Nature en ville à Cergy-Pontoise | Espace d’information et d’échange pour les acteurs du territoire, ces 365 derniers jours

Espace d’information et d’échange pour les acteurs du territoire



vendredi 16 novembre 2018

  • Qui mange la vipérine ?
    Chenille d’Ethmia bipunctella – Neuville-sur-Oise © CACP – Gilles Carcassès

    Cette chenille vivement colorée est celle d’Ethmia bipunctella. On la rencontre classiquement sur les vipérines, mais aussi sur la bourrache et d’autres plantes de la famille des Boraginaceae. Les Ethmia sont de petits papillons de nuit, noir et blanc et de forme allongée.

    Ethmia quadrillella – Vauréal © CACP – Gilles Carcassès

    Voici Ethmia quadrillella, une espèce très proche d’Ethmia bipunctella. J’ai observé ce papillon dans un jardin près d’un ruisseau à Vauréal, près d’une touffe de consoude, une autre Boraginaceae.

    Source :

    Ethmia bipunctella, par MyrmecoFourmis

    Retrouvez notre article :

    Vipérines


jeudi 15 novembre 2018

  • Myriophylle du Brésil
    Myriophylle du Brésil © CACP – Gilles Carcassès

    Contrairement aux myriophylles indigènes, le myriophylle du Brésil développe une abondante végétation hors de l’eau. Les feuilles de cette plante sont couvertes de glandes papilleuses qui lui donnent un reflet glauque caractéristique.

    Myriophyllum aquaticum – mare Bicourt à Courdimanche © CACP – Gilles Carcassès

    Le myriophylle du Brésil est une plante invasive particulièrement redoutée. Elle s’étend très rapidement en étouffant toute autre végétation aquatique et la décomposition de la masse de ses tiges et feuilles engendre souvent une eutrophisation très néfaste à la vie animale. Une fois installée, il est très difficile de s’en débarrasser car le moindre fragment de plante régénère une plante entière. En cas d’infestation dans un bassin, il faut agir le plus rapidement possible avant que la plante n’ait pris du volume.

    Cette plante originaire du Brésil, d’Argentine et du Chili a été introduite en France en 1880 dans la région de Bordeaux. Elle a été initialement utilisée en aquariophilie et pour l’agrément de bassins d’intérieur. Mais, acclimatée au froid elle s’est naturalisée et est maintenant présente dans les espaces naturels humides de nombreuses régions.

    Elle est interdite à la vente en France métropolitaine depuis l’arrêté du 14 février 2018.

    Source :

    Myriophylle du Brésil, par le groupe de travail IBMA

    Retrouvez des articles sur d’autres plantes aquatiques invasives :

    Le canard jardinier

    La jussie rampante


mercredi 14 novembre 2018

mardi 13 novembre 2018

  • Festin de samares
    Mésange charbonnière dans un frêne © CACP – Gilles Carcassès

    A Cergy, près de l’Axe majeur, j’ai observé un groupe de mésanges charbonnières très actives dans un grand frêne commun. Je pensais qu’elles chassaient des araignées ou de petits insectes, mais ma photo montre que cet oiseau a cueilli une samare. Aux mangeoires, ces gourmandes se gavent de graines de tournesol, elles ont bien le droit de consommer aussi des graines d’arbres qu’elles trouvent dans la nature ! Il paraît que les samares des frênes sont comestibles : récoltées avant maturité, ébouillantées puis macérées au vinaigre, elles feraient de bons condiments. Qui a déjà goûté ?

    Ce frêne si abondamment chargé de fruits est un pied femelle. Chez les frênes en effet les arbres sont soit mâles, soit femelles, et comme la nature parfois est pleine de surprises, on trouve aussi des frênes aux fleurs hermaphrodites et d’autres qui présentent les deux sexes sur des branches séparées. Les frênes femelles se reconnaissent en automne aux grappes de samares, bien visibles, et dès le printemps au feuillage : les feuilles sont plus amples et généreuses que celles des frênes mâles.

    Source :

    Fraxinus, site consacré au frêne, par Arnaud Dowkiw (INRA)

    Retrouvez nos articles :

    Papier mâché ?

    Nos frênes sont-ils tous condamnés ?

    Les gâteaux d’Alfred


lundi 12 novembre 2018

vendredi 9 novembre 2018

  • Frelon asiatique : luttons contre les mauvaises pratiques !
    Nid de frelons asiatiques – Osny © CACP – Gilles Carcassès

    Les frelons asiatiques ont installé leur nid au sommet d’un très grand marronnier blanc dans le parc du château de Grouchy à Osny. La chute des feuilles le rend beaucoup plus visible. On aperçoit le trou d’entrée latéral caractéristique d’un nid de frelons asiatiques.

    Arrivée en 2014 dans le Val d’Oise, l’espèce a progressé de façon très importante :

    Evolution annuelle du nombre de nids répertoriés dans le Val d’Oise (chiffres fournis par le référent départemental frelon asiatique)

    Cette prolifération met à mal l’apiculture locale. Certains ruchers ont dû être déménagés pour les éloigner des secteurs les plus infestés. C’est le cas du rucher de la Communauté d’agglomération de Cergy-Pontoise qui vivait des jours heureux dans l’arboretum près de l’Axe majeur à Cergy : il est parti à Vauréal sur un site moins fréquenté par les frelons asiatiques.

    La situation inquiète aussi la population et les élus pour les risques de piqures. Les frelons asiatiques ne sont dangereux que lorsque l’on s’approche à moins de 6 mètres de leur nid. Or ils choisissent généralement pour l’établir la partie haute d’un grand arbre, bien au-dessus de cette hauteur. Il n’en demeure pas moins que si un nid tombe accidentellement, il est préférable de ne pas être dessous !

    Pour limiter les risques et l’impact sur l’apiculture, la destruction des nids est la meilleure méthode. Elle incombe aux collectivités sur l’espace public et aux particuliers sur les espaces privés. La procédure à suivre a été décrite dans cet article : Un nid de frelons asiatiques ! Que faire ?

    Un certain nombre de mauvaises pratiques germent dans l’esprit de personnes mal informées, il convient de leur tordre le cou :

    Un bon coup de fusil et on n’en parle plus ?

    Cette méthode de Tartarin est très dangereuse, plusieurs centaines de frelons furieux peuvent agresser le tireur et les personnes des environs !

    Et si on gavait les frelons asiatiques de fipronil, ils iraient empoisonner leur nid ?

    Il est vraiment navrant de voir des apiculteurs utiliser des pesticides dont ils savent que même des doses infimes ont des effets dévastateurs sur leurs abeilles ! La méthode, à l’efficacité très douteuse, est dangereuse pour l’environnement et pour l’applicateur, et surtout elle est strictement interdite, comme cela est rappelé dans la note DGAL du 10 05 2013 !

    Et si toute la population se mettait à piéger les reines de frelons asiatiques au printemps, on les élimineraient toutes ?

    Le Muséum national d’Histoire naturelle rappelle que le piégeage des fondatrices est déconseillé en dehors d’un cadre scientifique, car la pratique est inefficace et néfaste pour la biodiversité.

    Inefficace, car les reines de frelons asiatiques sont très nombreuses, et il est illusoire de les éliminer toutes. Les études expérimentales encadrées scientifiquement sur l’effet de ces piégeages sur la pression de prédation n’ont pas encore rendu leurs conclusions. Cette pratique historique dans certains départements n’a nullement empêché la progression ni la prolifération de l’espèce.

    Néfaste pour la biodiversité, car même les pièges prétendus les plus sélectifs n’ont pas fait la preuve scientifique de leur sélectivité. Ce qui a pu fonctionner localement à un moment donné n’est absolument pas généralisable sans études sérieuses. Il est dommageable pour le bon fonctionnement des chaines alimentaires et pour les oiseaux de détruire des frelons européens, des guêpes, des papillons de nuit attirés dans ces pièges, notamment ceux de type bouteille.

    D’autre part, certains pièges, selon l’appât utilisé, peuvent avoir l’inconvénient d’attirer aussi les abeilles. Si les dispositifs leur permettent généralement de s’échapper, la promiscuité d’abeilles de provenance diverses peut être un facteur de transmission de parasites ou de maladies entre abeilles.

    Pour ces raisons, le piégeage, affaire de spécialistes formés, doit être réservé aux apiculteurs, uniquement dans leurs ruchers et lorsque des attaques sont constatées.

    Quand un nid est détruit, il faut l’enlever tout de suite ?

    Non, la bonne méthode consiste à procéder en deux temps : il faut attendre 2 à 3 jours que les frelons restés dehors lors de l’intervention rentrent au nid et s’empoisonnent. Après ce délai seulement, le nid doit être évacué et détruit dans des conditions respectueuses de l’environnement par le prestataire spécialisé. Mais il ne faut pas oublier cet enlèvement, sinon les oiseaux consommeront les larves mortes dans le nid et s’empoisonneront !


jeudi 8 novembre 2018

mercredi 7 novembre 2018

mardi 6 novembre 2018

lundi 5 novembre 2018

  • Peleteria iavana, belle mouche épineuse
    Peleteria iavana – Jouy-le-Moutier © CACP – Gilles Carcassès

    Bravo aux naturalistes joueurs qui ont vu une mouche tachinaire dans la photo mystère de novembre 2018 et un coup de chapeau à Siegfried qui a donné le genre et à Michel qui est allé jusqu’à l’espèce ! Ils sont trop forts !

    En balade à Jouy-le-Moutier, j’ai trouvé cette mouche épatante avec son abdomen tricolore, alors j’ai voulu en savoir un peu plus sur elle. Les couronnes d’épines sur son abdomen m’orientent vers la famille des Tachinidae, ces diptères dont les larves parasitent d’autres insectes.

    Sur le lierre en fleurs, elle s’intéressait sans doute au nectar abondant de cette plante. Avec ses antennes en partie jaune, ses pattes noires et ses longues soies sous les yeux, ce pourrait être Peleteria iavana (autrefois nommée Peleteria varia). On rencontre cette espèce sur toutes sortes de fleurs en été et en automne : les asters, les centaurées, les menthes, les origans, les eupatoires, les achillées… L’espèce apprécie les endroits chauds et ensoleillés.

    La littérature scientifique ne nous dit pas grand chose de cette espèce pourtant commune. Elle parasiterait les chenilles de noctuelles, mais on ne sait pas lesquelles. Flûte, j’aurais dû la suivre !

    Source :

    Clé des Tachinidae d’Europe centrale, par Hans-Peter Tschorsnig et Benno Herting du Muséum de Stuttgart

    Retrouvez un autre article sur une mouche tachinaire :

    Ectophasia, jolie mouche de Grouchy


vendredi 2 novembre 2018

mercredi 31 octobre 2018

  • Le pic noir
    Pic noir – Vauréal © François Lelièvre

    François Lelièvre, talentueux photographe animalier, m’a prêté cette photo de pic noir prise à Vauréal il y a quelques années dans le bois au-dessus de la rue de Puiseux. Cette calotte rouge qui s’étend jusqu’au front nous renseigne sur son sexe : c’est un mâle. A grands coups de bec, il creusait une souche pourrie à la recherche de fourmis ou de larves d’insectes xylophages.

    Trous de pic noir – parc du château de Menucourt © CACP – Gilles Carcassès

    Les trous de nourrissage du pic noir ont généralement une forme allongée verticalement et sont placés à la base de troncs d’arbres morts ou sur des souches.

    Le nid du pic noir dans un grand hêtre – parc du château de Menucourt © CACP – Gilles Carcassès

    Pour établir son nid, le pic noir choisit un gros tronc bien dégagé, généralement celui d’un hêtre centenaire ou d’un vieux pin sylvestre. D’autres essences peuvent être occupées, comme les chênes, le merisier ou le tremble. Il creuse sa loge très en hauteur pour que la nichée soit bien à l’abri des prédateurs. Le trou d’accès au nid a généralement une forme ovale.

    Les anciens nids de pic noir sont réutilisés par une quarantaine d’autres espèces : chouette hulotte, sittelle, pigeon colombin, chauves-souris, loir gris, étourneau, abeilles, frelon européen… La présence de cet oiseau est donc importante pour la biodiversité de nos forêts.

    Source :

    Pic noir, par l’INPN

    Retrouvez d’autres articles sur les pics :

    Sus aux fourmis

    Tic tac toc

    Oh le beau mâle !

    Le pic épeichette est un bon acrobate


mardi 30 octobre 2018

  • Vipérines
    Echium vulgare, la vipérine commune – Pontoise © CACP – Gilles Carcassès

    En avance pour mon rendez-vous de chantier dans la ZAC Bossut, j’en ai profité pour photographier quelques fleurs de vipérine dans une friche en attente de constructions. Le style rose à l’extrémité fourchue comme une langue de vipère, qui sort de chaque corolle au milieu des étamines, est peut-être à l’origine du nom de la plante.

    Cymes scorpioïdes des inflorescences de vipérine © CACP – Gilles Carcassès

    Les inflorescences sont construites selon le schéma des cymes scorpioïdes : elles sont recourbées comme la queue d’un scorpion. Les fleurs bleues sont systématiquement précédées d’un bouton de couleur rose.

    Vipérine commune, en rosette © CACP – Gilles Carcassès

    L’espèce est bisannuelle. Les jeunes plantes de l’année passent la mauvaise saison sous forme de rosette étalée au sol et ne monteront leurs tiges florales ramifiées qu’après le passage au froid de l’hiver.

    Vipérines – Carrières-sous-Poissy © CACP – Gilles Carcassès

    Sur un sol sableux ou graveleux, les vipérines peuvent former de belles touffes.

    Syrphe ceinturé sur une fleur de vipérine – Neuville-sur-Oise © CACP – Gilles Carcassès

    Les fleurs de la vipérine sont très visitées par toutes sortes d’insectes pour leur pollen, d’une étonnante couleur bleue, ou pour leur nectar.

    Citron sur une vipérine © CACP – Gilles Carcassès

    Dans les régions au climat doux, en situation abritée, on peut cultiver les espèces géantes très spectaculaires des Canaries, de Ténérife ou de Madère.

    Echium pininana et Geranium maderense – Londres, dans une cour d’immeuble © CACP – Gilles Carcassès

    Echium pininana est la vipérine des Canaries. C’est aussi une plante bisannuelle.

    Echium sp., espèce indéterminée à fleurs roses, trouvée au Maroc © CACP – Gilles Carcassès

    On ne rencontre qu’une seule espèce de vipérine en Ile-de-France, mais elles sont bien plus nombreuses sur le pourtour méditerranéen.

    Source :

    Echium vulgare, par Naturejardin

    Retrouvez quelques plantes qui poussent en compagnie des vipérines dans les friches sableuses :

    Le panicaut champêtre

    La carline vulgaire

    Le bouillon blanc


lundi 29 octobre 2018

  • Le Petit nacré
    Issoria lathonia, le Petit nacré – 23 juillet 2018 à La Roche-Guyon © CACP – Gilles Carcassès

    D’une exploration nature sur les crêtes de La Roche-Guyon le 23 juillet 2018, j’avais rapporté des images de deux beaux papillons que je vous ai présentés dans ces pages : le Flambé, et l’Argus bleu nacré. En triant mes photos, je constate que mon chemin a croisé aussi celui d’un Petit nacré. Il mérite aussi son article !

    Le Petit nacré © CACP – Gilles Carcassès
    Issoria lathonia aspire le nectar d’une fleur de scabieuse © CACP – Gilles Carcassès

    Les grandes taches blanches, brillantes et bien contrastées au revers des ailes postérieures sont caractéristiques du Petit nacré.

    Cette espèce dont les chenilles consomment des violettes n’est pas menacée mais elle est cependant peu commune en Ile-de-France. On peut observer ce papillon migrateur dans notre région jusqu’à la fin octobre.

    Sources :

    Le Petit nacré, par l’Atlas des rhopalocères d’Ile-de-France (Cettia)

    Comment identifier les nacrés, par FontainebleauBlog

    Retrouvez notre article sur la liste rouge des rhopalocères et zygènes d’Ile-de-France :

    Plus du tiers des papillons d’Ile-de-France menacé ou disparu !

    et un autre papillon de la même sous-famille :

    Le tabac d’Espagne


vendredi 26 octobre 2018

  • L’armoise annuelle
    Bords de Seine à La Roche-Guyon © CACP – Gilles Carcassès

    Entre les pavés du quai poussent quelques plantes de friches. Cette plante élancée au feuillage vert clair finement découpé est Artemisia annua, l’armoise annuelle. Ses feuilles froissées dégagent une odeur aromatique assez forte qui rappelle celle du génépi, de l’estragon ou de l’absinthe (qui sont aussi des Artemisia). Cette plante naturalisée est d’origine chinoise, elle est assez commune à Paris et en agglomération parisienne ainsi que dans la vallée de Seine aval. Elle se plaît dans les terrains vagues, les hauts de berges, les bords de chemins, les terre-pleins centraux d’autoroute.

    Artemisia annua – Jardin des possibles, Saint-Ouen l’Aumône © CACP – Gilles Carcassès

    Au jardin des Possibles à Saint-Ouen-l’Aumône, un pied d’armoise annuelle a germé dans un massif de plantes aromatiques. Les jardinières ont décidé de ne pas l’arracher. Dopée par la terre fertile et les arrosages, elle a pris de belles proportions !

    L’armoise annuelle est une plante médicinale cultivée depuis fort longtemps en Chine et au Vietnam, elle est notamment employée pour lutter contre le paludisme.

    Il ne faut pas la confondre avec l’ambroisie, plante invasive allergisante, qui n’a pas cette odeur aromatique.

    Sources :

    Des plantes pour lutter contre le paludisme, par le CNRS

    Projet MYLAA – AgroPrisTech

    Retrouvez nos articles :

    La lutte biologique contre l’ambroisie

    Le jardin des possibles

    et des portraits d’autres plantes d’origine asiatique :

    Trois balsamines asiatiques

    Les fausses fraises de Grouchy


jeudi 25 octobre 2018

  • Un nid de frelons asiatiques ! Que faire ?

    Avec la chute des feuilles, les nids de frelons asiatiques cachés en haut des grands arbres sont soudainement visibles. Ennemis jurés des apiculteurs qui voient leurs abeilles décimées par ces redoutables prédateurs, les frelons asiatiques ne sont pas vraiment les bienvenus dans notre environnement. Arrivés accidentellement de Chine en 2004, ils ne cessent de gagner du terrain.

    Nid de frelons asiatiques en haut d’un chêne, déjà bien attaqué par les oiseaux © CACP – Gilles Carcassès

    Alors que faire lorsque l’on découvre un nid de frelons asiatiques ?

    Le Muséum national d’Histoire naturelle (voir leur excellent dossier consacré au frelon asiatique) recommande la destruction des nids de frelons asiatiques pour en freiner la progression. Mais si la découverte est tardive en saison (après mi-novembre) on peut considérer raisonnablement que la colonie est en déclin, voire inactive, et décider de ne pas intervenir. En effet les frelons ne survivent pas aux rigueurs de l’hiver. Seules les reines qui vont s’abriter dans des souches pourries ou des trous de murs vont hiverner pour fonder de nouvelles colonies au printemps. Les vieux nids ne sont jamais réemployés l’année suivante, ils seront progressivement disloqués par les oiseaux et les intempéries.

    Découvert suffisamment tôt en saison, la marche à suivre est la suivante :

    1/ identifier le propriétaire

    C’est la commune qui se chargera d’intervenir sur le domaine public, et chaque propriétaire sur les propriétés privées.

    2/ identifier l’espèce

    Il convient pour cela de contacter l’un des référents départementaux (source Fredon Ile-de-France)

    3/ faire intervenir un prestataire qualifié

    Il faut choisir une entreprise signataire de la charte des bonnes pratiques de destruction des nids de frelon asiatique (liste mise à jour par Fredon Ile-de-France)

    Vespa velutina, le frelon asiatique © CACP – Gilles Carcassès

    Ne pas confondre avec le frelon européen (observez la couleur des pattes) :

    Vespa crabo, le frelon européen – Jouy-le-Moutier © CACP – Gilles Carcassès

    Autre source :

    Le témoignage de villes sur la lutte contre le frelon asiatique, par le réseau français des Villes-Santé de l’OMS 

    Retrouvez nos articles sur le frelon asiatique :

    Un frelon équilibriste

    Le frelon asiatique en chasse

    Faut-il piéger le frelon asiatique ?

    La reine des frelons

    Papier mâché ?


mercredi 24 octobre 2018

  • Deux Galinsoga, et des bananes

    Une verdure généreuse qui se contente de peu !

    Végétation spontanée au pied d’un mur – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

    Un peu de verdure vient égayer ce pied de muret en briques dans l’escalier qui mène au Verger. Ces Galinsoga se sont semés un peu partout dans ce secteur de la dalle Grand centre à Cergy, profitant des moindres fissures.

    Galinsoga quadriradiata – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

    Vues de près, ces fleurettes blanches à cœur jaune sont simples et charmantes.

    Mais d’où viennent-elles ?

    On rencontre en fait en Ile-de-France deux espèces de Galinsoga très ressemblantes. Celle-ci dont les pédoncules des fleurs sont nettement poilus est Galinsoga quadriradiata. A l’inverse les poils des pédoncules de Galinsoga parviflora sont peu visibles à l’œil nu. Le domaine de cette dernière est Paris et la petite couronne, l’espèce quadriradiata étant plus largement répandue en grande couronne.

    Ces deux espèces sont originaires d’Amérique sub-tropicale (Chili, Bolivie, Brésil, Colombie, Argentine, mais aussi Mexique).

    Encore un coup des botanistes !

    Galinsoga parviflora a été introduite par des botanistes, dont on connaît la manie de la collection, au Jardin des Plantes de Paris en 1785. Elle était aussi cultivée au Jardin royal de Madrid, d’où lui vient son nom, Martinez Galinsoga ayant été le directeur de cet établissement vers 1800. On l’a citée aussi dans les collections du Jardin botanique de Berlin à la même époque. Son expansion progressive en Europe depuis le début du XIXe siècle a été facilitée par ses nombreux moyens de dissémination : akènes à aigrettes portés par le vent, flottaison dans les eaux d’épandage, transports de terre, accrochage des akènes dans le pelage des animaux, pollutions de semences, adventices dans les pots des pépiniéristes et horticulteurs…

    Passagères clandestines parmi les régimes de bananes ?

    Galinsoga quadriradiata est d’introduction plus récente et elle a sans doute bénéficié de l’accélération des transports mondiaux de marchandises. On soupçonne l’explosion du commerce de la banane en provenance d’Amérique du Sud dans les années 1920. Des graines auraient voyagé parmi les régimes de bananes chargés dans les cargos frigorifiques, nommés bananiers, mis en service au début du XXe siècle.

    Mais cette espèce a aussi été cultivée aux Jardin des plantes de Paris en 1862. Elle était signalée en Belgique en 1870. La grande ressemblance entre les deux espèces rend cependant incertain bon nombre de signalements…

    Ils sont blagueurs ces anglais !

    On ne connaît pas de nom vernaculaire français aux Galinsoga. Les anglais sont plus inventifs : ils nomment cette plante « gallant soldiers », c’est un jeu de mot (ah, ah !) Traduit en français, soldat galant, ça ne fonctionne pas vraiment.

    Sources :

    Galinsoga quadriradiata, par Ephytia (INRA)

    Renseignements systématiques et géographiques à propos de l’apparition de Galinsoga aristulata (syn quadriradiata) en Bresse, par J-B. Touton et M. Coquillat (Société Linéenne de Lyon – 1960)


mardi 23 octobre 2018

  • La galéruque de l’orme

    Au bord de l’Oise à Cergy, les ormes sont très présents. Ils sont tous jeunes car dès qu’ils atteignent une dizaine d’années, ils sont décimés par la graphiose. Cette maladie est due à un champignon parasite qui obstrue les vaisseaux conducteurs de sève des ormes et les fait mourir.

    Orme aux feuilles grignotées – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

    Cet ormeau a l’air un peu malade, mais ce symptôme n’est pas celui de la graphiose. Ses feuilles sont attaquées par les larves d’un coléoptère de la famille des Chrysomelidae, la galéruque de l’orme. On dit que les fortes attaques de cette galéruque affaiblissent les arbres, ce qui attire les scolytes qui à leur tour transmettent la maladie en mordant les rameaux.

    Larve de la galéruque de l’orme © CACP – Gilles Carcassès

    Les larves de Xanthogaleruca luteola consomment le dessous des feuilles.

    Larve de Xanthogaleruca luteola – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

    Le résultat est presque aussi beau qu’un vitrail !

    Xanthogaleruca luteola – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

    Voici l’adulte qui se chauffe au soleil d’octobre.

    Retrouvez un autre article, sur les dégâts des scolytes :

    Entomoglyphe

    Sources :

    La graphiose de l’orme, par Ephytia (INRA)

    Des insectes et des hommes, par Vincent Albouy, Natornatex


lundi 22 octobre 2018

  • L’achillée millefeuille
    Achillea millefolium, l’achillée millefeuille – Vauréal © CACP – Gilles Carcassès

    Sur les espaces herbeux qui accompagnent l’avenue Gandhi à Vauréal, les achillées millefeuilles refleurissent après la fauche de l’été. Cette plante est facile à reconnaître avec ses feuilles très découpées et ses petits bouquets de fleurs blanches disposés en ombelles. Très résistante à la sècheresse, cette vivace indigène est une excellente plante pour des prairies fleuries naturelles.

    Trichodes alvearius sur une achillée millefeuille © CACP – Gilles Carcassès

    L’achillée millefeuille est très appréciée des coléoptères. J’y vois souvent des clairons comme celui illustré ci-dessus et des Cerambycidae floricoles, comme ce stenoptère roux, très commun dans les prairies.

    Stenopterus rufus – Jouy-le-Moutier © CACP – Gilles Carcassès

    Les producteurs de plantes vivaces proposent une large gamme de variétés d’achillée millefeuille dans des coloris variés : rouge, rose, pourpre, lilas, saumon, jaune pâle…

    Une variété rouge d’achillée millefeuille © CACP – Gilles Carcassès

    J’ai vu cette très belle variété, probablement ‘Peggy Sue’ dans un jardin à Haussimont, très beau village quatre fleurs dans la Marne.


vendredi 19 octobre 2018

  • Saurez-vous reconnaître la punaise diabolique ?

    Une grosse punaise grise ? D’habitude j’identifie celle-ci : Rhaphigaster nebulosa, la punaise nébuleuse, très commune dans les jardins.

    Rhaphigaster nebulosa, la punaise nébuleuse © CACP – Gilles Carcassès

    Mais cette fois-ci, c’est autre chose…

    Halyomorpha halys, la punaise diabolique © CACP – Gilles Carcassès

    Elle est plus sombre et surtout les taches blanches des antennes sont disposées différemment.

    Détail des antennes : en haut Halyomorpha halys, en bas Rhaphigaster nebulosa © CACP – Gilles Carcassès

    Il s’agit de la tristement célèbre punaise diabolique ! Je savais qu’elle était à Paris depuis 2015. Elle est manifestement sortie de la capitale puisqu’elle a été observée le 17 octobre 2018 à Villejuif et le même jour à Rosny-sous-bois. Et j’ai observé cet individu le lendemain devant la Maison de la Nature de Rueil-Malmaison.

    Cette punaise d’origine asiatique a envahi les Etats-Unis au début des années 2000, y causant des dégâts considérables aux vergers de pommiers, pêchers, agrumes, et aussi aux vignobles, au maïs, au soja, et aux cultures maraichères. Elle peut aussi compromettre les récoltes de noisettes. En Europe, l’envahisseur est sous surveillance, pour l’instant il ne cause pas de dégâts significatifs en grandes cultures, mais le risque est important, d’après un rapport de l’ANSES de 2014.

    Cette espèce, comme la punaise américaine du pin, cherche pour passer l’hiver un endroit où se mettre au chaud. C’est pourquoi il peut lui arriver de rentrer dans les maisons. En cas de pullulation de cette punaise, les habitants peuvent être tentés de traiter leur domicile avec des doses massives d’insecticide, ce qui serait très néfaste pour leur santé ! L’insecte en revanche est inoffensif pour l’homme et les animaux domestiques. Si l’on veut les chasser de la maison, il faut utiliser des moyens non toxiques, l’aspirateur par exemple et penser à fermer les fenêtres.

    La punaise asiatique est arrivée en France en 2012, plus précisément à Strasbourg. Depuis, elle a été signalée dans une bonne dizaine de départements.

    Sources :

    Rentrée 2018 très invasive pour la punaise diabolique, par Romain Garrouste (MnHn) – 12 octobre 2018

    Punaise diabolique, par Ephytia (INRA)

    Retrouvez les portraits d’autres punaises dans ces articles :

    La fausse fourmi

    Sur l’épiaire

    Palomena et Nezara

    Qui a peur des gendarmes

    La miride du chêne

    Grosse manif

    Les punaises du chou

    La punaise de l’aubépine

    Six punaises en rouge et noir


jeudi 18 octobre 2018

  • La découpeuse de feuilles
    Belle de nuit aux feuilles découpées © CACP – Gilles Carcassès

    Serait-ce une bestiole vorace avec un grande bouche qui fait ces profondes découpes dans ma belle de nuit ? Non, ce ne sont pas des traces de repas. C’est l’ouvrage d’une mégachile. Avec ses mandibules, cet hyménoptère découpe comme avec des ciseaux des pastilles de feuilles et les emporte une à une pour construire son nid.

    Reste à trouver le nid. Voilà le site :

    Botte de paille et belle de nuit © CACP – Gilles Carcassès

    Si j’étais une abeille solitaire, où établirais-je mon nid ?  Voyons : un endroit bien isolé, à l’abri des intempéries… Dans la paille bien sûr !

    C’est la réserve pour le poulailler, et pour éviter que le vent ne me l’éparpille, j’ai lesté la botte avec un chaperon de muret en béton. Je le soulève précautionneusement.

    Sous le chaperon © CACP – Gilles Carcassès

    Ce long « cigare » est bien le nid de la mégachile. Les découpes de feuilles sont courbées et assemblées à la manière de tuiles pour former un fourreau cylindrique dans lequel l’abeille stocke des boulettes de pollen, réserves de nourriture pour ses larves. Puis elle en bouche l’entrée avec le même matériau. La nouvelle génération émergera l’été prochain.

    Le nid d’une mégachile © CACP – Gilles Carcassès

    Il y a deux autres nids à côté, l’un d’eux, plus court, est manifestement de construction récente car les morceaux de feuilles sont encore bien verts. Il est occupé : je vois le derrière d’une abeille qui s’active ! Alors je décide de ne pas déranger plus longtemps et je remets le chaperon à sa place.

    Mégachile sur une fleur de cirse commun – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

    Les mégachiles récoltent le pollen sur leurs brosses ventrales, sous l’abdomen. L’espèce ci-dessus a des brosses rousses. Lorsqu’elles butinent, les mégachiles prennent souvent cette pose comique, abdomen redressé.

    Retrouvez d’autres abeilles solitaires dans ces articles :

    L’amie du groseillier

    Le petit peuple des barbacanes

    Les anthophores de la préfecture

    Du nectar de bryone sinon rien

    La collète du lierre a été observée à Courdimanche


mercredi 17 octobre 2018

  • Merveilleux fusain ailé
    Fusain ailé – boulevard d’Ecancourt à Jouy-le-Moutier © CACP – Gilles Carcassès

    N’est-elle pas étonnante la coloration automnale du fusain ailé ? Cet arbuste caduc parfaitement rustique est originaire du Japon. Il ne dépasse pas deux mètres de haut et est très tolérant quant au sol. Apparemment cette espèce n’est pas sujette aux dégâts des hyponomeutes comme le fusain d’Europe. Les pépiniéristes proposent aussi sa variété ‘Compactus’ au port plus ramassé que le type, adapté pour la cuture en bac.

    Euonymus alatus ‘Compactus’ © CACP – Gilles Carcassès

    Son port est assez raide et divergent, cet arbuste s’étend surtout en largeur. Il faut en tenir compte quand on l’installe au jardin.

    Le fruit du fusain ailé © CACP – Gilles Carcassès

    Les fruits du fusain ailé sont toxiques mais consommés par les oiseaux. On comprend avec cette photo pourquoi ce fusain est dit ailé : ce sont ses tiges qui présentent de fines excroissances liégeuses.

    Le fusain ailé est un très bon arbuste pour une haie mélangée en port libre.

    Retrouvez ces articles sur de bonnes plantes pour des haies libres :

    La viorne lantane

    Le groseiller doré

    La viorne de Bodnant


mardi 16 octobre 2018

  • Villes fleuries du Val d’Oise : Vauréal deux fois citée
    M. Lebrun récompensé © CACP – Gilles Carcassès

    Le 15 octobre 2018, lors de la cérémonie de remise des prix du concours départemental des villes, villages et maisons fleuris du Val d’Oise, Vauréal a été citée deux fois.

    Dans la catégorie « particuliers », M. Patrice Lebrun, de Vauréal, a été récompensé par un prix coup de cœur.

    Patrice Lebrun dans la partie de son jardin installé sur l’espace public – Vauréal © CACP – Gilles Carcassès

    Le jardin des Belles jardinières est équipé de bacs de culture aux formes originales. Patrice Lebrun, son génial créateur, exhibe ici une partie de la récolte de ses « patates herbivores », pommes de terre cultivées sans travail du sol, sous un abondant paillage de gazon coupé.

    Quant au jardin école de Vauréal, il s’est vu décerner le premier prix dans la catégorie « jardins en partage ».

    Le jardin école de Vauréal © CACP – Gilles Carcassès

    Ce jardin école, né de la collaboration de la ville de Vauréal et de la Mission développement durable et biodiversité de la Communauté d’agglomération de Cergy-Pontoise a pour but de permette à tous ceux qui le souhaitent d’apprendre à jardiner sans pesticides. Des cours gratuits de jardinage y sont régulièrement dispensés. Cette initiative a aussi permis à la ville d’être honorée du Premier prix 2018 dans la catégorie « Jardins responsables » des Trophées paysagistes pour l’environnement.

    Retrouvez notre article sur le jardin école :

    Apprendre par l’échange et l’expérience : le jardin école de Vauréal

    et l’article de 13 comme une :

    Patrice Lebrun, le jardin bonheur


lundi 15 octobre 2018

  • Eriocampa ovata, tenthrède de l’aulne
    Larve blanche sous une feuille d’aulne – Vauréal © CACP – Gilles Carcassès

    Cet étrange ravageur dévore de bon appétit la feuille d’un aulne sur la berge de l’Oise à Vauréal. Drôle d’allure ! Ses longs « poils » blancs sont friables et de consistance cireuse. Cela me rappelle les larves du psylle de l’aulne qui se cachent aussi sous des boucles de cire.

    Eriocampa ovata – Vauréal © CACP – Gilles Carcassès

    A la forme de sa tête, je reconnais une larve de tenthrède. Elle présente au sommet de sa capsule céphalique une petite tache noire qui ne s’étend pas jusqu’aux ocelles, cela permet d’identifier Eriocampa ovata, une espèce peu observée en Ile-de-France. Je l’avais déjà croisée une fois, dans le parc du château de Menucourt.

    Retrouvez un article sur autre larve blanche de tenthrède :

    Blanche et plissée

    Source :

    Clé des tenthrèdes de l’aulne par H. Chevin (OPIE – 1984)


vendredi 12 octobre 2018

  • Vauréal lance un atlas de biodiversité participatif !

    Le site internet de Vauréal a fait l’objet d’une refonte cet été, et que voit-on à la une ? Un onglet nature en ville ! Je vous invite à visiter cette rubrique.

    Vous y trouvez des reportages, l’agenda des prochains évènements nature, la carte des parcs et jardins de la ville, la présentation de la Maison de la nature, les engagements de la ville en matière de gestion différenciée. Notre blog est en bonne place dans la page consacré aux ressources nature !

    Grosse nouveauté, le site intègre un atlas de biodiversité participatif. Chacun peut y contribuer en créant un compte et en saisissant ses observations (lieu précis, date, photo, nom de l’espèce). Je m’y suis inscrit. Toutes les observations sont validées par des experts. En route pour la construction de l’atlas de la faune et de la flore de Vauréal !

    Lysimachia arvensis, le mouron rouge – rue des prés à Vauréal © CACP – Gilles Carcassès

    Retrouvez les premières observations publiées sur l’atlas de biodiversité de Vauréal :

    La bernache du Canada

    Le mouron rouge

    Le brun du pélargonium

    La tenthrède zigzag de l’orme


jeudi 11 octobre 2018

  • Les petites bêtes de la mare

    Au collège Gérard Philipe de Cergy, une mare a été réalisée au printemps 2018 avec le soutien du conseil départemental du Val d’Oise. Elle est déjà grouillante de vie ! Nicolas Louineau, professeur de SVT, m’a aidé à capturer quelques petites bêtes aux fins d’identification.

    La mare du collège Gérard Philipe à Cergy © CACP – Gilles Carcassès

    Les notonectes, ou abeilles d’eau, nagent le ventre en l’air. Elles se nourrissent de proies aquatiques ou d’insectes tombés dans l’eau, qu’elles piquent avec leur rostre puissant.

    Notonecta viridis – collège Gérard Philipe à Cergy © CACP – Gilles Carcassès

    Lorsqu’elle vient en surface faire le plein d’air pour respirer sous l’eau, seule l’extrémité de l’abdomen est en contact avec l’atmosphère. L’air emmagasiné tapisse la surface de son corps, lui donnant des reflets argentés. Ses grands yeux lui permettent de surveiller ce qu’il se passe au-dessus et en-dessous d’elle.

    Notonecta viridis, face dorsale © CACP – Gilles Carcassès

    Pour déterminer les notonectes, il faut observer la face dorsale. Il est recommandé de les manipuler avec précaution pour ne pas se faire piquer par le rostre, car c’est assez douloureux ! L’angle aigu du pronotum au coin de l’œil permet ici d’identifier Notonecta viridis.

    Acilius sulcatus – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

    Cet Acilius, de la famille des Dytiscidae, rame vigoureusement sous l’eau à l’aide de ses longues pattes ciliées. A l’inverse des notonectes, il nage sur le ventre. C’est un prédateur de nombreux animaux aquatiques.

    Acilius sulcatus, face ventrale © CACP – Gilles Carcassès

    Pour déterminer les Acilius, il faut observer la face ventrale. Les fémurs postérieurs à moitié noirs et la coloration ventrale globalement très sombre indiquent l’espèce Acilius sulcatus. L’insertion des pattes postérieures dans cette famille de coléoptères aquatiques est étonnamment très décalée vers l’arrière. L’insecte est très bien adapté pour la nage, il vole aussi sur de bonnes distances, mais s’est un marcheur très maladroit ! Ici il s’agit d’une femelle, car le mâle est équipé de ventouses sur ses pattes antérieures qui lui permettent de saisir commodément sa partenaire pendant l’accouplement.

    Nymphe d’Acilius ? © CACP – Gilles Carcassès

    Sur la berge à fleur d’eau nous avons trouvé des cocons de terre cachés sous des feuilles en décomposition. A l’intérieur d’un cocon, une nymphe attend la mue qui la transformera en adulte. Il s’agit probablement d’une nymphe d’Acilius.

    Corixidae – collège Gérard Philipe à Cergy © CACP – Gilles Carcassès

    Cette petite punaise aquatique finement barrée nage aussi sur le ventre. Elle navigue entre deux eaux et se pose sur le fond. Il s’agit d’une espèce de la famille des Corixidae. Ce sont des prédateurs de la petite faune aquatique comme les larves de moustiques.

    Ponte de gastéropode aquatique – collège Gérard Philipe à Cergy © CACP – Gilles Carcassès

    Les feuilles d’arbres tombées dans l’eau servent de support aux pontes des gastéropodes aquatiques.

    Sympetrum striolatum mâle – collège Gérard Philipe à Cergy © CACP – Gilles Carcassès

    Les Sympetrum striolatum étaient en ponte en tandem au-dessus de la mare. Les femelles ont déposé dans l’eau des centaines d’œufs. Cela nous promet de belles observations de leurs larves l’an prochain. Une aeschne bleue mâle est passée aussi mais ne s’est pas posée.

    Helophilus pendulus – collège Gérard Philipe à Cergy © CACP – Gilles Carcassès

    L’hélophile suspendu est un bien joli syrphe, commun dans les zones humides. On voit ici la bande médiane noire qui orne sa face. Les larves de cette espèce vivent dans la vase et les eaux boueuses des berges.

    Sources :

    SOHIER Sandra, COROLLA Jean-Pierre in : DORIS, 08/08/2016 : Acilius sp.

    Clé des hétéroptères aquatiques, par Raymond Poisson in : Faune de France (1957)

    Retrouvez nos articles :

    La mouche Nestor

    Les Sympetrum striolatum du parc François-Mitterrand

    A la mare de la Maison des Russes

    L’abeille d’eau

    Une aeschne bleue au parc du château de Grouchy


mercredi 10 octobre 2018

  • Port libre !
    Erables (Acer x freemanii ‘Autumn Blaze’), avenue des Bruzacques à Jouy-le-Moutier © CACP – Gilles Carcassès

    A ne pas manquer en ce mois d’octobre, la superbe coloration des jeunes érables de l’avenue des Bruzacques à Jouy-le-Moutier, plantés en 2014. Si l’on faisait le concours de la plus belle avenue de Cergy-Pontoise, elle serait assurément dans le top cinq !

    doubles rangées d’arbres en taille régulière © Ville de Jouy-le-Moutier

    Avant la rénovation de cette voie, les arbres en double rangée étaient taillés très régulièrement, engendrant un coût de gestion important. Je me rappelle la réunion de concertation, à la médiathèque, à laquelle j’avais été convié. Elle avait permis d’échanger avec les habitants et de présenter les avantages de cette replantation avec des arbres certes moins nombreux mais dont le port libre allait permettre une réduction des nuisances pour les riverains, globalement un plus grand volume de frondaisons et un impact spectaculaire dans le paysage.

    Avenue des Bruzacques, les feuilles dans leur splendeur automnale brillent au soleil © CACP – Gilles Carcassès

mardi 9 octobre 2018

  • Une leçon de nature au lycée de l’Hautil

    Vendredi 5 octobre 2018, 14 heures

    Ma mission : intéresser un groupe de lycéens à la nature et à la photographie. Après quelques conseils de cadrage et de composition donnés en salle, nous voilà partis à la recherche de sujets d’inspiration.

    Galle du chêne (Andricus quercuscalicis) © Cécile Kébir

    Ces belles galles de chêne, peut-être ? (Mais où vont-ils comme ça ?)

    La trace de la tenthrède zigzag a plus de succès. On essaie les smartphones sur ce sujet. Le contrejour donne des résultats jugés « classe ».

    Sur une feuille d’orme, la trace de la tenthrède zigzag © CACP – Gilles Carcassès

    Les bédégars sur les églantiers mettent en évidence les difficultés de mise au point d’un sujet plus en volume.  Mais que cette matière végétale est fascinante !

    Galle de Diplolepis rosae, ou bédégar © CACP – Gilles Carcassès

    Devant l’incrédulité générale, démonstration est faite que cette plante aux ombelles sèches est bien une carotte sauvage : l’arrachage collectif, digne de la légende d’Excalibur, a permis de vérifier que la grosse racine allongée sent bien la carotte !

    Fruits de la carotte © CACP – Gilles Carcassès

    Retrouvez notre article :

    La préparation de la sortie nature

    Cœur de carotte

    La tenthrède zigzag de l’orme

    Galles du chêne : quelques Andricus


lundi 8 octobre 2018

  • Camouflages

    Merci à ceux qui ont essayé de résoudre l’énigme d’octobre 2018. Changeons d’angle de vision et le mystère s’éclaircit.

    Larve de casside – parc du château de Grouchy © CACP – Gilles Carcassès

    Cette petite bête très épineuse est la larve d’une casside, coléoptère de la famille des Chrysomelidae. Pour se camoufler et se protéger des prédateurs, elle entasse ses excréments sur son dos.

    D’autres espèces adoptent des stratégies de camouflages assez proches :

    Larve de Dichohrysa – parc du château de Grouchy à Osny © CACP – Gilles Carcassès

    Cette larve de chrysope du genre Dichochrysa entasse sur son dos les dépouilles de ses proies ! On voit en bas à droite sur cette photo ses terribles mandibules en forme de crochets.

    Chenille de Thyatira batis (Drepanidae) – Neuville-sur-Oise © Gilles Carcassès

    Quand à cette larve, c’est la chenille d’un papillon de nuit, Thyatira batis. Sa ressemblance avec une crotte d’oiseau est le fait de ses motifs et de la posture qu’elle prend le jour lorsqu’elle elle est au repos.

    Dans cet article, découvrez le portrait d’une casside adulte :

    Cassida, un ovni chez les coléoptères


vendredi 5 octobre 2018

  • La photo mystère d’octobre 2018
    Vu au parc du château de Grouchy à Osny © CACP – Gilles Carcassès

    Cette chose peu appétissante aurait pu être une crotte de chauve-souris, ou celle d’une grosse chenille. Mais ça bouge ! Alors qu’est-ce donc?

    Rendez-vous lundi pour lever le voile !


  • La photo mystère d’octobre 2018
    Vu au parc du château de Grouchy à Osny © CACP – Gilles Carcassès

    Cette chose peu appétissante aurait pu être une crotte de chauve-souris, ou celle d’une grosse chenille. Mais ça bouge ! Alors qu’est-ce donc?

    Rendez-vous lundi pour lever le voile !


jeudi 4 octobre 2018

  • Pissenlit
    Devant la CAF de Cergy (quartier Grand centre) © CACP – Gilles Carcassès

    Le pissenlit, symbole de la résilience de la nature ?

    Cette plante vivace, l’une des plus communes de notre région, surgit là où l’on ne l’attend pas, se contente de peu, fleurit généreusement toute l’année et disperse ses semences au moindre souffle de vent.

    Capitule de pissenlit © CACP – Gilles Carcassès

    Chaque graine insérée sur le capitule est prolongée par une aigrette qui permet le transport par le vent, quelques fois sur plusieurs kilomètres. Remarquez les petites épines orientées vers le haut qui empêcheront la graine de ressortir du sol, une fois insérée dans une fissure.

    Coccinelle sur un pissenlit en fleurs © CACP – Gilles Carcassès

    Les fleurs de pissenlit sont généreuses pour de nombreux insectes qui viennent s’y nourrir. Les abeilles, les fourmis et les coléoptères, comme cette coccinelle à sept points, les fréquentent souvent. Ces fleurs sont comestibles : on en fait de bonnes gelées. Et les jeunes feuilles blanchies dans les taupinières font la meilleure des salades sauvages du printemps.

    Un indicateur de gestion des pelouses

    Floraison de pissenlits et de pâquerettes – Promenade des deux bois à Cergy (fin avril 2013) © CACP – Gilles Carcassès

    Les pissenlits prolifèrent quand la pelouse est tondue trop courte et trop souvent. A 6,5 cm de hauteur de coupe, on peut avoir 1% de pissenlit, et à 3,5 cm seulement on peut s’attendre à 50 % de pissenlits !

    Le pissenlit inspire aussi les artistes !

    Plafond de pissenlits © Magali Laffond

    Ce plafond exposé au Domaine de Chaumont-sur-Loire est l’œuvre poétique de Duy Anh Nhan Duc, un artiste né à Saigon en 1983, réalisée avec de véritables pissenlits cueillis un à un à la main !

    Tableau de pissenlits © Magali Laffond

    Là c’est un tableau mural, du même artiste.

    Sources :

    Pissenlit dent de lion, la star, par Sauvages du Poitou

    L’entretien écologique des pelouses, par la Mission eau Alsace


mercredi 3 octobre 2018

  • Derrière le lycée de l’Hautil, à Jouy-le-Moutier

    J’ai un cours de photographie nature à préparer pour des lycéens, aussi j’ai fait un repérage de sujets à proximité de leur établissement.

    Les carottes sauvages commencent à perdre leurs graines et dressent vers le ciel leurs ombelles dégarnies.

    Daucus carotta, la carotte sauvage – Jouy-le-Moutier © CACP – Gilles Carcassès

    Rien de tel qu’un gros lierre en fleurs sur le tronc d’un viel arbre pour observer les insectes :

    Vespa crabro, le frelon européen – Jouy-le-Moutier © CACP – Gilles Carcassès
    Colletes hederae, la collète du lierre – Jouy-le-Moutier © CACP – Gilles Carcassès

    Sur les feuilles des ormes, on peut aussi faire de belles découvertes :

    Le fantôme de la tenthrède zigzag -Jouy-le-Moutier © CACP – Gilles Carcassès

    Retrouvez nos articles :

    La tenthrède zigzag

    La collète du lierre

    La carotte sauvage

    Le frelon européen


mardi 2 octobre 2018

  • Galles du chêne : quelques Andricus

    Andricus est un genre d’hyménoptère Cynipidae qui forme des galles sur différentes parties des chênes : feuilles, branches, chatons, racines ou fruits. Chaque espèce est responsable de galles aux formes particulières. Les larves de ces insectes se développent à l’intérieur de ces galles.

    Il existerait plus d’une centaine d’espèces d’hyménoptères Cynipidae gallicoles inféodées aux chênes, dont au moins une douzaine d’espèces du genre Andricus. Voici les galles de quatre espèces du genre Andricus que j’ai trouvées en Ile-de-France :

    Andricus fecundatrix – Neuville-sur-Oise © CACP – Gilles Carcassès

    Andricus fecundatrix déforme les bourgeons.

    Andricus quercuscalicis – aux Grands jardins à Courdimanche © CACP – Gilles Carcassès

    Andricus quercuscalicis s’en prend aux cupules et aux glands.

    Andricus kollari – Jouy-le-Moutier © CACP – Gilles Carcassès

    Les galles d’Andricus kollari sont situées sur les rameaux. Le trou de sortie de l’insecte adulte est bien visible sur l’une de ces galles.

    Andricus grossulariae – Paris, bois de Vincennes © CACP – Gilles Carcassès

    Andricus grossulariae, plus rarement observé en Ile-de-France, déforme les cupules.

    Retrouvez d’autres articles sur les galles des chênes :

    Carnet de galle

    Galle de Neuroterus anthracinus

    Source :

    Les galles du chêne, par André Lequet


lundi 1er octobre 2018

  • Plantes invasives en Ile-de-France


    Le Conservatoire Botanique National du Bassin Parisien a mis en ligne le 18 septembre 2018 un nouveau document de synthèse sur les plantes invasives.

    Cette liste hiérarchisée distingue 25 invasives avérées, dont 5 émergentes. 17 espèces sont sur une liste d’observation et 18, reconnues invasives dans d’autres régions, sont en liste d’alerte. Les espèces en liste d’observation ont un niveau d’impact moyen ou une faible capacité de dispersion.

    5 invasives émergentes

    • la crassule de Hems
    • l’hydrocotyle fausse-renoncule
    • les jussies invasives
    • le myriophylle aquatique
    • le rhododendron des parcs

    Ces espèces émergentes sont présentées à la fin du document en téléchargement.

    20 invasives implantées

    • l’érable negundo
    • l’azolla fausse-fougère
    • l’ailanthe glanduleux
    • l’élodée du canada
    • l’élodée à feuilles étroites
    • le sainfoin d’Espagne
    • la berce du Caucase
    • la balsamine de l’Himalaya
    • le cytise
    • la lentille d’eau minuscule
    • la vigne-vierge commune
    • le griottier
    • le cerisier tardif
    • les renouées invasives
    • le robinier
    • le solidage du Canada
    • le solidage glabre
    • les asters invasifs
    • le lilas

    Une liste d’observation

    On y trouve le buddleia, l’érigéron du Canada, le séneçon du Cap…

    Une liste d’alerte

    On y trouve l’asclépiade de Syrie, l’herbe de la pampa, le cotonéaster horizontal…

    Retrouvez un autre article sur les plantes invasives :

    Plantes exotiques envahissantes : où trouver les bonnes informations ?

    et dans nos articles les portraits de quelques-unes de ces plantes invasives :

    L’asclépiade

    Le séneçon du Cap

    les balsamines invasives

    la berce du Caucase

    le sainfoin d’Espagne

    l’ailanthe

    l’azolla

    la jussie


vendredi 28 septembre 2018

jeudi 27 septembre 2018

  • La teigne de la scutellaire

    En longeant les berges de l’étang du parc du château de Grouchy, j’ai trouvé sur une branche basse de robinier ce curieux papillon, tout petit et finement pointillé de blanc.

    Choreutidae © CACP – Gilles Carcassès

    Sa silhouette particulière m’indique sa famille : les Choreutidae, représentée en France par 11 espèces seulement, dont deux ravageurs au jardin, la teigne des feuilles du pommier (Choreutis pariana) et la teigne du figuier (Choreutis nemorana). Dans cette famille, les chenilles consomment le parenchyme de la face supérieure des feuilles en se protégeant d’un réseau de fils de soies.

    Prochoreutis sehestediana ? Osny © CACP – Gilles Carcassès

    Les motifs des ailes permettent en théorie de distinguer les espèces de ces microlépidoptères mais les critères ne sont pas toujours clairs et les spécialistes ne courent pas les rues pour les préciser. Après quelques recherches, je pense raisonnablement qu’il s’agit de Prochoreutis sehestediana, dont la chenille se nourrit des feuilles des scutellaires.

    Scutellaria galericulata © CACP – Gilles Carcassès

    Et justement, cette jolie plante fleurie au bord de l’étang, à quelques mètres, c’est une scutellaire ! Scutellaria galericulata, la scutellaire en casque, est assez commune en Ile-de-France dans les milieux humides. C’est une Lamiaceae vivace qui peut atteindre un mètre de haut.

    Retrouvez dans cet article un autre hôte de la scutellaire :

    Belle découverte sur une scutellaire


mercredi 26 septembre 2018

  • Vergerettes
    Erigeron sp. – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

    La reine des caniveaux !

    Les vergerettes se contentent de peu mais poussent fort !

    Il existe plusieurs espèces forts ressemblantes d’Erigeron, à l’écologie semblable. La première arrivée est Erigeron canadensis. Cette plante annuelle très commune en Ile-de-France et originaire d’Amérique du Nord a été introduite en France vers 1650. Elle se plait dans les endroits chauds et secs et peut se développer dans le moindre interstice.

    Erigeron sumatrensis, originaire d’Amérique du Sud, est d’introduction plus récente, et est très présente également en Ile-de-France. Elle se distingue de la précédente par des détails très subtils (trop) en particulier la pilosité des feuilles qui serait légèrement différente.

    Très fréquentes en ville, ces vergerettes sont aussi des adventices communes des champs, des vignes et des vergers, et sont parfois résistantes au glyphosate. Elles ont un comportement de plantes pionnières et colonisent souvent les jachères et les friches.

    Vergerettes – Neuville-sur-Oise © CACP – Gilles Carcassès

    L’agriculteur a cessé de cultiver ce champ à Neuville-sur-Oise, en raison d’un projet d’urbanisation. Quelques mois ont suffi pour que les vergerettes s’installent et dominent la végétation.

    La vergerette du Canada est un hôte secondaire de plusieurs punaises de la famille des Miridae préjudiciables aux cultures, notamment la capside de la luzerne Lygus rugulipennis, et en Amérique du Nord la punaise terne Lygus lineolaris qui occasionne des dégâts aux cultures fruitières et maraichères.

    Sources :

    La vergerette du Canada, par Ephytia (INRA)

    La vergerette du Canada, par le Conservatoire botanique national de Brest

    La vergerette de Sumatra, par le groupe de travail IBMA

    Vergerette du Canada, par IRIIS (Québec)

    Flore des friches urbaines, par Audrey Muratet, Myr Muratet et Marie Pellaton


mardi 25 septembre 2018

  • Les coccinelles jaunes à points noirs

    Si vous rencontrez une coccinelle jaune à points noirs, sachez qu’il en existe en fait plusieurs espèces, aux mœurs très différentes. Voici de quoi les différencier :

    Psyllobora vigintiduopunctata, la coccinelle à 22 points – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

    La plus voyante des coccinelles jaunes à points noirs est de petite taille, ses taches noires sont bien régulières et le fond de ses élytres est d’un jaune franc très lumineux. Psyllobora vigintiduopunctata, la coccinelle à 22 points, se nourrit de champignons microscopiques qui poussent à la surface des feuilles.

    Propylea quatuordecimpunctata, la coccinelle à damier © Gilles Carcassès

    La coccinelle à damier présente des taches plus ou moins carrées et confluentes si bien que souvent on ne saurait dire si elle est jaune à points noirs ou noire à points jaunes. Propylea quatuordecimpunctata est une grande prédatrice de pucerons sur toutes sortes de plantes et, en tant que telle, une bonne auxiliaire au jardin.

    Anisosticta novemdecimpunctata © CACP – Gilles Carcassès

    De forme plus allongée, voici la coccinelle des roseaux. On la rencontre dans les marais, sur les massettes notamment qui hébergent souvent des colonies de pucerons. Anisosticta novemdecimpunctata est en effet une carnivore. Elle est souvent rouge ou orange.  Cet individu atypique, au fond jaune pâle, m’a fait chercher un moment !

    Tytthapsis sedecimpunctata, la coccinelle à seize points – Jouy-le-Moutier © CACP – Gilles Carcassès

    Une coccinelle de petite taille avec une suture noire bien marquée, voici la coccinelle à seize points, Tytthaspis sedecimpunctata, au fond jaune plus ou moins pâle. Elle se nourrit de pollen et de champignons microscopiques.

    Quelques autres espèces de coccinelles ordinairement orange, roses ou rouges sont parfois jaunes. C’est le cas par exemple de la coccinelle asiatique, Harmonia axyridis.

    Harmonia axyridis, formes jaunes à points noirs – Cergy © Gilles Carcassès

    Retrouvez notre article :

    Les coccinelles à points blancs


lundi 24 septembre 2018

  • Le Jardin des possibles

    Dans le parc de l’abbaye de Maubuisson, la perspective du bassin est vraiment magnifique. L’endroit est idéal pour observer la colonie de perruches à collier qui niche dans les cavités des branches des grands platanes.

    Les grands platanes et le bassin – abbaye de Maubuisson © CACP – Gilles Carcassès

    A quelques mètres de là, vous découvrirez le Jardin des possibles, un espace potager et sensoriel conçu et animé par Laure et Stéphanie, les fondatrices de l’entreprise solidaire Terr’Happy, spécialiste du jardin thérapeutique.

    Ce jardin pédagogique intergénérationnel qui s’inspire des principes de la permaculture est soutenu par le conseil départemental du Val d’Oise. Le Jardin des Possibles est spécialement dédié aux seniors. Il leur permet de découvrir ou de redécouvrir le jardinage et d’y rencontrer d’autres publics, notamment des enfants et des personnes handicapées.

    Le Jardin des possibles – Saint-Ouen l’Aumône © CACP – Gilles Carcassès

    Tous les mardis matin, mardis après-midi et mercredis après-midi, du 15 mai au 30 octobre, les ateliers de jardinage accueillent des groupes de jardiniers de tous âges (contact : jdpmaubuisson@gmail.com).

    Jardin des possibles – parc de l’abbaye de Maubuisson © CACP – Gilles Carcassès
    Haricots d’Espagne © CACP – Gilles Carcassès

    Au Jardin des possibles, on cultive toutes sortes de légumes, des plus classiques aux plus rares, et une belle diversité de plantes aromatiques.

    Retrouvez un autre article sur le parc de l’abbaye de Maubuisson :

    Maubuisson : 100 moutons font le mur !

    et aussi des informations sur les perruches à collier :

    L’invasion de la perruche à collier


vendredi 21 septembre 2018

  • La linaire commune
    Linaria vulgaris, la linaire commune – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

    La linaire commune apprécie les situations chaudes et les sols maigres. On la trouve fréquemment dans les friches urbaines, sur les talus, les ballasts des voies ferrées, les bords de chemins. Celle-ci s’est installée dans une fissure de la passerelle d’accès à l’Université de Cergy-Pontoise (site des Chênes).

    La pollinisation de cette plante est assurée par les bourdons qui ont la force d’écarter les deux lèvres de la fleur pour accéder au nectar stocké dans l’éperon.

    La linaire commune est la plante hôte de Calophasia lunata, appelée la linariette. Ce papillon appartient à la famille des Noctuidae, comme les cucullies dont les chenilles ressemblent beaucoup à celle de la linariette.

    Calophasia lunata, la linariette vue sur une linaire pourpre dans un jardin à Aulnay-sous-bois © CACP – Gilles Carcassès

    La linaire commune est considérée comme invasive au Canada. La linariette y a été introduite avec succès comme moyen de biocontrôle.

    Retrouvez nos articles :

    Jardin magique

    Les cucullies

    Sources :

    Flore des friches urbaines, par Audrey Muratet, Myr Muratet et Marie Pellaton

    Linaire commune, par Yukon Invasice Species Council

    Calophasia lunula par Lépidoptéristes de France


jeudi 20 septembre 2018

  • Une mante au Grand centre ?
    Rue de la gare à Cergy © CACP – Gilles Carcassès

    Les services de l’agglomération ont installé ces plantes grimpantes rue de la gare, créant un petit oasis de verdure fréquenté par de nombreux insectes et des araignées.

    Sous la grille de ventilation © CACP – Gilles Carcassès

    Ma curiosité m’a fait lever le nez vers les grilles de ventilation de l’immeuble de la CAF qui est juste au-dessus sur la dalle. Qu’est-ce que c’est que cet amas étrange collé sur le métal ?

    Oothèque de mante religieuse © CACP – Gilles Carcassès

    Avec le zoom de mon appareil photo, je peux détailler la chose : c’est une oothèque de mante religieuse ! Une femelle a déposé 200 à 300 œufs dans une gangue qui en séchant devient cette structure protectrice alvéolée.

    Mantis religiosa, la mante religieuse – Menucourt © Gilles Carcassès

    J’ai cherché la mante dans les feuillages, mais je ne l’ai pas trouvée. Apparemment, l’espèce n’est pas rare dans le secteur, on m’en a à plusieurs reprises rapporté la découverte dans des résidences de Cergy et de Pontoise. Il lui faut tout de même de la végétation pour s’installer car c’est une prédatrice d’insectes, notamment de sauterelles et de papillons.

    Si l’oothèque ne fait pas le régal des oiseaux, et si des parasitoïdes n’ont pas pondu dedans, peut-être assisterons-nous en juin prochain à la naissance de jeunes mantes ?

    Retrouvez notre article :

    Une mante religieuse à Menucourt

    Sources :

    La mante religieuse – Jardiner Autrement

    La mante religieuse, par André Lequet


mercredi 19 septembre 2018

  • Robert-le-Diable

    Un papillon très facile à reconnaître

    Polygonia c-album, le Robert-le-Diable © CACP – Gilles Carcassès

    Le Robert-le-Diable est un papillon commun facile à observer en lisière forestière. La forme découpée des ailes est tout à fait caractéristique.

    Robert-le-Diable © CACP – Gilles Carcassès

    Mais pourquoi Robert-le-Diable ?

    Peut-être ce papillon évoque-t-il par son aspect les flammes de l’enfer ? Ou bien le profil de la tête d’un Robert historique ? Bien malin celui qui connaît la véritable origine de ce nom !

    Polygonia c-album – Osny © CACP – Gilles Carcassès

    Le revers de son aile postérieure est marqué en blanc de la lettre c, d’où son nom d’espèce en latin « c-album ».

    La chenille du Robert-le-Diable sur l’ortie dioïque © CACP – Gilles Carcassès

    Et sa chenille ?

    La chenille du Robert-le-Diable est tout aussi caractéristique que le papillon : elle est marquée d’une grande tache blanche sur le dos. Sa plante-hôte préférée est l’ortie, mais on la rencontre aussi sur le houblon et sur les feuilles de ligneux comme le noisetier, l’orme ou les saules.

    Ce papillon hiberne à l’état adulte et on peut le rencontrer dès les premières belles journées de mars. Il a deux générations par an. En automne, on peut voir la deuxième génération se préparer à l’hivernage en se gorgeant de sucre sur les fruits tombés au sol dans les vergers.

    Retrouvez un autre article sur ce papillon :

    Bouh, fais moi peur !

    Sources :

    Polygonia c-album dans l’Atlas des papillons de jour et des zygènes d’Ile-de-France

    Le Robert-le-Diable par André Lequet


mardi 18 septembre 2018

  • Le chiendent pied-de-poule
    Cynodon dactylon – Neuville-sur-Oise © CACP – Gilles Carcassès

    Cette belle végétation de pied d’arbre vue près de l’université à Neuville-sur-Oise n’a pas été installée par un paysagiste. Il s’agit d’une adventice des champs arrivée là sans doute en même temps que la terre de la fosse de plantation. Le Cynodon dactylon, ou chiendent pied-de-poule, s’étend facilement grâce à ses rhizomes puissants. Il est capable en bonnes conditions de couvrir un mètre carré en moins d’un an. Les fragments de rhizomes régénèrent très facilement la plante, c’est pourquoi le travail du sol par fraisage multiplie ce chiendent au lieu de le détruire.

    Floraison du chiendent pied-de-poule – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

    Cynodon dactylon se dissémine aussi par semis. Cette plante fleurit même en période de canicule. On voit ci-dessus les étamines mauves de ses fleurs.

    Rhizomes de Cynodon dactylon – rue de la gare à Cergy © CACP – Gilles Carcassès

    Gare aux rhizomes !

    Les jardiniers n’aiment pas beaucoup le chiendent pied-de-poule : ils doivent souvent extirper ses rhizomes pour limiter son envahissement dans leurs massifs. On trouve pourtant dans le commerce des variétés de Cynodon utiles pour la décoration des jardins secs ou pour constituer des gazons assez grossiers mais très résistants à la sécheresse et au piétinement.

    La floraison singulière de Cynodon x ‘Des Bermudes’, en présentation dans les parcelles d’essai de l’école Du Breuil à Paris © CACP – Gilles Carcassès

    Retrouvez dans cet article une autre histoire de pied de poule :

    Deux artistes en résidence

    et d’autres portraits de graminée :

    Sang de cailloux

    Le dactyle aggloméré

    La graminée qui se moque de la sècheresse

    Miscanthus, beauté d’automne

    Source :

    Flore des friches urbaines d’Audrey Muratet, Myr Muratet et Marie Pellaton


lundi 17 septembre 2018

  • La coccinelle à 16 points
    Tytthaspis sedecimpunctata, la coccinelle à seize points – Jouy-le-Moutier © CACP – Gilles Carcassès

    Encore une espèce de coccinelle à ajouter à ma collection (de photos) !

    C’est la coccinelle à seize points, soit huit par élytre, dont quatre fusionnés près du bord externe. Elle est facile à reconnaître avec sa grosse ligne noire à la jonction des deux élytres. Celle-ci avait un fond couleur ivoire, mais il est souvent jaune ou beige rosé. Cette coccinelle n’est pas spécialisée dans la chasse aux pucerons, elle se nourrit principalement de nectar et de pollen, ainsi que de spores de moisissures qui poussent à la surface des feuilles ou au sol. A l’occasion, elle peut consommer aussi des thrips, des acariens et des pucerons. Elle est commune et présente un peu partout en France, mais sa petite taille la rend discrète.

    Un rond-point géré en pâturage à Jouy-le-Moutier © CACP – Gilles Carcassès

    Cette coccinelle broutait les étamines d’une fleur d’alysson blanc dans les espaces verts du rond-point de la Croix Saint-Jacques, ceux-là même qui sont maintenant gérés en pâturage avec les brebis de la Ferme d’Ecancourt.

    Source :

    Tytthaspis sedecimpunctata, une toute petite coccinelle, par Le jardin de Lucie

    Retrouvez dans cet article une autre coccinelle à seize points :

    Les coccinelles à points blancs


vendredi 14 septembre 2018

  • Fleurissement 2018 : mes coups de cœur parisiens

    Comme chaque année, je prends beaucoup de plaisir à visiter les parcs et squares parisiens sélectionnés pour le concours de décoration florale de la ville de Paris. Le cru 2018 est particulièrement intéressant ! Je vous livre mes coups de cœur :

    Promenade Peireire – Paris 17 © CACP – Gilles Carcassès

    Les jardiniers de la Promenade Peireire nous offrent un massif à visiter de l’intérieur en empruntant un dédale de sentiers engazonnés. La composition très réussie s’appuie sur un contraste classique de deux couleurs complémentaires, le jaune et le violet, réhaussé ici de touches de blanc et d’un soupçon d’orange. Le massif est bordé d’une bande fleurie semée où dominent les zinnias à grandes fleurs en mélange de couleurs. Le visiteur a la surprise de découvrir un petit bassin caché parmi les fleurs :

    Promenade Peireire – Paris © CACP – Gilles Carcassès

    Au parc Monceau, c’est une évocation de bassin qui m’a séduit par sa douceur.

    Fleurissement au Parc Monceau © CACP – Gilles Carcassès

    Des graminées et des cypéracées variées, accompagnées d’autres plantes au feuillage gris ou bleuté, forment une scène subtile que des Sanvitalia viennent délicatement ponctuer d’or.

    Le parc floral de Paris, vitrine du savoir-faire horticole parisien propose toujours un fleurissement spectaculaire.

    Silybum et Dichondra – Parc floral de Paris © CACP – Gilles Carcassès
    Enormes fleurs de scabieuse – Parc floral de Paris © CACP – Gilles Carcassès

    J’ai beaucoup aimé cette installation dans le square Cardinal Petit de Julleville : une araignée, entièrement construite par les jardiniers avec des éléments de taille d’arbustes, semble aux aguets au milieu de sa toile en fils de Dichondra.

    Square Cardinal Petit de Julleville – Paris 17 © CACP – Gilles Carcassès

    Les jardiniers m’ont dit que c’est une épeire diadème, une espèce fréquente dans les jardins. Sa rondeur et son étrangeté me rappellent la Dormenron du jardin des plantes de Nantes.

    Leur composition florale en noir et blanc complète la structure avec une belle élégance et donne à voir une multitude de détails intéressants.

    Massif en noir et blanc © CACP – Gilles Carcassès

    Graminées et Chloropytum aux tiges retombantes prennent le relais de l’évocation de l’araignée, à plus petite échelle. Et ces Hemigraphis qui dessinent des taches d’un noir profond au cœur des feuillages duveteux des séneçons, ne seraient-ils pas les diamants noirs du diadème de l’araignée ?


jeudi 13 septembre 2018

mercredi 12 septembre 2018

  • L’alysson blanc
    Berteroa incana – Jouy-le-Moutier © CACP – Gilles Carcassès

    Au rond-point de la Croix Saint-Jacques à Jouy-le-Moutier, une floraison blanche a attiré mon regard. C’est celle de l’alysson blanc, une plante de la famille des Brassicaceae.

    Floraison de l’alysson blanc © CACP – Gilles Carcassès

    Les quatre pétales de ses fleurs sont profondément découpés, comme c’est le cas chez la drave printanière. La plante est très velue, ce qui lui donne un aspect blanchâtre.

    L’alysson blanc est originaire d’Europe centrale et serait arrivé en France au XVIème siècle. C’est pourquoi on le considère comme une plante naturalisée. En Ile-de-France, il croît dans des terrains sableux ou caillouteux comme des ballasts ou des bords des routes, et on le rencontre pour l’essentiel dans la vallée de l’Oise et dans la vallée de la Seine en aval de Paris.

    Retrouvez un article sur une autre Brassicaceae des bords de routes :

    La fleurette et le camionneur

    Source :

    Berteroa incana par le GT-IBMA


mardi 11 septembre 2018

  • Gestion écologique des espaces verts : retour sur la rencontre technique 2018

    Cette année, c’était le Parc naturel régional Oise – Pays de France qui organisait la rencontre technique sur la gestion écologique des espaces verts. Une vingtaine de personnes venues de collectivités de l’agglomération de Cergy-Pontoise et des PNR Oise – Pays de France et du Vexin français se sont retrouvées à Senlis, accueillies par le service des Espaces verts. Cette ville labellisée 3 fleurs est réputée pour son fleurissement faisant une large part aux plantes vivaces. Cette journée très instructive s’est poursuivie à Crépy-en-Valois par une visite de divers aménagements particulièrement convaincants en matière de gestion des eaux pluviales.

    Découvrez notre reportage :

    Cliquez sur l’image pour ouvrir le document

    Retrouvez notre reportage sur la journée 2017 :

    Retour sur la rencontre technique à Vauréal le 28 septembre 2017


lundi 10 septembre 2018

  • La ponte du Flambé

    Bravo à Thierry qui a trouvé la bonne réponse à la photo mystère de septembre 2018. C’était bien un œuf de papillon ! La plante-hôte donne une bonne indication sur l’espèce : quelle chenille consomme le cerisier de Sainte-Lucie (et aussi le prunellier et l’aubépine) ? C’est celle du Flambé !

    L’œuf du Flambé (Iphiclides podalirius) sur une feuille de Prunus mahaleb © CACP – Gilles Carcassès

    Le Flambé butine les fleurs de la prairie : cirses, trèfles, luzernes, lotiers, origan, scabieuses… Au jardin, il vient souvent sur les lavandes et les buddleias.

    Flambé – La Roche-Guyon © CACP – Gilles Carcassès

    J’ai trouvé un autre œuf de Flambé sur le même arbre, mais, trop tard, il est vide (cliquez sur l’image ci-dessous pour l’agrandir) ! Peut-être que la chenille est déjà sortie ? Ou bien faut-il voir là la trace du passage d’un parasitoïde ou d’un prédateur ?

    Un œuf de Flambé ouvert © CACP – Gilles Carcassès

    Retrouvez notre article :

    Un papillon protégé observé au parc du château de Grouchy

    Source :

    Le Flambé par André Lequet


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