorée ‘Aureum’ au feuillage lumineux.

    Des ravageurs ?

    Parmi les insectes qui fréquentent cette plante, citons la galéruque de la viorne, dont les défoliations sont cependant bien moins spectaculaires que sur la viorne obier.

    Larve de galéruque de la viorne, Pyrrhalta viburni © CACP – Gilles Carcassès

    Une cécidomyie peut provoquer des galles sur ses feuilles, mais elle est rarement observée.

    Galles dues à Sackenomyia reaumurii sur le revers d’une feuille de Viburnum lantana © CACP – Gilles Carcassès

    Retrouvez nos articles :

    La viorne de Bodnant

    La galéruque de la viorne

     


lundi 7 mai 2018

  • L’amateur de fibres longues

    Bravo à Laurent, Catherine et Florent qui ont résolu l’énigme de la photo mystère de mai 2018 !

    L’écureuil roux © CACP – Gilles Carcassès

    Le vandale du sequoia est notre gentil écureuil roux. Il aime beaucoup confectionner son nid avec des lanières d’écorces prélevées sur les troncs de certains conifères et sur des branches mortes de tilleuls, ou parfois de saules, d’ormes ou de chênes.

    Tronc de séquoia pelé par l’écureuil © CACP – Gilles Carcassès

    Il y est allé de bon cœur !

    Séquoia au jardin botanique de Strasbourg © CACP – Gilles Carcassès

    Voici des traces encore plus spectaculaires. Le personnel du jardin botanique de Strasbourg m’a rapporté le va-et-vient incessant chaque année d’un couple d’écureuils emportant de longues fifres détachées du tronc !

    Source :

    Etranges dégâts aux troncs d’arbre, par Klaus Dengler, (2013) Waldwissen.net

    Retrouvez notre article :

    Où voir des écureuils ?


vendredi 4 mai 2018

  • La photo mystère de mai 2018
    Chèvre sportive © Ferme pédagogique de Pontoise

    On savait les chèvres de la ferme pédagogique de Pontoise bonnes grimpeuses.

    Au parc du château de Marcouville à Pontoise © CACP – Gilles Carcassès

    Mais là-haut, tout de même ! Elles se font la courte échelle ?

    Dégât sur un tronc de séquoia © CACP – Gilles Carcasses

    A lundi, pour découvrir qui sont les vrais coupables !


jeudi 3 mai 2018

  • Violettes dans les bois
    Violettes en fleurs © CACP – Gilles Carcassès

    Par endroits, les sous-bois en forêt de Saint-Germain sont tapissés de cette jolie violette. Contrairement à la violette odorante, qui est plus précoce, les fleurs de cette espèce ne sont pas parfumées.

    Viola sp. © CACP – Gilles Carcassès

    La détermination des Viola est difficile, il faut combiner plusieurs critères : largeur et proportions des pétales, forme des feuilles, franges des stipules, longueur des sépales, pilosité de la tige, du style ou de la capsule… En Ile-de-France, on peut rencontrer 12 espèces de Viola. Ma vieille flore de Fournier en dénombre 51 espèces et sous-espèces pour la France, plus une palanquée d’hybrides, à décourager les apprentis botanistes !

    Avec ses fleurs larges et son éperon épais et très clair, je rangerais bien celle-ci dans l’espèce Viola riviniana. A moins que ce ne soit Viola reichenbachiana, une espèce très ressemblante, et très fréquente également en forêt... Ces deux Viola sont communes dans les chênaies. Très rustiques et se ressemant facilement, on peut les utiliser en couvre-sol pour les zones de demi-ombre au jardin.

    Les violettes sont consommées par les chenilles du Tabac d’Espagne, le plus grand des papillons nacrés de notre région.

    Argynnis paphia, le Tabac d’Espagne © CACP – Gilles Carcassès

    Source :

    Violette de Rivin, par aujardin.info

    Retrouvez notre article :

    Le tabac d’Espagne


mercredi 2 mai 2018

  • Le groseillier doré
    Groseillier doré – Pontoise © CACP – Gilles Carcassès

    Un bel arbuste injustement méconnu

    Ribes odoratum porte bien son nom : son abondante floraison est très parfumée ! En automne, le feuillage de cet arbuste originaire d’Amérique, se colore de rouge et de pourpre. Il n’est pas difficile quant au sol ni pour l’exposition. Il ne nécessite pas de taille et ne dépassera guère 1, 50 mètre. Bref, c’est un excellent candidat pour une haie fleurie et variée pour les petits jardins !

    Ribes odoratum © CACP – Gilles Carcassès

    Quel parfum suave !

    Certains lui trouvent un parfum d’œillet, avec une pointe de girofle et de miel…

    Où le voir et le trouver ?

    Vous pouvez admirer cet arbuste de collection à l’entrée du château de Marcouville à Pontoise. Dans le site Floriscope, il est référencé sous le nom de Ribes aureum var. villosum. Il est assez facile de se le procurer :  quatre pépinières en France le proposent. En Ile-de-France, cet arbuste est au catalogue du GIE Pépinières franciliennes.

    En savoir plus sur l’intérêt des haies variées au jardin :

    Protéger son jardin grâce aux haies et massifs champêtres, sur le site Jardiner Autrement


mardi 1er mai 2018

  • Fine mouche en dentelles noires
    Epiphragma ocellare – Pontoise © CACP – Gilles Carcassès

    Dans le parc du château de Marcouville, j’ai rencontré cette charmante bestiole posée sur la feuille d’un houx. Quelles ailes étonnantes : on les dirait peintes par un artiste ! Au début, je l’ai cherchée chez les Tipulidae…

    Ceci n’est pas une tipule !

    Epiphragma ocellare, facilement reconnaissable aux dessins en ocelles de ses ailes, est un représentant de la famille des Limoniidae, la plus nombreuse des diptères avec plus de 10 000 espèces dans le Monde (dont 500 en Europe).

    Chez les Limoniidae, les adultes ne vivent que quelques jours, tout au plus deux semaines. La femelle d’Epiphragma ocellare pond dans le bois pourri où vivent ses larves. Sur cette photo, l’extrémité non pointue de l’abdomen montre qu’il s’agit d’un mâle.

    Epiphragma ocellare © CACP – Gilles Carcassès

    Et comment différencie-t-on les Tipulidae des Limoniidae ?

    Les antennes des premiers ont 13 articles, et celles des Limoniidae 14 à 16. Mais il faut une bonne loupe ! A part ça, les Limoniidae ont souvent les ailes marquées par des taches ou des dessins contrastés, ce qui n’est généralement pas le cas chez les Tipulidae.

    Tête de Tipulidae. © CACP – Gilles Carcassès
    Tipula maxima (femelle) – Saint-Ouen l’Aumône © CACP – Gilles Carcassès

    Tipula maxima, aux ailes présentant des taches contrastées, est une exception chez les Tipulidae.

    Retrouvez notre article :

    La grande tipule


lundi 30 avril 2018

vendredi 27 avril 2018

  • La cétoine punaise
    L’inconnu du pissenlit © CACP – Gilles Carcassès

    Quel est donc ce coléoptère enfoui dans une inflorescence de pissenlit ?

    J’entreprends une exfiltration pour mieux lui tirer le portrait.

    Valgus hemipterus – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

    Des antennes en lamelles ?

    Ce serait donc un membre de la famille des Scarabaeidae (un scarabée, pour simplifier) ? Je l’ai trouvé tout à la fin de la galerie de sa grande famille : c’est Valgus hemipterus, appelé aussi cétoine punaise.

    Les larves de cet insecte assez proche des cétoines dorées se développent dans le bois à la base des troncs morts debout. Il est facile à reconnaître avec sa petite taille et ses élytres noirs ornés d’écailles claires. Ceux-ci sont aussi nettement plus courts que l’abdomen. C’est pour ce dernier caractère qu’il est nommé « hemipterus » (demi-aile), d’où son nom vernaculaire de cétoine punaise, les punaises étant de l’ordre des hémiptères.

    Valgus hemipterus mâle – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

    Mâle ou femelle ?

    La femelle possède une longue tarière, ce qui est peu commun pour un coléoptère. A l’aide de cet appendice, elle introduit ses œufs dans le bois mort.

    Avec son derrière rebondi et sans tarière, mon Valgus est clairement un mâle. Les coléoptéristes l’affirment, il est difficile d’observer la femelle, en tout cas sur les fleurs, où l’on ne voit pratiquement que des mâles. Ceux-ci ne seraient pas plus nombreux que les femelles. Simplement, ces dames sont plus discrètes et s’éloigneraient peu des lieux de ponte.

    La patience de mon insecte a atteint rapidement ses limites et il m’a faussé compagnie en s’envolant brusquement. Par delà les ronces, il a filé vers un bosquet de vieux frênes.

    Sources :

    Valgus hemipterus, par Amiens faune et flore

    Valgus hemipterus, par Le jardin de Lucie


jeudi 26 avril 2018

mercredi 25 avril 2018

  • Retour sur la transhumance 2018

    La traditionnelle transhumance de Cergy-Pontoise fut un très beau succès, amplifié cette année par la présence des nombreux bénévoles engagés dans les équipes d’accompagnement des joëlettes, ces étonnants fauteuils tous terrains.

    Voici quelques images de ces deux belles journées des 7 et 8 avril 2018 :

    Samedi 7 avril 2018, le troupeau est rassemblé pour le départ à la ferme d’Ecancourt © CACP – Marion Poiret
    Une équipe de bénévoles à l’œuvre dans un passage délicat © CACP – Marion Poiret

    Dix joëlettes avaient été mobilisées pour l’occasion, permettant à autant de personnes handicapées de participer pleinement à l’événement.

    Naissance d’une vocation © CACP – Marion Poiret
    Cétoine dorée © CACP – Gilles Carcassès

    Cette cétoine traversait le chemin au moment de l’arrivée du troupeau. Pas sûr qu’elle s’en remette…

    Un service d’ordre impeccable © CACP – Gilles Carcassès

    Un grand bravo à la Ferme d’Ecancourt pour la qualité de l’organisation et à tous les bénévoles pour leur implication !

    Anemone blanda © CACP – Gilles Carcassès

    Surprise au bord du chemin dans les bois de Vauréal, une anémone blanda, échappée d’un jardin !

    A Cergy-le-Haut © CACP – Gilles Carcassès

    On emprunte sagement les passages piétons.

    Retrouvez d’autres images dans notre diaporama paru dans 13 comme une.


mardi 24 avril 2018

lundi 23 avril 2018

  • Pervenches en variétés

    Les pervenches sont appréciées au jardin comme couvre-sol pour garnir des zones semi-ombragées. Leur emploi constitue une bien meilleure solution que de s’obstiner à faire pousser une pelouse qui restera maigrichonne sous le couvert des arbres.

    Vinca minor dans les bois d’Aigremont © CACP – Gilles Carcassès

    Vinca minor, la petite pervenche, est l’espèce indigène du genre en Ile-de-France. Quand on la trouve près des maisons, elle peut être une échappée des jardins, car la plante se naturalise facilement. C’est la plus basse des Vinca, elle convient à merveille pour de beaux tapis réguliers qui fleurissent généreusement si la situation n’est pas trop sombre.

    Il existe de nombreuses variétés de petite pervenche. Le site Floriscope en répertorie 58, en vente dans des pépinières françaises.

    Petite pervenche blanche © CACP – Gilles Carcassès

    J’ai vu de beaux tapis de petite pervenche à fleurs blanches dans le parc du château de Marcouville à Pontoise. Celle illustrée ci-dessus se mêle au lierre dans mon jardin et refleurit vaillamment chaque année.

    Vinca minor ‘Atropurpurea’ © CACP – Gilles Carcassès

    La variété ‘Atropurpurea’ séduit par le ton délicat de ses fleurs. Je la vois progresser d’année en année dans mon jardin, tout doucement mais sûrement.

    Vinca major © CACP – Gilles Carcassès

    Vinca major, la grande pervenche, est plus vigoureuse que la petite pervenche et son feuillage est nettement moins fin.

    Vinca acutiloba © CACP – Gilles Carcassès

    Pour des situations de jardin sauvage, et avec un peu de place, on peut choisir Vinca acutiloba capable de « tapisser » (en faisant des vagues) sur 50 centimètres d’épaisseur !

    Les pervenches s’étalent par leurs tiges traçantes au niveau du sol.

    De la famille des Apocynacées, comme les Asclepias, le laurier-rose, les Gomphorcarpus et les Cynanchum, ce sont des plantes toxiques.


vendredi 20 avril 2018

  • Le bon usage du biocontrôle

    Après la fiche sur la pyrale du buis, le site Jardiner Autrement s’est enrichi de nouvelles fiches sur les outils de biocontrôle. Voici celle qui concerne la lutte contre le carpocapse, ce papillon dont la chenille fait des trous dans les pommes !

    Dégât de carpocapse sur pomme © CACP – Gilles Carcassès

    Pour lutter contre les carpocapses, vous pouvez notamment installer des nichoirs à mésanges, à chauves-souris et des abris pour les forficules.

    Sur la page du site Jardiner Autrement dédiée aux fiches techniques, la catégorie « Biocontrôle » va progressivement s’enrichir de nouvelles fiches détaillées et très pratiques, fruit d’une collaboration efficace entre la Société Nationale d’Horticulture de France (SNHF), la Fédération Nationale des Métiers de la Jardinerie (FNMJ) et l’Académie du Biocontrôle. Une visite s’impose !


jeudi 19 avril 2018

mercredi 18 avril 2018

  • Les deux muscaris

    La floraison des muscaris à grappes marque l’arrivée du printemps. Les fleurs de cette plante bulbeuse qui exhalent un léger parfum de prunes montrent un remarquable dégradé de bleu.

    Muscari neglectum – Neuville-sur-Oise © CACP – Gilles Carcassès

    En Ile-de-France, on peut rencontrer une autre espèce de muscari, plus tardive et plus haute, c’est le muscari à toupet.

    Muscari comosum – vu à l’Ile de loisirs de Cergy-Pontoise © CACP – Gilles Carcassès

    Le muscari à toupet (Muscari comosum) est consommé dans les Pouilles : ses bulbes sont vendus sur les marchés sous le nom de lampascioni. On les fait bouillir à l’eau vinaigrée avant de les conserver dans de l’huile d’olive aromatisée au piment, au poivre et au laurier.

    Muscari comosum et Muscari neglectum ont tous deux une origine méditerranéenne. Compte tenu de leur présence très ancienne en Ile-de-France, ces deux plantes sont toutefois considérées comme indigènes dans notre région. Autrefois les muscaris étaient des adventices des vignes, comme le souci des champs. Ils affectionnent toujours les lieux chauds et secs. On les trouve aujourd’hui dans les sols maigres sur les talus, au bord des champs, dans les jachères, parfois aux emplacements des anciennes vignes.

    Muscari neglectum sur un talus au bord d’une rue de Neuville-sur-Oise © CACP – Gilles Carcassès

    Les muscaris se reproduisent surtout végétativement par la multiplication des bulbes. Leurs graines d’ailleurs germent très mal. Ces plantes entrent en dormance en été, ce qui les rend particulièrement résistantes à la sécheresse. Pour cette raison, elles sont d’un bon emploi en toiture végétalisée ou en plantation de pied d’arbres.

    Sources :

    Muscari neglectum, par Ephytia (INRA)

    Muscari à toupet : mi-punk, mi-oignon, par Sauvages du Poitou


mardi 17 avril 2018

  • Participez au concours Jardiner Autrement 2018 !

    Le concours “Jardiner autrement, réduisons l’usage des pesticides au jardin” récompense depuis 2011 les jardiniers engagés dans des démarches de jardinage respectueuses des équilibres biologiques au jardin. Il est ouvert à toutes les personnes résidant en France métropolitaine qui souhaitent partager leur passion du jardinage, que ce soit en pleine terre ou en pot et indépendamment de la surface cultivée.

    Jardiner Autrement, porté par la Société Nationale d’Horticulture de France, constitue l’action phare du plan Ecophyto 2 dédiée aux jardiniers amateurs.

    Vous avez jusqu’au 27 mai 2018 pour vous inscrire au concours et tenter de gagner un très sympathique week-end de récompense pour deux personnes, sur le thème du végétal et du jardinage respectueux de la nature.

    Critères, règlement, inscription vous sont présentés dans cette page

    Les lauréats (millésime 2015) et membres du jury du concours Jardiner Autrement en voyage en Alsace © SNHF

lundi 16 avril 2018

  • Le lamier pourpre
    Lamium purpureum, le lamier pourpre – Osny © CACP – Gilles Carcassès

    Ces jours-ci, le lamier pourpre illumine les bords des chemins ! On aura reconnu les caractéristiques indicatrices d’une Lamiaceae : la tige carrée, les feuilles opposées décussées (décalées de 90° à chaque entre-nœud), la fleur à deux lèvres, comme une gueule grande ouverte qui paraît-il évoque Lamia, une ogresse de la mythologie grecque. Cette espèce est facile à reconnaître avec ses jeunes feuilles franchement pourprées.

    Les jardiniers connaissent bien le lamier pourpre, car c’est une adventice fréquente des potagers. On peut utilement lui épargner la binette en hiver en la laissant jouer son rôle de couvre-sol qui protège de l’érosion et évite la battance de la terre par les pluies. Au moment de la préparation des planches pour les semis de printemps, elle sera très facile à éliminer.

    Autre bienfait : elle fleurit toute l’année, offrant en continu des ressources alimentaires aux insectes auxiliaires.

    La dispersion de ses graines est aidée par les fourmis, qui sont attirées par une excroissance charnue à la base des akènes. Celle-ci constitue une source précieuse de lipides pour leurs larves. Aussi elles les collectent et les transportent dans leur fourmilière pour l’élevage du couvain.

    Sources :

    Lamier pourpre, le cœur sur la feuille, par Sauvages du Poitou

    Lamium purpureum, par Ephytia (INRA)


vendredi 13 avril 2018

  • Perce-pierre
    Saxifraga tridactylites – au Verger, à Cergy © CACP – Gilles Carcassès

    Toute petite chose !

    Cette plante annuelle qui pousse dans la fissure d’une dalle ne mesure que quelques centimètres de haut. Elle est très commune, mais discrète et on passe facilement à côté d’elle tous les jours sans la voir. Spécialiste des falaises rocheuses et des pelouses sableuses très maigres, elle fréquente aussi les trottoirs des villes. Saxifraga tridactylites est appelée aussi perce-pierre en raison de sa capacité à se développer dans la moindre fissure. Ses feuilles de la base prennent souvent de belles teintes rouges.

    Le saxifrage à trois doigts – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

    La plante est couverte de poils glanduleux et des graines volantes du secteur sont venues se coller à elle. Cet été, elle sera morte. En se décomposant, elle fournira un peu d’humus où germera peut-être une de ces graines captives…

    Le saxifrage à trois doigts – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

    Ne sont-elles pas charmantes, ces feuilles charnues en forme de petites pattes d’oiseaux ?

    Retrouvez d’autres articles sur les fleurettes blanches du printemps :

    La drave printanière et le cranson du Danemark

    La fleurette et le camionneur

    Et voici l’autre saxifrage qui pousse en Ile-de-France :

    L’herbe à la gravelle

    Source :

    Saxifrage à trois doigts, par Sauvages du Poitou


jeudi 12 avril 2018

mercredi 11 avril 2018

  • L’ortie : bienvenue au jardin !

    Voilà une plante qui ne fait pas l’unanimité : elle est urticante, ses fleurs ne sont pas décoratives et elle a une forte tendance à coloniser l’espace dans les sols riches de nos jardins.

    Et pourtant, l’ortie est pleine d’atouts !

    D’abord, c’est une plante comestible et c’est une qualité bien estimable pour une plante de jardin. En soupe, en gratin, dans des galettes, les jeunes pousses d’orties sont délicieuses.

    Couple de coccinelles sur une feuille d’ortie dioïque © CACP – Gilles Carcassès

    C’est aussi une plante favorable aux insectes auxiliaires car elle abrite une entomofaune très riche.

    Et puis, c’est une plante utilisée en macération par de nombreux jardiniers pour la protection des plantes. Longtemps ballotée dans des rebondissements réglementaires et des polémiques, l’ortie a trouvé sa place : le 9 mars 2017, Urtica spp. a été officiellement approuvée par la Commission européenne en tant que substance de base. A noter que l’approbation vaut pour les deux espèces Urtica dioica, plante vivace et Urtica urens, annuelle. Les jardiniers utilisent classiquement l’ortie dioïque (Urtica dioica) plus commune et beaucoup plus haute que l’ortie brûlante.

    Une substance de base, qu’est-ce que c’est ?

    Le règlement européen CE n°1107/2009 définit, dans son article 23, les substances de base comme « des substances principalement non utilisées comme des produits phytopharmaceutiques, mais qui sont utiles pour la protection des végétaux, et dont l’intérêt économique pour faire approuver ces substances peut être limité. »

    La liste des substances de base approuvées par la Commission européenne est tenue à jour par l’Institut Technique de l’Agriculture Biologique (ITAB).

    Les substances de base peuvent être d’origine végétale, animale ou minérale. Ainsi, par exemple, la bière, le petit lait, le fructose, l’huile de tournesol, le vinaigre sont des substances de base. Trois plantes ont rejoint la liste des substances de base : l’ortie, la prêle et le saule. D’autres ont été recalées, comme la tanaisie, la bardane ou l’armoise en raison de préoccupations liées à la présence de composés toxiques dans ces plantes. Si l’utilisation de l’ortie a été jugée sans préoccupation particulière, le dossier d’approbation n’est cependant pas garant de l’efficacité du produit pour les usages proposés. Voir aussi à ce sujet la synthèse du conseil scientifique de la Société Nationale d’Horticulture de France.

    Pour quels usages ?

    L’ortie a été approuvée pour une fonction insecticide, acaricide et fongicide, et pour deux préparations :

    • Application par pulvérisation
      Placez dans un litre d’eau 75 g de feuilles fraiches d’ortie ou 15 g de feuilles sèches (choisir de jeunes pousses non montées en graines, propres et nettoyées).
      Mélangez la préparation quotidiennement.
      Laissez macérer 3-4 jours à 20°C. La fermentation peut être facilitée si l’ortie a été préalablement hachée.
      Puis filtrez la macération et diluez dans 5 fois son volume en eau potable.

    Placez la préparation dans un récipient fermé et identifié.

    • Application d’un paillis/mulch
      Mélangez 83 g d’ortie sèche (partie aérienne) par kg de paillis ou mulch.

    Le rapport d’examen (traduit en français par nos amis belges) liste les usages et conditions d’emploi sur de nombreuses cultures parmi lesquelles : pommier, prunier, pêcher, groseillier, noyer, cerisier, vigne, pomme de terre, haricot, laitue, endive, choux, colza, radis, concombre, courgette, melon, potiron, tomate, arbres et arbustes ornementaux, rosiers… Les emplois en mulch concernent le concombre, la tomate, les rosiers, les arbres et arbustes d’ornement.

    Chenille de la petite tortue sur l’ortie dioïque © CACP – Gilles Carcassès

    La substance de base Urtica spp. est utilisable en agriculture biologique.

    Retrouvez nos articles sur les orties :

    Le petit monde des orties

    Ma recette de gratin d’orties


mardi 10 avril 2018

  • Un concours photos sur la gestion écologique des espaces verts

    Un concours photos national ouvert à tous

    Plante et Cité lance un concours photo dont l’objectif est de valoriser les pratiques de gestion écologique des espaces verts et d’en véhiculer une image positive.

    Trottoir à Maurecourt © CACP – Gilles Carcassès

    Vous pouvez envoyer une photo de parc, jardin, espace naturel aménagé, cimetière ou trottoir en gestion écologique pour chacune des quatre catégories ouvertes au concours : paysage, faune, flore, hommes.

    L’entrée du cimetière naturel de Souché à Niort © CACP – Gilles Carcassès

    Qu’est-ce qu’on gagne ?

    Des livres, et la gloire de participer à une exposition itinérante grand format qui sera mise à disposition par Plante et Cité.

    Pour participer

    Inscrivez-vous avec ce formulaire en ligne. Vous avez jusqu’au 31 juillet 2018.

    Retrouvez nos articles :

    Un cimetière vraiment naturel

    Les beaux trottoirs de Maurecourt


lundi 9 avril 2018

  • L’arbre à sangliers

    Bravo à Béatrice, Juliet et Colette qui ont les premières reconnu le passage des sangliers ! Et une mention spéciale à Laurent Lebot de THEMA Environnement pour la précision de son commentaire.

    Avez-vous déjà essayé de vous frotter à un tronc d’épicéa ?

    Ça gratte fort ! Les sangliers adorent…

    Frottoir à sangliers – parc du château de Menucourt © CACP – Gilles Carcassès

    A la base du tronc, on remarque une coloration gris terne : c’est de la boue séchée ! Les sangliers font ainsi leur toilette : un bon bain de boue dans une souille bien fangeuse, puis une séance de gratte-dos sur le tronc d’un arbre pour enlever la boue. Ces croûtes de boue sont nommées houzures, leur hauteur sur le tronc renseigne sur le gabarit des animaux qui fréquentent le frottoir.

    Et les traces noires au-dessus ? C’est un truc de chasseurs : un badigeon de goudron de Norvège, les sangliers adorent cette odeur et ça les aide à se débarrasser des parasites. A mon avis, il y a là-dessous des intentions pas très pures. Je ne crois pas que ce soit juste pour leur faire plaisir.

    Petite remarque en passant : un chasseur respectueux de la nature ne balance pas le bidon vide de goudron de Norvège dans les fourrés…


vendredi 6 avril 2018

  • La photo mystère d’avril 2018

    Oh là ! qu’est-il donc arrivé à ce gros épicéa ?

    Epicéa mystère – Menucourt © CACP – Gilles Carcassès

    Vu dans le parc du château de Menucourt

    Indice : drôle d’odeur…


jeudi 5 avril 2018

  • Le séneçon visqueux
    Senecio viscosus, le séneçon visqueux © CACP – Gilles Carcassès

    Cette plante glanduleuse (et même collante) se contente de très peu : elle colonise ici une allée de service en graviers de l’hôpital d’Argenteuil.

    Floraison du séneçon visqueux © CACP – Gilles Carcassès

    Ses fleurs rappellent celles du séneçon jacobée, mais la plante est beaucoup plus basse.

    Senecio viscosus, en rosette © CACP – Gilles Carcassès

    C’est une plante bisannuelle (les botanistes disent thérophyte hivernal), elle germe à l’automne, passe l’hiver sous forme de rosette et fleurit l’été suivant.

    En Ile-de-France, la plante, indigène ou naturalisée selon les endroits, est peu commune. Elle se dissémine principalement à la faveur du réseau ferré où elle apprécie le ballast. On la trouve aussi dans les clairières, les jachères, sur les décombres, les remblais et aux abords des usines… Dans le Guide des groupements végétaux de la région parisienne, elle est citée dans la végétation des « hautes friches héliophiles à composées épineuses », sur sols secs et caillouteux, plus ou moins remués, irrégulièrement entretenus, en situation ensoleillée. Elle côtoie souvent le mélilot blanc.

    Cette plante à odeur fétide est toxique, et dangereuse pour le bétail.

    Sources :

    Le séneçon visqueux, par le blog de l’Association Nature Alsace Bossue

    Guide des groupements végétaux de la région parisienne, de Marcel Bournérias, Gérard Arnal, Christian Bock (Belin)

    Retrouvez un autre séneçon des voies ferrées :

    Le séneçon de Mazamet

    Retrouvez le séneçon jacobée et le séneçon commun dans ces articles :

    La goutte de sang

    Ni bonnes ni mauvaises

     


mercredi 4 avril 2018

mardi 3 avril 2018

  • La saga du sanglochon
    Croisés dans un rue de Châteauneuf-en-Auxois (21) © CACP – Gilles Carcassès

    Sanglochon ? Sanglochon ? Ça n’existe pas !

    Si, si, ça existe : c’est un mot-valise, créé par l’amalgame de deux mots. Japoniaiserie, alicament, progiciel, draculapin, franglais, celibattante sont des mots-valises passés dans la langage courant. Alors, notre sanglochon, un raccourci entre sanglot et ronchon pour traduire la mine ravagée du paysan devant son champ de maïs dévasté ?

    Non, mais on n’est pas loin. Construit par l’apocope de sanglier et l’aphérèse de cochon, le sanglochon est le fruit des amours clandestines entre le sanglier et la femelle cochon. Le sanglier et le cochon domestique sont en effet de la même espèce et leur descendance est féconde. Depuis des millénaires, le sauvage et le domestique fricotent ainsi au hasard des rencontres à la lisière des bois. Et ce n’est pas une spécialité française, le mot a même une traduction en japonais : le ravissant inobuta, de inoshishi le sanglier et buta, le cochon. Le sanglochon de première génération se différencie du sanglier à ses oreilles plus grandes, sa robe parfois tachetée et ses soies moins drues. Mais au bout de quatre générations auprès des sangliers dans la forêt, impossible de différencier un descendant de sanglochon d’un autre sanglier.

    Sangliers à l’heure de la gamelle, au zoo de Mulhouse © CACP – Gilles Carcassès

    J’oubliais un détail, le sanglochon est plus prolifique que le sanglier, comprenez profitable, pour des éleveurs de sangliers peu scrupuleux. Quelques départements du Sud-Est seraient ainsi plus touchés que le reste de la France par « l’invasion des sanglochons ». Le monde de la chasse serait-il là-bas moins respectueux des règlements ? Dans la presse locale, on ne cesse de vilipender les comportements des hordes de sanglochons !

    Des champs retournés, des récoltes avalées, des paysans ruinés : les sanglochons ! Des stations de plantes rares saccagées dans les bois, les écolos qui pleurent : les sanglochons ! Le réchauffement climatique : les sanglochons !

    Tant d’animosité me fait suspecter une histoire de cochon émissaire (eh non, commissaire n’est pas un mot-valise).

    Pour finir, un petite devinette. Selon vous, des sanglochons, des sangliers ou des trafiquants-chasseurs, qui sont les vrais sauvages ?

    Cet article est paru dans « Canard sauvage », le petit journal édité dans le cadre de l’exposition de dessins d’humour « TRAITS SAUVAGES » que vous pouvez admirer place des Arts à Cergy jusqu’au 16 avril 2018.
    Un grand merci à Jopsé Keravis pour le prêt de son illustration !

    Sources :

    Le mot-valise à l’ère nucléaire, par correcteurs.blog,lemonde.fr

    La chasse au sanglier : histoire d’une escroquerie nationale, par le blob défi écologique

    Un porc? Un sanglier ? Un sanglochon ou un cochonglier ! par le site Nature Paul Keirn

    En savoir plus sur le sanglier :

    Le sanglier, un souilleur semeur par Zoom-Nature

    Retrouvez nos articles parus les années précédentes pour le même événement culturel :

    Retenir le chant des oiseaux

    Envie de nature


lundi 2 avril 2018

  • Traits sauvages : le rendez-annuel de dessins d’humour à Cergy-Pontoise
    Inauguration de l’exposition Traits sauvages vendredi 31 mars 2018, place des Arts à Cergy © CACP – Gilles Carcassès

    Les ingrédients d’une inauguration réussie :

    Des artistes de grand talent © CACP – Gilles Carcassès
    Une très belle scénographie © CACP – Gilles Carcassès
    De la bonne musique © CACP – Gilles Carcassès
    Des cadeaux ! © CACP – Gilles Carcassès

    On pouvait récupérer le catalogue de l’exposition et l’édition spéciale « Canard sauvage » ! Demain, « La saga du sanglochon » paraîtra dans ce blog avec l’illustration en couleurs de José Keravis, le président de l’association Dallas, initiatrice de l’événement.

    Venez place des Arts, l’exposition vaut le coup d’œil ! Et n’oubliez pas d’encourager au passage, avec respect et bienveillance, les butineuses à l’ouvrage et le couple de cygnes du parc François Mitterrand.

    Les abeilles domestiques se pressent sur les euphorbes de la place Charles de Gaulle © CACP – Gilles Carcassès
    Il paraît qu’elle couve 6 œufs cette année ! © CACP – Gilles Carcassès

vendredi 30 mars 2018

  • Deux euphorbes sauvages communes au jardin

    Vous les avez forcément arrachées en jardinant, ces petites euphorbes annuelles au tiges gorgées d’un latex blanc. Deux espèces se partagent nos jardins, parfois en mélange. Elles sont très communes toutes les deux partout en France. Voici la plus grande des deux :

    Euphorbia helioscopia, l’euphorbe réveil-matin

    Euphorbia helioscopia – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

    On reconnaît cette espèce à ses feuilles presque rondes et dentées. L’ombelle compte cinq rayons principaux, mais celle photographiée ci-dessus n’en a que quatre. La botanique n’est pas toujours une science exacte…

    Euphorbia helioscopia – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

    L’autre espèce a les feuilles plus allongées et l’ombelle compte trois rayons principaux :

    Euphorbia peplus, l’euphorbe des jardins

    Euphorbia peplus – Cergy © CACP – Gilles Carcassès
    Euphorbia peplus – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

    Ce sont toutes deux des plantes nectarifères qui intéressent les petits diptères. Ce sont aussi des plantes très toxiques. En Australie, Euphorbia peplus est cultivée pour récolter le latex dont sont extraites des molécules aux propriétés anticancéreuses.

    Le latex des euphorbes peut provoquer des irritations de la peau et il faut se garder de tout contact avec les yeux. Mettez des gants pour jardiner (et pensez à retirez vos gants pour vous frotter les yeux) !

    Retrouvez quelques autres adventices du potager :

    La véronique de Perse

    La sétaire glauque

    Le souci des champs

    L’oxalis corniculé

    Sources :

    Euphorbia helioscopia, par l’Université virtuelle Environnement et Développement durable (UVED)

    Euphorbia peplus, par Sauvages du Poitou


jeudi 29 mars 2018

mercredi 28 mars 2018

  • Les amis du melon

    Il est souvent préconisé de faire cohabiter au jardin les plantes fleuries et les légumes, afin de profiter des bénéfices biologiques de ces associations. Ces pratiques plus ou moins empiriques ont des fondements scientifiques. Vous pouvez retrouvez dans notre article Plantes compagnes l’explication de ces mécanismes.

    Cyanus segetum, le bleuet © CACP – Gilles Carcassès

    Des chercheurs ont récemment testé l’effet de la proximité de bandes fleuries dans la culture du melon. Leur idée était de proposer des plantes nourricières ou relais aux auxiliaires susceptibles de contrôler les pullulations de pucerons. Et cela a très bien fonctionné : les melons des planches bénéficiant de ce compagnonnage ont été significativement moins attaqués par les virus transmis par les pucerons que ceux des planches témoins. Les plantes composant la bande fleurie étaient adaptées au climat méditerranéen car cet essai a été conduit par une équipe de l’INRA d’Avignon.

    Le mélange qui a prouvé son efficacité est composé de cinq espèces, deux annuelles, le bleuet et la gesse commune (Lathyrus sativus), et trois vivaces, le sainfoin, la petite pimprenelle et la marjolaine (Origanum majorana).

    Sanguisorba minor, la petite pimprenelle © CACP – Gilles Carcassès

    Je suggère aux jardiniers amateurs qui voudraient s’inspirer de ces résultats de remplacer la marjolaine par un origan, plante très proche et plus facile à trouver. De même, la gesse commune peut sans doute être remplacée par le pois de senteur (Lathyrus sativus) qui est aussi une gesse. Evidemment, il ne faut pas choisir des cultivars à fleurs doubles qui ont très peu à offrir aux insectes ! Attention en particulier au bleuet, souvent vendu en mélange de fleurs doubles de différents coloris.

    La vrai difficulté consiste au bon respect du calendrier de cultures. Le système pour être efficace nécessite impérativement que les plantes compagnes soient déjà en fleurs au moment où l’on installe les plants de melon.

    A chacun de faire ses essais selon sa région. Racontez-nous vos expériences !

    Source :

    Résistance et agroécologie, des fleurs pour ‘Margot’ le melon, un article de Jardins de France, l’excellente revue de la SNHF


mardi 27 mars 2018

  • Où sont passés les oiseaux ?

    En tant que contributeurs du STOC (suivi temporel des oiseaux communs) depuis plusieurs années, nous sommes fiers de participer à la constitution de données normalisées qui permettent aux chercheurs d’établir des statistiques fiables sur la diversité et l’abondance des oiseaux qui nichent dans notre région.

    Mais nous ne sommes pas particulièrement réjouis par les résultats car ils sont alarmants !

    Sur la période 2004- 2017, en Ile-de-France, les oiseaux spécialistes des milieux agricoles ont décliné de 44 % !

    Evolution des effectifs du bruant jaune en Ile-de-France (ARB-IdF)

    Nos enfants verront-ils encore en Ile-de-France la linotte et l’alouette des champs ? Les tendances par espèce sont bien inquiétantes. Voyons quelles sont celles qui accusent les baisses d’effectifs les plus importantes :

    Linotte mélodieuse © CACP – Gilles Carcassès

    -64 %, le bruant proyer
    -64 %, le tarier pâtre
    -63 %, la perdrix grise
    -53 %, le bruant jaune
    -47 %, la linotte mélodieuse
    -33 %, la bergeronnette printannière
    -26 %, l’alouette des champs

    Durant la même période, les oiseaux des milieux bâtis ont perdu 41 % de leurs effectifs.

    Verdier d’Europe © CACP – Gilles Carcassès

    En ville, la situation n’est pas plus enviable :

    -73 %, le serin cini
    -60 %, le verdier d’Europe
    -53 %, le moineau domestique
    -40 %, l’hirondelle rustique

    Les oiseaux forestiers sont moins impactés : -5 % seulement.

    Grimpereau des jardins – © Gilles Carcassès

    -73 %, le pouillot fitis
    -37 %, la sittelle torchepot
    +22 %, le rouge-gorge familier
    +46 %, le grimpereau des jardins
    +114 %, le roitelet huppé
    +146 %, le roitelet triple-bandeau

    Les effectifs des oiseaux généralistes sont globalement stables, avec des disparités importantes selon les espèces :

    Accenteur mouchet © CACP – Gilles Carcassès

    -51 %, l’accenteur mouchet
    -14 %, le merle noir
    + 0 %, le pigeon ramier
    + 0 %, le pinson des arbres
    + 0 %, le geai des chênes
    + 0 %, la mésange charbonnière
    + 0 %, le pic vert
    + 0 %, la fauvette à tête noire
    +22 %, la mésange bleue
    +25 %, la corneille noire

    Les causes du déclin sont connues

    Quelques espèces souffrent du réchauffement climatique, des migratrices sont impactées par la chasse ou les conditions de vie qu’elles rencontrent en Afrique, mais pour la plupart des espèces en diminution, ce sont bien la disparition ou la fragmentation des milieux, et les pratiques de l’agriculture intensive qui sont responsables.

    Alors, d’urgence, plantons des haies champêtres, créons des prairies, aménageons de nouveaux espaces de nature et gérons-les sans pesticides, et agissons en faveur d’une agriculture plus favorable à la biodiversité !

    Sources :

    Dans les campagnes et en ville le déclin des oiseaux s’amplifie, par l’ARB-IdF

    Le printemps 2018 s’annonce silencieux dans les campagnes françaises, par le MnHn

    Où sont passés les oiseaux des champs ? par le CNRS

    Retrouvez nos articles sur nos relevés STOC à Cergy-Pontoise :

    Observations ornithologiques 2017

    Observations ornithologiques 2016

    Observations ornithologiques 2015

    D’autres articles, sur le déclin des insectes :

    Le déclin des papillons de jour

    Sur le pare-brise


lundi 26 mars 2018

  • Les deux arums
    Arum maculatum © CACP – Gilles Carcassès

    L’arum tacheté

    Cette belle feuille hastée, c’est-à-dire en forme de fer de lance, est celle du gouet tacheté ou Arum maculatum. Les feuilles sont tachées de noir, d’où le nom de l’espèce, mais pas toujours. On trouve aussi facilement des pieds de cette plante aux feuilles sans taches. Au début du printemps, on ne voit qu’elle dans les bois.

    Fleur d’Arum maculatum © CACP – Gilles Carcassès

    A la fin du mois d’avril, la plante montrera ses curieuses fleurs en cornet, qui intègre un dispositif particulièrement ingénieux pour assurer la pollinisation par des moucherons. J’ai décrit cette floraison singulière dans un article intitulé Piégés deux soirs de suite !.

    L’arum d’Italie

    Arum italicum © CACP – Gilles Carcassès

    Et l’on croise parfois un arum aux feuilles plus ou moins veinées de blanc. Il s’agit d’une autre espèce : Arum italicum.

    Fleur d’arum italicum © CACP – Gilles Carcassès

    Il est facile de distinguer les deux espèces d’arum en observant les fleurs. La structure en colonne qui se dresse au cœur de la spathe, et que l’on nomme spadice, est jaune chez Arum italicum et brun violet chez Arum maculatum.

    Arum italicum est une espèce méditerranéenne. Ses formes bien veinées sont depuis longtemps cultivées comme plantes ornementales dans les jardins. L’espèce s’est largement naturalisée en Ile-de-France, essentiellement dans les forêts alluviales où les sols riches et humides lui conviennent bien. La première mention en Ile-de-France, à Port-Villez, à l’extrème ouest des Yvelines, date de 1861.

    En savoir plus :

    Les gouets, des féculents oubliés, par Zoom-Nature

    Arum, anthurium, spatiphyllum, qui est qui ? par le Centre AntiPoison du CHRU de Lille


vendredi 23 mars 2018

  • Les punaises du chou

    Ces punaises qui piquent les choux et les navets sont une plaie ! En cas d’attaques importantes, elles font baisser les rendements et peuvent même détruire des cultures. Elles appartiennent au genre Eurydema qui compte en France 8 espèces. Trois seulement sont communes dans les jardins. Voici comment les différencier.

    Eurydema oleracea

    Eurydema oleracea, forme à taches blanches – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

    Cette espèce est commune partout, elle pullule parfois dans les cultures. Le noir domine largement et l’ornementation est assez simple. L’autre couleur est le blanc, le jaune ou le rouge. La grande tache centrale derrière la tête et les trois taches alignées sur l’arrière, qui se détachent sur le fond noir sont caractéristiques.

    Eurydema oleracea, forme à taches jaunes – Poissy © CACP – Gilles Carcassès

    Eurydema ornata

    Eurydema ornata – Saint-Ouen l’Aumône © CACP – Gilles Carcassès

    Elle est souvent tricolore, en noir, rouge et blanc, ou noir, jaune et blanc, mais peut être aussi bicolore comme ci-dessus. Pour la reconnaître, il faut observer le bord externe de la face dorsale, à hauteur des pattes postérieures et repérer de chaque côté sur l’exocorie la tache grise allongée, prolongée vers l’avant par une petite tache noire. L’espèce est plus fréquente au sud de la France qu’au nord, mais elle est largement présente en Ile-de-France.

    Eurydema ventralis

    Couple d’Eurydema ventralis – Rueil-Malmaison © CACP – Gilles Carcassès

    C’est la plus grande espèce des trois. Elle ressemble à Eurydema ornata mais n’a pas la tache grise allongée sur le côté. Elle est plus méridionale que les deux autres espèces : le Val d’Oise semble être sa limite Nord.

    Pour les différents stades larvaires, c’est un peu compliqué de reconnaître les espèces. Les larves d’Eurydema sont généralement rouge et noir ou jaune et noir.

    Larves d’Eurydema ventralis sur une capucine – Ecole Du Breuil à Paris © CACP – Gilles Carcassès

    Comment s’en protéger au jardin ?

    Des essais ont montré la bonne efficacité de la protection des choux par des filets à mailles très fines.

    Sources :

    Pentatomidae, par l’INRA

    Protection physique contre les punaises du chou, par l’Association Provençale de Recherche et d’Expérimentation Légumière

    Les Punaises Pentatomoidea de France, R. Lupoli et F. Dusoulier


jeudi 22 mars 2018

mercredi 21 mars 2018

  • L’ail des ours
    Allium ursinum, l’ail des ours, au bord d’un ruisselet forestier © CACP – Gilles Carcassès

    Oh ! L’ail des ours !

    Cette belle plante bulbeuse pousse en tapis généreux dans les fonds de vallons des chênaies-frênaies fraîches, souvent au bord des ruisseaux. C’est une espèce assez rare en Ile-de-France. En fait, elle est surtout très localisée, abondante en certains endroits et totalement absente partout ailleurs.

    A la sortie de l’hiver, les gourmets la recherchent pour la cuisiner quand ses jeunes feuilles sont encore très tendres, avant qu’elle montre ses belles fleurs blanches. Son goût d’ail très fin fait merveille dans les sauces à la crème, les omelettes, pour assaisonner une salade, une pizza, ou confectionner un pesto. Il est préférable d’utiliser crues ses feuilles riches en vitamine C, car leur goût est plus subtil sans cuisson.

    Où trouver cette plante ?

    Je vous entend déjà : vous voulez que je vous donne mon coin à ail des ours ! D’abord, c’est dans une propriété privée, alors on n’a pas le droit d’en cueillir.

    Mais Nature en ville à Cergy-Pontoise vous dit tout, grâce aux données en ligne du Conservatoire Botanique National du Bassin Parisien !

    Voici la liste des communes du Val d’Oise où cette plante a déjà été vue : Bessancourt, Béthemont-la-forêt, Chaussy, Ecouen, Luzarches, Le Mesnil-Aubry, Montlignon, Montmorency, Montsoult, Le Plessis-Luzarches, Saint-Leu-la-Forêt, Saint-Martin-du-Tertre, Saint-Prix et Taverny.

    Même la carte au trésor est en ligne (cliquez sur le département qui vous intéresse) :

    Carte de répartition de l’ail des ours dans le Bassin parisien (CBNBP)

    Ma cueillette du jour a fini en omelette avec les œufs frais de mes poules. Le sublime réside parfois dans la simplicité.


mardi 20 mars 2018

  • De la terre à l’assiette
    Le potager de la Ferme d’Ecancourt © CACP – Gilles Carcassès

    La Ferme d’Ecancourt propose pour des groupes de jeunes en voie de rupture scolaire ou en situation de décrochage scolaire une action intitulée De la Terre à l’assiette. L’objectif est de leur permettre de :

    • retrouver le goût d’apprendre en s’impliquant dans un travail collectif
    • mieux respecter l’environnement naturel et son corps à travers une meilleure alimentation
    • cultiver une partie de jardin de manière écologique et cuisiner ses productions
    • vivre des moments dans un lieu privilégié et déconnecté de son quotidien
    • rencontrer des personnes d’univers variés

    L’action s’appuie sur les moyens d’animations et matériels de la ferme : potager écologique, atelier de cuisine, hébergement.

    Pour tous renseignements : fermeecancourt.contact@gmail.com

    Potiron Bleu de Hongrie cultivé à la ferme d’Ecancourt © CACP – Gilles Carcassès

     


lundi 19 mars 2018

  • Belle blonde aux pattes léopard, qui m’a tapé dans l’oeil
    Sur l’écorce brillante de bave d’escargot d’un marronnier au tronc creux – Poissy © CACP – Gilles Carcassès

    Malgré ses 3 ou 4 mm, cette araignée, par son élégance et ses chauds coloris, a attiré mon regard. Elle m’a rappelé les araignées-crabes que je débusque souvent cachées sous les fleurs. En fait, c’en bien une, et même une Thomisidae. L’habitat de cette espèce serait plutôt les hautes herbes des prairies humides, où elle chasse à l’affût, paraît-il. Mais si celle-ci préfère le marronnier, elle a le droit.

    Voyons de près cette beauté.

    Ces dessins et ces détails ne sont-ils pas dignes d’un styliste inspiré ?

    Xysticus ulmi © CACP – Gilles Carcassès

    Je vous présente Xysticus ulmi, l’une des 23 espèces de Xysticus présentées dans l’Inventaire National du Patrimoine Naturel. Pas de miracle, c’est l’une des plus communes, visible partout en France. Ici c’est une femelle, le mâle est plus grêle et a les pattes antérieures plus foncées.

    Retrouvez d’autres articles sur les araignées crabes :

    Araignées crabes

    L’ombre de Napoléon

    Et aussi…

    D’autres belles blondes, bientôt de saison !


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