Nature en ville à Cergy-Pontoise | Espace d’information et d’échange pour les acteurs du territoire, ces 365 derniers jours

Espace d’information et d’échange pour les acteurs du territoire



lundi 13 juillet 2020

  • Sciences participatives : avocats de la biodiversité
    Psittacula krameri, la perruche à collier © CACP – Emilie Périé

    Avec son allure de perroquet et ses couleurs flamboyantes la perruche à collier est arrivée sous nos latitudes il y a une quarantaine d’années. Depuis, on lui a attribué de nombreux qualificatifs. Si on ne peut nier qu’elle soit exotique, colorée et parfois bruyante, la facette « désastre écologique » qu’on lui attribue souvent n’est pas si avérée que cela. On la croyait capable de déloger nos petits oiseaux et de s’accaparer toutes les ressources alimentaires, pourtant à la mangeoire elle n’a pas plus d’effet que nos gros oiseaux européens (comme la pie bavarde ou la tourterelle turque) sur la fréquentation des autres oiseaux. C’est ce qu’a pu démontrer une équipe du Muséum national d’Histoire naturelle grâce aux données BirdLab. L’expert nous explique :

    Et comme les données BirdLab n’existent que grâce à vous : un grand merci ! Et surtout, continuez à enrichir les programmes de sciences participatives qui permettent de mieux comprendre la complexité nos écosystèmes.

    Sources :

    Le résumé de l’étude « Any despot at my table? Competition among native and introduced bird species at garden birdfeeders in winter » 

    Le Podcast de Nicolas Deguines


vendredi 10 juillet 2020

  • Un sanctuaire de biodiversité à Vauréal
    Le verger de Vauréal, sanctuaire de biodiversité © CACP – Emilie Périé

    Le verger de Vauréal est un espace vert géré par la commune comme un sanctuaire de biodiversité. L’accès y est limité. Les espaces en herbe ne sont tondus que pour ménager des chemins. Les orchidées sont contournées. Des fruitiers ont été plantés, dont les fleurs et les fruits feront le régal des insectes et des oiseaux. Des nichoirs à mésanges et chauves-souris ont été installés. Des rocailles sont disposées pour accueillir lézards, araignées et insectes. Et une magnifique butte à insectes à été construite par la régie de la ville.

    Butte à insectes à Vauréal © CACP – Emilie Périé

    Comment ça marche ? La Ville vous l’explique !

    Et ça fonctionne ! Dans cet espace nous avons vu : la naïade aux yeux bleus, la trichie des roses, la mouche Anthomyia pluvialis, mais aussi,

    Tachina fera, la tachinaire sauvage © CACP – Emilie Périé

    La tachinaire sauvage, toute hérissée de poils ;

    Sphaerophoria scripta, le syrphe porte-plume mâle © CACP – Emilie Périé

    Le mâle du syrphe porte-plume sur une orchis bouc ;

    Un criquet du genre Chorthippus © CACP – Emilie Périé

    Et même un criquet rose ! Promis, nous n’avons pas touché aux couleurs de la photo. Cette femelle, encore immature, est atteinte d’erythrisme, une mutation qui rend l’insecte tout ou partie rose. Mutation qu’elle n’aura probablement pas le temps de transmettre à sa descendance, car rose comme cela elle aura du mal à échapper à l’œil de la mésange ou de l’hirondelle qui n’en feront qu’une bouchée. Les oiseaux aussi se plaisent dans ce sanctuaire.

    Retrouvez sur ces pages :

    Le reportage sur la création de la butte, par la Ville de Vauréal

    Un hôtel à insectes fait maison


mercredi 8 juillet 2020

  • Les linaires
    Éperon et lèvres des linaires © CACP – Emilie Périé

    Les linaires sont des plantes de la famille des Plantaginaceae, donc de la même famille que le plantain ou la véronique. Cette famille un peu hétéroclite appartient à l’ordre des Lamiales, les plantes dont les fleurs présentent le plus souvent deux lèvres. Le petit groupe des linaires se distingue par des traits caractéristiques : une fleur en tube terminée par un éperon nectarifère et deux lèvres fermées par un palais (une bosse sur la lèvre inférieure). Seuls les bourdons sont capables d’ouvrir la fleur pour récupérer le nectar et le pollen et participer ainsi à la pollinisation de la plante.

    Il existe plusieurs espèces de linaire sur le territoire, en voici trois :

    Linaria communis, la linaire commune © CACP – Emilie Périé

    La linaire commune, comme son nom l’indique est la plus commune de toutes. Elle expose ses fleurs jaunes un peu partout, sur les bords de chemins, dans les prairies, sur le trottoirs… On la reconnait à ses feuilles effilées.

    Linaria supina, la linaire couchée © CACP – Emilie Périé

    La linaire couchée est beaucoup plus rare dans la région. Elle apprécie surtout les sols sableux, souvent les bords de voies ferrées. Ici, elle était dans le cimetière d’Osny.

    Kickxia elatine, la linaire élatine © CACP – Emilie Périé

    La linaire élatine adopte le style bicolore. Élégante n’est-ce pas ? Elle est assez commune, on peut la trouver au potager.

    Une autre Plantaginaceae

    Cymbalaria muralis, la cymbalaire des murailles © CACP – Emilie Périé

    Une autre espèce de la tribu des Athirrinae (dont font partie les linaires) qui fait des bisous colorés de ses lèvres jaunes et violettes, c’est la cymbalaire des murailles. L’avez-vous vue ? Dites-le nous dans l’atlas de la biodiversité de Cergy-Pontoise !

    Sources :

    La flore d’Île-de-France, par Philippe Jauzein et Olivier Nawrot

    La linaire commune, par FLORIF

    La linaire couchée, par FLORIF

    La linaire élatine, par FLORIF

    Retrouvez une autre Plantaginaceae :

    La véronique de Perse


lundi 6 juillet 2020

  • Les salsifis

    Bravo à Damien qui a reconnu la rosée du matin dans les fruits du salsifis.

    Tragopogon dubius en fruit – Neuville-sur-Oise © CACP – Emilie Périé

    Les salsifis font partie des astéracées liguliflores à fleurs jaunes.

    Tragopogon dubius en fleur – Neuville-sur-Oise © CACP – Emilie Périé

    A maturité, chaque ligule jaune (chaque fleur) laisse place à un fruit : un akène surmonté d’un pappus. L’akène désigne un fruit sec (le contraire de charnu, comme une cerise par exemple) qui renferme une unique graine (à la différence des gousses des fabacées qui en contiennent plusieurs). Le pappus, ou aigrette, est le faisceau de soies qui sert de « parachute » au fruit. Il a une bonne prise au vent et permet au fruit de s’envoler loin pour s’installer et germer sur un nouveau terrain.

    Fruit du salsifis – Neuville-sur-Oise © CACP – Emilie Périé

    Ceux des salsifis sont assez impressionnants, ils mesurent plusieurs centimètres.

    Salsifis au pluriel

    Car il y a deux espèces en Île-de-France : le salsifis des prés (Tragopogon pratensis) et le salsifis douteux (Tragopogon dubius). Le salsifis des prés est considéré comme beaucoup plus commun dans la région, pourtant sur le territoire de Cergy-Pontoise c’est le salsifis douteux que j’ai le plus croisé. La différenciation est assez simple : le pédoncule du salsifis douteux est creux, renflé et compressible alors que celui des prés ne l’est pas.

    Différenciation des salsifis © CACP – Emilie Périé

    Sources :

    La flore d’Île-de-France, par Philippe Jauzein et Olivier Nawrot

    Tragopogon pratensis par FLORIF

    Tragopogon dubius par FLORIF

    Retrouvez dans nos articles, d’autres histoires d’astéracées jaunes :

    Pissenlit or not pissenlit ?

    La chondrille effilée 


vendredi 3 juillet 2020

mercredi 1er juillet 2020

  • Quelques cétoines
    Cetonia aurata, la cétoine dorée sur fleurs de Choisiya © CACP – Emilie Périé

    Nous vous avons présenté il y a quelques jours la cétoine dorée, ce joli scarabée aux couleurs vertes et métalliques. Mais il en existe de très nombreuses autres à l’aspect tout aussi élégant. Parmi les scarabées, la sous-familles des Cetoniinae (les cétoines au sens large) comporte presque 600 espèces ! En voici trois autres, rencontrées ce printemps.

    Le drap-mortuaire

    Oxythyrea funesta, le drap-mortuaire sur le plantain lancéolé – Neuville-sur-Oise © CACP – Emilie Périé

    Sa couleur noire lui aura sans doute valut son nom de drap-mortuaire. Pourtant avec ses points blancs je lui trouve plus une évocation d’étoiles dans la nuit que d’horizon funeste… C’est d’ailleurs à ses points blancs qu’on la reconnait : l’alignement parallèle sur le pronotum est caractéristique de l’espèce.

    La trichie des roses

    Trichius rosaceaus, la trichie des roses, sur l’orchis bouc – Vauréal © CACP – Emilie Périé

    La trichie des roses se différencie de l’autre représentante du genre Trichius en Île-de-France (Trichius fasciatus) par l’absence d’échancrure sur le tibia de la deuxième patte (mieux vaut être sur place avec une loupe pour l’observer).

    La cétoine punaise

    Valgus hemipterus, la cétoine punaise © CACP – Emilie Périé

    C’est la seule représentante du genre Valgus en France. On l’appelle punaise (ou hemipterus) car ses élytres sont raccourcies par rapport à la longueur de son abdomen, ce qui est habituellement la caractéristique des punaises (ou hémiptères).

    Les cétoines sont d’importants insectes floricoles (les adultes se nourrissent sur les fleurs). Grâce à leurs poils, roux, blancs, noirs… en plus d’être élégantes elles participent au déplacement du pollen et à la pollinisation.

    Sources :

    Galerie insectes.org

    Le drap-mortuaire, par QuelEstCetAnimal?

    La trichie des roses, par QuelEstCetAnimal?

    La cétoine punaise, par QuelEstCetAnimal?


lundi 29 juin 2020

  • Le lézard des murailles

    Un reptile de nos régions

    Le lézard des murailles est un reptile, au même titre que les serpents, les crocodiles et les tortues. Il fait partie de la famille des Lacertidés. Nous le retrouvons partout en France.

    Podarcis muralis, le lézard des murailles © Léo Micouin

    Un animal à sang-froid

    Cet animal, comme les autres reptiles, a le sang-froid. Il prend la température du milieu dans lequel il vit. C’est pour cela qu’il affectionne les milieux xérophiles (secs) et les bains de soleil. En effet, vous l’avez sûrement déjà observé sur un mur ou une pierre en train de prendre le soleil. Si c’est le cas, c’est qu’il est en train de réchauffer son sang. On appelle cela la « thermorégulation ».

    Le lézard est également un squamate, comme les serpents. C’est-à-dire que leur processus physionomique, sous l’action des hormones, fait qu’ils muent. Cette mue est plus fréquente chez les juvéniles tandis qu’elle est plus rare chez les individus les plus âgés. C’est un phénomène important pour le lézard car cela lui permet d’avoir une bonne hygiène : la mue lui permet de se débarrasser de parasites comme la tique.

    Lambeau de mue – Podarcis muralis © Gilles Carcassès

    C’est aussi un moyen de raviver les couleurs du mâle lors du printemps, quand les accouplements ont lieu. Parfois, le mâle orne les bords de son ventre de tâches bleutées, il s’agit de sa robe nuptiale.

    Robe nuptiale du lézard des murailles © CACP – Léo Micouin

    Un léger dimorphisme entre mâle et femelle

    Un dimorphisme sexuel est une différence entre le mâle et la femelle qui permet de déterminer le sexe de l’individu. Chez le lézard, le mâle présente des tâches noires plus larges et plus espacées que le femelle.

    Dimorphisme sexuel du lézard des murailles © CACP – Léo Micouin

    Une espèce protégée

    Inscrit à l’annexe IV de la Directive « Habitats », le lézard est protégé au niveau national. Bien que l’espèce ne soit pas menacée, elle est souvent la proie des chats domestiques dans les jardins. La restauration ou la destruction des vieux murs font également disparaître un habitat de prédilection du lézard.

    A vos observations !

    Cette espèce figure parmi la liste à observer dans notre Atlas de la Biodiversité. N’hésitez pas à venir y saisir vos observations !

    Sources :

    « Pourquoi les lézards changent-ils de peau ? », par la revue Salamandre

    Le lézard des murailles, par Nature en Occitanie

    Podarcis muralis, par l’Inventaire National du Patrimoine Naturel (INPN)

    Retrouvez d’autres articles sur les reptiles :

    Un dragon dans mon jardin ?

    Couleuvre ou vipère ?


vendredi 26 juin 2020

  • La chondrille effilée
    Chondrilla juncea – Neuville-sur-Oise © Gilles Carcassès

    Près de l’Université de Cergy-Pontoise à Neuville, je remarque au pied d’un prunus cette plante haute à l’allure échevelée. Sa silhouette me rappelle confusément des souvenirs de vacances en Provence.

    Capitule de Chondrilla juncea – Neuville-sur-Oise © Gilles Carcassès

    Les capitules sont bien petits à l’échelle de la plante et comportent peu de fleurons. Les ligules, joliment plissées, sont terminées par cinq dents. Les akènes se dispersent avec le vent car ils sont surmontés d’une aigrette montée sur un pédicelle, comme ceux du pissenlit.

    Chondrilla juncea – Neuville-sur-Oise © Gilles Carcassès

    Les tiges coriaces, nées d’une rosette de feuilles découpées, portent quelques feuilles étroites.

    Ça y est, j’ai retrouvé son nom : c’est la chondrille ! Cette bisannuelle (parfois vivace) est commune dans les garrigues, les bords de chemins et les prés secs du Midi. La plante est peut-être arrivée en Ile-de-France il y a fort longtemps avec du matériel agricole car c’est aussi une adventice des vignes, des vergers et des champs de céréales. Avec l’emploi des désherbants, on n’en trouve plus guère dans les cultures.

    Dans notre région, la chondrille a trouvé refuge dans les friches ferroviaires et urbaines. Elle y est cependant assez rare. Sa présence sur la voie publique fait la démonstration que les pieds d’arbres peuvent être le lieu d’une belle diversité du vivant.

    Source :

    Fiche descriptive de Chondrilla juncea, par le CBNBP

    Retrouvez notre article sur les Astéracées à fleurs jaunes :

    Pissenlit or not-pissenlit ?


mercredi 24 juin 2020

  • Une nymphe et une naïade

    Encore une histoire de mythologie grecque ? Eh oui, il faut croire qu’elle est source d’inspiration pour plusieurs naturalistes. Dans les mythes, les nymphes et la naïades sont des esprits de la nature (de l’eau pour les naïades, des végétaux pour les nymphes) représentées sous les traits de très jolies femmes. Et c’est bien de cela qu’il est question : de belles demoiselles sorties de l’eau et posées sur des végétaux.

    La petite nymphe au corps de feu

    Pyrrhosoma nymphula – Osny © CACP – Emilie Périé

    Seule représentante du genre Pyrrhosoma dans la région, la petite nymphe au corps de feu (et aux yeux rouges!) est assez commune en Île-de-France. On la voit plus facilement aux mois de mai et juin, période où elle est la plus abondante.

    La naïade aux yeux bleus

    Erythromma lindenii – Vauréal © CACP – Emilie Périé

    A peu près aussi fréquente que ses cousines les naïades aux yeux rouges et naïades au corps vertErythromma lindenii, avec ses beaux yeux bleus est classée déterminante ZNIEFF dans la région (Zone Naturelle d’Intérêt Ecologique Faunistique et Floristique).

    Retrouvez dans nos articles d’autres histoires d’agrions :

    L’agrion élégant

    Les demoiselles de l’île de loisirs


lundi 22 juin 2020

  • Messicoles et pollinisateurs
    Coquelicots en bords de champs – Genainville © CACP – Emilie Périé

    Connaissez-vous les messicoles ?

    Les messicoles sont les plantes compagnes des moissons, qui vivent au rythme des céréales depuis des milliers d’années et qui survivent peu dans les autres milieux. Malheureusement depuis plusieurs décennies les populations des plantes messicoles sont en très fort déclin. Un plan national d’actions en faveurs de la sauvegarde des messicoles a d’ailleurs été lancé en 2012.

    Lycopsis arvensis, la buglosse des champs, une messicole inscrite sur la liste de la mission – Neuville-sur-Oise © CACP – Emilie Périé

    Et leurs pollinisateurs ?

    Si l’on sait que les messicoles offre une ressource importante en pollen et nectar, surtout en milieu agricole (les céréales étant pollinisées par le vent offrent peu de ressources aux insectes), on connait encore mal la communauté de pollinisateurs qui leur est associée. Or, face au déclin des populations de pollinisateurs un plan national d’actions en faveur de la sauvegarde des pollinisateurs a été lancé en 2016. Il y a donc double enjeu à protéger les plantes et leurs insectes associés !

    Cyanus segetum, le bleuet, une messicole inscrite sur la liste de la mission et l’oedemère noble, un pollinisateur – Cergy © CACP – Emilie Périé

    Notre mission ?

    Participer à l’enrichissement des connaissances sur ces populations ! Pour ça, l’OPIE (office pour les insectes et leur environnement) et Telabotanica vous propose une mission commune : la Mission Messicoles-Pollinisateurs. Rien de plus simple, cet été Spipollez (programme SPIPOLL) sur l’une des 30 espèces du guide de l’observatoire des messicoles. Vous participerez ainsi à deux programmes d’actions nationaux !

    Papaver rhoeas, le coquelicot, une messicole inscrite sur la liste de la mission et le syrphe ceinturé un pollinisateur – Neuville-Oise © CACP – Emilie Périé

    Pour favoriser ces plantes en danger vous pouvez aussi préférer pour vos jardins les semences labellisées Vraies Messicoles.

    Les ressources en ligne :

    Retrouvez dans nos articles :

    Quelques messicoles du Vexin français

    L’observatoire des messicoles

    Le SPIPOLL


vendredi 19 juin 2020

  • L’hypolaïs polyglotte
    Hypolaïs polyglotte, Hippolais polyglotta – Maurecourt © CACP – Emilie Périé

    L’hypolaïs polyglotte est un oiseau dont le plumage n’est pas vraiment remarquable. De jaune et de brun, il ne tranche pas sur les couleurs du feuillage du cerisier. En revanche, son chant est immanquable, énergique et puissant malgré la petite taille du chanteur. Il ne m’aura pas fallut longtemps pour repérer ce mâle pendant que je pique-niquais au bord d’un champ.

    On l’appelle polyglotte parce qu’au milieu de toutes ses notes, on peut reconnaître des imitations de chants d’autres oiseaux (merles, hirondelles, moineaux, ….).

    Hypolaïs polyglotte – Maurecourt © CACP – Emilie Périé

    Si l’hypolaïs est un oiseau commun en Île-de-France qui s’adapte à des milieux très variés, ses populations sont sur le déclin. Si la tendance ne s’améliore pas il pourrait faire partie des espèces menacées d’extinction. Tâchons de préserver son habitat naturel : les espaces boisés bas et ouverts où profiter de la lumière, de la chaleur et de nombreux insectes.

    Sources :

    La liste rouge des oiseaux nicheurs d’Île-de-France (2018), ARB-idf

    L’hypolaïs polyglotte, par Oiseaux.Net

    Retrouvez d’autres oiseaux vus dans le même secteur :

    Le bruant zizi

    La linotte mélodieuse

    Le tarier pâtre

    Hypolaïs polyglotte – Maurecourt © CACP – Emilie Périé

mercredi 17 juin 2020

  • Dans mon compost : Melanocoryphus albomaculatus
    Melanocoryphus albomaculatus © Gilles Carcassès

    Voici l’une des nombreuses espèces de punaises rouge et noir. Contrairement à la corise de la jusquiame, celle-ci n’a pas de rouge sur la tête. La membrane possède un fine marge blanche et un gros point blanc centré.

    Cette Lygaeidae se nourrit de graines qu’elle pique avec son rostre. Elle affectionne particulièrement les graines des différentes espèces de séneçon. Le séneçon commun, le séneçon jacobée et le séneçon du Cap étant des plantes très communes, cette punaise est largement présente dans les potagers, les prairies, les friches, les zones urbaines. J’ai vu celle-ci sur le tas de compost dans mon potager : elle en explorait avec vivacité les moindres recoins dans l’espoir sans doute de trouver les graines convoitées.

    Observations au compost

    Vous n’avez pas encore de compost chez vous et vous souhaitez pouvoir valoriser vos déchets organiques et observer la faune incroyable qui s’y développe ? Si vous habitez Cergy-Pontoise, sachez que la Communauté d’agglomération peut vous fournir des composteurs, que vous soyez en habitat pavillonnaire ou en collectif.

    Retrouvez d’autres articles sur les habitants du compost :

    La cétoine dorée

    L’otite élégante

    Psychoda surcoufi

    la blaniule mouchetée

    le cloporte rugueux


lundi 15 juin 2020

  • Galerie de fabacées

    Les Fabaceae forment une famille végétale immense, dans le top 3 mondial, avec plusieurs milliers d’espèces ! On en retrouve une petite centaine indigène en Île-de-France et presque autant à l’état cultivé (les fèves, pois et haricots sont des Fabaceae).

    Voyons quelques caractéristiques de la famille. Les fruits sont en forme de gousses on les appelle fèves ou légumes (d’où le deuxième nom de la famille : les légumineuses). Les feuilles sont en général composées de plusieurs folioles. Les fleurs ont une forme caractéristique, de type papillon, avec un étendard, un carène et deux ailes. La plante a la capacité de fixer l’azote présent dans l’air grâce à une symbiose avec des bactéries au niveau de ses racines (les nodosités) et de le rendre utilisable par ses voisines (et elle-même). Enfin, un dernier point commun à ses plantes est que je les trouve généralement très élégantes. En voici quelques unes rencontrées ces dernières semaines.

    Anthyllis vulneraria, l’anthyllide vulnéraire – Maurecourt © CACP – Emilie Périé

    L’anthyllide vulnéraire est une plante assez rare dans la région. On la reconnait à son inflorescence jaune, globuleuse et duveteuse unique.

    Coronilla varia, la coronille changeante – Vauréal © CACP – Emilie Périé

    La coronille changeante offre des variations de blanc et de rose qui peuvent rappeler certains bonbons. C’est une plante assez commune dans la région.

    Lathyrus latifolia, la gesse à larges feuilles – Neuville-sur-Oise © CACP – Emilie Périé

    La gesse à larges feuilles, du même genre que le pois de senteur (Lathyrus odoratus), présente de généreuses fleurs d’un rose soutenu. Elle est commune dans la région.

    Onobrychis viciifolia, le sainfoin – Cergy © CACP – Emilie Périé

    Le sainfoin est une plante qui se fait de plus en plus rare en Île-de-France. On peut la retrouver (comme ici) lors de semis d’espaces fleuris (elle était en compagnie de la nielle des blés, elle aussi quasiment éteinte dans la région) et quelques stations persistent de manière sauvage. Je pense en avoir trouvé une sur les bords de l’Oise.

    Vicia cracca, la vesce cracca – Neuville-sur-Oise © CACP – Emilie Périé

    Les grappes violettes de la vesce cracca sont très communes dans la région mais toujours aussi plaisantes.

    Vicia hirsuta, la vesce hérissée – Neuville-sur-Oise © CACP – Emilie Périé

    La vesce hérissée est la seule des 12 vesces franciliennes à avoir des fleurs blanches, et assez petites.

    Sources :

    La flore d’Île-de-France, par Philippe Jauzein et Olivier Nawrot

    L’anthyllide vulnéraire, par FLORIF

    La coronille changeante, par FLORIF

    La gesse à larges feuilles, par FLORIF

    Le sainfoin, par FLORIF

    La vesce cracca, par FLORIF

    La vesce hérissée, par FLORIF

    Retrouvez dans nos articles d’autres fabacées :

    Les mélilots

    Les trèfles : des prés ; pied-de-lièvre et des champs ; porte-fraise ; rampant

    Les lotiers


vendredi 12 juin 2020

  • Mouches de printemps

    Voici une collection représentant la diversité des mouches rencontrées sur le territoire ce printemps. Il y a en de toutes les formes et de toutes les couleurs !

    Zophomyia temula

    Zophomyia temula – Maurecourt © CACP – Emilie Périé

    Elle fait partie de la famille des Tachinidae, ces mouches aux poils épineux sur l’abdomen. Les taches oranges à la base des ailes sont assez caractéristiques.

    Merodon equestris

    Merodon equestris, femelle © CACP – Emilie Périé
    Merodon equestris, femelle © CACP – Emilie Périé

    Merodon equestris, le syrphe des narcisses appartient à la famille des Syrphidae. Ces mouches ont souvent l’allure de guêpes, d’abeilles ou de bourdons. Elles paraissent ainsi plus dangereuses qu’elles ne le sont vraiment.

    La femelle (les yeux ne se touchent pas au sommet de la tête) a la face et le postérieur bien jaunes sur un corps noir. La mâle (les yeux se touchent) est rayé de bandes noires et jaunes. Elle s’appelle equestris en raison de ses tibias dilatés (comme les cuisses d’un cavalier).

    Merodon equestris, mâle © CACP – Emilie Périé

    Eristalis tenax

    Eristalis tenax – Maurecourt © CACP – Emilie Périé

    Cette mouche est également un syrphe. Elle appartient à un groupe particulier de syrphes, les Eristales. On peut repérer sur leurs ailes une veine qui forme un boucle, caractéristique du groupe. (Elle se voit mieux sur l’aile droite sur l’image ci-dessus).

    Calliphora vicina

    Calliphora vicina © CACP – Emilie Périé

    La mouche bleue, que l’on retrouve souvent à l’intérieur des maisons. Elle se nourrit de substances sucrées qu’elle trouve sur différents aliments. Sa larve est utilisée en médecine légale. Elle appartient à la famille éponyme des Calliphoridae.

    Anthomyia pluvialis

    Anthomyia pluvialis © CACP – Emilie Périé

    De la famille des Anthomyidae, cette mouche a une allure assez remarquable. Le dessous de son abdomen, jaune, tranche nettement avec le dessus gris à pois noirs.

    Pour en savoir plus :

    Merodon equestris, par Quel est cet animal?

    Identifier les eristales, dans le forum Insectes.org

    La mouche bleue, par Quel est cet animal?


mercredi 10 juin 2020

  • La grenouille agile
    Rana dalmatina, la grenouille agile – Jouy-le-Moutier © CACP – Emilie Périé

    Cette grenouille est assez fréquente sur le territoire, particulièrement dans les espaces boisés. On la différencie des autres espèces de grenouilles, notamment les vertes, grâce à la taille de son tympan et à son ventre immaculé.

    Nous avons trouvé celle-ci dans un fossé rempli d’eau, après les pluies hivernales, à Jouy-le-Moutier. C’était au début du mois de mars, en plein dans la période de reproduction des amphibiens. Celle grenouille était postée sous une feuille juste à côté de ses œufs. Astuces : les pontes de grenouilles forment des amas alors que celles des crapauds font des filaments.

    Ponte de grenouille agile – Jouy-le-Moutier © CACP – Emilie Périé

    Avez-vous déjà vu un œuf de grenouille de près ? Une malheureuse avait été écrasée par une voiture, ses œufs répandus sur le chaussée juste à côté du fossé. Nous avons donc décidé de remettre les œufs à l’eau, en espérant leur donner une chance de survie. Au passage, en voici une vue rapprochée.

    œufs de grenouille agile – Jouy-le-Moutier © CACP – Léo Micouin

    On distingue nettement les deux faces grises et noires qui donneront, au cours du développement, les faces ventrale et dorsale du têtard.

    Remise à l’eau des œufs – Jouy-le-Moutier © CACP – Emilie Périé

    Je suis retournée sur place à la sortie du confinement. J’ai observé l’eau, voir si j’y trouvais quelques têtards, mais non. La végétation avait bien poussé, il était difficile d’y trouver quoi que ce soit, et la saison était déjà bien avancée, nos têtards étaient peut-être déjà grands. En revanche, j’y ai fait une jolie rencontre : le triton palmé, Lissotriton helveticus.

     

    Sources :

    La grenouille agile, par Un dragon dans mon jardin

    Le site de la société Herpétologique de France

    La revue HerpMe! sur les amphibiens et reptiles de France

    Triton palmé © CACP – Emilie Périé

lundi 8 juin 2020

  • La prêle des champs

    Bravo a Flo qui a reconnu les sporanges de la prêle des champs, Equisetum arvense. Regroupés en petits boucliers hexagonaux sur un épi, qu’on appelle un strobile, ces sporanges sont les organes reproducteurs de la fougère.

    Strobile de Equisetum arvense © CACP – Gilles Carcassès

    Bien qu’elle ressemble fortement à la grande prêle (tiges fertiles non chlorophylliennes et non ramifiées), plusieurs indices permettent de la reconnaître. Elle est globalement plus petite (pas plus de 40 cm). Elle est beaucoup plus commune et supporte des milieux moins humides que la grande prêle.

    Tiges fertiles de Equisetum arvense © CACP – Gilles Carcassès

    Et surtout, sa tige est bien moins creuse.

    Tige de Equisetum arvense vue au microscope © CACP – Emilie Périé

    Utilisation

    Si certains la trouve un peu envahissante au potager, la prêle des champs est utilisée en décoction comme antifongique sur les cultures maraîchères. C’est une bonne alliée du jardinier.

    Tiges stériles de Equisetum arvense © CACP – Gilles Carcassès

    Sources :

    La flore d’Île-de-France, par Philippe Jauzein et Olivier Nawrot

    La prêle des champs, par FLORIF

    La prêle des champs, par TelaBotanica

    La prêle comme substance, par l’Institut Technique de l’Agriculture Biologique

    Retrouvez dans nos articles, d’autres histoires de fougères :

    La grande prêle

    Fougères des vieux murs


vendredi 5 juin 2020

mercredi 3 juin 2020

  • Le mythe de Perséphone

    Connaissez-vous l’histoire de Perséphone ?

    Le réséda jaune, Reseda lutea – Saint-Ouen l’Aumône © CACP – Emilie Périé

    Dans la mythologie grecque, Perséphone est la déesse du printemps. C’est à son pouvoir qu’on doit le renouveau du printemps, le fleurissement des plantes, le retour des migrateurs, le chant des oiseaux et l’ensemble des éclosions (dans une version simplifiée où seul le printemps serait témoin de la vie). Dans la plupart des versions Hadès, roi des Enfers, enlève Perséphone pour faire d’elle la reine des Enfers à ses côtés. La déesse est autorisée à remonter à la surface de la Terre à chaque printemps, mais passe le reste de l’année aux royaumes des Enfers. Or, elle parvient à y faire pousser et fructifier des grenadiers. Exploit remarquable dans un royaume souterrain.

    C’est cette histoire qu’est en train de revisiter l’Agence Régionale de la Biodiversité en Île-de-France (sans la partie kidnapping) avec le projet COOL : Cemeteries, Observation Of Life ; ou l’étude des cimetières vivants. Le pari étant que ces espaces publics peuvent être de véritables réservoirs de biodiversité, si tant est que leur gestion y soit favorable.

    L’étude débute cette semaine avec des suivis floristiques et faunistiques (insectes pollinisateurs, hérissons et chauves-souris) pour 4 ans. Sept des cimetières du territoire y sont engagés, et j’y ai déjà fait de jolies rencontres.

    L’ophrys abeille, Ophrys apifera – Puiseux-Pontoise © CACP – Emilie Périé

    L’ophrys abeille, Ophrys apifera, une orchidée assez commune sur le territoire, rencontrée dans le cimetière intercommunal à Puiseux-Pontoise.

    La linaire couchée, Linaria supina – Osny © CACP – Emilie Périé

    La linaire couchée, Linaria supina, une plante rare en Île-de-France que j’ai trouvée dans le cimetière d’Osny.

    Bien entendu, nous vous tiendrons au courant des avancées de l’étude.

    Pour en savoir plus :

    L’Agence Régionale de la Biodiversité en Île-de-France

    L’étude Cimetières vivants, par l’Agence Régionale de la Biodiversité

    Le réséda jaune, par FLORIF

    L’ophrys abeille, par FLORIF

    La linaire couchée, par FLORIF


lundi 1er juin 2020

  • Des nouveautés pour le SPIPOLL
    L’application SPIPOLL sur smartphone

    Le SPIPOLL (Suivi Photographique des Insectes Pollinisateurs) est un programme de sciences participatives du Muséum national d’Histoire naturelle et de l’Office Pour les Insectes et leur Environnement qui permet à tout un chacun de participer aux études sur les communautés d’insectes pollinisateurs. Et pour fêter les 10 ans du programme (le 22 mai dernier), le SPIPOLL s’est refait une petite jeunesse avec la sortie d’une application pour smartphone.

    Nous l’avons testée, et on recommande !

     

    En pratique

    L’utilisation de l’application est très simple. Pour une collection, comptez une trentaine de minutes : 20 min de prise de photo et 10 min de tri et identification.

    Faites une pause dans votre journée : choisissez une fleur (un buisson de céanothe, une touffe de géranium, …) prenez votre smartphone dans une main et une tasse à café dans l’autre (en option) et photographiez pendant 20 min tous les insectes qui se posent sur la fleur.

    Collections de ce printemps sur pyracantha, céanothe et géranium herbe-à-robert

    Les débutants sont les bienvenus. Le programme est participatif, lorsque que vous ne savez pas identifier un insecte : dites-le (en cochant la case « Je ne sais pas »), les autres participants vous feront des propositions et les experts valideront !

    C’est une très belle occasion de participer à la recherche scientifique. Depuis 10 ans les données du SPIPOLL ont permis de mettre en avant de nombreux phénomènes écologiques.

    Nous avions déjà mentionné les variations de couleurs du syrphe ceinturé, qui est à nouveau à l’honneur de nos collections de printemps.

    Episyrphus balteatus, le syrphe ceinturé © CACP – Emilie Périé

    Mais on parle aussi du lierre grimpant et sa forte attractivité pour les diptères et les hyménoptères à l’automne, du déclin des populations en milieu urbain, mais de leur maintien grâce au réseau des jardins ou de la mise en évidence d’espèces qu’on croyait bien plus discrètes.

    C’est le plein boom des pollinisateurs en ce moment, c’est l’occasion de faire avancer la recherche et de faire de jolies rencontres.

    Megachilidae © Luka Thomas, dans le programme SPIPOLL

    En parlant de sciences participatives, retrouvez sur ces liens :

    Le replay de notre rendez-vous du développement durable sur les sciences participatives

    et le support de présentation

    Pour aller plus loin :

    Le site du SPIPOLL

    Télécharger l’application

    SPIPOLL, des données qui font avancer la recherche, par VigieNature


vendredi 29 mai 2020

  • Langue-de-serpent

    Un ami botaniste m’a signalé la présence d’une plante rare à Pontoise. Intéressé, j’accours ! A l’adresse indiquée, je suis aimablement accueilli par la gestionnaire d’un parc privé, elle me montre fièrement un endroit dans sa prairie. Voyons cela : des brunelles, des pâquerettes, des véroniques, un peu de plantain, du lierre terrestre… Ah oui, il y a aussi une plante que je ne connais pas ! Pas vraiment spectaculaire, il faut avoir l’œil dessus !

    Je vous présente Ophioglossum vulgatum :

    Ophioglossum vulgatum – Pontoise © Gilles Carcassès

    Ophioglossum vulgatum est une toute petite fougère à feuille entière qui affectionne les prairies inondées une partie de l’année. Cette espèce est en fort déclin en Ile-de-France, en raison de la disparition des prairies humides. Il resterait à peine une dizaine de stations de cette plante dans le Val d’Oise.

    De la base de cette feuille naîtra une fronde fertile allongée, étroite et pointue, c’est cet organe qui vaut à la plante son nom vernaculaire de langue-de-serpent. La plante était autrefois employée pour soigner les maux de gorge.

    Mon hôtesse m’explique que la gestion du parc en question est justement en pleine mutation. Certaines parties qui étaient tondues sont depuis ce printemps gérées de façon différenciée, par fauche avec exportation, laissant toutes leurs chances aux gracieuses marguerites et aux orchidées sauvages !

    Cette fougère supporte mal la concurrence des autres plantes, aussi pour la favoriser il faudrait retirer les semis naturels d’érables et faucher régulièrement cet endroit, à bonne hauteur bien entendu pour épargner ses frondes.

    Retrouvez dans ce article une autre fougère rare :

    On retrouvé le cétérach !


mercredi 27 mai 2020

  • La linotte mélodieuse
    Linotte mélodieuse mâle © CACP – Emilie Périé

    Cet oiseau, de la famille des Fringillidae, est un habitué des milieux ouverts : friches, prairies, espaces agricoles. On peut le croiser facilement sur la plaine des Linandes ou dans les champs de Maurecourt et Jouy-le-Moutier où elle consomme des graines de toutes sortes.

    Linotte mélodieuse mâle © CACP – Gilles Carcassès

    On reconnait le mâle à son agréable gazouillis (on ne l’appelle pas mélodieuse pour rien) ; et à son plastron et son front délicatement rouges.

    La femelle, comme souvent chez les oiseaux, est bien moins colorée et reste dans des teintes de marron.

    Linotte mélodieuse femelle © CACP – Gilles Carcassès

    Heureusement, la linotte est un oiseau assez « familial ». A la période de reproduction et de nidification on voit rarement le mâle sans la femelle. Cela facilite l’identification.

    La linotte mélodieuse, Linaria cannabina, fait un nid assez bas dans les buissons (moins de 1,5 m) et souvent assez peu dissimulé. Il est donc facilement repérable par les prédateurs, ce qui force souvent les linottes à pondre une deuxième couvée au mois de juin. Ce qui expliquerait qu’on qualifie les distraits, les inattentifs et les oublieux de « tête de linotte ». Dommage que ce soit rarement un compliment … avec son masque rouge, je la trouve plutôt élégante.

    Linottes mélodieuses © Gaëtan Dheilly

    L’hiver venu, les familles de linottes se regroupent en troupe grégaire. Si les linottes méridionales sont plutôt sédentaires, les oiseaux des pays nordiques migrent vers chez nous pour passer l’hiver « au chaud ». Il n’est pas rare de voir des groupes de linottes accompagner les pinsons, verdiers, chardonnerets et ici un bruant des roseaux, dans les espaces encore fournis en graines.

    Linottes en hiver – Parc des Arènes, Cergy © CACP – Gilles Carcassès

    Ce weekend on compte les oiseaux !

    La linotte est peu coutumière des mangeoires et des jardins, mais peut-être y verrez vous d’autres fringilles ?

    En parlant de sciences participatives, retrouvez sur ces liens :

    Le replay de notre rendez-vous du développement durable sur les sciences participatives

    et le support de présentation

    Sources :

    La linotte mélodieuse, par Oiseaux.net

    Retrouvez d’autres fringilles dans nos articles :

    Le pinson des arbres

    Le verdier d’Europe

    Le chardonneret élégant


lundi 25 mai 2020

  • Un Atlas pour Cergy-Pontoise !

    Tout neuf sorti de l’œuf !

    Notre nouvel outil de science participative est disponible, vous pouvez y accéder en cliquant directement dans le bandeau menu sur « Atlas de la biodiversité ».

    On vous propose de participer avec nous à l’enrichissement de la connaissance de la biodiversité du territoire. Partez à la recherche de 14 espèces à Cergy-Pontoise et informez nous de leur présence.

    Seul, en famille, en groupe de naturalistes, à l’école, en balade, sur le trajet du bureau, en allant faire les courses ou dans le jardin, les occasions ne manquent pas de croiser nos colocataires à plumes, à écailles ou à fleurs. Soyez attentifs et devenez de véritables sentinelles de la biodiversité.

    Comment ça marche ?

    L’outil se présente comme suit :

    Dans le menu déroulant (flèche 1) retrouvez la liste des 14 espèces à renseigner. En cliquant sur le nom de chacune d’elles vous retrouvez leur portrait, ainsi, pas de doute quant à l’identification !

    Les 14 espèces sont les suivantes : la chouette hulotte, l’hirondelle de fenêtre, le martin pêcheur, le merle noir, la mésange charbonnière ; le caloptéryx splendide, la mante religieuse, le papillon machaon ; le lézard des murailles, le crapaud commun ; la cymbalaire des murailles, l’orchis bouc, le lotier corniculé et le séneçon du cap. Au fil du temps et de vos suggestions nous pourrons rallonger cette liste. Et si d’ici là vous identifiez d’autres espèces, indiquez-le à nos partenaires (flèche 4) !

    Dans l’onglet « Participez ici! » (flèche 2) indiquez nous vos trouvailles : remplissez le formulaire en indiquant la date, l’espèce rencontrée et sa localisation.

    Enfin, consultez les données (flèche 3) sur la carte suivante :

    Chaque point correspond à une observation faite sur le territoire. On compte sur vous pour couvrir Cergy-Pontoise de couleurs !

    Astuces

    L’outil fonctionne aussi sur smartphone, directement sur le terrain !

    Vous pouvez joindre une photo à votre observation.

    Prêts ?

    C’est la période d’émergence des libellules et demoiselles. Avez-vous vu le calopteryx ?

    Le calopteryx splendide © CACP – Gilles Carcassès

    On vous en reparle ce soir lors du Rendez-vous du développement durable sur les sciences participatives, le replay est disponible ici !


vendredi 22 mai 2020

  • Pissenlit or not pissenlit ?

    En voilà une bonne question ! Ces petits soleils illuminent nos rues, nos chemins, nos pelouses et nos prairies et le novice aura tendance à tous les nommer « pissenlit ». Mais un botaniste averti en vaut deux : la famille des « astéracées à fleurs jaunes » compte des dizaines de membres !

    Astéracées jaunes CACP – Emilie Périé

    Voyez par exemple :

    Astéracées jaunes CACP – Emilie Périé

    Le pissenlit appartient au groupe des astéracées liguliflores. La particularité des astéracées, que l’on appelle aussi composées, est de ne pas présenter une seule fleur mais un capitule de fleurs. Chacun des « pétales » du pissenlit est une fleur complète. Comme elles ont toutes une forme de languettes, on dit que la plante est liguliflore. A la différence de la pâquerette ou du tussilage (Tussilago farfara sur l’image) qui eux ont en plus des fleurs en tube au centre du capitule.

    Comment différencier toutes ces languettes jaunes ? L’astuce est de ne pas se concentrer sur la fleur, mais sur tout le reste de la plante. Le pissenlit, ou plutôt les pissenlits car le genre Taraxacum comprend des dizaines voire des centaines d’espèces, sont les seuls à ne pas faire de tige mais seulement une hampe florale creuse. Critère indiscutable pour appeler un pissenlit un pissenlit.

    Taraxacum sp., feuilles en dent de lion et hampe florale creuse © CACP – Emilie Périé

    Pour les autres, il faudra s’intéresser à la forme des feuilles, leurs positions, la ramification des tiges, la présence de poils, l’aspect des fruits, la présence de latex dans la plante… Par exemple, le genre Lactuca (les laitues) se distingue par la présence d’une rangée d’épines solides sur la nervure médiane des feuilles.

    Feuille de Lactuca serriola © CACP – Emilie Périé

    Un monde fascinant s’offre à qui veut bien les observer de près. Une chose est sûre, nos pollinisateurs ne les ont pas manquées. Les observations issues du programme SPIPOLL montrent que les pissenlits ont un grand pouvoir attractif sur nos amis les insectes. « Pour nourrir les butineurs, conservons nos pissenlits ! »

    Pour aller plus loin :

    La flore d’Île-de-France, par Philippe Jauzein et Olivier Nawrot

    Pissenlits mes amours, par le blog Bota et phyto so

    La flore sauvage vous intéresse ? Vous pouvez suivre le dernier webinaire « Sauvage de ma rue » et retrouver l’ensemble des ressources du réseau Tela Botanica.


mercredi 20 mai 2020

  • Dans mon compost : l’otite élégante
    Otites jucunda © Gilles Carcassès

    Un insecte vole autour de mon composteur et finit par se poser sur le rosier ‘Cuisse de nymphe émue’ dont je guette avec impatience la floraison délicatement parfumée. Quelle drôle de mouche ! Thorax rayé, abdomen barré de noir, ailes à grosses taches sombres et une casquette orange vissée sur la tête : voici qui n’est pas banal. Sa trompe en forme de groin laisse deviner qu’elle se nourrit de sucs à éponger.

    Otites jucunda © Gilles Carcassès

    Ici, elle aspire le miellat sucré des pucerons qui brille au soleil sur les feuilles du rosier.

    Je la trouve dans la famille des Ulidiidae. Les larves de la plupart des espèces de cette famille se nourrissent de matières en décomposition. Pour cette raison, Otites jucunda fait partie de ces diptères qui fréquentent régulièrement les composteurs, à l’instar de Psychoda surcoufi.

    Sur sa feuille, elle exécute une petite danse pour saluer les lecteurs de Nature en ville à Cergy-Pontoise :

    Observations au compost

    Vous n’avez pas encore de compost chez vous et vous souhaitez pouvoir valoriser vos déchets organiques et observer la faune incroyable qui s’y développe ? Si vous habitez Cergy-Pontoise, sachez que la Communauté d’agglomération peut vous fournir des composteurs, que vous soyez en habitat pavillonnaire ou en collectif.

    Retrouvez d’autres habitants du composteur :

    la blaniule mouchetée

    le cloporte rugueux

    la punaise élégante

    les collemboles

    Otites-jucunda-Poissy-03-05-2020 (1)

lundi 18 mai 2020

  • Le Rendez-vous du développement durable du 25 mai
    Myathropa florea, l’éristale des fleurs © CACP – Emilie Périé

    Gérald RUTAULT, Vice-président chargé de la Nature, du Paysage et de la Biodiversité
    et Marc DENIS, Vice-président chargé du Développement Durable
    ont le plaisir de vous inviter le

    Lundi 25 mai 2020 – de 18h à 20h en visioconférence 

     au Rendez-vous du développement durable de la CACP sur le sujet :
    Les sciences participatives et l’engagement citoyen en faveur de la nature 

    Participer à une opération de recensement des oiseaux ou des papillons organisée par une association naturaliste, utiliser son smartphone pour se renseigner sur un oiseau, une plante, un insecte ou un champignon aperçu au détour d’une balade… Peut-être faites-vous des sciences participatives à votre insu !

    Avec l’essor d’Internet, des réseaux sociaux et des smartphones,  la participation de tout acteur non-scientifique-professionnel à ces formes de production de connaissances scientifiques est facilitée. De nombreux domaines sont concernés : la biodiversité (observation d’oiseaux, insectes, plantes…) mais aussi la pollution de l’air et de l’eau, la pollution sonore, la pollution lumineuse, ainsi que l’astronomie ou la médecine.

    Avec le changement climatique il est très important de suivre au plus près la mobilité et la disparition d’espèces, sur une période longue. C’est pourquoi ce Rendez-vous du développement durable, proposé en partenariat avec le Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et de l’Environnement du Val-d’Oise (CAUE 95) et l’association « Quelle Terre Demain ? », vous propose de faire le point sur ces dispositifs d’implication citoyenne en faveur de la nature.

    Le replay est disponible ici !

    Des étudiants réalisant le protocole Sauvages de ma rue © CACP – Gilles Carcassès

    Programme :

    – « Présentation des sciences participatives » par Grégoire Loïs / Muséum national d’Histoire naturelle

    – « Retour d’expérience du CAUE 95 » qui a mis en œuvre le protocole sur les vers de terre dans le jardin écologique du moulin de la Couleuvre,  par Christiane Walter / CAUE 95

    – « Les différents protocoles déployés à Cergy-Pontoise et les ressources pour s’impliquer » par Emilie Périé / Cellule Développement Durable et Biodiversité CACP

    « La sensibilisation à l’environnement en milieu scolaire » par Julie Chauvin / Service Gestion des Déchets et Propreté CACP 

    Pour finir, présentation de « l’Atlas de Biodiversité » auquel le grand public sera invité à contribuer sous forme de Carnet en ligne de Cergy-Pontoise. Il s’agit d’un projet participatif de suivi de la faune et de la flore du territoire. 

    Et ça, c’est une surprise dont on vous parlera la semaine prochaine !


vendredi 15 mai 2020

  • Au secours de la hulotte

    Sauvetage !

    Chouette hulotte prise au piège © Ville de Vauréal

    Au début de ce printemps, le gardien du stade de Vauréal a eu la surprise de trouver une magnifique chouette hulotte prise au piège dans les filets entourant le stade.

    Sauvetage de la hulotte © Ville de Vauréal

    Il a eu le bon réflexe d’appeler à l’aide. La police municipale et les pompiers sont venus, équipés de gants de protection et d’une cage, pour délivrer l’oiseau et l’amener dans l’un des centres de soins de la région.

    Ouf ! C’est une histoire qui finit bien.

    Un rapace commun

    Chouette hulotte © Alain Peresse, LPO Île-de-France

    La chouette hulotte, Strix aluco, est sans doute le plus commun des rapaces nocturnes sur notre territoire. Elle niche dans des cavités d’arbres, de murailles, et parfois même jusque dans les maisons.

    Plus grande que la chouette chevêche et moins blanche que la chouette effraie, on la reconnaît aussi à son hululement distinctif.

    En cas de doute

    Si vous rencontrez un animal en danger, ou qui parait l’être, contactez le numéro spécial Faune sauvage en détresse (retrouvez-le dans nos liens utiles) :

    01 53 58 58 35

    Un conseiller saura vous indiquer la bonne marche à suivre. Et parfois, il s’agit juste de ne rien faire ! Par exemple, il est fréquent que les poussins de chouette hulotte tombent du nid. Si vous en trouvez un, laissez-le sur place, ses parents le retrouveront d’autant plus facilement qu’il n’aura pas bougé.

    Poussin de chouette hulotte © Florian Cazimajou

    Sources :

    La chouette hulotte, par Oiseaux.net

    Le chant de la chouette hulotte, par Le studio des trois becs

    Que faire lorsque l’on trouve un oiseau en danger, LPO Île-de-France

    Retrouvez aussi notre article :

    Le repas de la chouette


mercredi 13 mai 2020

  • Dans mon compost : la cétoine dorée
    Larve de cétoine © Gilles Carcassès

    Bien dodue !

    En retournant mon tas de compost de l’an dernier, je trouve plusieurs de ces larves. Cela crée une émeute chez les poules de l’autre coté du grillage ! Non, elles n’auront pas mes insectes, elles n’ont qu’à finir leur pain trempé si elles ont faim. Sont-ce des larves de hannetons ? Un gros derrière, des pattes très courtes et cette incapacité à se déplacer dans ma main : ce ne sont pas des larves de hannetons, mais des larves de cétoine.

    Elles sont très utiles au compost car elles consomment la matière organique en décompostion pour en faire un excellent terreau. Et les adlutes sont bien jolis ! Je les vois visiter les fleurs d’aubépines, de sureaux, d’églantiers, d’orangers du Mexique. Au jardin, j’ai remarqué qu’elles ont un faible pour les roses jaunes.

    Cétoine dorée (Cetonia aurata) sur une aubépine en fleurs © Gilles Carcassès

    Les élytres de la cétoine dorée sont agrémentées de ces subtiles vaguelettes blanches.

    Observations au compost

    Vous n’avez pas encore de compost chez vous et vous souhaitez pouvoir valoriser vos déchets organiques et observer la faune incroyable qui s’y développe ? Si vous habitez Cergy-Pontoise, sachez que la Communauté d’agglomération peut vous fournir des composteurs, que vous soyez en habitat pavillonnaire ou en collectif.

    Source :

    La cétoine dorée, par André Lequet

    Retrouvez d’autres articles sur les habitants du compost :

    Psychoda surcoufi

    la blaniule mouchetée

    le cloporte rugueux

    la punaise élégante

    les collemboles

     


lundi 11 mai 2020

  • La livrée des prés
    Chenilles de Malacosoma castrensis, la livrée des prés © CACP – Gilles Carcassès

    Toutes les chenilles grégaires ne sont pas des chenilles processionnaires ! Ces chenilles sont celles de la livrée des prés et elles ne sont nullement urticantes.

    Toile collective de Malacosoma castrensis – réserve naturelle de Moisson (78) © CACP – Gilles Carcassès

    Elles tissent une toile de protection au sol et s’aventurent en groupes à proximité pour consommer les euphorbes, les érodiums, les hélianthèmes et d’autres plantes basses des pelouses sèches.

    L’adulte est un papillon de nuit de teinte rousse assez trapu. Il ne possède pas de trompe pour se nourrir. Sa vie, très courte, est uniquement consacrée à la reproduction.

    Jeunes chenilles de Malacosoma neustria, la livrée des arbres © CACP – Gilles Carcassès

    Je croise parfois une espèce proche, Malacosoma neustria, la livrée des arbres. Les chenilles des derniers stades se distinguent par la présence de deux taches noires sur la capsule céphalique, la dotant ainsi de faux yeux. Elle consomme les feuilles des ronces, des aubépines, des prunelliers, des chênes et d’autres arbres et arbustes.

    Sources :

    Malacosoma castrensis, la livrée des prés, par le Jardin de Lucie

    La livrée des arbres par André Lequet

    Retrouvez dans cet article un autre représentant de la famille des Lasiocampidae :

    Le bombyx du chêne


vendredi 8 mai 2020

  • « 8 mai ornitho »
    Moineau domestique, Passer domesticus © CACP – Emilie Périé

    Nous dérogeons encore à la règle et publions un jour férié pour vous transmettre un message de la Ligue de Protection des Oiseaux.

    « Ce printemps n’est pas un printemps comme les autres pour l’ornithologie. Et pour cause, impossible, confinés, d’explorer nos sites préférés pour y observer migrateurs et nicheurs.  

    Nous pouvons pourtant mettre ce temps à profit pour récolter des données et nous amuser un peu ! 

    Faune-Île-de-France lance cette année le « 8 mai ornitho » et vous propose de transformer votre lieu de résidence en observatoire ornithologique ! L’objectif : compter le maximum d’espèces (différentes et en nombres) en 24h depuis son domicile.  »

    Tous les détails du protocole ICI

    Alors installez vous à votre meilleur poste d’observation et ouvrez grand les yeux et les oreilles !

    Tourterelle turque, Streptopelia decaocto © CACP – Emilie Périé

    Et il reste encore 3 jours pour percer le secret de la photo mystère de ce mois-ci !


jeudi 7 mai 2020

  • La photo mystère de mai 2020
    Trace – réserve naturelle de Moisson (78) © CACP – Gilles Carcassès

    Quelle est cette trace visible dans la rosée du matin ?

    • Le piège collectif d’une famille de mygales ?
    • Le passage d’une colonne de chenilles processionnaires ?
    • De la bave de sanglier ?
    • Autre chose ?

    Rendez-vous lundi pour le savoir !


mercredi 6 mai 2020

  • L’ingénieuse sittelle

    La belle masquée

    Sittelle torchepot © CACP – Jeanne-Flore Blomme-Leveneur

    La sittelle torchepot, Sitta europaea, est ce bel oiseau bleu et orangé portant un masque noir sur les yeux.

    Si on la croise de temps en temps aux mangeoires, elle est plutôt adepte des bois et forêts.

    Habile !

    En plus de son masque et d’un huit-huit assez caractéristique en sous-bois, on lui connait des traits de caractères révélant une certaine habilité.

    La sittelle est capable de parcourir les troncs d’arbre en long et en large, la tête en haut ou la tête en bas sans aucun souci.

    Sittelle « marchant » vers son repas le long d’un tronc © CACP – Emilie Périé

    De plus, elle n’est pas en reste question outillage ! Si on l’appelle torchepot, c’est parce qu’elle est capable d’adapter l’ouverture d’une cavité dans un arbre à l’aide d’un torchis de boue pour se faire un nid. Et pour manger, lorsqu’elle se nourrit en forêt (de glands, de noisettes et autres fruits à coques), elle bloque le fruit dans l’écorce d’un arbre (un vieux chêne par exemple) tel un étau et le frappe de son bec. Démonstration :

    Repas de sittelle © CACP – Gilles Carcassès

     

    Si vous croisez des fruits percés bloqués dans les rainures d’une écorce il s’agit sans doute des restes du repas d’une sittelle… Ou d’un pic, ils connaissent aussi la combine !

    C’est un repas hivernal. A la belle saison, elle consomme plutôt des insectes.

    Discrète

    La sittelle n’est pas un très gros oiseau, ni très démonstratif. Pensez à lever les yeux en forêt pour l’apercevoir.

    Sittelle torchepot – Menucourt © CACP – Gilles Carcassès

    Liens utiles :

    La sittelle torchepot, par Oiseaux.Net

    Le chant de la sittelle, par le Studio des trois becs

    Retrouvez notre article sur la sitelle :

    Torchepot

    Information confinement :

    Nous vous proposons ces belles réflexions de l’Agence Régionale de la Biodiversité en Île-de-France sur les sciences naturalistes pendant le confinement.

    Sitelle torchepot © CACP – Emilie Périé

lundi 4 mai 2020

  • Dans mon compost : Psychoda surcoufi

    Les mouches de la discorde

    La pratique du compostage collectif entamée dans la bonne humeur vire soudain à la soupe à la grimace : « Beurk, il y a des mouches dans ton composteur ! »

    Psychoda surcoufi © Gilles Carcassès

    Heureusement qu’elles sont là, ces petites mouches, leurs larves participent activement au travail de transformation de la matière organique ! L’explication scientifique saura-t-elle vaincre les réticences et enrayer les défections ? Pas sûr…

    Les composteurs peuvent héberger de nombreuses espèces de diptères, notamment des drosophiles et des mouches de terreau. Cette espèce-ci, gracieuse comme un petit flocon, appartient à une autre famille, celles des Psychodidae.

    Ses ailes sont couvertes de longues écailles qui lui donnent un air de papillon. Psychoda surcoufi est l’une des rares espèces de sa famille à être facile à reconnaître : une bande sombre zigzague en travers de son aile pâle.

    Une espèce coprophage et cosmopolite

    L’espèce apprécie particulièrement les bouses de vaches, les lisiers, les latrines.  Elle a conquis le Monde en accompagnant depuis longtemps les hommes et leurs animaux dans les voyages au long cours.

    On la croise souvent au jardin, posée sur les composteurs.

    Observations au compost

    Vous n’avez pas encore de compost chez vous et vous souhaitez pouvoir valoriser vos déchets organiques et observer la faune incroyable qui s’y développe ? Si vous habitez Cergy-Pontoise, sachez que la Communauté d’agglomération peut vous fournir des composteurs, que vous soyez en habitat pavillonnaire ou en collectif.

    Retrouvez les autres habitants du composteur :

    la blaniule mouchetée

    le cloporte rugueux

    la punaise élégante

    les collemboles


vendredi 1er mai 2020

  • Dans le jardin d’Emilie

    Qui dit confinement et télétravail, dit aussi observations à la fenêtre et au jardin. Et en ce printemps si ensoleillé il y en a des choses à voir !

    Dans mon jardin il y a …

    Des hôtes à temps complet

    Rosier du jardin © CACP – Emilie Périé

    Parmi les plantes horticoles : rosiers, céanothes, choisyas, lauriers, coronilles, pommiers et autres arbustes, les plantes sauvages trouvent aussi leur place.

    Pissenlit en fleur, Taraxacum sp. © CACP – Emilie Périé

    Et ce printemps n’est pas avare en fleurs : géraniums, alliaires, chelidoines, vesces, myosotis et pissenlits offrent généreusement couleurs, senteurs et nectar à nos amis les butineurs.

    Myosotis sp. © CACP – Emilie Périé

    Des butineurs pour le repas

    Le grand bombyle, Bombylius major, sur le groseillier © CACP – Emilie Périé

    Dans cette catégorie non plus les représentants de manquent pas ! Pour n’en citer que quelques’uns on peut observer chez les hyménoptères : le frelon européen, la guêpe germanique, l’abeille charpentière, les osmies cornues et rousses, l’abeille domestique dont la ruche est sur le toit de la gare et des bourdons de tous types (bruns, noirs, à bandes blanches ou à bandes jaunes) ; chez les diptères : le grand bombyle, l’eristale des fleurs, l’epistrophe élégant ou le syrphe porte-plume ; chez les lepidoptères : la piéride du navet, le citron, le robert-le-diable, l’azuré des nerpruns, la belle dame et le tabac d’Espagne ; chez les coléoptères : la cétoine dorée ou le clyte bélier.

    L’épistrophe élégant mâle, Epistrophe eligans © CACP – Emilie Périé

    Ils sont bien entendus accompagnés des fourmis et coccinelles qui se délectent des pucerons et d’araignées comme Misumena vatia qui feront d’une abeille un repas.

    Le clyte bélier, Clytus aeritis © CACP – Emilie Périé

    Des qui s’installent

    L’osmie rousse, Osmia bicornis © CACP – Emilie Périé
    Hôtels à osmies © CACP – Emilie Périé

    A la suite de l’osmie cornueOsmia cornuta, la noire et feu, c’est l’osmie rousse, Osmia bicornis, plus blonde que la précédente, qui a entrepris d’occuper toute ma fenêtre. J’ai donc installé un deuxième hôtel qui commence à se remplir. J’ai maintenant un vrai petit lotissement ! Il y a 7 nids occupés dans les hôtels et sans doute autant dans les fenêtres de la maison.

    Des chanteurs

    Et la star est la fauvette à tête noireSylvia atricapilla, qui ne manque pas une occasion de donner de la voix.

    Mais aussi la mésange bleue, Cyanistes caeruleus, plus discrète pendant qu’elle construit son nid.

    La mésange bleue préparant son nid © CACP – Emilie Périé

    Ou la mésange charbonnièreParus major, qui n’a rien à envier à la puissance de la fauvette.

    La mésange charbonnière © CACP – Emilie Périé

    Ces trois boules de plumes cohabitent plutôt bien avec les rouges-queues noirs, le rouge-gorge familier, les accenteurs mouchets, les pinsons des arbres, les pies bavardes, les tourterelles turques et les corneilles noires.

    La corneille noire, Corvus corone © CACP – Emilie Périé

    Des voyageurs

    Le héron cendré © CACP – Emilie Périé

    Le ciel aussi est un formidable espace d’observation. Tous les soirs j’admire le ballet des pigeons et des perruches qui regagnent Paris pour la nuit après s’être nourris dans la campagne francilienne. Mais j’ai également eu le droit à des passages plus atypiques, comme celui du héron cendré. Et bien plus haut dans le ciel ce sont les buses variables et les faucons crécerelles qui mènent la danse. Trop loin pour l’objectif malheureusement, mais j’attends patiemment un piqué du faucon qui attrape une proie pour le voir de plus près.

    Et vous ?

    N’oubliez pas de transmettre toutes vos belles observations aux naturalistes qui en alimenteront leurs sujets de recherche. Les observatoires de VigieNature, Faune-Île-de-France ou CETTIA sont des espaces dédiés à cela !

    En ce 1er mai, je ne résiste pas à l’envie de vous offrir un brin de muguet.

     

    La fauvette à tête noire © CACP – Emilie Périé

mercredi 29 avril 2020

  • A la fenêtre de Léo

    Bien que nous soyons sagement confinés dans nos maisons et appartements, le vivant continue bel et bien à animer nos espaces verts. Chaque jour, je me suis adonné à un rituel matinal : observer et tendre l’oreille depuis ma fenêtre.

    Des observations quotidiennes

    Un mâle étourneau chante de bon coeur, madame n’est pas très loin ! © CACP – Léo Micouin
    Le lapin fait la statue, attentif © CACP – Léo Micouin
    Le moineau défend son territoire © CACP – Léo Micouin
    La palombe prend le soleil du matin © CACP – Léo Micouin
    Mince, me voilà repéré… vite, rideau ! © CACP – Léo Micouin

    Et vous, que pouvez-vous observer par votre fenêtre ?

    Retrouvez d’autres articles :

    A la fenêtre de mon bureau

    Reconnaître les oiseaux du jardin

    Informations confinement :

    Malgré la période de confinement et l’arrêt de nos activités sur le terrain et des animations, nous continuons de publier les nouvelles de la nature en ville trois fois par semaine. N’oubliez pas que nous sommes aussi sur Instagram et sur Facebook !

    Retrouvez les chroniques de l’ornithologue Maxime Zucca « Les oiseaux depuis ma fenêtre » !

    lapin de garenne © CACP – Léo Micouin

lundi 27 avril 2020

  • La tourterelle turque
    Tourterelle au soleil © CACP – Léo Micouin

    La tourterelle turque (Streptopelia decaocto), originaire d’Inde et du Sri Lanka, a colonisé l’Europe au cours du siècle dernier. Dans nos régions, c’est un oiseau très fréquent que l’on retrouve facilement dans les milieux anthropisés. On peut qualifier cette espèce « d’urbanophile », puisqu’elle utilise facilement les implantations humaines (comme les villes, les zones agricoles) à proximité pour pouvoir s’alimenter. L’oiseau est principalement granivore mais il peut diversifier son alimentation à l’arrivée du printemps, en consommant des fleurs et quelques insectes.

    Par ici monsieur le photographe ! © CACP – Gilles Carcassès

    En Île-de-France, les premières observations de tourterelles sont faites en Seine-et-Marne à partir de 1962.

    C’est une espèce grégaire :  dès l’été, les individus se regroupent, formant parfois des bandes comptants plus d’un millier d’individus. On assiste ensuite à une désagrégation des groupes entre février et avril, une fois la période hivernale terminée.

    Tourterelle turque perchée sur une antenne de télévision © CACP – Emilie Périé

    La tourterelle turque présente une taille similaire à celle du pigeon mais est cependant plus fine. Elle est facilement identifiable grâce à son demi collier noir et son iris rouge.

    Sources :

    Les oiseaux d’Île-de-France, par Pierre Le Maréchal, David Laloi & Guilhem Lesaffre

    Tous les oiseaux d’Europe, par Frédéric Jiguet et Aurélien Audevard

    Le guide ornitho, par L.Svensson, K.Mullarney & D.Zetterström

    Plus d’informations :

    Tourterelle turque, par Oiseaux.net

    Informations confinement :

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vendredi 24 avril 2020

  • Les géraniums

    A bec et à poils

    Fruits du Geranium robertianum © CACP – Emilie Périé

    Les géraniums sauvages (différents des géraniums horticoles qui sont pour la plupart des pelargoniums) font partie de la famille de Geraniaceae qu’ils partagent avec les Erodium. Les espèces de ces deux genres de plante ont la particularité d’avoir des fruits très allongés, en forme de bec. Geranium vient du grec « geranos » la grue (bec de grue) et Erodium du grec « erôdios » le héron (bec de héron). Ce bec est une capsule qui explose littéralement à la maturité des fruits et qui expulse les graines au loin pour donner naissance à d’autres pieds.

    Loupe de botanique © CACP – Emilie Périé

    En Île-de-France il existe 10 espèces de géraniums indigènes. Elles sont relativement similaires : de jolies petites fleurs roses, des fruits en bec allongé, des feuilles plus ou moins découpées … Mais le secret pour les identifier, c’est de regarder les poils. En effet, l’aspect des poils des pétioles (les tiges qui tiennent les feuilles) est caractéristique de chaque espèce. Armé d’une loupe de botanique (x10) il devient tout à fait aisé de nommer les géraniums.

    3 géraniums

    Dans mon jardin, j’ai trois de ces dix géraniums. Voici leurs portraits.

    Geranium rotundifolium, le géranium à feuilles rondes © CACP – Emilie Périé

    Le géranium à feuilles rondes, a des feuilles … arrondies. Seulement, il n’est pas le seul, et il peut être parfois difficile de trancher entre le rond et l’ovale (comme les géraniums mou et fluet). En revanche, les poils de ses pétioles sont mixtes : des longs poils simples accompagnés de petits poils glanduleux.

    Geranium dissectum, le géranium découpé © CACP – Emilie Périé

    Le géranium découpé a des feuilles … découpées, tout comme le géranium des colombes. Mais les poils de ses pétioles sont dirigés vers le bas de manière oblique (ceux du géranium des colombes sont plaqués contre le pétiole).

    Geranium robertianum, le géranium herbe-à-Robert © CACP – Emilie Périé

    Le géranium herbe-à-Robert a des feuilles triangulaires très caractéristiques. On ne pourrait le confondre qu’avec le très rare géranium pourpre mais celui-ci a des fruits glabres, alors que le géranium herbe-à-Robert a des fruits velus. Il a de plus une odeur assez forte et reconnaissable.

    Sources :

    FLORIF

    Hair’borisation chez le géraniums, par SauvagesduPoitou

    Illustrations de Coste des géraniums, par Floraphile45

    Dictionnaire étymologique de la flore française, par J.P. Ferrari

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    Entraînez-vous à reconnaître les plantes sauvages avec The Plant Game du réseau TelaBotanica !


mercredi 22 avril 2020

  • La vie des cailloux

    Une pelouse miniature ?

    Une pelouse miniature – Saint-Ouen l’Aumône © CACP – Emilie Périé

    La surface de ce rocher anti-stationnement de Saint-Ouen l’Aumône nous offre un tableau aux couleurs proches des grandes étendues herbacées. On dirait presque une prairie miniature.

    Pourtant, nous sommes ici au début du processus que l’on appelle la succession végétale : l’évolution de la recolonisation d’une surface minérale nue à l’installation d’un réel couvert végétal (allant jusqu’à la forêt tempérée sous nos latitudes). La roche offre certains nutriments essentiels à la croissance des plantes, mais surtout, ses irrégularités retiennent l’eau, indispensable à la vie ! Dans ces petites niches se développent alors les premiers organismes : les lichens et les mousses, qui augmentent la capacité de rétention d’eau à la surface de la roche et permettent à leur tour le développement des plantes à fleurs (les angiospermes). Sur ce seul rocher il y avait au moins 3 espèces de lichens, 2 mousses et 5 plantes à fleurs. En voici quelques unes.

    La parmélie des murailles – Saint-Ouen l’Aumône © CACP – Emilie Périé

    Xanthoria parietina, la parmélie des murailles. Ce lichen donne les tons jaunes de notre tableau. Il est accompagné d’autres lichens crustacés, vert-gris, dont nous n’avons pas l’identité.

    Une mousse du genre Syntrichia – Saint-Ouen l’Aumône © CACP – Emilie Périé

    Cette jolie mousse (bryophyte) est le support de développement des plantes à fleurs. Toutes celles rencontrées ont poussé à l’intérieur d’une touffe. J’en ai repéré au moins deux sortes différentes sur ce rocher : je pense qu’il s’agissait d’une mousse du genre Syntrichia et d’une du genre Grimmia.

    La vesce cultivée – Saint-Ouen l’Aumône © CACP – Emilie Périé

    Vicia sativa, la vesce cultivée, fait partie de la famille des fabacées. Elle est capable de capter l’azote de l’air pour le fixer dans le substrat. Elle joue sans doute un rôle important dans le développement de la vie à la surface de ce rocher.

    Le myosotis des champs – Saint-Ouen l’Aumône © CACP – Emilie Périé

    Myosotis arvensis, le myosotis des champs est déjà en fleur mi-février. Comme pour la vesce, c’est un peu tôt en saison. Peut-être est-ce dû au manque d’eau ? C’est assez fréquent qu’en état de stress hydrique les plantes précipitent leur fleurissement. Sans doute pour augmenter leurs chances de reproduction si jamais elles ne passaient pas la saison. Ou peut-être que l’hiver n’a simplement pas été assez froid cette année.

    La drave printanière – Saint-Ouen l’Aumône © CACP – Emilie Périé

    Draba verna, la drave printanière est une toute petite plante à fleurs blanches typique des milieux pauvres et secs. Ça n’est pas étonnant de la retrouver ici. Elle a même commencé à fructifier.

    Le saxifrage à trois doigts – Saint-Ouen l’Aumône © CACP – Emilie Périé

    Saxifraga tridactyles, le saxifrage à trois doigts, est également une toute petite plante des milieux secs. On la reconnait aisément à ses feuilles qui forment réellement trois doigts.

    Si l’on veut se prêter au jeu de l’observation naturaliste aucune surface n’est à négliger. Même le plus insignifiant des cailloux peut être le support d’une vie diversifiée.

    Source :

    La flore d’Île-de-France, de Philippe Jauzein et Olivier Nawrot

    Retrouvez dans nos articles :

    La parmélie des murailles

    Les mousses Syntrichia

    La drave printanière

    Le saxifrage à trois doigts

    Informations confinement :

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    Tela Botanica relance le MOOC Botanique – Initiation, une aventure de 6 semaines pour apprendre à reconnaître les plantes,#BotaChezMoi – La Botanique à la maison


lundi 20 avril 2020

  • La mésange charbonnière
    Mésanges charbonnières © CACP – Gilles Carcassès

    La mésange charbonnière (Parus major) est un oiseau de la famille des Paridés. Elle est la plus grande espèce parmi les autres mésanges présentes en Île-de-France (mésange à longue queue, mésange noire, mésange bleue…). La bavette noire présente sur son ventre jaune nous permet de différencier le mâle de la femelle : le trait est large et continu chez les mâles tandis que les femelles en possèdent un plus fin et moins régulier. On parle de dimorphisme sexuel.

    Dimorphisme sexuel chez la mésange ©CACP – Léo Micouin

    Nous la retrouvons dans toute la France et partout en Europe où elle est très commune. Elle fréquente tous types de boisements, des forêts de conifères à l’arbre feuillu isolé en ville. C’est également un oiseau cavernicole qui affectionne les cavités comme le creux des arbres.

    La mésange charbonnière niche dans les cavités © CACP – Gilles Carcassès

    Une alliée au jardin

    Si vous avez chez vous des nids de chenilles processionnaires, sachez que la mésange est leur prédateur naturel : en période de nidification, elle peut consommer jusqu’à 500 chenilles par jour pour nourrir les oisillons. En dehors de cette période, la mésange est granivore et nous pouvons facilement l’observer sur les mangeoires. Son bec puissant lui permet de casser les graines de maïs et de tournesol dont elle raffole.

    Mésange charbonnière à la mangeoire © CACP – Gilles Carcassès

    Ti-Du-Ti-Du-Ti-Du

    Si vous ne l’apercevez pas, son chant caractéristique peut vous permettre de l’identifier facilement. Il rentre rapidement dans la tête !

    Joli, n’est-ce-pas ?

    Parus major de dos © CACP – Gilles Carcassès

    Sources :

    Les oiseaux d’Île-de-France, par Pierre Le Maréchal, David Laloi & Guilhem Lesaffre

    Tous les oiseaux d’Europe, par Frédéric Jiguet et Aurélien Audevard

    Le guide ornitho, par L.Svensson, K.Mullarney & D.Zetterström

    Liens utiles :

    Oiseaux.net

    Studio les trois becs

    La mésange charbonnière, par l’ARB

    Retrouvez d’autres histoires de mésanges dans nos articles :

    La mésange à longue queue

    Petite mésange est devenue grande

    Informations confinement :

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    Retrouvez les chroniques de l’ornithologue Maxime Zucca « Les oiseaux depuis ma fenêtre » !

    Chant de la mésange charbonnière © CACP – Emilie Périé

vendredi 17 avril 2020

  • La pulmonaire à longues feuilles
    Pulmonaria longifolia – Jouy-le-Moutier © CACP – Emilie Périé

    En repérage du côté de la mare de l’Hautil, nous avons eu la bonne surprise de découvrir cette petite fleur au bord de la mare et dans les fossés côté Jouy-le-Moutier. La pulmonaire à longue feuille est rare en Île-de-France, selon la base de données CETTIA. Décidément, la mare de l’Hautil regorge de pépites botaniques. Des 12 espèces de Pulmonaria recensées dans l’INPN, Pulmonaria longifolia est la seule présente naturellement en Île-de-France.

    Cyme scorpioïde de la pulmonaire – Boisemont © CACP – Gilles Carcassès

    De la famille des Boraginacées elle présente des caractéristiques communes à d’autres plantes de cette famille. Comme le myosotis, sa cyme est scorpioïde et s’enroule telle la queue d’un scorpion. Comme la vipérine ou la bourrache, ses fleurs passent du rose au bleu soutenu en quelques jours après la floraison.

    Variations roses de pulmonaires – Vauréal © CACP – Gilles Carcassès

    Due à une modification du pH dans les cellules florales, cette variation de couleur pourrait être un avantage reproductif pour la fleur. En effet, la plante a besoin du concours des bourdons pour assurer sa pollinisation. Et, pour être efficace, elle a besoin que les bourdons visitent des fleurs de plusieurs individus différents (afin d’optimiser le brassage génétique).

    Pétales d’un bleu profond © CACP – Emilie Périé

    Or, il apparaît que les fleurs roses de pulmonaire attirent plus les bourdons que les fleurs bleues. Attiré par la masse florale d’un individu de Pulmonaria le bourdon butinera préférentiellement les fleurs roses (jeunes, et donc ayant moins de chance d’avoir été déjà butinées) et passera rapidement au pied suivant, emportant avec lui le pollen à échanger avec les individus voisins. Les fleurs bleues, plus âgées de quelques jours ayant été, a priori, déjà butinées. Les fleurs d’une même cyme s’ouvrant de manière échelonnée dans le temps, le brassage est optimisé.

    Feuille tachetée de la pulmonaire © CACP – Emilie Périé

    Les feuilles de la pulmonaire sont également assez impressionnantes. A la fois duveteuses et rugueuses, elles présentent des taches blanches ressemblant à des alvéoles pulmonaires qui auraient donné son nom à la fleur : herbe aux poumons ou pulmonaire.

     

    Sources :

    La flore d’Île-de-France, par Philippe Jauzein et Olivier Nawrot

    Chronique détaillée sur le changement de couleur de la pulmonaire, par ZoomNature

    La pulmonaire à longue feuille, par FLORIF

    Retrouvez dans nos articles d’autres borraginacées:

    Vipérines

    La buglosse des champs


mercredi 15 avril 2020

  • Le pouillot véloce
    Le pouillot véloce – Pontoise © CACP – Emilie Périé

    Ce petit oiseau (il ne pèse pas plus d’une dizaine de grammes) voletait frénétiquement au-dessus de la mare des Larris. Jouant les acrobates sur des branches de saules immergées il chassait des insectes à l’aide de son bec fin.

    Le pouillot véloce, Phylloscopus collybita, fait partie des premiers migrateurs à revenir d’Afrique, dès début mars. Si son plumage est assez peu remarquable et ne permet pas de le distinguer facilement des autres pouillots (7 espèces en Île-de-France) son chant est lui caractéristique.

    « Tchip-tchap tchip-tchap » on l’appelle le compteur d’écus. Son chant sonne comme s’il égrainait des pièces dans une bourse.

    L’avez-vous entendu ?

    Le pouillot véloce – Pontoise © CACP – Emilie Périé

    S’il n’est pas farouche, il n’a pas volé son nom : véloce. A peine un regard et le voilà reparti à ses va-et-vient frénétiques. Il n’est pas facile à observer et encore moins à photographier. Mais il s’entend très facilement. Il est fréquent dans les villes, les parcs, les jardins…

    Et il s’entend d’autant mieux en cette période ! D’après les derniers résultats de BruitParif, avec le confinement les bruits anthropiques et la pollution sonore ont fortement baissés en Île-de-France au profit des chants d’oiseaux. Eux qui dépensaient des trésors d’énergie à chanter plus fort et modifier leur fréquence de chant pour se faire entendre, ce répit est bien mérité !

    Pas de doutes, il y a bien un pouillot dans le quartier. Je l’entends compter sa monnaie au milieu des chants de fauvettes, de mésanges et de rouges-queues. Chez vous aussi ?

    Sources :

    Le pouillot véloce, par Oiseaux.Net

    Le rapport de BruitParif sur les effets du confinement en Île-de-France

    Confinement, les chants d’oiseaux reprennent le dessus, par FranceBleue Yvelines

    Le manuel d’écologie urbaine, par Audrey Muratet, François Chiron et Myr Muratet

    Retrouvez notre article :

    Le pouillot véloce, agent de biocontrôle

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    Vous avez la chance d’entendre ou voir des oiseaux par votre fenêtre ? Informez-en la LPO grâce au programme « Confinés mais aux aguets » !


lundi 13 avril 2020

  • Joyeuses Pâques !

    Les lapins de garenne (Oryctolagus cuniculus)

    Lapins aux aguets © CACP – Léo Micouin

    Lundi dernier, c’était tout une colonie qui gambadait heureuse dans le parc des Larris de Pontoise. Nous avons beau être confinés, nos amis, eux, semblent bien en profiter. Aujourd’hui, ils se joignent à nous pour vous souhaiter de joyeuses pâques.

    Pourquoi « de Garenne » ?

    La garenne ne donne pas d’indication géographique quant à la répartition de l’espèce mais désigne l’ensemble des terriers reliés par les galeries. C’est dans ces terriers que se trouve le foyer, où la lapine peut donner naissance jusqu’à 12 lapereaux par portée. Ces nouveaux-nés restent auprès de leur mère durant 7 semaines, le temps de prendre assez de poids, pour partir ensuite gambader seuls comme des grands.

    Les juvéniles sont appelés « lapereaux » © CACP – Léo Micouin

    La drôle d’alimentation du lapin

    Le lapin est herbivore : il se nourrit d’herbes grasses, de tiges, de racines et même d’écorces… Chaque jour, notre lapin adulte peut consommer jusqu’à 500 grammes de plantes !

    Le lapin est assez craintif, il faut rester discret ! © CACP – Léo Micouin

    Mais au delà de son herbivorie, le lapin est aussi concerné par la cæcotrophie : pour assimiler correctement les nutriments contenus dans son alimentation, les aliments doivent subir une deuxième digestion. Le lapin ingurgite ses déjections, les cæcotrophes, de façon à dégrader la cellulose des substances végétales qu’il a auparavant ingérées. Cette étape est totalement normale et même vitale pour le lapin.

    Celui-ci semble s’être fait mordiller l’oreille droite, pourtant, il n’a pas l’air en chocolat. © CACP – Léo Micouin

    Sources :

    Lapin de garenne, par jaitoutcompris.com

    Caecotrophie, par comportementdulapin.com

    Retrouvez d’autres articles sur la biodiversité du parc des Larris :

    A la mare du parc des Larris

    Le repas du lampyre

    Tachées ou perforées ?

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    Quant à la nature, elle ne s’est pas arrêtée, bien au contraire. Elle profite du calme relatif dans nos villes pour s’épanouir. Le Muséum national d’Histoire naturelle vous propose de l’observer depuis vos fenêtres. Retrouvez les observatoires adaptés au confinement, par VigieNature !


vendredi 10 avril 2020

  • Mouche de la Saint-Marc
    Bibio marci en vol © CACP – Emilie Périé

    Depuis quelques jours je vois de drôles de mouches voler au-dessus du jardin en laissant traîner leurs pattes. Elles sont toutes noires, en grand nombre, parfois par deux, d’un vol pas très vif.

    Difficile à identifier au vol, mais heureusement, l’une d’entre elle se pose enfin.

    Corps allongé d’un bon centimètre, noir et velu, ailes fumées, éperon aux pattes antérieures… Nous avons ici à faire à la mouche de la Saint-Marc ! On l’appelle ainsi, ou Bibio marci, car on la rencontre essentiellement autour de la Saint-Marc (le 25 avril). Mais avec la douceur de ce printemps, cela fait déjà quelques jours que des dizaines d’adultes s’ébattent dans le jardin.

    Bibio marci femelle © CACP – Emilie Périé

    Dans la famille des Bibionidées, c’est la plus fréquente en Île-de-France (source CETTIA). Les adultes sont pollinisateurs, ce qui explique pourquoi je les vois tourner autour du pommier qui commence à sortir ses fleurs.

    Toilette matinale pour ce Bibio marci mâle sur une tige de pommier.

    Assez fréquemment chez les mouches, on peut différencier les mâles et femelles grâce à la forme des yeux. Chez la mouche de la Saint-Marc c’est assez flagrant : la femelle a de tout petits yeux comparés à ceux du mâles. Voyons plutôt sur ces deux individus en pleine reproduction sur la fenêtre de Léo.

    Bibio marci, femelle à gauche, mâle à droite © CACP – Léo Micouin

    Sources :

    La mouche de la Saint-Marc, par Quel est cet animal ?

    Informations confinement :

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    Quels seront les effets du confinement sur la biodiversité ? L’Agence Régionale de Biodiversité propose un éclairage intéressant, illustré par le cas de la mouche de la Saint-Marc. Confinement et biodiversité

    © CACP – Emilie Périé

mercredi 8 avril 2020

  • Joyeux anniversaire !

    Aujourd’hui le blog Nature en ville à Cergy-Pontoise a 7 ans. Depuis 7 ans nous avons publié plus de 1500 articles (1577 pour être exacte!) dans lesquels nous vous avons présenté des espèces du territoire, des expériences de découverte de la nature, des bonnes pratiques de gestion des espaces vivants … Nous avons eu l’occasion de tirer le portrait à un certain nombre de petites (ou de grosses) bêtes, de plantes, de champignons, en essayant de représenter tous les groupes du vivant macroscopique*.

    Or, le monde scientifique dispose de la description d’environ 1,8 million d’espèces. Et on estime à 8 ou 10 millions le nombre d’espèces encore inconnues. Bien sûr, toutes ne sont pas présentes sur le territoire de Cergy-Pontoise, mais cela laisse présager de quelques belles rencontres. Une information alléchante : on estime à 1600 le nombre de plantes à fleurs indigènes en Île-de-France, 112 celui des papillons de jour et 178 pour les oiseaux nicheurs. Ouvrons l’œil et restons curieux, la nature n’a pas fini de nous émerveiller !

    *Nous ne sommes pas équipé pour vous présenter les bactéries en images.

    Sources :

    Chiffres clés de la biodiversité, par l’Agence Régionale de la Biodiversité en Île-de-France

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    Pour continuer à en découvrir davantage sur la nature en ville et ses enjeux retrouvez deux cycles de conférences en ligne, gratuites et ouvertes à tous !


lundi 6 avril 2020

  • Le lit des mésanges

    Bravo à Benjamin et Yann qui sont les premiers à avoir aperçu le charmant minois de la mésange à longue queue dans son nid.

    Mésange à longue queue au nid – Vauréal © Christophe Etchemendy

    Aegithalos caudatus, la mésange à longue queue est une vraie bâtisseuse. A l’aide de mousses et de lichens elle construit un nid ovale, entièrement fermé sauf pour une entrée circulaire sur le côté.

    Mésange à longue queue, Saint-Ouen l’Aumône © CACP – Emilie Périé

    Le mâle et la femelle travaillent ensemble à la construction du nid. La femelle y pondra 8 à 10 œufs, puis environ 15 jours plus tard …

    Mésanges à longue queue – Cergy © CACP – Emilie Périé

    … les oisillons écloront !

    Habituellement les pontes ne commencent qu’en avril. Celle-ci a été vue au nid dès début mars. Peut-être la conséquence des températures relativement hautes de cet hiver ?

    Sources :

    La mésange à longue queue, par la LPO

    Retrouvez dans nos articles :

    La mésange à longue queue

    Petite mésange est devenue grande

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    Retrouvez la chronique ornithologique de l’Agence Régionale de Biodiversité en Île-de-France, chaque jour un nouvel oiseau !


vendredi 3 avril 2020

  • Photo mystère d’avril 2020
    © Christophe Etchemendy

    Que voyez-vous dans les thuyas de Vauréal ?

    A lundi pour la réponse !

     

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    Retrouvez un article très éclairant, par l’Agence Régionale de Biodiversité en Île-de-France, sur les liens entre biodiversité et épidémie.


mercredi 1er avril 2020

  • Confinement et collocation

    En cette période peu ordinaire, confinée chez moi, je suis attelée à mon télétravail quand je vois passer à la fenêtre une abeille sauvage. Une osmie, Osmia cornuta, cherche désespérément à faire son nid dans les trous d’évacuation de l’eau de mes fenêtres.

    Ni une ni deux, ayant les outils à la maison, je scie une bûche, y perce quelques trous et la fixe à la rambarde de la fenêtre.

    Hôtel à osmie © CACP – Emilie Périé

    Mon hôte ne tarde pas à accepter le contrat, et voilà qu’une nouvelle colocation s’instaure.

    Osmia cornuta dans l’hôtel à insecte © CACP – Emilie Périé

    Installation progressive

    Ma colocataire est une femelle. A la différence des mâles elle n’a pas le front blanc, et surtout, chez les osmies, seules les femelles s’occupent du nid. Je la vois faire des allers-retours entre le nid et le jardin.

    Osmie à l’hôtel © CACP – Emilie Périé

    Elle me montre d’abord son postérieur tout roux. Elle est en train de déposer des grains de pollens et du nectar sous forme de petites boulettes dans le nid. Les larves s’en nourriront avant de devenir de jolies abeilles poilues.

     

    Osmie à l’hôtel © CACP – Emilie Périé

    Puis son front noir. Elle est en train de pondre. Dans un nid, de quelques centimètres de profondeur, l’osmie pond plusieurs œufs, qu’elle sépare dans des petites logettes. Elle fabrique des parois à partir de cellulose. Chaque loge individuelle contient un œuf et une boulette de pollen et de nectar. Les oeufs femelles sont les plus en profondeur et les oeufs mâles les plus proches de la sortie. Ils émergeront les premiers au prochain printemps et attendront la sortie des femelles pour démarrer un nouveau cycle de reproduction.

    Nid d’Osmia cornuta © CACP – Emilie Périé

    En quelques jours le travail est accompli. Le nid est plein d’œufs et de pollen puis rebouché avec de la terre. Au printemps prochain je devrais avoir de nouveaux butineurs au jardin !

    Bouche à oreille

    L’hôtel a l’air de plaire, en voilà une deuxième !

    Osmia cornuta en approche © CACP – Emilie Périé

    Retrouvez nos astuces pour construire votre hôtel à osmies :

    Un hôtel pour les osmies

    Informations confinement :

    Malgré la période de confinement et l’arrêt de nos activités sur le terrain et des animations, nous continuons de publier les nouvelles de la nature en ville trois fois par semaine. N’oubliez pas que nous sommes aussi sur Instagram et sur Facebook !

    Quant à la nature, elle ne s’est pas arrêtée, bien au contraire. Elle profite du calme relatif dans nos villes pour s’épanouir. Le Muséum national d’Histoire naturelle vous propose de l’observer depuis vos fenêtres. Retrouvez les observatoires adaptés au confinement, par VigieNature !


  • Confinement et colocation

    En cette période peu ordinaire, confinée chez moi, je suis attelée à mon télétravail quand je vois passer à la fenêtre une abeille sauvage. Une osmie, Osmia cornuta, cherche désespérément à faire son nid dans les trous d’évacuation de l’eau de mes fenêtres.

    Ni une ni deux, ayant les outils à la maison, je scie une bûche, y perce quelques trous et la fixe à la rambarde de la fenêtre.

    Hôtel à osmie © CACP – Emilie Périé

    Mon hôte ne tarde pas à accepter le contrat, et voilà qu’une nouvelle colocation s’instaure.

    Osmia cornuta dans l’hôtel à insecte © CACP – Emilie Périé

    Installation progressive

    Ma colocataire est une femelle. A la différence des mâles elle n’a pas le front blanc, et surtout, chez les osmies, seules les femelles s’occupent du nid. Je la vois faire des allers-retours entre le nid et le jardin.

    Osmie à l’hôtel © CACP – Emilie Périé

    Elle me montre d’abord son postérieur tout roux. Elle est en train de déposer des grains de pollens et du nectar sous forme de petites boulettes dans le nid. Les larves s’en nourriront avant de devenir de jolies abeilles poilues.

     

    Osmie à l’hôtel © CACP – Emilie Périé

    Puis son front noir. Elle est en train de pondre. Dans un nid, de quelques centimètres de profondeur, l’osmie pond plusieurs œufs, qu’elle sépare dans des petites logettes. Elle fabrique des parois à partir de cellulose. Chaque loge individuelle contient un œuf et une boulette de pollen et de nectar. Les oeufs femelles sont les plus en profondeur et les oeufs mâles les plus proches de la sortie. Ils émergeront les premiers au prochain printemps et attendront la sortie des femelles pour démarrer un nouveau cycle de reproduction.

    Nid d’Osmia cornuta © CACP – Emilie Périé

    En quelques jours le travail est accompli. Le nid est plein d’œufs et de pollen puis rebouché avec de la terre. Au printemps prochain je devrais avoir de nouveaux butineurs au jardin !

    Bouche à oreille

    L’hôtel a l’air de plaire, en voilà une deuxième !

    Osmia cornuta en approche © CACP – Emilie Périé

    Retrouvez nos astuces pour construire votre hôtel à osmies :

    Un hôtel pour les osmies

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    Malgré la période de confinement et l’arrêt de nos activités sur le terrain et des animations, nous continuons de publier les nouvelles de la nature en ville trois fois par semaine. N’oubliez pas que nous sommes aussi sur Instagram et sur Facebook !

    Quant à la nature, elle ne s’est pas arrêtée, bien au contraire. Elle profite du calme relatif dans nos villes pour s’épanouir. Le Muséum national d’Histoire naturelle vous propose de l’observer depuis vos fenêtres. Retrouvez les observatoires adaptés au confinement, par VigieNature !


lundi 30 mars 2020

  • Le grèbe huppé
    Le grèbe huppé, à l’Île de Loisirs © CACP – Emilie Périé

    Avec son œil rouge et sa crête noire ce bel oiseau n’est pas un canard, c’est un grèbe : Podiceps cristatus, le grèbe huppé. C’est la plus commune des cinq espèces présentes en Île-de-France.

    Ici en plumage inter-nuptial (couleurs d’hiver) on le reconnait à sa houppette noire et à sa taille, c’est le plus grand des grèbes franciliens. En période de reproduction, au printemps, il est impossible de le confondre avec un autre oiseau : sa huppe se redresse et son cou se pare de roux.

    Grèbe huppé en plumage nuptial © CACP – Gilles Carcassès
    Le voilà parti ! © CACP – Emilie Périé

    Comme la plupart des oiseaux d’eau le grèbe huppé est un très bon plongeur et pêcheur. Il peut tenir plusieurs minutes en apnée et aller chercher des poissons jusqu’à 20 mètres de profondeurs. A l’heure du repas il est compliqué de le voir plus de quelques secondes à la surface pour lui tirer le portrait !

    Sources :

    Le grèbe huppé, par Oiseaux.Net

    Retrouvez dans nos articles, d’autres oiseaux d’eau :

    Le grèbe castagneux

    Le grand cormoran


vendredi 27 mars 2020

  • Xanthoria parietina, au voleur !
    Xanthoria parietina, la parmélie des murailles – Puiseux-Pontoise © CACP – Emilie Périé

    La parmélie des murailles, ce joli lichen jaune est probablement le lichen le plus observé sur les arbres en France (d’après les résultats du protocole LichenGo!). On le trouve également sur les rochers et les murs. Nous l’avions déjà observé ici, , et encore là.

    A la différence de Evernia prunesti qui se reproduit par bouturage, Xanthoria parietina utilise un système de reproduction sexuée. Il faut donc deux parents qui donneront naissance à une nouvelle génération génétiquement différente. Les spores, à l’origine des nouveaux individus, sont produites dans des organes en forme de coupelles, appelées apothécies.

    Apothécies de Xanthoria parietina © CACP – Gilles Carcassès

    Dans cette forme de reproduction, seul le champignon se multiplie. La spore produite doit ensuite trouver une algue avec laquelle s’associer pour reformer un lichen. Il y a  des algues qui se développent naturellement sur l’écorce des arbres, d’autres qui s’extraient de lichens voisins, mais la parmélie a une autre technique. Il lui arrive de tout simplement voler les algues d’un lichen déjà en place ! Pas étonnant que ce soit le lichen le plus fréquent …

    Sources :

    Les cahiers techniques de l’association CPN, Lichen de quoi ai-je l’air

    Le protocole LichenGo!

    Retrouvez dans nos articles d’autres histoire de lichens :

    Lichens

    Une biodiversité qui se porte bien


mercredi 25 mars 2020

  • La violette odorante
    Viola odorata, la violette odorante – Cergy © CACP – Emilie Périé

    Les violettes sont sorties dès le mois de février. Avec les véroniques, les lamiers et les perce-neiges, Viola odorata a largement participé à colorer nos talus et nos sous-bois. La violette odorante, Viola odorata, est la plus commune des 13 violettes d’Île-de-France. C’est elle qui fleurit majoritairement à Cergy-Pontoise. On la trouve sur les sols riches et frais, à faible exposition (en lisière de bois, sous les arbres des parcs ou des bords de route).

    Elle appartient à la famille éponyme des Violaceae, qui regroupe les violettes et les pensées. On reconnait les formes caractéristiques de ses feuilles (en cœur, légèrement denté) et de ses fleurs :

    Éperon de la violette © CACP – Gilles Carcassès

     

    Deux pétales supérieurs et trois pétales inférieurs qui se rejoignent pour former un éperon, dans lequel est stocké le nectar.

     

     

    Malgré son nom elle peut être violette ou blanche.

    Groupe de violettes – Cergy © CACP – Emilie Périé

    En revanche, elle ne trahit pas son qualificatif d’odorante, qui lui vaut un certain succès en pâtisserie et en confiserie. Il paraît même que son odeur est si puissante qu’elle pourrait bloquer notre odorat pendant quelques instants après l’avoir sentie.

    Sources :

    La Flore d’Île-de-France, par Philippe Jauzein et Olivier Nawrot

    La violette odorante, par FLORIF

    Le compte Instagram de TelaBotanica

    Retrouvez dans nos articles :

    La violette des bois

    C’est le printemps


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