Nature en ville à Cergy-Pontoise | Espace d’information et d’échange pour les acteurs du territoire, ces 365 derniers jours

Espace d’information et d’échange pour les acteurs du territoire



jeudi 6 décembre 2018

  • Fiona, ponette de compète

    Connaissez-vous l’équifeel ? C’est une discipline portée par la Fédération Française d’Equitation qui a ses propres règles, ses normes techniques et ses compétitions.

    Le cavalier ne monte pas sur son cheval ou son poney mais exécute avec lui des figures au sol en temps limité. 20 figures sont proposées, chacune assortie de contrats de points selon trois niveaux de difficultés. La réussite à ces tests permet de capitaliser les points des contrats choisis par le concurrent, assortis d’éventuelles bonifications et de pénalités. Bref, du sérieux.

    Cette pratique met en valeur la compréhension du poney ou du cheval, et la qualité des interactions entre l’animal et le cavalier. C’est une excellente école de maîtrise de soi, de confiance et de respect mutuel.

    Fiona, ponette Pottok, à la Ferme pédagogique de Pontoise © CACP – Gilles Carcassès

    Spécialisée dans la médiation animale, l’équipe de l’association Les Z’herbes Folles ne pouvait qu’être intéressée par les perspectives de cette discipline. Leur jeune ponette de race Pottok (race française à faible effectif), répondant au nom de Fiona, se prête avec intérêt et douceur aux rigueurs de l’équifeel dans le cadre d’un partenariat avec un établissement spécialisé accueillant des adultes en situation de handicap mental. Cinq adultes viennent ainsi s’entraîner aux figures trois fois par mois dans la perspective d’un concours officiel d’équifeel ! Tous nos vœux de réussite les accompagnent !

    Entrainement à l’équifeel à la ferme pédagogique de Pontoise © association Les Z’Herbes Folles
    Tendre complicité avec Sophie, intervenante en médiation animale © CACP – Gilles Carcassès

    Retrouvez nos articles :

    Médiation animale

    La Ferme pédagogique de Pontoise


mercredi 5 décembre 2018

mardi 4 décembre 2018

  • Le doryphore
    Leptinotarsa decemlineata, le doryphore, dans un carré de pommes de terre au Potager du roi à Versailles © CACP – Gilles Carcassès

    Quand j’étais gamin, au jardin du grand-père, j’étais réquisitionné pour la chasse aux doryphores. Le ramassage manuel était assez efficace mais il fallait y revenir souvent. De nos jours, on ne vois plus guère de doryphores, sauf dans certains jardins bio comme le Potager du roi à Versailles.

    Doryphore adulte © CACP – Gilles Carcassès

    Cette chrysomèle d’origine mexicaine, inféodée aux plantes de la famille des Solanaceae, a été découverte en France en 1922 dans la région de Bordeaux pas très loin d’un important centre de transit de pommes de terre. Elle est probablement arrivée avec des livraisons pour l’armée américaine pendant la première guerre mondiale. A partir de là, l’insecte a envahi toute la France, puis l’Europe. En 1934, le front de sa progression passait par l’Ile-de-France.

    Les adultes, mais surtout les larves, consomment les feuilles des pommes de terre et peuvent les défolier complètement, entraînant alors une perte importante de récolte.

    Larve de doryphore © CACP – Gilles Carcassès

    Parfois les doryphores peuvent attaquer le feuillage des aubergines et même celui des tomates. Il faut en tenir compte dans la rotation des cultures au potager ! Il convient aussi de ne pas laisser de morelles noires dans le potager après les pommes de terre car les doryphores peuvent aussi vivre sur cette Solanaceae adventice très commune dans les jardins.

    Solanum nigrum, la morelle noire © CACP – Gilles Carcassès

    Sources :

    Le doryphore, par André Lequet

    Pomme de terre et doryphore, par Jardiner Autrement

    Etude géographique sur le doryphore en France et principalement dans la région lyonnaise, par Georges Castellan (1943)


lundi 3 décembre 2018

  • Les corneilles du château de Versailles
    Au château de Versailles © CACP – Gilles Carcassès

    Que fait-elle perchée sur le bras de Latone, cette corneille noire ? Guetterait-elle les miettes de gâteaux des visiteurs, étonnamment nombreux en cette fin novembre ? Mon guide me dit qu’elle digère, en profitant du point de vue.

    Corvus corone, la corneille noire © CACP – Gilles Carcassès

    Celle-ci se livre à un drôle de manège : elle cherche les bulbes de narcisses que les jardiniers ont planté dans ce massif et les arrache un à un avec son bec ! Le bulbe qu’elle vient d’extirper a roulé dans le caniveau en pavés de grès.

    Bulbe de narcisse sorti de terre © CACP – Gilles Carcassès

    Veut-elle en manger les jeunes racines, ou cherche-t-elle des insectes intéressés par ces bulbes ? Ce n’est peut-être qu’un jeu après tout… Je crois ces oiseaux suffisamment intelligents pour cela !

    Ma promenade se poursuit au Potager du Roi où toutes les cultures maraîchères mais aussi fruitières sont conduites en bio. J’interroge le responsable du site : quels ravageurs impactent le plus vos cultures ? Les doryphores ? Les carpocapses ? Les pucerons ? Non non, ce sont des oiseaux.

    Je crois deviner : ces intrépides corneilles ? Les pigeons ramiers ? Les étourneaux ? Non, ce sont les perruches à collier : elles arrivent par centaines et dévorent absolument tout. Aucun fruit mûr ne leur échappe, ces oiseaux sont une catastrophe pour notre verger !

    Retrouvez nos articles :

    Agent 003

    Maître corbeau

    Elevée à la baguette

    L’invasion de la perruche à collier


samedi 1er décembre 2018

  • Aux Rencontres naturalistes d’Ile-de-France

    Tous les naturalistes franciliens convergent en ce 1er décembre 2018 à la Halle Pajol, à l’invitation de l’Agence régionale de la biodiversité d’Ile-de-France. C’est l’incontournable journée des Rencontres naturalistes !

    J’ai l’honneur d’y être invité à présenter quelques-unes de mes observations sur mes mouches préférées, les Tephritidae.

    Urophora solsticialis femelle © CACP – Gilles Carcassès
    La mouche de la bardane, Tephritis bardanae, sur sa plante hôte à Neuville-sur-Oise © CACP – Gilles Carcassès

    Retrouvez dans cet article le résumé de mon intervention :

    Passionnantes Tephritidae


vendredi 30 novembre 2018

  • 2018 : les petits nouveaux

    A Cergy-Pontoise, 2018 aura été une bonne année pour les observations d’insectes rares ou remarquables ! Voici le résumé de nos découvertes :

    Premières observations pour l’Ile-de-France

    Larve d’Aproceros leucopoda © CACP – Gilles Carcassès

    Aproceros leucopoda est un hyménoptère symphyte invasif d’origine asiatique. Il nous arrive de Belgique. Nous avons observé ce nouveau ravageur de l’orme au bord de l’Oise à Vauréal en juin 2018.

    Une galle de Rhopalomyia tanaceticola  sur une fleur de tanaisie © CACP – Gilles Carcassès

    Rhopalomyia tanaceticola est une cécidomyie dont les larves se développent dans des galles sur les fleurs de tanaisie. Nous avons noté la présence de cet insecte dans le potager de la Ferme d’Ecancourt à Jouy-le-Moutier en juillet 2018.

    En fait cette rareté n’en est pas vraiment une, il s’agit plutôt d’une espèce qui n’intéresse pas grand monde. Elle n’a aucun impact économique connu, et comme toutes les espèces qui n’ont pas fait l’objet d’études, elle ne peut pas servir pas d’indicateurs de la qualité des milieux. Alors à quoi bon l’observer ? Il faut reconnaître aussi que pour illustrer des atlas ou des études de biodiversité, les jolis oiseaux, libellules et papillons sont bien plus vendeurs que les moucherons !

    Rhopalomya tanaceticola adulte au creux de ma main © CACP – Gilles Carcasses

    J’avais conservé certaines de ces galles dans un bocal et quelques semaines plus tard des adultes en sont sortis. Ils n’ont pas réussi à se dégager complètement de leur pupe. Peut-être que l’atmosphère de mon élevage était trop sèche… On voit sur cette photo que ce minuscule insecte est bien un diptère, on distingue l’un des balanciers (cliquez sur l’image pour l’agrandir).

    Premières données pour le Val d’Oise

    Saperda perforata, la saperde perforée © CACP – Gilles Carcassès

    Saperda perforata est un longicorne dont les larves consomment le bois mort des peupliers. Nous l’avons observé au parc de Grouchy à Osny en mai 2018.

    Stephanitis takeyai , le tigre de l’andromède © CACP – Gilles Carcassès

    Stephanitis takeyai est un ravageur asiatique invasif qui s’attaque aux Pieris. C’est un organisme suivi par la Fredon Ile-de-France. Nous l’avons découvert dans le patio de nos bureaux à Cergy.

    Il faut ajouter à ce tableau de chasse un syrphe rare qui ressemble à s’y méprendre à certaines espèces de guêpes :

    Sphiximorpha subsellis © CACP – Gilles Carcassès

    Sphiximorpha subsesilis pond dans les suintements des vieux arbres pourris, dans les zones humides. Nous avons eu la chance de tomber dessus. Ce diptère a été observé dans le parc du château de Marcouville à Pontoise en mai 2018.

    Retrouvez plus d’informations sur ces espèces dans nos reportages :

    La tenthrède zigzag de l’orme

    La galle des fleurs de tanaisie

    La saperde perforée

    Le tigre du Pieris

    Fausse guêpe


jeudi 29 novembre 2018

mercredi 28 novembre 2018

mardi 27 novembre 2018

  • Un visiteur d’exception !
    Tichodroma muraria, le tichodrome échelette – La Roche-Guyon © François Lelièvre

    Très à l’aise sur les surfaces verticales, le tichodrome échelette passe son temps à explorer les fissures pour y déloger avec son long bec les araignées et les menus insectes dont il se nourrit. C’est un oiseau typiquement montagnard, un habitué des falaises et des corniches inaccessibles. Les spécialistes rapportent qu’il tapisse souvent son nid de poils de chamois ! Ses ailes largement tachées de rouge et son vol papillonnant lui donnent une allure singulière, mais il reste d’ordinaire très discret et difficile à observer.

    Parfois certains individus effectuent une migration hivernale en plaine. On les voit alors sur les clochers des églises ou les hauts murs des châteaux. C’est le cas de celui-ci qui défraie la chronique naturaliste parisienne. Le lieu de sa découverte est devenu en quelques jours le rendez-vous incontournable des ornithologues bardés de téléobjectifs et de longues vues. Merci au talentueux François Lelièvre pour le prêt de cette photo !

    Le château de La Roche-Guyon vu depuis son superbe potager fruitier © Gilles Carcassès

    Sources :

    Le tichodrome échelette, par oiseaux.net

    La Roche-Guyon : un oiseau rare s’est installé au château ! Le Parisien du 20 novembre 2018

    Retrouvez nos articles :

    Au potager fruitier du château de La Roche-Guyon

    Un autre migrateur occasionnel au château de La Roche-Guyon


lundi 26 novembre 2018

  • Vignes vierges
    Parthenocissus insert , la vigne vierge commune – vallée de la Viosne à Osny © CACP – Gilles Carcassès

    On la trouve dans les zones boisées humides où elle prend souvent de belles proportions au point de gêner un peu le développement de la flore indigène. La vigne vierge commune est originaire d’Amérique du Nord. Elle a été introduite en France au XXème siècle comme plante grimpante d’ornement. Naturalisée, elle se comporte parfois comme une invasive.

    Grimpante… et rampante !

    Parthenocissus inserta – Eragny-sur-Oise © CACP – Gilles Carcassès

    La voici au bord de l’Oise à Eragny. Cette plante grimpante montre qu’elle a aussi de bonnes capacités pour couvrir le sol.

    C’est une Vitaceae comme la vigne. Ses fruits bleutés disposés en petites grappes sont des baies appréciées par les oiseaux qui assurent par leurs fientes la dissémination de cette liane. Ses fleurs sont très visitées par les abeilles domestiques.

    Parthenocissus inserta – Jouy-le-Moutier, au bord de l’Oise © CACP – Gilles Carcassès

    A l’automne, la vigne vierge commune prend de belles teintes rouges.

    On peut trouver dans les jardins un autre Parthenocissus américain très ressemblant avec lequel cette plante peut s’hybrider facilement : Parthenocissus quinquefolia. Cette espèce possède des vrilles divisées en 5 à 8 bras, contre 3 à 5 bras pour Parthenocissus inserta.

    Et bien sûr, la plus employée pour grimper sur les murs est Parthenocissus tricuspidata, aux feuilles entières et aux solides crampons. Cette espèce est d’origine asiatique.

    Parthenocissus tricuspidata – Cergy © CACP – Gilles Carcassès
    Les crampons de Parthenocissus tricuspidata – Cergy © CACP – Gilles Carcassès
    Les fruits de Parthenocissus tricuspidata – Potager du Roi à Versailles © CACP – Gilles Carcassès

    Une élégante dans la famille

    Les fruits mauves de l’Ampelopsis glandulosa ‘Elegans’ deviennent turquoise à maturité © Gilles Carcassès

    Ampelopsis glandulosa ‘Elegans’, dite vigne vierge panachée, est la forme panachée d’une espèce d’origine asiatique, de taille modeste et sans crampons, très décorative par ses fruits.

    Sources :

    Parthenocissus inserta, par le site suisse infoflora

    Catalogue des plantes grimpantes des pépinières Brochet Lanvin

    Retrouvez notre article :

    Couleurs d’automne à Pontoise


vendredi 23 novembre 2018

jeudi 22 novembre 2018

  • Mauvaise idée

    C’était au début du mois de juillet 2018 et il faisait bien chaud.

    Trois guêpes polistes – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

    Ces guêpes polistes agitaient vivement leurs ailes pour ventiler le nid de leur petite colonie logée à l’intérieur de cette rampe d’escalier extérieur.

    Polistes dominula – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

    Inquiétée par mon approche, celle-ci a cessé de ventiler. J’en ai profité pour photographier ce bel insecte aux ailes couleur caramel.

    Guêpe poliste – Polistes dominula © CACP – Gilles Carcassès

    La vue de profil aide à déterminer l’espèce car il faut, pour cet exercice, apprécier la couleur des mandibules et des joues de l’animal.

    La scène du drame – Cergy Grand centre © CACP – Gilles Carcassès

    Mais était-ce une bonne idée que d’établir leur nid juste à l’endroit où des centaines de passants tous les jours posent leur main ? J’ai observé le manège de ces insectes quelques jours, jusqu’à la fin brutale et prématurée de leur aventure : quelqu’un est venu pulvériser un insecticide.

    Retrouvez nos articles :

    Tailles de guêpes

    Fausse guêpe !

    Les strepsiptères


mercredi 21 novembre 2018

  • Le houblon
    Helophilus pendulus – Noirs marais à Osny © CACP – Gilles Carcassès

    En visite au parc des Noirs marais à Osny, j’ai repéré ce joli syrphe qui tente de se réchauffer au soleil de novembre sur une feuille de houblon. Cette plante est à son aise dans les sols riches du parc des Noirs marais à Osny et s’y développe en plusieurs endroits. Ici, c’est un pied femelle reconnaissable à ses infrutescences semblables à des cônes.

    Grains de lupuline © CACP – Gilles Carcassès

    Sous l’effet du froid matinal et de la pluie, les bractées commencent à tomber. Leur base est garnie de grains de lupuline, cette substance résineuse très aromatique qui confère au houblon ses propriétés appréciées en brasserie : un goût amer, des arômes particuliers et la capacité de faire mousser et de conserver la bière.

    Humulus lupulus – berge de l’Oise à Neuville © CACP – Gilles Carcassès

    On rencontre le houblon aussi sur les berges de l’Oise, où il escalade vaillamment les saules et les jeunes aulnes. Les tiges de cette liane sont annuelles, mais elles repoussent chaque année à partir de son rhizome.

    Houblon doré – Kew gardens (à l’ouest de Londres) © CACP – Gilles Carcassès

    Cette variété dorée du houblon, Humulus lupulus ‘Aureus’ est une liane très décorative.

    On utilise aussi parfois dans les jardins le houblon du Japon (Humulus japonicus), à croissance très rapide et moins rustique. Cette espèce a été introduite en France en 1880 au Jardin des plantes de Paris. Son pollen est allergisant et elle se comporte comme une plante invasive en région méditerranéenne. Les pépiniéristes en proposent une variété au feuillage marbré de blanc.

    Quant aux variétés sélectionnées pour la brasserie, on les cultive désormais hors de l’Alsace, berceau historique de cette culture. En Ile-de-France, des houblonnières voient le jour à Bonnelles dans la parc naturel régional de la Haute Vallée de Chevreuse, ainsi qu’en Seine-et-Marne. Et les projets parisiens se multiplient pour alimenter les nombreuses brasseries artisanales locales…

    Retrouvez nos articles :

    Helophilus pendulus, la mouche Nestor

    Quelques plantes des Noirs marais

    Quelques insectes des Noirs marais

    Sources :

    Le houblon du Japon, par le Groupe de travail IBMA

    Le houblon de Paris va pousser sur les murs, un article du Parisien du 18 février 2018

    Le houblon d’Ile-de-France va pousser à Bonnelles (78), un article du Parisien du 22 juin 2017


mardi 20 novembre 2018

  • De si beaux yeux !

    Comment résister à ces yeux-là ?

    Libellula fulva – Saint-Rémy-de-Provence © CACP – Gilles Carcassès

    Libellula fulva est l’une de nos trois espèces de Libellula. On la reconnaît aux taches noires peu étendues à la base de ses ailes, comme il est expliqué dans notre article : Reconnaître les libellules. C’est aussi la seule du genre à avoir les yeux gris-bleu.

    Libellula fulva  vs Orthetrum cancellatum

    Libellula fulva – Osny © CACP – Gilles Carcassès

    Sur cette photo prise en juillet 2018 au bord de l’étang du parc du château de Grouchy à Osny, on peut comparer le mâle de Libellula fulva au premier plan et celui d’Orthetrum cancellatum à l’arrière-plan. Ces deux odonates à l’abdomen gris-bleu sont faciles à différencier si l’on observe la couleur des yeux.

    Orthetrum cancellatum – Osny © CACP – Gilles Carcassès

    Orthetrum cancellatum a les yeux verts. Comme tous les Orthetrum, il n’a pas de taches sombres à la base des ailes.

    D’autres anisoptères aux yeux bleus

    On veillera cependant à ne pas confondre Libellula fulva avec Orthetrum coerulescens qui a aussi les yeux bleus.

    Orthetrum coerulescens – Paris © CACP – Gilles Carcassès

    Orthetrum coerulescens est présent dans les jardins de l’école Du Breuil à Paris, mais pas sur Cergy-Pontoise. Il lui faut des ruisselets ensoleillés.

    Aeshna cyanea – parc du château de Grouchy © CACP – Gilles Carcassès

    Au parc du château de Grouchy, on peut aussi croiser les yeux bleus de l’aeschne bleue, mais impossible de confondre avec les Libellula et les Orthetrum !

    Retrouvez nos articles :

    L’orthetrum bleuissant

    Une aeschne bleue au parc de Grouchy

    Libellules


lundi 19 novembre 2018

  • Quelques messicoles du Vexin français
    coquelicots à Osny © CACP Gilles Carcassès

    Les plantes messicoles sont les compagnes des cultures. Ce sont pour la plupart des annuelles ayant un cycle de vie comparable à celui des céréales. Tout le monde connaît bien sûr l’emblématique coquelicot, mais il existe de très nombreuses autres espèces messicoles. Certaines de ces plantes, qui pâtissent des pratiques de l’agriculture intensive, sont même devenues très rares.

    Voici trois messicoles assez communes du Vexin français :

    Kickxia spuria, la linaire bâtarde – La Roche-Guyon © CACP – Gilles Carcassès

    On peut aussi rencontrer la linaire bâtarde dans les potagers et les friches pionnières.

    Euphorbia exigua – La Roche-Guyon © CACP – Gilles Carcassès

    L’euphorbe exiguë trouve parfois refuge dans les pelouses urbaines sèches et les cimetières.

    Torilis arvensis – La Roche-Guyon © CACP – Gilles Carcassès

    Le torilis des champs est une Apiaceae à fleurs blanches. Ses fruits hérissés d’épines facilitent la dispersion de la plante par les animaux.

    Ces deux autres messicoles sont beaucoup plus rares :

    Legousia speculum-veneris, le miroir-de-Vénus – La Roche-Guyon © CACP – Gilles Carcassès

    Le miroir-de-Vénus, jolie campanulacée, est très localisé.

    Delphinium consolida – Neuville-sur-Oise © Gilles Carcassès

    Encore plus rare, la dauphinelle des moissons ou pied-d’alouette royal est en très forte régression dans notre région.

    Toutes ces messicoles et de très nombreuses autres sont décrites dans le Guide de reconnaissance des messicoles réalisé en  2013 par le département de l’Eure dans le cadre du plan départemental d’actions en faveur des messicoles.

    Retrouvez nos articles :

    L’observatoire des messicoles

    Faune et flore des champs


vendredi 16 novembre 2018

  • Qui mange la vipérine ?
    Chenille d’Ethmia bipunctella – Neuville-sur-Oise © CACP – Gilles Carcassès

    Cette chenille vivement colorée est celle d’Ethmia bipunctella. On la rencontre classiquement sur les vipérines, mais aussi sur la bourrache et d’autres plantes de la famille des Boraginaceae. Les Ethmia sont de petits papillons de nuit, noir et blanc et de forme allongée.

    Ethmia quadrillella – Vauréal © CACP – Gilles Carcassès

    Voici Ethmia quadrillella, une espèce très proche d’Ethmia bipunctella. J’ai observé ce papillon dans un jardin près d’un ruisseau à Vauréal, près d’une touffe de consoude, une autre Boraginaceae.

    Source :

    Ethmia bipunctella, par MyrmecoFourmis

    Retrouvez notre article :

    Vipérines


jeudi 15 novembre 2018

  • Myriophylle du Brésil
    Myriophylle du Brésil © CACP – Gilles Carcassès

    Contrairement aux myriophylles indigènes, le myriophylle du Brésil développe une abondante végétation hors de l’eau. Les feuilles de cette plante sont couvertes de glandes papilleuses qui lui donnent un reflet glauque caractéristique.

    Myriophyllum aquaticum – mare Bicourt à Courdimanche © CACP – Gilles Carcassès

    Le myriophylle du Brésil est une plante invasive particulièrement redoutée. Elle s’étend très rapidement en étouffant toute autre végétation aquatique et la décomposition de la masse de ses tiges et feuilles engendre souvent une eutrophisation très néfaste à la vie animale. Une fois installée, il est très difficile de s’en débarrasser car le moindre fragment de plante régénère une plante entière. En cas d’infestation dans un bassin, il faut agir le plus rapidement possible avant que la plante n’ait pris du volume.

    Cette plante originaire du Brésil, d’Argentine et du Chili a été introduite en France en 1880 dans la région de Bordeaux. Elle a été initialement utilisée en aquariophilie et pour l’agrément de bassins d’intérieur. Mais, acclimatée au froid elle s’est naturalisée et est maintenant présente dans les espaces naturels humides de nombreuses régions.

    Elle est interdite à la vente en France métropolitaine depuis l’arrêté du 14 février 2018.

    Source :

    Myriophylle du Brésil, par le groupe de travail IBMA

    Retrouvez des articles sur d’autres plantes aquatiques invasives :

    Le canard jardinier

    La jussie rampante


mercredi 14 novembre 2018

mardi 13 novembre 2018

  • Festin de samares
    Mésange charbonnière dans un frêne © CACP – Gilles Carcassès

    A Cergy, près de l’Axe majeur, j’ai observé un groupe de mésanges charbonnières très actives dans un grand frêne commun. Je pensais qu’elles chassaient des araignées ou de petits insectes, mais ma photo montre que cet oiseau a cueilli une samare. Aux mangeoires, ces gourmandes se gavent de graines de tournesol, elles ont bien le droit de consommer aussi des graines d’arbres qu’elles trouvent dans la nature ! Il paraît que les samares des frênes sont comestibles : récoltées avant maturité, ébouillantées puis macérées au vinaigre, elles feraient de bons condiments. Qui a déjà goûté ?

    Ce frêne si abondamment chargé de fruits est un pied femelle. Chez les frênes en effet les arbres sont soit mâles, soit femelles, et comme la nature parfois est pleine de surprises, on trouve aussi des frênes aux fleurs hermaphrodites et d’autres qui présentent les deux sexes sur des branches séparées. Les frênes femelles se reconnaissent en automne aux grappes de samares, bien visibles, et dès le printemps au feuillage : les feuilles sont plus amples et généreuses que celles des frênes mâles.

    Source :

    Fraxinus, site consacré au frêne, par Arnaud Dowkiw (INRA)

    Retrouvez nos articles :

    Papier mâché ?

    Nos frênes sont-ils tous condamnés ?

    Les gâteaux d’Alfred


lundi 12 novembre 2018

vendredi 9 novembre 2018

  • Frelon asiatique : luttons contre les mauvaises pratiques !
    Nid de frelons asiatiques – Osny © CACP – Gilles Carcassès

    Les frelons asiatiques ont installé leur nid au sommet d’un très grand marronnier blanc dans le parc du château de Grouchy à Osny. La chute des feuilles le rend beaucoup plus visible. On aperçoit le trou d’entrée latéral caractéristique d’un nid de frelons asiatiques.

    Arrivée en 2014 dans le Val d’Oise, l’espèce a progressé de façon très importante :

    Evolution annuelle du nombre de nids répertoriés dans le Val d’Oise (chiffres fournis par le référent départemental frelon asiatique)

    Cette prolifération met à mal l’apiculture locale. Certains ruchers ont dû être déménagés pour les éloigner des secteurs les plus infestés. C’est le cas du rucher de la Communauté d’agglomération de Cergy-Pontoise qui vivait des jours heureux dans l’arboretum près de l’Axe majeur à Cergy : il est parti à Vauréal sur un site moins fréquenté par les frelons asiatiques.

    La situation inquiète aussi la population et les élus pour les risques de piqures. Les frelons asiatiques ne sont dangereux que lorsque l’on s’approche à moins de 6 mètres de leur nid. Or ils choisissent généralement pour l’établir la partie haute d’un grand arbre, bien au-dessus de cette hauteur. Il n’en demeure pas moins que si un nid tombe accidentellement, il est préférable de ne pas être dessous !

    Pour limiter les risques et l’impact sur l’apiculture, la destruction des nids est la meilleure méthode. Elle incombe aux collectivités sur l’espace public et aux particuliers sur les espaces privés. La procédure à suivre a été décrite dans cet article : Un nid de frelons asiatiques ! Que faire ?

    Un certain nombre de mauvaises pratiques germent dans l’esprit de personnes mal informées, il convient de leur tordre le cou :

    Un bon coup de fusil et on n’en parle plus ?

    Cette méthode de Tartarin est très dangereuse, plusieurs centaines de frelons furieux peuvent agresser le tireur et les personnes des environs !

    Et si on gavait les frelons asiatiques de fipronil, ils iraient empoisonner leur nid ?

    Il est vraiment navrant de voir des apiculteurs utiliser des pesticides dont ils savent que même des doses infimes ont des effets dévastateurs sur leurs abeilles ! La méthode, à l’efficacité très douteuse, est dangereuse pour l’environnement et pour l’applicateur, et surtout elle est strictement interdite, comme cela est rappelé dans la note DGAL du 10 05 2013 !

    Et si toute la population se mettait à piéger les reines de frelons asiatiques au printemps, on les élimineraient toutes ?

    Le Muséum national d’Histoire naturelle rappelle que le piégeage des fondatrices est déconseillé en dehors d’un cadre scientifique, car la pratique est inefficace et néfaste pour la biodiversité.

    Inefficace, car les reines de frelons asiatiques sont très nombreuses, et il est illusoire de les éliminer toutes. Les études expérimentales encadrées scientifiquement sur l’effet de ces piégeages sur la pression de prédation n’ont pas encore rendu leurs conclusions. Cette pratique historique dans certains départements n’a nullement empêché la progression ni la prolifération de l’espèce.

    Néfaste pour la biodiversité, car même les pièges prétendus les plus sélectifs n’ont pas fait la preuve scientifique de leur sélectivité. Ce qui a pu fonctionner localement à un moment donné n’est absolument pas généralisable sans études sérieuses. Il est dommageable pour le bon fonctionnement des chaines alimentaires et pour les oiseaux de détruire des frelons européens, des guêpes, des papillons de nuit attirés dans ces pièges, notamment ceux de type bouteille.

    D’autre part, certains pièges, selon l’appât utilisé, peuvent avoir l’inconvénient d’attirer aussi les abeilles. Si les dispositifs leur permettent généralement de s’échapper, la promiscuité d’abeilles de provenance diverses peut être un facteur de transmission de parasites ou de maladies entre abeilles.

    Pour ces raisons, le piégeage, affaire de spécialistes formés, doit être réservé aux apiculteurs, uniquement dans leurs ruchers et lorsque des attaques sont constatées.

    Quand un nid est détruit, il faut l’enlever tout de suite ?

    Non, la bonne méthode consiste à procéder en deux temps : il faut attendre 2 à 3 jours que les frelons restés dehors lors de l’intervention rentrent au nid et s’empoisonnent. Après ce délai seulement, le nid doit être évacué et détruit dans des conditions respectueuses de l’environnement par le prestataire spécialisé. Mais il ne faut pas oublier cet enlèvement, sinon les oiseaux consommeront les larves mortes dans le nid et s’empoisonneront !


jeudi 8 novembre 2018

mercredi 7 novembre 2018

mardi 6 novembre 2018

lundi 5 novembre 2018

  • Peleteria iavana, belle mouche épineuse
    Peleteria iavana – Jouy-le-Moutier © CACP – Gilles Carcassès

    Bravo aux naturalistes joueurs qui ont vu une mouche tachinaire dans la photo mystère de novembre 2018 et un coup de chapeau à Siegfried qui a donné le genre et à Michel qui est allé jusqu’à l’espèce ! Ils sont trop forts !

    En balade à Jouy-le-Moutier, j’ai trouvé cette mouche épatante avec son abdomen tricolore, alors j’ai voulu en savoir un peu plus sur elle. Les couronnes d’épines sur son abdomen m’orientent vers la famille des Tachinidae, ces diptères dont les larves parasitent d’autres insectes.

    Sur le lierre en fleurs, elle s’intéressait sans doute au nectar abondant de cette plante. Avec ses antennes en partie jaune, ses pattes noires et ses longues soies sous les yeux, ce pourrait être Peleteria iavana (autrefois nommée Peleteria varia). On rencontre cette espèce sur toutes sortes de fleurs en été et en automne : les asters, les centaurées, les menthes, les origans, les eupatoires, les achillées… L’espèce apprécie les endroits chauds et ensoleillés.

    La littérature scientifique ne nous dit pas grand chose de cette espèce pourtant commune. Elle parasiterait les chenilles de noctuelles, mais on ne sait pas lesquelles. Flûte, j’aurais dû la suivre !

    Source :

    Clé des Tachinidae d’Europe centrale, par Hans-Peter Tschorsnig et Benno Herting du Muséum de Stuttgart

    Retrouvez un autre article sur une mouche tachinaire :

    Ectophasia, jolie mouche de Grouchy


vendredi 2 novembre 2018

mercredi 31 octobre 2018

  • Le pic noir
    Pic noir – Vauréal © François Lelièvre

    François Lelièvre, talentueux photographe animalier, m’a prêté cette photo de pic noir prise à Vauréal il y a quelques années dans le bois au-dessus de la rue de Puiseux. Cette calotte rouge qui s’étend jusqu’au front nous renseigne sur son sexe : c’est un mâle. A grands coups de bec, il creusait une souche pourrie à la recherche de fourmis ou de larves d’insectes xylophages.

    Trous de pic noir – parc du château de Menucourt © CACP – Gilles Carcassès

    Les trous de nourrissage du pic noir ont généralement une forme allongée verticalement et sont placés à la base de troncs d’arbres morts ou sur des souches.

    Le nid du pic noir dans un grand hêtre – parc du château de Menucourt © CACP – Gilles Carcassès

    Pour établir son nid, le pic noir choisit un gros tronc bien dégagé, généralement celui d’un hêtre centenaire ou d’un vieux pin sylvestre. D’autres essences peuvent être occupées, comme les chênes, le merisier ou le tremble. Il creuse sa loge très en hauteur pour que la nichée soit bien à l’abri des prédateurs. Le trou d’accès au nid a généralement une forme ovale.

    Les anciens nids de pic noir sont réutilisés par une quarantaine d’autres espèces : chouette hulotte, sittelle, pigeon colombin, chauves-souris, loir gris, étourneau, abeilles, frelon européen… La présence de cet oiseau est donc importante pour la biodiversité de nos forêts.

    Source :

    Pic noir, par l’INPN

    Retrouvez d’autres articles sur les pics :

    Sus aux fourmis

    Tic tac toc

    Oh le beau mâle !

    Le pic épeichette est un bon acrobate


mardi 30 octobre 2018

  • Vipérines
    Echium vulgare, la vipérine commune – Pontoise © CACP – Gilles Carcassès

    En avance pour mon rendez-vous de chantier dans la ZAC Bossut, j’en ai profité pour photographier quelques fleurs de vipérine dans une friche en attente de constructions. Le style rose à l’extrémité fourchue comme une langue de vipère, qui sort de chaque corolle au milieu des étamines, est peut-être à l’origine du nom de la plante.

    Cymes scorpioïdes des inflorescences de vipérine © CACP – Gilles Carcassès

    Les inflorescences sont construites selon le schéma des cymes scorpioïdes : elles sont recourbées comme la queue d’un scorpion. Les fleurs bleues sont systématiquement précédées d’un bouton de couleur rose.

    Vipérine commune, en rosette © CACP – Gilles Carcassès

    L’espèce est bisannuelle. Les jeunes plantes de l’année passent la mauvaise saison sous forme de rosette étalée au sol et ne monteront leurs tiges florales ramifiées qu’après le passage au froid de l’hiver.

    Vipérines – Carrières-sous-Poissy © CACP – Gilles Carcassès

    Sur un sol sableux ou graveleux, les vipérines peuvent former de belles touffes.

    Syrphe ceinturé sur une fleur de vipérine – Neuville-sur-Oise © CACP – Gilles Carcassès

    Les fleurs de la vipérine sont très visitées par toutes sortes d’insectes pour leur pollen, d’une étonnante couleur bleue, ou pour leur nectar.

    Citron sur une vipérine © CACP – Gilles Carcassès

    Dans les régions au climat doux, en situation abritée, on peut cultiver les espèces géantes très spectaculaires des Canaries, de Ténérife ou de Madère.

    Echium pininana et Geranium maderense – Londres, dans une cour d’immeuble © CACP – Gilles Carcassès

    Echium pininana est la vipérine des Canaries. C’est aussi une plante bisannuelle.

    Echium sp., espèce indéterminée à fleurs roses, trouvée au Maroc © CACP – Gilles Carcassès

    On ne rencontre qu’une seule espèce de vipérine en Ile-de-France, mais elles sont bien plus nombreuses sur le pourtour méditerranéen.

    Source :

    Echium vulgare, par Naturejardin

    Retrouvez quelques plantes qui poussent en compagnie des vipérines dans les friches sableuses :

    Le panicaut champêtre

    La carline vulgaire

    Le bouillon blanc


lundi 29 octobre 2018

  • Le Petit nacré
    Issoria lathonia, le Petit nacré – 23 juillet 2018 à La Roche-Guyon © CACP – Gilles Carcassès

    D’une exploration nature sur les crêtes de La Roche-Guyon le 23 juillet 2018, j’avais rapporté des images de deux beaux papillons que je vous ai présentés dans ces pages : le Flambé, et l’Argus bleu nacré. En triant mes photos, je constate que mon chemin a croisé aussi celui d’un Petit nacré. Il mérite aussi son article !

    Le Petit nacré © CACP – Gilles Carcassès
    Issoria lathonia aspire le nectar d’une fleur de scabieuse © CACP – Gilles Carcassès

    Les grandes taches blanches, brillantes et bien contrastées au revers des ailes postérieures sont caractéristiques du Petit nacré.

    Cette espèce dont les chenilles consomment des violettes n’est pas menacée mais elle est cependant peu commune en Ile-de-France. On peut observer ce papillon migrateur dans notre région jusqu’à la fin octobre.

    Sources :

    Le Petit nacré, par l’Atlas des rhopalocères d’Ile-de-France (Cettia)

    Comment identifier les nacrés, par FontainebleauBlog

    Retrouvez notre article sur la liste rouge des rhopalocères et zygènes d’Ile-de-France :

    Plus du tiers des papillons d’Ile-de-France menacé ou disparu !

    et un autre papillon de la même sous-famille :

    Le tabac d’Espagne


vendredi 26 octobre 2018

  • L’armoise annuelle
    Bords de Seine à La Roche-Guyon © CACP – Gilles Carcassès

    Entre les pavés du quai poussent quelques plantes de friches. Cette plante élancée au feuillage vert clair finement découpé est Artemisia annua, l’armoise annuelle. Ses feuilles froissées dégagent une odeur aromatique assez forte qui rappelle celle du génépi, de l’estragon ou de l’absinthe (qui sont aussi des Artemisia). Cette plante naturalisée est d’origine chinoise, elle est assez commune à Paris et en agglomération parisienne ainsi que dans la vallée de Seine aval. Elle se plaît dans les terrains vagues, les hauts de berges, les bords de chemins, les terre-pleins centraux d’autoroute.

    Artemisia annua – Jardin des possibles, Saint-Ouen l’Aumône © CACP – Gilles Carcassès

    Au jardin des Possibles à Saint-Ouen-l’Aumône, un pied d’armoise annuelle a germé dans un massif de plantes aromatiques. Les jardinières ont décidé de ne pas l’arracher. Dopée par la terre fertile et les arrosages, elle a pris de belles proportions !

    L’armoise annuelle est une plante médicinale cultivée depuis fort longtemps en Chine et au Vietnam, elle est notamment employée pour lutter contre le paludisme.

    Il ne faut pas la confondre avec l’ambroisie, plante invasive allergisante, qui n’a pas cette odeur aromatique.

    Sources :

    Des plantes pour lutter contre le paludisme, par le CNRS

    Projet MYLAA – AgroPrisTech

    Retrouvez nos articles :

    La lutte biologique contre l’ambroisie

    Le jardin des possibles

    et des portraits d’autres plantes d’origine asiatique :

    Trois balsamines asiatiques

    Les fausses fraises de Grouchy


jeudi 25 octobre 2018

  • Un nid de frelons asiatiques ! Que faire ?

    Avec la chute des feuilles, les nids de frelons asiatiques cachés en haut des grands arbres sont soudainement visibles. Ennemis jurés des apiculteurs qui voient leurs abeilles décimées par ces redoutables prédateurs, les frelons asiatiques ne sont pas vraiment les bienvenus dans notre environnement. Arrivés accidentellement de Chine en 2004, ils ne cessent de gagner du terrain.

    Nid de frelons asiatiques en haut d’un chêne, déjà bien attaqué par les oiseaux © CACP – Gilles Carcassès

    Alors que faire lorsque l’on découvre un nid de frelons asiatiques ?

    Le Muséum national d’Histoire naturelle (voir leur excellent dossier consacré au frelon asiatique) recommande la destruction des nids de frelons asiatiques pour en freiner la progression. Mais si la découverte est tardive en saison (après mi-novembre) on peut considérer raisonnablement que la colonie est en déclin, voire inactive, et décider de ne pas intervenir. En effet les frelons ne survivent pas aux rigueurs de l’hiver. Seules les reines qui vont s’abriter dans des souches pourries ou des trous de murs vont hiverner pour fonder de nouvelles colonies au printemps. Les vieux nids ne sont jamais réemployés l’année suivante, ils seront progressivement disloqués par les oiseaux et les intempéries.

    Découvert suffisamment tôt en saison, la marche à suivre est la suivante :

    1/ identifier le propriétaire

    C’est la commune qui se chargera d’intervenir sur le domaine public, et chaque propriétaire sur les propriétés privées.

    2/ identifier l’espèce

    Il convient pour cela de contacter l’un des référents départementaux (source Fredon Ile-de-France)

    3/ faire intervenir un prestataire qualifié

    Il faut choisir une entreprise signataire de la charte des bonnes pratiques de destruction des nids de frelon asiatique (liste mise à jour par Fredon Ile-de-France)

    Vespa velutina, le frelon asiatique © CACP – Gilles Carcassès

    Ne pas confondre avec le frelon européen (observez la couleur des pattes) :

    Vespa crabo, le frelon européen – Jouy-le-Moutier © CACP – Gilles Carcassès

    Autre source :

    Le témoignage de villes sur la lutte contre le frelon asiatique, par le réseau français des Villes-Santé de l’OMS 

    Retrouvez nos articles sur le frelon asiatique :

    Un frelon équilibriste

    Le frelon asiatique en chasse

    Faut-il piéger le frelon asiatique ?

    La reine des frelons

    Papier mâché ?


mercredi 24 octobre 2018

  • Deux Galinsoga, et des bananes

    Une verdure généreuse qui se contente de peu !

    Végétation spontanée au pied d’un mur – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

    Un peu de verdure vient égayer ce pied de muret en briques dans l’escalier qui mène au Verger. Ces Galinsoga se sont semés un peu partout dans ce secteur de la dalle Grand centre à Cergy, profitant des moindres fissures.

    Galinsoga quadriradiata – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

    Vues de près, ces fleurettes blanches à cœur jaune sont simples et charmantes.

    Mais d’où viennent-elles ?

    On rencontre en fait en Ile-de-France deux espèces de Galinsoga très ressemblantes. Celle-ci dont les pédoncules des fleurs sont nettement poilus est Galinsoga quadriradiata. A l’inverse les poils des pédoncules de Galinsoga parviflora sont peu visibles à l’œil nu. Le domaine de cette dernière est Paris et la petite couronne, l’espèce quadriradiata étant plus largement répandue en grande couronne.

    Ces deux espèces sont originaires d’Amérique sub-tropicale (Chili, Bolivie, Brésil, Colombie, Argentine, mais aussi Mexique).

    Encore un coup des botanistes !

    Galinsoga parviflora a été introduite par des botanistes, dont on connaît la manie de la collection, au Jardin des Plantes de Paris en 1785. Elle était aussi cultivée au Jardin royal de Madrid, d’où lui vient son nom, Martinez Galinsoga ayant été le directeur de cet établissement vers 1800. On l’a citée aussi dans les collections du Jardin botanique de Berlin à la même époque. Son expansion progressive en Europe depuis le début du XIXe siècle a été facilitée par ses nombreux moyens de dissémination : akènes à aigrettes portés par le vent, flottaison dans les eaux d’épandage, transports de terre, accrochage des akènes dans le pelage des animaux, pollutions de semences, adventices dans les pots des pépiniéristes et horticulteurs…

    Passagères clandestines parmi les régimes de bananes ?

    Galinsoga quadriradiata est d’introduction plus récente et elle a sans doute bénéficié de l’accélération des transports mondiaux de marchandises. On soupçonne l’explosion du commerce de la banane en provenance d’Amérique du Sud dans les années 1920. Des graines auraient voyagé parmi les régimes de bananes chargés dans les cargos frigorifiques, nommés bananiers, mis en service au début du XXe siècle.

    Mais cette espèce a aussi été cultivée aux Jardin des plantes de Paris en 1862. Elle était signalée en Belgique en 1870. La grande ressemblance entre les deux espèces rend cependant incertain bon nombre de signalements…

    Ils sont blagueurs ces anglais !

    On ne connaît pas de nom vernaculaire français aux Galinsoga. Les anglais sont plus inventifs : ils nomment cette plante « gallant soldiers », c’est un jeu de mot (ah, ah !) Traduit en français, soldat galant, ça ne fonctionne pas vraiment.

    Sources :

    Galinsoga quadriradiata, par Ephytia (INRA)

    Renseignements systématiques et géographiques à propos de l’apparition de Galinsoga aristulata (syn quadriradiata) en Bresse, par J-B. Touton et M. Coquillat (Société Linéenne de Lyon – 1960)


mardi 23 octobre 2018

  • La galéruque de l’orme

    Au bord de l’Oise à Cergy, les ormes sont très présents. Ils sont tous jeunes car dès qu’ils atteignent une dizaine d’années, ils sont décimés par la graphiose. Cette maladie est due à un champignon parasite qui obstrue les vaisseaux conducteurs de sève des ormes et les fait mourir.

    Orme aux feuilles grignotées – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

    Cet ormeau a l’air un peu malade, mais ce symptôme n’est pas celui de la graphiose. Ses feuilles sont attaquées par les larves d’un coléoptère de la famille des Chrysomelidae, la galéruque de l’orme. On dit que les fortes attaques de cette galéruque affaiblissent les arbres, ce qui attire les scolytes qui à leur tour transmettent la maladie en mordant les rameaux.

    Larve de la galéruque de l’orme © CACP – Gilles Carcassès

    Les larves de Xanthogaleruca luteola consomment le dessous des feuilles.

    Larve de Xanthogaleruca luteola – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

    Le résultat est presque aussi beau qu’un vitrail !

    Xanthogaleruca luteola – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

    Voici l’adulte qui se chauffe au soleil d’octobre.

    Retrouvez un autre article, sur les dégâts des scolytes :

    Entomoglyphe

    Sources :

    La graphiose de l’orme, par Ephytia (INRA)

    Des insectes et des hommes, par Vincent Albouy, Natornatex


lundi 22 octobre 2018

  • L’achillée millefeuille
    Achillea millefolium, l’achillée millefeuille – Vauréal © CACP – Gilles Carcassès

    Sur les espaces herbeux qui accompagnent l’avenue Gandhi à Vauréal, les achillées millefeuilles refleurissent après la fauche de l’été. Cette plante est facile à reconnaître avec ses feuilles très découpées et ses petits bouquets de fleurs blanches disposés en ombelles. Très résistante à la sècheresse, cette vivace indigène est une excellente plante pour des prairies fleuries naturelles.

    Trichodes alvearius sur une achillée millefeuille © CACP – Gilles Carcassès

    L’achillée millefeuille est très appréciée des coléoptères. J’y vois souvent des clairons comme celui illustré ci-dessus et des Cerambycidae floricoles, comme ce stenoptère roux, très commun dans les prairies.

    Stenopterus rufus – Jouy-le-Moutier © CACP – Gilles Carcassès

    Les producteurs de plantes vivaces proposent une large gamme de variétés d’achillée millefeuille dans des coloris variés : rouge, rose, pourpre, lilas, saumon, jaune pâle…

    Une variété rouge d’achillée millefeuille © CACP – Gilles Carcassès

    J’ai vu cette très belle variété, probablement ‘Peggy Sue’ dans un jardin à Haussimont, très beau village quatre fleurs dans la Marne.


vendredi 19 octobre 2018

  • Saurez-vous reconnaître la punaise diabolique ?

    Une grosse punaise grise ? D’habitude j’identifie celle-ci : Rhaphigaster nebulosa, la punaise nébuleuse, très commune dans les jardins.

    Rhaphigaster nebulosa, la punaise nébuleuse © CACP – Gilles Carcassès

    Mais cette fois-ci, c’est autre chose…

    Halyomorpha halys, la punaise diabolique © CACP – Gilles Carcassès

    Elle est plus sombre et surtout les taches blanches des antennes sont disposées différemment.

    Détail des antennes : en haut Halyomorpha halys, en bas Rhaphigaster nebulosa © CACP – Gilles Carcassès

    Il s’agit de la tristement célèbre punaise diabolique ! Je savais qu’elle était à Paris depuis 2015. Elle est manifestement sortie de la capitale puisqu’elle a été observée le 17 octobre 2018 à Villejuif et le même jour à Rosny-sous-bois. Et j’ai observé cet individu le lendemain devant la Maison de la Nature de Rueil-Malmaison.

    Cette punaise d’origine asiatique a envahi les Etats-Unis au début des années 2000, y causant des dégâts considérables aux vergers de pommiers, pêchers, agrumes, et aussi aux vignobles, au maïs, au soja, et aux cultures maraichères. Elle peut aussi compromettre les récoltes de noisettes. En Europe, l’envahisseur est sous surveillance, pour l’instant il ne cause pas de dégâts significatifs en grandes cultures, mais le risque est important, d’après un rapport de l’ANSES de 2014.

    Cette espèce, comme la punaise américaine du pin, cherche pour passer l’hiver un endroit où se mettre au chaud. C’est pourquoi il peut lui arriver de rentrer dans les maisons. En cas de pullulation de cette punaise, les habitants peuvent être tentés de traiter leur domicile avec des doses massives d’insecticide, ce qui serait très néfaste pour leur santé ! L’insecte en revanche est inoffensif pour l’homme et les animaux domestiques. Si l’on veut les chasser de la maison, il faut utiliser des moyens non toxiques, l’aspirateur par exemple et penser à fermer les fenêtres.

    La punaise asiatique est arrivée en France en 2012, plus précisément à Strasbourg. Depuis, elle a été signalée dans une bonne dizaine de départements.

    Sources :

    Rentrée 2018 très invasive pour la punaise diabolique, par Romain Garrouste (MnHn) – 12 octobre 2018

    Punaise diabolique, par Ephytia (INRA)

    Retrouvez les portraits d’autres punaises dans ces articles :

    La fausse fourmi

    Sur l’épiaire

    Palomena et Nezara

    Qui a peur des gendarmes

    La miride du chêne

    Grosse manif

    Les punaises du chou

    La punaise de l’aubépine

    Six punaises en rouge et noir


jeudi 18 octobre 2018

  • La découpeuse de feuilles
    Belle de nuit aux feuilles découpées © CACP – Gilles Carcassès

    Serait-ce une bestiole vorace avec un grande bouche qui fait ces profondes découpes dans ma belle de nuit ? Non, ce ne sont pas des traces de repas. C’est l’ouvrage d’une mégachile. Avec ses mandibules, cet hyménoptère découpe comme avec des ciseaux des pastilles de feuilles et les emporte une à une pour construire son nid.

    Reste à trouver le nid. Voilà le site :

    Botte de paille et belle de nuit © CACP – Gilles Carcassès

    Si j’étais une abeille solitaire, où établirais-je mon nid ?  Voyons : un endroit bien isolé, à l’abri des intempéries… Dans la paille bien sûr !

    C’est la réserve pour le poulailler, et pour éviter que le vent ne me l’éparpille, j’ai lesté la botte avec un chaperon de muret en béton. Je le soulève précautionneusement.

    Sous le chaperon © CACP – Gilles Carcassès

    Ce long « cigare » est bien le nid de la mégachile. Les découpes de feuilles sont courbées et assemblées à la manière de tuiles pour former un fourreau cylindrique dans lequel l’abeille stocke des boulettes de pollen, réserves de nourriture pour ses larves. Puis elle en bouche l’entrée avec le même matériau. La nouvelle génération émergera l’été prochain.

    Le nid d’une mégachile © CACP – Gilles Carcassès

    Il y a deux autres nids à côté, l’un d’eux, plus court, est manifestement de construction récente car les morceaux de feuilles sont encore bien verts. Il est occupé : je vois le derrière d’une abeille qui s’active ! Alors je décide de ne pas déranger plus longtemps et je remets le chaperon à sa place.

    Mégachile sur une fleur de cirse commun – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

    Les mégachiles récoltent le pollen sur leurs brosses ventrales, sous l’abdomen. L’espèce ci-dessus a des brosses rousses. Lorsqu’elles butinent, les mégachiles prennent souvent cette pose comique, abdomen redressé.

    Retrouvez d’autres abeilles solitaires dans ces articles :

    L’amie du groseillier

    Le petit peuple des barbacanes

    Les anthophores de la préfecture

    Du nectar de bryone sinon rien

    La collète du lierre a été observée à Courdimanche


mercredi 17 octobre 2018

  • Merveilleux fusain ailé
    Fusain ailé – boulevard d’Ecancourt à Jouy-le-Moutier © CACP – Gilles Carcassès

    N’est-elle pas étonnante la coloration automnale du fusain ailé ? Cet arbuste caduc parfaitement rustique est originaire du Japon. Il ne dépasse pas deux mètres de haut et est très tolérant quant au sol. Apparemment cette espèce n’est pas sujette aux dégâts des hyponomeutes comme le fusain d’Europe. Les pépiniéristes proposent aussi sa variété ‘Compactus’ au port plus ramassé que le type, adapté pour la cuture en bac.

    Euonymus alatus ‘Compactus’ © CACP – Gilles Carcassès

    Son port est assez raide et divergent, cet arbuste s’étend surtout en largeur. Il faut en tenir compte quand on l’installe au jardin.

    Le fruit du fusain ailé © CACP – Gilles Carcassès

    Les fruits du fusain ailé sont toxiques mais consommés par les oiseaux. On comprend avec cette photo pourquoi ce fusain est dit ailé : ce sont ses tiges qui présentent de fines excroissances liégeuses.

    Le fusain ailé est un très bon arbuste pour une haie mélangée en port libre.

    Retrouvez ces articles sur de bonnes plantes pour des haies libres :

    La viorne lantane

    Le groseiller doré

    La viorne de Bodnant


mardi 16 octobre 2018

  • Villes fleuries du Val d’Oise : Vauréal deux fois citée
    M. Lebrun récompensé © CACP – Gilles Carcassès

    Le 15 octobre 2018, lors de la cérémonie de remise des prix du concours départemental des villes, villages et maisons fleuris du Val d’Oise, Vauréal a été citée deux fois.

    Dans la catégorie « particuliers », M. Patrice Lebrun, de Vauréal, a été récompensé par un prix coup de cœur.

    Patrice Lebrun dans la partie de son jardin installé sur l’espace public – Vauréal © CACP – Gilles Carcassès

    Le jardin des Belles jardinières est équipé de bacs de culture aux formes originales. Patrice Lebrun, son génial créateur, exhibe ici une partie de la récolte de ses « patates herbivores », pommes de terre cultivées sans travail du sol, sous un abondant paillage de gazon coupé.

    Quant au jardin école de Vauréal, il s’est vu décerner le premier prix dans la catégorie « jardins en partage ».

    Le jardin école de Vauréal © CACP – Gilles Carcassès

    Ce jardin école, né de la collaboration de la ville de Vauréal et de la Mission développement durable et biodiversité de la Communauté d’agglomération de Cergy-Pontoise a pour but de permette à tous ceux qui le souhaitent d’apprendre à jardiner sans pesticides. Des cours gratuits de jardinage y sont régulièrement dispensés. Cette initiative a aussi permis à la ville d’être honorée du Premier prix 2018 dans la catégorie « Jardins responsables » des Trophées paysagistes pour l’environnement.

    Retrouvez notre article sur le jardin école :

    Apprendre par l’échange et l’expérience : le jardin école de Vauréal

    et l’article de 13 comme une :

    Patrice Lebrun, le jardin bonheur


lundi 15 octobre 2018

  • Eriocampa ovata, tenthrède de l’aulne
    Larve blanche sous une feuille d’aulne – Vauréal © CACP – Gilles Carcassès

    Cet étrange ravageur dévore de bon appétit la feuille d’un aulne sur la berge de l’Oise à Vauréal. Drôle d’allure ! Ses longs « poils » blancs sont friables et de consistance cireuse. Cela me rappelle les larves du psylle de l’aulne qui se cachent aussi sous des boucles de cire.

    Eriocampa ovata – Vauréal © CACP – Gilles Carcassès

    A la forme de sa tête, je reconnais une larve de tenthrède. Elle présente au sommet de sa capsule céphalique une petite tache noire qui ne s’étend pas jusqu’aux ocelles, cela permet d’identifier Eriocampa ovata, une espèce peu observée en Ile-de-France. Je l’avais déjà croisée une fois, dans le parc du château de Menucourt.

    Retrouvez un article sur autre larve blanche de tenthrède :

    Blanche et plissée

    Source :

    Clé des tenthrèdes de l’aulne par H. Chevin (OPIE – 1984)


vendredi 12 octobre 2018

  • Vauréal lance un atlas de biodiversité participatif !

    Le site internet de Vauréal a fait l’objet d’une refonte cet été, et que voit-on à la une ? Un onglet nature en ville ! Je vous invite à visiter cette rubrique.

    Vous y trouvez des reportages, l’agenda des prochains évènements nature, la carte des parcs et jardins de la ville, la présentation de la Maison de la nature, les engagements de la ville en matière de gestion différenciée. Notre blog est en bonne place dans la page consacré aux ressources nature !

    Grosse nouveauté, le site intègre un atlas de biodiversité participatif. Chacun peut y contribuer en créant un compte et en saisissant ses observations (lieu précis, date, photo, nom de l’espèce). Je m’y suis inscrit. Toutes les observations sont validées par des experts. En route pour la construction de l’atlas de la faune et de la flore de Vauréal !

    Lysimachia arvensis, le mouron rouge – rue des prés à Vauréal © CACP – Gilles Carcassès

    Retrouvez les premières observations publiées sur l’atlas de biodiversité de Vauréal :

    La bernache du Canada

    Le mouron rouge

    Le brun du pélargonium

    La tenthrède zigzag de l’orme


jeudi 11 octobre 2018

  • Les petites bêtes de la mare

    Au collège Gérard Philipe de Cergy, une mare a été réalisée au printemps 2018 avec le soutien du conseil départemental du Val d’Oise. Elle est déjà grouillante de vie ! Nicolas Louineau, professeur de SVT, m’a aidé à capturer quelques petites bêtes aux fins d’identification.

    La mare du collège Gérard Philipe à Cergy © CACP – Gilles Carcassès

    Les notonectes, ou abeilles d’eau, nagent le ventre en l’air. Elles se nourrissent de proies aquatiques ou d’insectes tombés dans l’eau, qu’elles piquent avec leur rostre puissant.

    Notonecta viridis – collège Gérard Philipe à Cergy © CACP – Gilles Carcassès

    Lorsqu’elle vient en surface faire le plein d’air pour respirer sous l’eau, seule l’extrémité de l’abdomen est en contact avec l’atmosphère. L’air emmagasiné tapisse la surface de son corps, lui donnant des reflets argentés. Ses grands yeux lui permettent de surveiller ce qu’il se passe au-dessus et en-dessous d’elle.

    Notonecta viridis, face dorsale © CACP – Gilles Carcassès

    Pour déterminer les notonectes, il faut observer la face dorsale. Il est recommandé de les manipuler avec précaution pour ne pas se faire piquer par le rostre, car c’est assez douloureux ! L’angle aigu du pronotum au coin de l’œil permet ici d’identifier Notonecta viridis.

    Acilius sulcatus – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

    Cet Acilius, de la famille des Dytiscidae, rame vigoureusement sous l’eau à l’aide de ses longues pattes ciliées. A l’inverse des notonectes, il nage sur le ventre. C’est un prédateur de nombreux animaux aquatiques.

    Acilius sulcatus, face ventrale © CACP – Gilles Carcassès

    Pour déterminer les Acilius, il faut observer la face ventrale. Les fémurs postérieurs à moitié noirs et la coloration ventrale globalement très sombre indiquent l’espèce Acilius sulcatus. L’insertion des pattes postérieures dans cette famille de coléoptères aquatiques est étonnamment très décalée vers l’arrière. L’insecte est très bien adapté pour la nage, il vole aussi sur de bonnes distances, mais s’est un marcheur très maladroit ! Ici il s’agit d’une femelle, car le mâle est équipé de ventouses sur ses pattes antérieures qui lui permettent de saisir commodément sa partenaire pendant l’accouplement.

    Nymphe d’Acilius ? © CACP – Gilles Carcassès

    Sur la berge à fleur d’eau nous avons trouvé des cocons de terre cachés sous des feuilles en décomposition. A l’intérieur d’un cocon, une nymphe attend la mue qui la transformera en adulte. Il s’agit probablement d’une nymphe d’Acilius.

    Corixidae – collège Gérard Philipe à Cergy © CACP – Gilles Carcassès

    Cette petite punaise aquatique finement barrée nage aussi sur le ventre. Elle navigue entre deux eaux et se pose sur le fond. Il s’agit d’une espèce de la famille des Corixidae. Ce sont des prédateurs de la petite faune aquatique comme les larves de moustiques.

    Ponte de gastéropode aquatique – collège Gérard Philipe à Cergy © CACP – Gilles Carcassès

    Les feuilles d’arbres tombées dans l’eau servent de support aux pontes des gastéropodes aquatiques.

    Sympetrum striolatum mâle – collège Gérard Philipe à Cergy © CACP – Gilles Carcassès

    Les Sympetrum striolatum étaient en ponte en tandem au-dessus de la mare. Les femelles ont déposé dans l’eau des centaines d’œufs. Cela nous promet de belles observations de leurs larves l’an prochain. Une aeschne bleue mâle est passée aussi mais ne s’est pas posée.

    Helophilus pendulus – collège Gérard Philipe à Cergy © CACP – Gilles Carcassès

    L’hélophile suspendu est un bien joli syrphe, commun dans les zones humides. On voit ici la bande médiane noire qui orne sa face. Les larves de cette espèce vivent dans la vase et les eaux boueuses des berges.

    Sources :

    SOHIER Sandra, COROLLA Jean-Pierre in : DORIS, 08/08/2016 : Acilius sp.

    Clé des hétéroptères aquatiques, par Raymond Poisson in : Faune de France (1957)

    Retrouvez nos articles :

    La mouche Nestor

    Les Sympetrum striolatum du parc François-Mitterrand

    A la mare de la Maison des Russes

    L’abeille d’eau

    Une aeschne bleue au parc du château de Grouchy


mercredi 10 octobre 2018

  • Port libre !
    Erables (Acer x freemanii ‘Autumn Blaze’), avenue des Bruzacques à Jouy-le-Moutier © CACP – Gilles Carcassès

    A ne pas manquer en ce mois d’octobre, la superbe coloration des jeunes érables de l’avenue des Bruzacques à Jouy-le-Moutier, plantés en 2014. Si l’on faisait le concours de la plus belle avenue de Cergy-Pontoise, elle serait assurément dans le top cinq !

    doubles rangées d’arbres en taille régulière © Ville de Jouy-le-Moutier

    Avant la rénovation de cette voie, les arbres en double rangée étaient taillés très régulièrement, engendrant un coût de gestion important. Je me rappelle la réunion de concertation, à la médiathèque, à laquelle j’avais été convié. Elle avait permis d’échanger avec les habitants et de présenter les avantages de cette replantation avec des arbres certes moins nombreux mais dont le port libre allait permettre une réduction des nuisances pour les riverains, globalement un plus grand volume de frondaisons et un impact spectaculaire dans le paysage.

    Avenue des Bruzacques, les feuilles dans leur splendeur automnale brillent au soleil © CACP – Gilles Carcassès

mardi 9 octobre 2018

  • Une leçon de nature au lycée de l’Hautil

    Vendredi 5 octobre 2018, 14 heures

    Ma mission : intéresser un groupe de lycéens à la nature et à la photographie. Après quelques conseils de cadrage et de composition donnés en salle, nous voilà partis à la recherche de sujets d’inspiration.

    Galle du chêne (Andricus quercuscalicis) © Cécile Kébir

    Ces belles galles de chêne, peut-être ? (Mais où vont-ils comme ça ?)

    La trace de la tenthrède zigzag a plus de succès. On essaie les smartphones sur ce sujet. Le contrejour donne des résultats jugés « classe ».

    Sur une feuille d’orme, la trace de la tenthrède zigzag © CACP – Gilles Carcassès

    Les bédégars sur les églantiers mettent en évidence les difficultés de mise au point d’un sujet plus en volume.  Mais que cette matière végétale est fascinante !

    Galle de Diplolepis rosae, ou bédégar © CACP – Gilles Carcassès

    Devant l’incrédulité générale, démonstration est faite que cette plante aux ombelles sèches est bien une carotte sauvage : l’arrachage collectif, digne de la légende d’Excalibur, a permis de vérifier que la grosse racine allongée sent bien la carotte !

    Fruits de la carotte © CACP – Gilles Carcassès

    Retrouvez notre article :

    La préparation de la sortie nature

    Cœur de carotte

    La tenthrède zigzag de l’orme

    Galles du chêne : quelques Andricus


lundi 8 octobre 2018

  • Camouflages

    Merci à ceux qui ont essayé de résoudre l’énigme d’octobre 2018. Changeons d’angle de vision et le mystère s’éclaircit.

    Larve de casside – parc du château de Grouchy © CACP – Gilles Carcassès

    Cette petite bête très épineuse est la larve d’une casside, coléoptère de la famille des Chrysomelidae. Pour se camoufler et se protéger des prédateurs, elle entasse ses excréments sur son dos.

    D’autres espèces adoptent des stratégies de camouflages assez proches :

    Larve de Dichohrysa – parc du château de Grouchy à Osny © CACP – Gilles Carcassès

    Cette larve de chrysope du genre Dichochrysa entasse sur son dos les dépouilles de ses proies ! On voit en bas à droite sur cette photo ses terribles mandibules en forme de crochets.

    Chenille de Thyatira batis (Drepanidae) – Neuville-sur-Oise © Gilles Carcassès

    Quand à cette larve, c’est la chenille d’un papillon de nuit, Thyatira batis. Sa ressemblance avec une crotte d’oiseau est le fait de ses motifs et de la posture qu’elle prend le jour lorsqu’elle elle est au repos.

    Dans cet article, découvrez le portrait d’une casside adulte :

    Cassida, un ovni chez les coléoptères


vendredi 5 octobre 2018

  • La photo mystère d’octobre 2018
    Vu au parc du château de Grouchy à Osny © CACP – Gilles Carcassès

    Cette chose peu appétissante aurait pu être une crotte de chauve-souris, ou celle d’une grosse chenille. Mais ça bouge ! Alors qu’est-ce donc?

    Rendez-vous lundi pour lever le voile !


  • La photo mystère d’octobre 2018
    Vu au parc du château de Grouchy à Osny © CACP – Gilles Carcassès

    Cette chose peu appétissante aurait pu être une crotte de chauve-souris, ou celle d’une grosse chenille. Mais ça bouge ! Alors qu’est-ce donc?

    Rendez-vous lundi pour lever le voile !


jeudi 4 octobre 2018

  • Pissenlit
    Devant la CAF de Cergy (quartier Grand centre) © CACP – Gilles Carcassès

    Le pissenlit, symbole de la résilience de la nature ?

    Cette plante vivace, l’une des plus communes de notre région, surgit là où l’on ne l’attend pas, se contente de peu, fleurit généreusement toute l’année et disperse ses semences au moindre souffle de vent.

    Capitule de pissenlit © CACP – Gilles Carcassès

    Chaque graine insérée sur le capitule est prolongée par une aigrette qui permet le transport par le vent, quelques fois sur plusieurs kilomètres. Remarquez les petites épines orientées vers le haut qui empêcheront la graine de ressortir du sol, une fois insérée dans une fissure.

    Coccinelle sur un pissenlit en fleurs © CACP – Gilles Carcassès

    Les fleurs de pissenlit sont généreuses pour de nombreux insectes qui viennent s’y nourrir. Les abeilles, les fourmis et les coléoptères, comme cette coccinelle à sept points, les fréquentent souvent. Ces fleurs sont comestibles : on en fait de bonnes gelées. Et les jeunes feuilles blanchies dans les taupinières font la meilleure des salades sauvages du printemps.

    Un indicateur de gestion des pelouses

    Floraison de pissenlits et de pâquerettes – Promenade des deux bois à Cergy (fin avril 2013) © CACP – Gilles Carcassès

    Les pissenlits prolifèrent quand la pelouse est tondue trop courte et trop souvent. A 6,5 cm de hauteur de coupe, on peut avoir 1% de pissenlit, et à 3,5 cm seulement on peut s’attendre à 50 % de pissenlits !

    Le pissenlit inspire aussi les artistes !

    Plafond de pissenlits © Magali Laffond

    Ce plafond exposé au Domaine de Chaumont-sur-Loire est l’œuvre poétique de Duy Anh Nhan Duc, un artiste né à Saigon en 1983, réalisée avec de véritables pissenlits cueillis un à un à la main !

    Tableau de pissenlits © Magali Laffond

    Là c’est un tableau mural, du même artiste.

    Sources :

    Pissenlit dent de lion, la star, par Sauvages du Poitou

    L’entretien écologique des pelouses, par la Mission eau Alsace


mercredi 3 octobre 2018

  • Derrière le lycée de l’Hautil, à Jouy-le-Moutier

    J’ai un cours de photographie nature à préparer pour des lycéens, aussi j’ai fait un repérage de sujets à proximité de leur établissement.

    Les carottes sauvages commencent à perdre leurs graines et dressent vers le ciel leurs ombelles dégarnies.

    Daucus carotta, la carotte sauvage – Jouy-le-Moutier © CACP – Gilles Carcassès

    Rien de tel qu’un gros lierre en fleurs sur le tronc d’un viel arbre pour observer les insectes :

    Vespa crabro, le frelon européen – Jouy-le-Moutier © CACP – Gilles Carcassès
    Colletes hederae, la collète du lierre – Jouy-le-Moutier © CACP – Gilles Carcassès

    Sur les feuilles des ormes, on peut aussi faire de belles découvertes :

    Le fantôme de la tenthrède zigzag -Jouy-le-Moutier © CACP – Gilles Carcassès

    Retrouvez nos articles :

    La tenthrède zigzag

    La collète du lierre

    La carotte sauvage

    Le frelon européen


mardi 2 octobre 2018

  • Galles du chêne : quelques Andricus

    Andricus est un genre d’hyménoptère Cynipidae qui forme des galles sur différentes parties des chênes : feuilles, branches, chatons, racines ou fruits. Chaque espèce est responsable de galles aux formes particulières. Les larves de ces insectes se développent à l’intérieur de ces galles.

    Il existerait plus d’une centaine d’espèces d’hyménoptères Cynipidae gallicoles inféodées aux chênes, dont au moins une douzaine d’espèces du genre Andricus. Voici les galles de quatre espèces du genre Andricus que j’ai trouvées en Ile-de-France :

    Andricus fecundatrix – Neuville-sur-Oise © CACP – Gilles Carcassès

    Andricus fecundatrix déforme les bourgeons.

    Andricus quercuscalicis – aux Grands jardins à Courdimanche © CACP – Gilles Carcassès

    Andricus quercuscalicis s’en prend aux cupules et aux glands.

    Andricus kollari – Jouy-le-Moutier © CACP – Gilles Carcassès

    Les galles d’Andricus kollari sont situées sur les rameaux. Le trou de sortie de l’insecte adulte est bien visible sur l’une de ces galles.

    Andricus grossulariae – Paris, bois de Vincennes © CACP – Gilles Carcassès

    Andricus grossulariae, plus rarement observé en Ile-de-France, déforme les cupules.

    Retrouvez d’autres articles sur les galles des chênes :

    Carnet de galle

    Galle de Neuroterus anthracinus

    Source :

    Les galles du chêne, par André Lequet


lundi 1er octobre 2018

  • Plantes invasives en Ile-de-France


    Le Conservatoire Botanique National du Bassin Parisien a mis en ligne le 18 septembre 2018 un nouveau document de synthèse sur les plantes invasives.

    Cette liste hiérarchisée distingue 25 invasives avérées, dont 5 émergentes. 17 espèces sont sur une liste d’observation et 18, reconnues invasives dans d’autres régions, sont en liste d’alerte. Les espèces en liste d’observation ont un niveau d’impact moyen ou une faible capacité de dispersion.

    5 invasives émergentes

    • la crassule de Hems
    • l’hydrocotyle fausse-renoncule
    • les jussies invasives
    • le myriophylle aquatique
    • le rhododendron des parcs

    Ces espèces émergentes sont présentées à la fin du document en téléchargement.

    20 invasives implantées

    • l’érable negundo
    • l’azolla fausse-fougère
    • l’ailanthe glanduleux
    • l’élodée du canada
    • l’élodée à feuilles étroites
    • le sainfoin d’Espagne
    • la berce du Caucase
    • la balsamine de l’Himalaya
    • le cytise
    • la lentille d’eau minuscule
    • la vigne-vierge commune
    • le griottier
    • le cerisier tardif
    • les renouées invasives
    • le robinier
    • le solidage du Canada
    • le solidage glabre
    • les asters invasifs
    • le lilas

    Une liste d’observation

    On y trouve le buddleia, l’érigéron du Canada, le séneçon du Cap…

    Une liste d’alerte

    On y trouve l’asclépiade de Syrie, l’herbe de la pampa, le cotonéaster horizontal…

    Retrouvez un autre article sur les plantes invasives :

    Plantes exotiques envahissantes : où trouver les bonnes informations ?

    et dans nos articles les portraits de quelques-unes de ces plantes invasives :

    L’asclépiade

    Le séneçon du Cap

    les balsamines invasives

    la berce du Caucase

    le sainfoin d’Espagne

    l’ailanthe

    l’azolla

    la jussie


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