Nature en ville à Cergy-Pontoise | Espace d’information et d’échange pour les acteurs du territoire, ces 365 derniers jours

Espace d’information et d’échange pour les acteurs du territoire



jeudi 16 août 2018

  • La piéride du chou

    Une chenille redoutée par les jardiniers

    Eclosion d’une ponte de piéride du chou – Vauréal © CACP – Gilles Carcassès

    Au revers d’une feuille de chou, les œufs de la piéride ont éclos, donnant naissance à de minuscules chenilles. Avant de partir à l’aventure et dévorer le chou, elles consomment le chorion de l’œuf (la « coquille ») pour se donner des forces.

    Sur la capucine, aussi

    Chenille de piéride du chou en fin de développement sur une feuille de capucine, vue aux jardins familiaux de Courdimanche © CACP – Gilles Carcassès

    On rencontre parfois des chenilles de la piéride du chou sur la capucine, sans doute apprécient-elles la saveur piquante de ses feuilles, proche de celles des Brassicacées, comme la moutarde, la ravenelle et le chou qui font leur ordinaire.

    Accouplement de Pieris brassicae sur un pied de haricot © CACP – Gilles Carcassès

    Il existe en Ile-de-France quatre espèces de Pieris. Sur la photo ci-dessus, il s’agit de Pieris brassicae, la piéride du chou, très fréquente dans les potagers. Elle est reconnaissable à la tache noire à l’apex de l’aile antérieure qui est étendue sur les deux bords. A gauche, c’est le mâle, sa tache apicale est plus fine que celle de la femelle.

    Cette espèce est bivoltine, c’est-à-dire que deux générations se succèdent dans l’année. On voit les papillons de première génération en avril, mai et ceux de la seconde en juillet, août.

    Les parasitoïdes, solutions naturelles de biocontrôle

    Un hyménoptère parasitoïde du genre Apanteles (famille des Braconidae), présent naturellement dans les jardins, peut réguler efficacement les pullulations des chenilles de piérides. Il pond dans les jeunes chenilles. Ce parasitoïde-ci observé sous une feuille de chou à Vauréal pondait directement dans les œufs de la piéride :

    Braconidae en ponte sur des œufs de piérides du chou – Vauréal © CACP – Gilles Carcassès

    Retrouvez nos articles :

    Papillons des jardins, des prairies et des champs

    Biocontrôle, nouvelle approche du jardin

    Dans cet article Le bouillon blanc de Neuville, un autre parasitoïde de la piéride du chou

    Sources :

    Piéride du chou, par Jardiner Autrement

    La piéride du chou par André Lequet

    Pieris brassicae, par l’Atlas des papillons de jour et des zygènes d’Ile-de-France (Cettia)


mardi 14 août 2018

  • Le pourpier maraîcher

    La première fois que je l’ai remarqué à Cergy, c’était il y a deux ans, en bordure d’un massif fleuri sur le terre-plein du boulevard de l’Hautil. Ces quelques pieds ont grainé et la plante a progressé sur quelques dizaines de mètres en direction du boulevard de l’Oise.

    Pourpier rougi par la sècheresse – boulevard de l’Hautil à Cergy © CACP – Gilles Carcassès

    Et cette année, il s’étale complaisamment à la porte de la cantine de l’hôtel d’agglomération sur la dalle du Grand centre, à cent mètres du boulevard. Comment ses grosses graines sont-elles montées sur la dalle ? Peut-être collées dans la terre sous les semelles des passants qui traversent le boulevard hors des passages piétons ?

    Portulaca oleracea – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

    Les jardiniers connaissent bien le pourpier, aux feuilles succulentes, d’abord parce que c’est une bonne petite salade au goût acidulé, riche en vitamine C, en oméga 3 et en minéraux, ensuite parce que c’est une adventice annuelle mais tenace qui se ressème abondamment et pousse très vite dans les potagers.

    Les feuilles de pourpier peuvent se consommer crues, en soupe, confites au vinaigre, frites dans l’huile, ou cuites comme des épinards.

    La plante se plaît dans les sols tassés et secs en été, où on la trouve souvent en compagnie de la renouée des oiseaux et de la roquette vivace.

    Retrouvez nos articles sur les compagnons du pourpier :

    Le jour de la trainasse

    La roquette vivace


lundi 13 août 2018

  • Une aeschne bleue au parc du château de Grouchy

    On croise de bien jolies demoiselles dans les allées du parc du château de Grouchy !

    Aeschne bleue – parc du château de Grouchy © CACP – Gilles Carcassès

    L’aeschne bleue est une belle et grande libellule, assez commune, que l’on aperçoit souvent aux abords des mares forestières, en été et parfois tard en saison.

    Aeshna cyanea mâle – parc du château de Grouchy © CACP – Gilles Carcassès

    Seul le mâle présente une coloration bleue. Les trois grosses taches sur le dessus de l’extrémité de l’abdomen (bleues chez le mâle) sont la caractéristique de l’espèce.

    Pour qui connaît les mœurs de l’aeschne bleue, la photo a de quoi surprendre. Cet odonate, très actif, est rarement vu posé, sauf à l’émergence ou pour la femelle au moment de la ponte. J’avoue, il y a un truc. Notre stagiaire Mathilde l’a capturé en vol avec son grand filet à papillons et lui a raconté une histoire à dormir debout. Ça l’a tenu tranquille 15 secondes, le temps que je prenne ces deux clichés. Puis il est reparti faire ses rondes et défendre son territoire dans la peupleraie marécageuse du parc.

    Retrouvez nos articles sur cette espèce :

    L’aeschne bleue

    Le sauvetage de l’aeschne


vendredi 10 août 2018

  • Retournée comme une chaussette

    Vendredi 20 juillet 2018 en fin d’après-midi, une grosse averse s’abat sur Cergy Préfecture. Regardant par la fenêtre de mon bureau, je me dis « c’est le moment idéal pour une sortie nature ! » Vous trouvez l’idée bizarre ?

    Laissez-moi vous expliquer. L’autre jour, Marion m’a parlé d’un lavoir à Boisemont qui paraît propice à l’alyte accoucheur, une espèce d’amphibien affectionnant ce genre de milieu. Alors je file à Boisemont dans l’espoir de voir quelques-uns de ces crapauds en balade sous la pluie.

    Je fais chou blanc, pas un seul crapaud en vue : à Boisemont il n’a pas plu ! En outre, ce n’est pas la période la plus favorable pour l’observation des amphibiens…

    En face de ce lavoir, je remarque une bien jolie pâture pour les chevaux bordée par un chemin et un mur très ancien. Je décide de scruter ces vielles pierres à la recherche de choses intéressantes…

    Mur de pierre au croisement de la Grande Rue © CACP – Mathilde Vassenet

    Un vulcain me montre ses ailes en contre-jour, joli spectacle !

    Vulcain – Boisemont © CACP – Mathilde Vassenet

    Et plus loin, dans un trou de mur, je découvre cette peau de serpent !

    Mue de reptile © CACP – Mathilde Vassenet

    Je positionne cette exuvie pour qu’elle présente son meilleur profil pour la photo.

    Exuvie de couleuvre © CACP – Mathilde Vassenet

    Lorsqu’un serpent mue, il accroche sa peau à un objet rugueux comme une pierre ou une branche. La peau se détache d’abord au niveau de sa tête, il la retire alors en la retournant comme une chaussette. Cela explique pourquoi l’empreinte des yeux sur l’exuvie est en creux alors que ceux-ci sont saillants sur l’animal.

    La carène sur les écailles du dos ainsi que le nombre et la disposition des écailles autour de l’œil me permettent de déterminer l’espèce : c’est une couleuvre à collier. Une toute jeune, à en juger par la petite taille de l’exuvie !

    Retrouvez nos articles :

    La couleuvre à collier

    Le vulcain

    Couleuvre ou vipère ?


jeudi 9 août 2018

  • La noctuelle de l’érable qui couvait quelque chose

    Dans le jardin des Taillis à Vauréal

    Lors d’une animation organisée par la Maison de la nature de Vauréal dans le jardin des Taillis, j’ai découvert cette chenille sur une feuille d’érable sycomore. Elle est facile à reconnaître avec ses touffes de poils bruns et jaunes. C’est la noctuelle de l’érable, Acronicta aceris. L’adulte est un papillon de nuit de couleur grise.

    Acronicta aceris – Vauréal © CACP – Gilles Carcassès

    En observant de près, on voit quelques fils de soie qui brillent au soleil sur la feuille.

    Chenille sur une feuille d’érable © CACP – Gilles Carcassès

    Cette chenille n’est pas en forme, elle ne bouge pas et semble même couver un œuf tout blanc : quelle est donc cette étrangeté ?

    Pour en avoir le cœur net, je découpe la feuille précautionneusement, et je place le tout dans une boîte d’élevage.

    Quelques semaines ont passé. Un hyménoptère est né de ce cocon, puisqu’il s’agissait bien de cela.

    Le cocon du parasitoïde © CACP – Gilles Carcassès

    Un Braconidae parasitoïde avait pondu dans cette chenille. Sa larve, au terme de son développement à l’intérieur du corps de la chenille, était sortie pour tisser contre la dépouille de son hôte, ce cocon blanc qu’elle a fixé à la feuille par un réseau de fils de soie.

    Le parasitoïde (vue ventrale) © CACP – Gilles Carcassès

    Et voici le coupable ! Chez les Braconidae, les femelles sont pourvues d’un ovipositeur pour la ponte, de taille variable selon l’espèce. Je ne vois pas d’ovipositeur, c’est probablement un mâle. La nervation des ailes m’amène à la sous-famille des Microgastrinae (2500 espèces décrites), peut-être du genre Protapanteles ?

    Retrouvez d’autres reportages sur des chenilles parasitées :

    Une chenille bien fatiguée

    Les échappés du cocon

    Joli cocon

    Scène de crime dans ma véranda !


mercredi 8 août 2018

  • La galle des fleurs de tanaisie

    En visite à la ferme d’Ecancourt, je remarque que certaines fleurs des tanaisies du potager ont une allure anormale.

    Une galle singulière sur une fleur de tanaisie – ferme d’Ecancourt à Jouy-le-Moutier © CACP – Gilles Carcassès

    Ces boursouflures me font penser à des galles de cécidomyie. Un petit tour sur le site hollandais bladmineerders qui fait référence en matière de galles me confirme qu’il s’agit bien de l’œuvre d’une cécidomyie.

    Rhopalomyia tanaceticola, inféodée à la tanaisie, est une espèce du nord et de l’est de l’Europe. Des galles de ce diptère ont été observées en 2017 et 2018 dans le Nord-Pas-de-Calais . Pour ma part, j’ai l’honneur d’inscrire dans la base de données Cettia une première observation de l’espèce pour l’Ile-de-France.

    Je constate au passage que l’Inventaire National du Patrimoine Naturel ne compte à ce jour aucune donnée de cette espèce pour la France. Ces galles caractéristiques sont pourtant très visibles en août et septembre sur les tanaisies en fleurs. Sont-elles rares ou simplement pas observées ?

    Tanaisie en fleurs – Neuville-sur-Oise © Gilles Carcassès

    Aussi, je lance l’idée d’une prospection participative pour améliorer la connaissance de la répartition de cette espèce de cécidomyie en France. Qui me fera remonter une observation de cette galle typique en m’envoyant une photo, une date et un lieu, à l’adresse biodiversite@cergypontoise.fr ?

    Retrouvez notre article sur cette plante des bords de chemin :

    Tanaisie

    Et d’autres articles sur des galles de cécidomyie :

    La galle poilue du hêtre

    Les galles de cécidomyies


mardi 7 août 2018

  • Le collège Gerard Phillipe labellisé

    Une démarche de développement durable

    Le collège Gérard Philipe à Cergy s’est engagé en 2016 dans une démarche environnementale et vient de décrocher le niveau 1 du label E3D, « Etablissement en Démarche de Développement Durable » du Ministère de l’éducation nationale.

    Jardin pédagogique au collège Gérard Philipe de Cergy © CACP – Gilles Carcassès

    A l’invitation de Nicolas Louineau, professeur des sciences de la vie et de la terre, nous avons pu visiter les nouveaux aménagements nature, réalisés cette année avec l’aide du conseil départemental du Val d’Oise.

    La mare © CACP – Gilles Carcassès
    La prairie fleurie © CACP – Gilles Carcassès
    Composteurs fournis par la Communauté d’agglomération de Cergy-Pontoise © CACP – Gilles Carcassès

    L’espace de nature est ainsi doté d’un hôtel à insectes, de composteurs, d’une haie fruitière, d’un potager, d’une mare, d’un récupérateur d’eau de pluie, d’un verger, de nichoirs pour les oiseaux. Un rucher est en projet.

    Les élèves participent au tri sélectif des déchets de repas, en plaçant les déchets qu’ils souhaitent composter dans des bio seaux. Des délégués assurent le transport de ces bio seaux chaque vendredi jusqu’aux composteurs. Les bio seaux ont été placés en cuisine, dans les réfectoires des élèves et des professeurs et dans la salle des professeurs.

    Le collège est également refuge LPO.

    Les petits fruits du jardin pédagogique © Nicolas Louineau

    Lors de notre visite le 4 juillet 2018, nous avons observé une toute jeune chenille du Machaon sur une carotte au bord du potager. Le papillon adulte était dans les parages et pondait sur les carottes sauvages de la pelouse transformée en prairie. Depuis, cette jeune chenille a bien grossi. Nicolas Louineau nous en a envoyé une photo :

    Chenille du machaon © Nicolas Louineau

    Retrouvez nos articles :

    Qui mange mes carottes ?

    Composter c’est facile

    Prendre en compte les mares dans les projets d’aménagements

    Sources :

    Partage d’expérience : la démarche E3D au collège Gérard Philipe de Cergy, un article sur le site de l’académie de Versailles consacré à l’Education au Développement Durable

    La page développement durable du site du collège Gérard Philipe

     


lundi 6 août 2018

vendredi 3 août 2018

  • La photo mystère d’août 2018
    Troll ? © CACP – Gilles Carcassès

    Qu’est-ce que c’est que ce portrait de troll triste ? Rendez-vous lundi pour faire toute la lumière !


jeudi 2 août 2018

  • Terellia tussilaginis, mouche des bardanes et des cirses
    Terellia tussilaginis – parc du château de Grouchy à Osny © CACP – Gilles Carcassès

    Rencontre au sommet d’une bardane

    Une mouchette blonde aux ailes barrées semble vouloir estimer dans ce face-à-face le danger que représente pour elle cette araignée crabe postée un peu plus bas.

    Pas d’ovipositeur au derrière de ce diptère Tephritidae : il s’agit d’un mâle. Terellia tussilaginis est une espèce fréquente sur les bardanes, et parfois sur les cirses. La femelle pond au cœur de l’inflorescence et ses larves consomment les jeunes graines. Les pupes passent l’hiver dans les inflorescences sèches.

    Terellia tussilaginis femelle en visite sur une astéracée – Maurecourt © CACP – Gilles Carcassès

    Voici une femelle de cette belle espèce observée à Maurecourt. L’ovipositeur est bien visible. Admirez ces beaux yeux verts (cliquez sur l’image pour l’agrandir) !

    Terellia tussilaginis est très facile à observer en été. Il suffit de s’approcher doucement des bardanes en fleurs. Parfois on y croise une autre jolie Tephritidae, Tephritis bardanae, strictement inféodée aux bardanes (voir ci-dessous).

    Découvrez une autre espèce de la même famille qui fréquente les bardanes :

    La mouche des fruits de la bardane


mercredi 1er août 2018

  • Les trésors du cœur battant

    A côté de l’hôtel de ville de Vauréal, la place du cœur battant est l’un des sites les plus joliment fleuris de notre territoire. C’est aussi l’un des plus fréquentés par les abeilles, les bourdons et les papillons. Il faut dire que ce ne sont pas les fleurs qui manquent !

    Fleurissement de la place du cœur battant à Vauréal © CACP – Gilles Carcassès

    Laissez-moi vous présenter quelques-unes des espèces vivaces à floraison estivale installées là par le service Espaces publics de la commune :

    Monarde © CACP – Gilles Carcassès

    Les fleurs des monardes, originaires d’Amérique du Nord, sont activement visitées par les bourdons. Leur feuillage dégage une agréable odeur de bergamote. Pour que ces plantes fleurissent généreusement tout l’été, il leur faut un sol riche et maintenu suffisamment humide.

    Echinacea © CACP – Gilles Carcassès

    Les Echinacea sont un grand classique de l’été. De nouvelles variétés dans les tons rouges ou jaunes très lumineux viennent enrichir les possibilités de marier ces vivaces avec les annuelles ou d’autres vivaces dans les massifs floraux.

    Agapanthe © CACP – Gilles Carcassès

    Les agapanthes sont des plantes bulbeuses qui peuvent être rustiques dans les situations abritées sous la protection d’un paillage. Elles forment de belles touffes quand elles sont bien installées. Les variétés à petites fleurs, bleues ou blanches, me paraissent plus rustiques.

    Platycodon © CACP – Gilles Carcassès

    Ces grosses campanules plates qui voisinent ici avec des gauras sont en fait des platycodons. Cette belle asiatique bien rustique est de culture facile.


mardi 31 juillet 2018

  • Agricultures parisiennes

    A l’invitation de la section potagers et fruitiers de la Société Nationale d’Horticulture de France, j’ai visité trois sites d’agriculture urbaine à Paris. Ils sont très différents dans leurs objectifs, leur conception et leurs résultats.

    Sur le toit d’AgroParisTech

    Sur le toit potager d’AgroParisTech des expériences scientifiques sont menées sous la conduite de chercheurs en agronomie. Des substrats de culture issus du recyclage de déchets urbains sont testés, et les teneurs en métaux lourds sont mesurées dans les légumes produits. D’autres paramètres font l’objet de batteries de mesures comme le poids des récoltes, la capacité de rétention en eau des substrats, le teneur en carbone dissous dans les eaux de drainage, l’effet de l’inoculation en vers de terre sur les rendements.

    Bonnes nouvelles : un tel toit potager est à peu près aussi productif que la même surface en maraîchage biologique, et les teneurs en métaux lourds restent inférieures aux normes (sauf pour les plantes accumulatrices comme les aromatiques).

    L’objectif du toit potager d’AgroParisTech :

    Démontrer qu’un toit potager utilisant des substrats de culture issus du recyclage de déchets urbains permet efficacement de « participer au recyclage les déchets de la ville, produire des denrées alimentaires de bonne qualité, retenir l’eau de pluie et contribuer au stockage du carbone »

    Parcelles d’essais © CACP – Gilles Carcassès

    Les oiseaux exercent une forte pression sur ce toit peu fréquenté. Les filets sont une parade efficace mais il faut les réparer souvent car les oiseaux cherchent à les percer.

    Jardin de toiture – AgroParisTech © CACP – Gilles Carcassès

    Une partie de la terrasse est dévolue à l’expérimentation de diverses cultures, dont des légumes africains. Une friche mellifère est aussi installée. Elle a été conçue pour ne pas être irriguée, mais des arrosages de secours sont tout de même nécessaires en période de sècheresse.

    Un prunier sur le toit © CACP – Gilles Carcassès

    La Recyclerie – porte de Clignancourt

    Sur le site d’une ancienne gare de la petite ceinture, La Recyclerie est d’abord un lieu de vie et de rencontres. Son atelier de réparation de petits matériels et son café-cantine sont bien connus des habitants du quartier. Le jardin tout en longueur le long des anciennes voies ferrées est équipé d’un poulailler, de composteurs collectifs, d’un potager écologique, d’une serre, d’un démonstrateur d’aquaponie, de diverses installations expérimentales et de mobiliers de récupération. Sur le toit du bâtiment des ruches sont installées parmi des plantes de garrigue.

    L’objectif de La Recyclerie

    « Sensibiliser le public aux valeurs éco-responsables, de manière ludique et positive »

    « Forêt comestible » © CACP – Gilles Carcassès

    A La Recyclerie, on peut emprunter un bioseau et rapporter ses déchets de cuisine à composter. Le lieu à l’ambiance particulière est proposé à la location pour des groupes. La Recyclerie propose aussi des ateliers pédagogiques et des événements culturels et festifs.

    Le clapier © CACP – Gilles Carcassès

    Bowie le lapin et les deux cochons d’Inde Ron et Alpe sont les chouchous des enfants qui visitent régulièrement le site. Ils valorisent une partie des épluchures du restaurant. La toiture de leur clapier est plantée de fraisiers.

    Agripolis, sur le toit du collège Eugène Delacroix dans le 16ème arrondissement

    Agripolis, start-up créée en 2014, gère actuellement quatre fermes urbaines sur Paris et en région parisienne. Elle prévoit de s’étendre à d’autres villes en France, et à l’international dès 2019. Elle pratique une agriculture intensive faisant appel à des techniques innovantes permettant des rendements élevés.

    Les objectifs d’Agripolis

    • Produire en circuit court : « les fruits et légumes sont vendus aux consommateurs dans un rayon de 500 mètres maximum du lieu de production »
    • Sans pesticides ni engrais chimiques : « nous n’utilisons aucun pesticide et exclusivement des nutriments d’agriculture biologique »
    • Et cueillir à maturité : « le délai de mise à disposition après récolte n’excède pas 12 heures »
    Sur les toits du collège © CACP – Gilles Carcassès
    Les colonnes d’aéroponie © CACP – Gilles Carcassès

    Les légumes sont cultivés en aéroponie. Les colonnes de culture ne sont pas remplies de terreau, elles sont creuses ; à l’intérieur, le long de leur paroi, coule de l’eau fertilisée qui baigne les racines des plantes. Cette eau circule en circuit fermé. Dans ces colonnes sont cultivées des plantes adaptées, à végétation limitée, faciles à récolter et à forte rentabilité : des fraisiers, des potimarrons, des aubergines, du basilic, des blettes…

    Pot de culture © CACP – Gilles Carcassès
    Production de tomates jaunes © CACP – Gilles Carcassès

    Ces tomates de collection sont cultivées également en technique hors-sol, dans des tubes où circule de l’eau fertilisée.

    Retrouvez d’autres articles sur des démonstrateurs d’agriculture urbaine :

    Living roof

    Démonstrateur d’agriculture urbaine


lundi 30 juillet 2018

  • Un papillon protégé observé au parc du château de Grouchy
    Très coopératif, ce papillon ! © CACP – Mathilde VASSENET

    Des inventaires de biodiversité, indicateurs de gestion d’une prairie

    Le 5 juillet 2018, nous sommes allés au parc du château de Grouchy à Osny. La communauté d’agglomération de Cergy-Pontoise y gère en fauche tardive une prairie humide dont la biodiversité est évaluée depuis plusieurs années par l’application de deux protocoles de sciences participatives pour gestionnaires d’espaces verts : Florilèges prairies urbaines (plantes) et Propage (papillons de jour).

    Une belle rencontre avec une espèce protégée

    Lors d’un transect, méthode d’inventaire de Propage, nous avons rencontré ce Flambé, Iphiclides podalirius. Cette espèce protégée en Ile-de-France doit son nom vernaculaire à ses belles lignes noires.

    Ses chenilles consomment des feuilles de prunellier ou de cerisier.

    Iphiclides podalirius – Verger du parc du château de Grouchy à Osny © CACP – Marion Poiret

    Tout comme les plumes des oiseaux, les écailles, qui couvrent ses ailes et forment les motifs caractéristiques de l’espèce, permettent au papillon de trouver son ou sa partenaire pour se reproduire. Elles sont aussi probablement impliquées dans la conduite du vol, ainsi que dans l’émission et sans doute la perception d’odeurs. Elles sont accrochées, telles des tuiles d’un toit, à la membrane transparente qui constitue la structure de l’aile.

    Ces écailles ne sont pas plus grosses qu’un grain de pollen. Retrouvées au fond des lacs ou dans les sols anciens elles pourraient permettre, comme le pollen, de raconter l’histoire d’un site et peut être même de dater certaines couches de sédiments.

    Un copieux repas de nectar © CACP – Marion Poiret

    Abîmer les écailles d’un papillon ne l’empêchera pas de vivre, mais il ne sera pas reconnu par ses congénères et ne pourra pas se reproduire.

    Retrouvez nos articles sur le Flambé et une espèce proche, le Machaon :

    Le Flambé

    Qui mange mes carottes ?

    D’autres observations dans cette prairie du parc du château de Grouchy :

    Deux volucelles au verger de Grouchy

    La phalène anguleuse

    Ectophasia, jolie mouche de Grouchy


  • Un papillon protégé observé au parc du château de Grouchy
    Très coopératif, ce papillon ! © CACP – Mathilde VASSENET

    Des inventaires de biodiversité, indicateurs de gestion d’une prairie

    Le 5 juillet 2018, nous sommes allés au parc du château de Grouchy à Osny. La communauté d’agglomération de Cergy-Pontoise y gère en fauche tardive une prairie humide dont la biodiversité est évaluée depuis plusieurs années par l’application de deux protocoles de sciences participatives pour gestionnaires d’espaces verts : Florilèges prairies urbaines (plantes) et Propage (papillons de jour).

    Une belle rencontre avec une espèce protégée

    Lors d’un transect, méthode d’inventaire de Propage, nous avons rencontré ce Flambé, Iphiclides podalirius. Cette espèce protégée en Ile-de-France doit son nom vernaculaire à ses belles lignes noires.

    Ses chenilles consomment des feuilles de prunellier ou de cerisier.

    Iphiclides podalirius – Verger du parc du château de Grouchy à Osny © CACP – Marion Poiret

    Tout comme les plumes des oiseaux, les écailles, qui couvrent ses ailes et forment les motifs caractéristiques de l’espèce, permettent au papillon de trouver son ou sa partenaire pour se reproduire. Elles sont aussi probablement impliquées dans la conduite du vol, ainsi que dans l’émission et sans doute la perception d’odeurs. Elles sont accrochées, telles des tuiles d’un toit, à la membrane transparente qui constitue la structure de l’aile.

    Ces écailles ne sont pas plus grosses qu’un grain de pollen. Retrouvées au fond des lacs ou dans les sols anciens elles pourraient permettre, comme le pollen, de raconter l’histoire d’un site et peut être même de dater certaines couches de sédiments.

    Un copieux repas de nectar © CACP – Marion Poiret

    Abîmer les écailles d’un papillon ne l’empêchera pas de vivre, mais il ne sera pas reconnu par ses congénères et ne pourra pas se reproduire.

    Retrouvez nos articles sur le Flambé et une espèce proche, le Machaon :

    Le Flambé

    Qui mange mes carottes ?

    D’autres observations dans cette prairie du parc du château de Grouchy :

    Deux volucelles au verger de Grouchy

    La phalène anguleuse

    Ectophasia, jolie mouche de Grouchy


vendredi 27 juillet 2018

  • La cicadelle pruineuse

    Nous sommes cernés !

    Présente dans les régions les plus chaudes de la moitié sud de la France, la cicadelle pruineuse, d’origine américaine, a été signalée en 2014 à Nanterre, en 2016 à Paris au jardin du Luxembourg et en 2017 dans le bois de Boulogne. Je viens de l’observer à Joinville-le-Pont, à deux pas de l’école Du Breuil.

    Metcalfa pruinosa, la cicadelle pruineuse sur un robinier – Joinville-le-Pont © CACP – Gilles Carcassès

    Cette cicadelle est capable de se nourrir de la sève de très nombreux végétaux. Dans le petit bois à la sortie du RER que traversent tous les jours les étudiants de l’école Du Breuil, elle est en grand nombre sur les robiniers, la clématite sauvage et l’ortie dioïque. Bonne nouvelle, elle est aussi sur l’ailante, un arbre invasif qui pose par endroits de sérieux problèmes !

    Cicadelle pruineuse sur Clematis vitalba © CACP – Gilles Carcassès
    Cicadelle pruineuse sur une tige d’ortie © CACP – Gilles Carcassès

    Metcalfa pruinosa est un ravageur important des arbres fruitiers. Il les affaiblit considérablement au point de compromettre la production, lorsque ses populations sont très nombreuses. Heureusement, un parasitoïde américain introduit dans les régions infestées régule efficacement ces pullulations : Neodryinus typhlocybae pond dans les larves de la cicadelle pruineuse.

    Retrouvez notre article sur l’arrivée de la cicadelle pruineuse au jardin du Luxembourg :

    La cicadelle pruineuse est en Ile-de-France !

    Une autre cicadelle venue du continent américain :

    La cicadelle qui n’existait pas !


jeudi 26 juillet 2018

  • Œdemères
    Oedemera podagrariae, l’œdemère ochracé – Osny © CACP – Gilles Carcassès

    Les œdemères sont des coléoptères de la famille des Oedemeridae qui compte une quarantaine d’espèces et sous-espèces en France. Les adultes sont faciles à observer en été sur toutes sortes de fleurs où ils viennent se nourrir de pollen. Comme les longicornes (Cerambycidae) dont ils sont proches, leurs larves vivent dans le bois mort ou dans des tiges sèches.

    La rencontre entre une demoiselle aux ailes fumées et un œdemère – Maurecourt © CACP – Gilles Carcassès

    Les œdemères sont des insectes d’assez petite taille (un centimètre tout au plus).

    Oedemera nobilis, l’œdemère noble, aux reflets verts métalliques – Maurecourt © CACP – Esteban Lorente

    Chez plusieurs espèces, les mâles arborent des cuisses volumineuses. C’est sans doute un moyen pour se faire remarquer des femelles…

    A ce propos, voici l’histoire d’une aventure amoureuse chez les œdemères nobles. La scène se passe à Vauréal sur une fleur d’églantier :

    Oedemera nobliis mâle et femelle © CACP – Gilles Carcassès

    Attrape-moi si tu peux !

    Coulpe d’œdemères nobles © CACP – Gilles Carcassès

    Admirez la performance acrobatique : le mâle nous montre sa face ventrale.

    Couple d’œdemères nobles en fuite © CACP – Gilles Carcassès

    La femelle a eu peur du photographe et s’est cachée au revers d’un pétale, entraînant son partenaire avec elle. J’ai arrêté là ma séance de photographie. C’est vrai, ils ont droit à un peu d’intimité…

    Retrouvez d’autres articles sur des coléoptères floricoles :

    Les airbags de Malachius

    Le téléphore fauve

    La cétoine punaise

    Les clairons


mercredi 25 juillet 2018

  • Le tigre du Pieris
    Stephanitis takeyai, le tigre du Pieris – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

    Chétifs et décolorés, ils font grise mine les Pieris du patio du Verger, au pied de l’immeuble où je travaille. Les coupables se cachent au revers des feuilles : ce sont des tigres. Certes, de tout petits tigres, mais de terribles ravageurs ! Stephanitis takeyai nous vient du Japon, cet hémiptère de la famille des Tingidae serait arrivé aux Pays-Bas en 1994 et en Grande-Bretagne en 1995. En France, il a d’abord été repéré en 2005 en Vendée puis en Bretagne. Depuis 2014, il sévit aussi en en Ile-de-France. Je l’ai vu sur des Pieris dans des massifs de plantes de terre de bruyère à Créteil, à Cergy, à Rueil-Malmaison.

    Les punaises prédatrices et les chrysopes peuvent limiter les populations de cet insecte, mais il est prolifique et capable d’enchaîner plusieurs générations dans l’année.

    Stephanitis takeyai © CACP – Gilles Carcassès

    Ses ailes au motif en dentelle et doublement barrées de noir miroitent au soleil. Elles sont peu fonctionnelles, aussi l’insecte est peu mobile et on retrouvera d’année en année ses générations successives sur les mêmes plantes dont il suce la sève.

    Corythucha ciliata, le tigre du platane © CACP – Gilles Carcassès

    Corythucha ciliata est une autre tigre, inféodé au platane. Ce sont ses attaques qui provoquent la décoloration du feuillage de cet arbre en été. Originaire d’Amérique du Nord, le tigre du platane est présent en France depuis 1975.


mardi 24 juillet 2018

  • Connaissez-vous l’espace naturel sensible du parc de Menucourt ?

    En continuité écologique avec le massif de l’Hautil, le domaine du château de Menucourt couvre environ 60 hectares dont plus de la moitié a été classée Espace Naturel Sensible en 2005. Une partie seulement de cet espace est ouvert au public (7 hectares).

    La diversité des milieux présents (berges de l’étang, ruisseaux et sources,  prairies, boisements forestiers), les modalités de gestion (fauchage tardif des prairies, préservation de vieux arbres et de bois mort en forêt) et la continuité avec le vaste ensemble forestier de l’Hautil en font un lieu privilégié pour le développement de nombreuses espèces.

    Voici quelques images des paysages et des habitants de ce parc :

    L’étang du parc de Menucourt © CACP – Marion Poiret
    Leste vert sur une tige de rumex © CACP – Marion Poiret
    La punaise de l’épiaire des bois © CACP – Gilles Carcassès
    La couleuvre à collier au bord de l’étang © CACP – Marion Poiret
    La partie forestière du parc © CACP – Gilles Carcassès
    Stereum purpureum affectionne les branches mortes de hêtre © CACP – Gilles Carcassès
    Oenopia conglobata, une coccinelle forestière © CACP – Gilles Carcassès
    Le cardinal à tête rouge rencontré sur une ronce, dans une clairière. Sa larve carnassière vit sous les écorces des troncs pourris © CACP – Gilles Carcassès
    L’orangerie du parc, utilisée pour des animations nature © CACP – Gilles Carcassès
    Un crapaud commun, et une limace suicidaire © CACP – Gilles Carcassès
    Leiothrix lutea, le rossignol du Japon, un échappé de captivité qui a fait souche dans le parc © CACP – Gilles Carcassès
    Tritons palmés dans l’un des bassins du parc © CACP – Gilles Carcassès
    L’aeschne mixte au bord de l’étang © CACP – Marion Poiret

    Retrouvez quelques-uns de nos articles relatifs à la biodiversité du parc du château de Menucourt :

    Ero, l’araignée pirate

    Les étranges champignons du parc du château de Menucourt

    Un escargot poilu !

    Pas d’âne

    Inventaires au parc du château de Menucourt

    Beauté rouge sur une feuille de rumex


lundi 23 juillet 2018

  • La population de bosseuses explose à l’IUT de Cergy-Pontoise !

    100 000 abeilles domestiques ont été invitées à vivre sur les terres de l’IUT à Neuville-sur-Oise

    Mercredi 11 juillet 2018, à l’initiative de Gilles Mayot, maître de conférences à l’IUT de Cergy-Pontoise, deux ruches ont été installées en partenariat avec l’association Ocelles à côté du parking des professeurs. L’enclos en bois de deux mètres de haut qui les protège permet de respecter la réglementation.

    L’association Ocelles a choisi l’abeille noire afin de participer à la conservation de cette espèce indigène.

    Le transfert des colonies © CACP – Mathilde Vassenet

    Les deux colonies qui habitaient auparavant à l’intérieur de ruchettes ont gagné des logements plus spacieux.

    En blanc les réserves de miel, en jaune le couvain © CACP – Mathilde Vassenet

    La présidente de l’association, devant le personnel et les élèves impliqués dans le projet, a donné des explications sur la vie des abeilles.

    Lors de la période hivernale, les abeilles se rassemblent dans l’endroit le plus chaud de la ruche. Les mâles, appelés aussi faux-bourdons, sont chassés par les ouvrières. Ils ne servent pas à grand-chose à part à féconder la reine et consommer inutilement le miel indispensable à la survie de la ruche pendant l’hiver, c’est pourquoi ils sont mis à la porte, une fois leur travail de reproduction accompli.

    Les abeilles d’hiver et d’été ne sont pas les mêmes. Celles d’hiver pourront vivre trois à quatre mois alors que les ouvrières d’été ne vivent pas plus d’une quarantaine de jours.

    Une intense activité règne dans la ruche © CACP – Mathilde Vassenet

    Toutes les larves sans exception sont nourries à la gelée royale durant les trois premiers jours de leur existence, seules les futures reines auront droit à ce régime spécial pendant toute leur jeunesse. Un combat mortel aura lieu entre toutes ces princesses, seule la gagnante deviendra reine.

    Bientôt une prairie fleurie ?

    Pour limiter au mieux la concurrence alimentaire entre les abeilles sauvages du secteur et les nouvelles venues domestiques, il serait heureux d’accompagner l’arrivée des ruches par des plantations ou des semis de plantes mellifères. Peut être un nouveau projet tuteuré pour la future promotion d’étudiants à la rentrée de septembre ?

    Retrouvez nos articles sur les plantes mellifères :

    Mélilots

    Les plantes attractives pour les abeilles et les insectes pollinisateurs


vendredi 20 juillet 2018

  • La gesse tubéreuse
    Lathyrus tuberosus – Ile de loisirs de Cergy-Pontoise © CACP – Gilles Carcassès

    Les bernaches du Canada semblent bouder cette plante qui forme de jolis massifs aux abords des étangs de l’Ile de loisirs de Cergy-Pontoise.

    Fleurs de la gesse tubéreuse © CACP – Gilles Carcassès

    Ses fleurs d’un rose vif, odorantes comme celles des pois de senteur, sont butinées par les abeilles domestiques. La gesse tubéreuse, fabacée vivace aujourd’hui peu commune en Ile-de-France, affectionne les prairies fauchées des bords de route, les talus herbeux, les bords de champs sur sols calcaires et argileux. Elle était autrefois cultivée comme fourrage, mais aussi en tant que légume.

    Une étude de 1983 montre le bon potentiel alimentaire de cette plante. Ses tubercules bruns et ridés peuvent atteindre 20 à 30 centimètres de long lorsque la plante est en culture. Ils sont riches en protéines et auraient un goût de noisette. On les prépare cuits en purée.

    Noix de terre, pois gras, châtaigne de terre ou pistache de Marcou : ses anciens noms vernaculaires témoignent de l’intérêt culinaire que lui portaient nos aïeux. Attention cependant, ses graines sont toxiques et ne doivent pas être consommées crues.

    Elle fait partie des espèces indigènes recommandées par l’Agence Régionale pour la Biodiversité en Ile-de-France, pour les aménagements d’espaces verts et naturels.

    Retrouvez d’autres articles sur des plantes de la famille des Fabaceae :

    Mélilots

    Galega, le sainfoin d’Espagne

    La renaissance du sainfoin

     


jeudi 19 juillet 2018

  • Le parc du château de Grouchy
    Parc du château de Grouchy à Osny © Gilles Carcassès

    Le parc du château de Grouchy est un espace public de 39 hectares, aménagé sur d’anciens marais dans la vallée de la Viosne. Le Conseil départemental du Val d’Oise, la Communauté d’agglomération de Cergy-Pontoise et la commune d’Osny se partagent sa gestion écologique. La château, autrefois propriété du marquis Jean-Félix de Grouchy (arrière-petit-fils du maréchal d’Empire Emmanuel de Grouchy), abrite la mairie d’Osny depuis 1989. Les corniches du château hébergent la plus belle colonie d’hirondelles de fenêtre de Cergy-Pontoise.

    Orchis purpurea, l’Orchis pourpre, parc du château de Grouchy © CACP – Gilles Carcassès

    Découvrez en images quelques aspects de la faune et de la flore du parc :

    Les peupliers et les nombreux arbres morts accueillent une entomofaune particulière.

    Saperda perforata, la saperde perforée. Cet longicorne est rare en Ile-de-France. Sa larve creuse les troncs des peupliers morts © CACP – Gilles Carcassès
    Dorcus parallelipipedus, la Petite biche, est commune dans les souches pourries © CACP – Gilles Carcassès
    Apatura ilia, le Petit mars changeant. Sa chenille consomme les feuilles des peupliers dans les boisements humides de bonne qualité écologique © CACP – Gilles Carcassès
    Pyrochroa serraticornis, le Cardinal à tête rouge. Sa larve aplatie chasse les insectes sous les écorces dans le bois mort © CACP – Gilles Carcassès

    De nombreuses espèces introduites pour l’ornement se sont naturalisées dans le parc.

    Potentilla indica, le faux-fraisier : une plante asiatique ornementale souvent naturalisée dans les parcs des châteaux © CACP – Gilles Carcassès
    Bernache nonette, bernaches du Canada et oie domestique broutent tranquillement l’herbe devant le château © Gilles Carcassès

    Les bords de l’étang et de la Viosne sont le paradis des oiseaux aquatiques, des odonates et des insectes qui apprécient la riche végétation des berges.

    Calopteryx splendens, l’Agrion éclatant, près de la Viosne © Gilles Carcassès
    Libellula fulva (mâle), la Libellule fauve, commune au bord de l’étang © CACP – Gilles Carcassès
    Cane colvert et son caneton © CACP – Marion Poiret
    Araschnia levana, la Carte géographique affectionne les massifs d’ortie des berges de la Viosne © Gilles Carcassès
    Cassida rubiginosa, une chrysomèle carrossée comme une tortue, au bord de la Viosne © Gilles Carcassès

    En limite ouest du parc, une prairie fleurie offre en hiver le couvert aux oiseaux granivores.

    Deux chardonnerets, sur une chicorée et une cardère © Gilles Carcassès

    La prairie humide du Verger permet de belles observations d’insectes. Nous y inventorions chaque année les papillons et les plantes de la prairie avec les protocoles Propage et Florilèges prairies urbaines.

    Volucella pellucens, la volucelle transparente, sur un cirse maraîcher © CACP – Gilles Carcassès
    Ectophasia crassipennis, la Phasie crassipenne. Cette mouche parasite les punaises © CACP – Gilles Carcassès
    Timandra comae, la phalène brumeuse. Sa chenille consomme des rumex © CACP – Gilles Carcassès

    Retrouvez quelques-uns de nos articles sur la biodiversité du parc du château de Grouchy :

    Naissance d’une libellule au parc du château de Grouchy

    Extra plats

    Encore vivante !

    Deux plumes d’Indien

    Retour sur la fête de la nature 2018 à Cergy-Pontoise


mercredi 18 juillet 2018

  • L’émergence des hyponomeutes

    L’énigme du fil de pêche en forêt…

    Lors d’une sortie à Vauréal, nous avons découvert un long fil suspendu à une branche de fusain d’Europe. Il était tellement résistant que l’on en a déduit, un peu vite, que ça devait être un fil de pêche.

    Etrange, tout de même, un fil de pêche à la lisière d’un bois, sans point d’eau aux alentours… Regardons cela de plus près.

    Après quelques recherches, nous découvrons dans le secteur de nombreux cocons suspendus au revers de feuilles de lierre. La mise en élevage de quelques-uns de ces cocons dans un bocal aéré a permis rapidement de déterminer l’insecte : il s’agit de cocons d’Yponomeuta cagnagella, le grand hyponomeute du fusain.

    Yponomeuta cagnagella à l’émergence dans son bocal d’élevage © CACP – Gilles Carcassès
    Le grand hyponomeute du fusain © CACP – Gilles Carcassès

    Les chenilles de ce papillon de nuit sont d’excellentes tisseuses. Et le fil que nous avions trouvé était en fait un solide assemblage de soies produites par les chenilles pour descendre de l’arbre en groupe à la recherche d’un lieu propice pour se nymphoser.

    Toiles d’hyponomeutes et fils de de descente – bois de Cergy © François Lelièvre

    A l’automne, la femelle pond sur les rameaux des fusains d’Europe des œufs très petits et recouverts d’une substance collante, imitant l’écorce. Les jeunes chenilles vont hiberner sous un bouclier brunâtre. Au printemps, elles se regroupent sur une branche pour tisser leur toile et commencer à consommer les feuilles.

    Chenilles d’hyponomeutes au mois de mai – parc du château de Grouchy à Osny © CACP – Gilles Carcassès

    Des chenilles grégaires et voraces

    Après avoir presque entièrement défolié l’arbre, elles tissent leur cocon et finalement se métamorphosent pour perpétuer l’espèce. Bien que ces chenilles fassent disparaitre toutes les feuilles de leur plante hôte et la recouvrent de toiles disgracieuses, l’arbuste survit facilement et se regarnit en été.

    Surtout, ne pas traiter !

    Les chenilles d’hyponomeutes ne sont pas dangereuses pour les fusains, elles ne sont pas non plus urticantes ni toxiques pour les humains. Les laisser vivre favorise la biodiversité : les papillons de nuit font le bonheur des chauves-souris ! Traiter chimiquement les chenilles d’hyponomeutes serait donc une bien mauvaise idée, un geste à la fois inutile, coûteux et néfaste !

    Evitons toute de même les haies monospécifiques de fusains d’Europe

    Pour éviter les catastrophes esthétiques, les jardiniers avisés éviteront cependant de planter en grandes masses cette espèce. Mais en tant que plante indigène, le fusain utilisé avec parcimonie a toute sa place dans les haies champêtres en mélange.


mardi 17 juillet 2018

  • Les beaux papillons de Cergy-Pontoise
    La carte géographique en juillet – parc de Grouchy à Osny © CACP – Gilles Carcassès

    La carte géographique est ainsi nommée en raison des fins réseaux clairs qui ornent le dessous de ses ailes. C’et l’un des mes papillons préférés !

    Araschnia levana, la carte géographique, vue de dessus – parc des noirs marais à Osny © CACP – Gilles Carcassès

    Les individus de la génération d’été ont le dessus des ailes très sombre avec des marques blanches bien visibles.

    Araschnia levana au printemps – parc de Grouchy à Osny © Gilles Carcassès

    La tonalité générale de la première génération, que l’on voit en avril et mai, est beaucoup plus claire.

    Retrouvez beaucoup d’autres espèces dans notre diaporama publié sur 13 comme une :


lundi 16 juillet 2018

  • Les bassins et les prairies du Parc François Mitterrand, des refuges de biodiversité

    Les travaux de rénovation du parc François Mitterrand en 2012 et 2013 ont été l’occasion de renaturer les bassins existants et de créer des prairies, fauchées une à deux fois l’an. Ces écosystèmes particuliers contribuent au maintien de la biodiversité en milieu urbain.

    Les zones humides humides abritent un écosystème propre, riche et précieux et représentent un intérêt réel pour la biodiversité notamment lorsqu’ils forment un réseau de continuités écologiques à l’échelle du territoire.

    Les nouveaux bassins du parc François Mitterrand ont vite été colonisés par une faune et une flore spécifique des milieux humides. Plusieurs espèces de libellules pionnières (agrions, naïades, anax et sympetrums) sont venues s’y installer et même s’y reproduire peu après l’inauguration des nouveaux aménagements. Certaines espèces végétales, représentatives des milieux humides, sont venues naturellement s’implanter (reine de prés, chanvre d’eau, salicaire, mysosotis des marais…).

    Voici quelques images de ce parc et de ses habitants :

    Touffe de salicaire au bord du bassin © CACP – Gilles Carcassès
    Jeune héron cendré © CACP – Gilles Carcassès
    Une des prairies du parc © CACP – Marion Poiret
    Aglais urticae, la vanesse de l’ortie se régale des fleurs du butome © CACP – Gilles Carcassès
    Couple de cygnes au nid © CACP – Gilles Carcassès
    Le sympetrum de Fonscolombe, un odonate migrateur occasionnel © CACP – Marion Poiret
    la gallinule poule d’eau se reproduit tous les ans dans le bassin © CACP – Marion Poiret
    Anax imperator, ici une femelle en ponte © CACP – Gilles Carcassès
    Les massettes mûres libèrent leurs graines © CACP – Gilles Carcassès
    Ce sympetrum striolé profite du soleil levant © CACP – Gilles Carcassès
    Au bord de l’allée principale du parc © CACP – Gilles Carcassès
    Couple d’agrions élégants en cœur copulatoire © CACP – Marion Poiret
    En hiver, le parc François-Mitterrand accueille en permanence une trentaine de mouettes © CACP – Gilles Carcassès
    Un sympetrum adulte émerge de la nymphe sortie de l’eau © CACP – Gilles Carcassès

    Retrouvez quelques-uns de nos articles sur la biodiversité de ce parc :

    La nature en hiver au parc François-Mitterrand

    Les demoiselles sont à la fête

    Sous le soleil exactement

    Histoire belge


vendredi 13 juillet 2018

  • Les pyrales de la menthe
    Pyrausta purpuralis – Ile de loisirs de Cergy-Pontoise © CACP – Gilles Carcassès

    Pyrausta purpuralis est un petit papillon de nuit discret que l’on peut voir voleter le jour parmi les herbes des prairies. De près, il est vraiment très beau. Sa chenille consomme les feuilles de plantes de la famille des Lamiaceae, comme les menthes et le origans.

    Pyrausta aurata © CACP – Gilles Carcassès

    Pyrausta aurata et une espèce très proche. Pour les différentier, il faut observer les taches jaunes sur l’aile antérieure : elles sont plus massives chez Pyrausta purpuralis.

    Pyrausta purpuralis – parc du belvédère à Vauréal © CACP – Gilles Carcassès

    Ces deux espèces sont communes en Ile-de-France et de biologie très semblable. On voit voler une première génération en mai, et la deuxième en août, souvent dès juillet pour Pyrausta purpuralis.

    Ces papillons ne sont pas vifs et se laissent facilement approcher, ce sont de bons sujets pour le photographe de nature !

    Retrouvez notre article sur les pyrales :

    Pyrales


jeudi 12 juillet 2018

  • Concours capitale de la biodiversité 2018 : Vauréal est dans la course !

    Cent vingt-sept collectivités, dont vingt-quatre en Île-de-France ont candidaté au concours national  « Capitale française de la Biodiversité 2018 ».
    Après sélection des dossiers par le Comité Scientifique et Technique du concours, quatre collectivités franciliennes font partie des finalistes et seront visitées cet été : Bonnelles (78), Vauréal (95), Saint-Prix (95) et Paris (75).

    Nous, on croit aux chances de la ville de Vauréal et on la soutient !

    Car cette commune a de bien beaux atouts, notamment :

    • Une structure dédiée à l’éducation à l’environnement et la sensibilisation à la biodiversité, qui participe chaque année à la Fête de la nature

    La Maison de la nature de Vauréal © CACP – Gilles Carcassès

    • Des espaces naturels de qualité

    Animation nature dans la prairie du parc du Belvédère © CACP – Gilles Carcassès

    • Un tout nouveau jardin école, créé en partenariat avec la Communauté d’agglomération de Cergy-Pontoise

    Cours de jardinage écologique au jardin école de la rue de la goutte d’eau © CACP – Gilles Carcassès

    • Une gestion différenciée des espaces verts attentive aux enjeux de biodiversité

    Les prairies de la coulée verte © CACP – Gilles Carcassès

    Rendez-vous début octobre pour découvrir les lauréats !


mercredi 11 juillet 2018

  • L’étoile bleue

    Une plante vivace sympa et facile

    Amsonia, avenue de l’Hautil à Cergy © CACP – Gilles Carcassès

    Amsonia tabernaemontana forme au fil des ans une belle touffe. Cette vivace bien rustique d’origine américaine se plait dans les sols frais à mi-ombre, mais elle sait résister au plein soleil et aux situations sèches.

    Fleurs d’Amsonia – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

    Comme chez le laurier-rose, autre représentant de la famille des Apocynaceae, les pétales des boutons floraux sont disposés en spirale. Les fleurs épanouies en été forment de fines étoiles bleu clair.

    Amsonia dans un jardin arrosé à Rueil-Malmaison © CACP – Gilles Carcassès

    Amis jardiniers, Amsonia tabernaemontana a beaucoup d’atouts : un port élégant, une floraison délicate, une solidité à toute épreuve ! L’entretien se limite à la coupe des tiges fanées à la sortie de l’hiver. Attention cependant, la plante contient un latex toxique.

    Retrouvez d’autres articles sur des Apocynaceae :

    L’asclépiade, une belle qui sait se défendre

    Pervenches en variétés


mardi 10 juillet 2018

  • La cordulie bronzée
    Cordulia aenea, la cordulie bronzée – Cergy © CACP – Mathilde Vassenet

    Une jolie dame aux yeux verts et aux reflets bronzés !

    Depuis quelques jours, la plage de l’île de loisirs de Cergy-Pontoise est ouverte : un endroit parfait pour faire bronzette ! Pourtant, cette cordulie bronzée semble préfèrer les autres étangs de l’île.

    Cette libellule (anisoptère) fait partie de la famille des Corduliidae. Après avoir été l’une des plus grandes prédatrices du fond de l’étang, cette libellule a émergé de l’eau pour se transformer en adulte. C’est l’un des premiers anisoptères à sortir au printemps. Elle affectionne les mares et les étangs avec des berges plutôt boisées. On l’observe souvent posée sur les branches des arbres.

    L’éclosion des œufs se fait deux à trois semaines après la ponte, et les larves aquatiques passeront par douze stades en deux à trois ans avant d’émerger.

    Pendant sa vie d’adulte, elle ira se nourrir dans les prairies et au-dessus de la mare ou de l’étang. Dotée de bonnes capacités de vol, elle pourra s’éloigner d’un à dix kilomètres de son lieu de naissance.

    Retrouvez d’autres articles sur les odonates de l’île de loisirs de Cergy-Pontoise :

    L’anax empereur

    Les jolies demoiselles de l’île de loisirs

    Pris dans la toile

    De belles gambettes

    L’aeschne mixte

    Le caloptéryx éclatant


lundi 9 juillet 2018

  • La belladone : aussi rare que toxique !

    Bravo à Jean et à Marie-Louise pour avoir su deviner l’identité de cette plante !

    Atropa belladonna © CACP – Gilles Carcassès

    La belladone est une plante vivace indigène très rare en Ile-de-France. Elle subsiste dans quelques clairières et lisières forestières notamment dans le Val d’Oise dans le bassin de l’Oise et  l’Ouest du Vexin. Bien que la Flore d’Ile-de-France de Jauzein l’indique éteinte dans les Yvelines, j’ai croisé cette plante à Chambourcy en lisière de forêt près du désert de Retz, un pied unique semble-t-il.

    Fleur de la belladone © CACP – Gilles Carcassès

    Ses fleurs mauves, grosses comme un dé de couturière, sont cachées sous les feuilles. Leur succèderont des baies noires sucrées, de la taille d’une cerise, et mortelles en cas d’ingestion (à partir de deux baies pour un petit enfant). Toute la plante est toxique et les alcaloïdes qu’elle contient peuvent traverser la peau. Il est donc prudent de ne pas y toucher. On cite le cas de vacanciers en Alsace intoxiqués par la consommation d’une tarte dont ils avaient eux-même cueillies les « myrtilles ». Hospitalisés à temps, ceux-là s’en sont sortis.

    Si vous avez la chance de croiser cette plante en famille, profitez-en pour informer les enfants sur les dangers des plantes sauvages : on ne mange jamais ce que l’on ne connaît pas !

    La belladone est une Solanaceae, comme la tomate, la pomme de terre, le tabac, la jusquiame, le datura.

    Le nom belladone viendrait de l’italien « bella donna » en raison de l’usage cosmétique de la plante par les coquettes pour dilater les pupilles et donner un regard envoutant !…

    Sources :

    Belladone, par Toxiplante

    Risque d’intoxication par les plantes et pratique officinale, thèse de Stéphane Rodallec – Université de Nantes (2013)


vendredi 6 juillet 2018

  • La photo mystère de juillet 2018
    En lisière forestière à Chambourcy (78) © CACP – Gilles Carcassès

    Quelle est donc cette plante imposante ?

    • réponse A : une renouée asiatique ?
    • réponse B : un raisin d’Amérique ?
    • réponse C : autre chose ?

    Indice : cette plante m’a fait de l’œil.

    A lundi pour la réponse !


jeudi 5 juillet 2018

  • Les bronzés à la plage
    Vanneau huppé – Neuville-sur-Oise © CACP – Mathilde Vassenet

    Un plumage aux reflets bronze

    Neuville-sur-Oise et Jouy-le-Moutier, communes au bord de l’Oise, ont subi il y a quelques mois des inondations. Contraignantes pour les humains, ces inondations sont au contraire très bénéfiques pour la biodiversité, créant des micro-habitats riches en espèces. Depuis quelques semaines, nous observons un petit groupe de vanneaux huppés, au plumage mordoré et à la coiffure extravagante, dans le champ au bord de l’Oise le long du boulevard de l’Hautil. Une mare temporaire est apparue suite aux inondations permettant aux vanneaux de venir s’y nourrir.

    Vanneaux © CACP – Mathilde Vassenet

    Le vanneau huppé est un limicole, c’est-a-dire qu’il se nourrit de petits crustacés et invertébrés présents dans la vase.  Ces couples nichent très probablement sur le territoire de l’agglomération de Cergy-Pontoise. La nidification se fait au sol, et le nid édifié par le mâle est légèrement en hauteur afin que la femelle puisse voir les alentours. Elle y pond environ quatre œufs. Sur la photographie ci-dessus on aperçoit en premier plan Monsieur punk et sa grand huppe. Derrière, Madame, plus discrète, possède une huppe courte et sa tête est moins contrastée.

    Retrouvez notre article sur cette espèce :

    Vanneaux


mercredi 4 juillet 2018

  • Le clyte bélier

    C’est près des maisons que l’on rencontre le plus souvent le clyte bélier, car sa larve qui vit dans le bois mort affectionne les tas de bois de chauffage. Ce joli longicorne ne s’attaque pas aux charpentes.

    Clytus arietis – Saint-Ouen l’Aumône, au bord de l’Oise © CACP – Gilles Carcassès

    On peut facilement confondre le clyte bélier avec d’autres coléoptères de la même famille (les Cerambyciidae), notamment du genre Xylotrechus et Plagionotus.

    Xylotrechus arvicola – Poissy © CACP – Gilles Carcassès

    Chez Xylotrechus arvicola, les antennes sont entièrement rousses, les fémurs sont plus sombres et les taches jaunes sur le thorax et les élytres sont différentes.

    Sources :

    Le clyte bélier, par quelestcetanimal.com

    La seconde vie du bois mort, par Vincent Albouy

    Retrouvez nos articles sur d’autres longicornes :

    Les agapanthies, longicornes des friches

    La saperde perforée


mardi 3 juillet 2018

  • Lamier jaune

    Cette « ortie jaune » ne pique pas car c’est en fait un lamier. Son nom scientifique évoque l’ogresse mythologique « Lamia », en raison de l’apparence de sa fleur à deux lèvres formant une gueule grande ouverte. Quant au nom d’espèce « galeobdolon », il peut se traduire par « pue la belette » : ses feuilles froissées ne sentent pas la rose…

    Lamium galeobdolon – Sagy © CACP – Gilles Carcassès
    Lamium galeobdolon – Doubs © CACP – Gilles Carcassès

    Le lamier jaune est une plante vivace indigène commune de nos forêts, on la rencontre de préférence sur sols acides dans les hêtraies-chênaies, les frênaies et les chênaies-charmaies.

    Au jardin, c’est un bon couvre-sols pour les endroits ombragés. Il existe plusieurs variétés horticoles de cette espèce, avec des feuilles plus ou moins argentées.

    Les graines du lamier jaune sont dispersées par les fourmis, comme le sont celles de la chélidoine.

    Source :

    Lamier jaune, ça sent le loup, le renard et la belette, par Sauvages du Poitou

    Retrouvez d’autres articles sur les Lamiaceae :

    Le lamier pourpre

    Sur l’épiaire (encore une odeur bizarre !)


lundi 2 juillet 2018

  • A la découverte des habitants de la prairie
    Prairie du parc du belvédère à Vauréal © CACP – Gilles Carcassès

    Voilà la belle prairie choisie par la Maison de la nature de Vauréal pour une animation à la découverte de la flore et de la faune sauvages. Depuis plusieurs années, les jardiniers de la ville ne fauchent cet espace qu’à l’automne pour laisser toutes leurs chances aux nombreux insectes qui la peuplent, mais ils tracent à la tondeuse quelques allées pour que le public puisse visiter l’endroit commodément.

    Animation nature au parc du belvédère © Christophe Etchemendy

    Mercredi 27 juin 2018, une dizaine de personnes s’étaient inscrites pour une animation gratuite proposée par la cellule Biodiversité de la Communauté d’agglomération. Les enfants ont pu s’essayer au maniement du filet à papillons. Ils ont ensuite observé leurs captures dans des boîtes loupes : criquets, punaises, cicadelles, mouches, coccinelles, papillons de jour et de nuit de différentes espèces… La séance fut l’occasion de belles rencontres :

    Sauterelle verte © Christophe Etchemendy

    Cette jeune sauterelle verte femelle, reconnaissable à son long ovipositeur en forme de sabre, est venue se poser sur l’une des participantes !

    Rhagonycha fulva © CACP – Gilles Carcassès

    Le téléphore fauve est très fréquemment observé sur les fleurs dans les jardins et les prairies. Sa larve est carnivore, elle chasse au sol les mollusques et les petits insectes.

    Ephémère © CACP – Gilles Carcassès

    Venu de l’Oise, cet éphémère se repose sur une feuille de carotte sauvage. Ce que l’on voit en avant de sa tête, ce ne sont pas ses antennes, mais bien ses pattes antérieures. Le mâle s’en sert pour s’agripper à la femelle lors de vols nuptiaux collectifs.


vendredi 29 juin 2018

  • L’anthracine morio

    L’avez-vous rencontrée cette mouche aux ailes bicolores ? On la voit beaucoup en ce moment au soleil en lisière des zones boisées.

    Hemipenthes morio – Saint-Ouen l’Aumône, au bord de l’Oise © CACP – Gilles Carcassès
    Couple d’Hemipenthes morio – Vauréal, au Belvédère © CACP – Gilles Carcassès

    Ce petit mâle (en bas sur la photo ci-dessus) a tenté une approche mais la femelle n’avait pas l’air très réceptive.

    Hemipenthes morio est un diptère hyperparasite de la famille des Bombyliidae. Ses larves se développent à l’intérieur de larves de Tachinidae, d’Ichneumonidae ou de Braconidae, elles-mêmes parasites de chenilles de noctuelles. Les adultes se nourrissent du nectar de fleurs à corolle plate. D’autres espèces de cette famille, comme le grand bombyle, sont équipées d’une longue trompe qui leur permet d’exploiter des corolles profondes dont le nectar est plus difficile d’accès.

    Bombylius major, le grand bombyle – Vauréal © CACP – Gilles Carcassès

    Le grand bombyle, visible au début du printemps, est une espèce parasite d’hyménoptères : la femelle pond dans les terriers des abeilles sauvages.

    Bombyle – Ferme de la Cure, à Sailly © CACP – Gilles Carcassès

    Cet autre bombyle, d’une espèce de petite taille, aspire à l’aide de sa trompe le nectar au fond d’une fleur de sauge officinale.

    Sources :

    L’anthracine morio, par quelestcetanimal.com

    Les bombyles, par l’OPIE

    Retrouvez un autre article sur les Bombyliidae :

    Du sable dans la poche


jeudi 28 juin 2018

  • La fausse fourmi

    Elle trompe bien son monde, celle-là !

    Drôle de fourmi, vue au Verger à Cergy © CACP – Gilles Carcassès

    Une petite fourmi court en tous sens sur mon bras, sur ma main et sur mes doigts. Mais, petite fourmi, tu as de bien grandes antennes ! Montre moi un peu ton museau !

    Himacerus mirmicoides – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

    Ah ! C’est bien ce que je pensais, tu n’es pas une fourmi ! Les fourmis n’ont pas un tel rostre. Tu es une larve de punaise : Himacerus mirmicoides, je t’ai reconnue !

    A quoi cela peut-il bien servir à une larve de punaise de ressembler à une fourmi ? Peut-être à échapper à des prédateurs qui n’apprécient pas le goût des fourmis, ou alors à approcher des proies qui ne se méfient pas d’un insecte à l’apparence de fourmi…

    Un auxiliaire pour le jardinier

    Les nabides-fourmis sont des auxiliaires de jardin efficaces, ils consomment toutes sortes de petits insectes ainsi que leurs œufs.

    L’espèce est commune, y compris dans Paris, mais son déguisement fonctionne bien : elle passe souvent inaperçue.

    Source :

    Himacerus mirmicoides, par Le jardin de Lucie

    Retrouvez d’autres articles sur les punaises :

    Les punaises du chou

    La punaise de l’aubépine

    Six punaises en rouge et noir


mercredi 27 juin 2018

  • Petites guêpes rutilantes

    Les Chrysididae forment une grande famille : 3000 espèces dans le Monde, plusieurs centaines en Europe, et si l’on en croit l’INPN, seulement 4 en Ile-de-France. Je soupçonne une sous-estimation qui pourrait être la conséquence de la grande méconnaissance de ces insectes. La détermination des espèces de cette famille est en effet très difficile d’après photo, car elle repose sur des détails très fins, visibles seulement avec l’insecte en main et une loupe à fort grossissement.

    Aussi, je me suis fait une raison, chez les Chrysididae, j’en resterai à la famille. Cela ne m’empêche pas de m’émerveiller devant l’incroyable beauté de ces petites guêpes et de partager avec vous le plaisir de les contempler :

    Chrysididae, posée sur un vieux mur – Chambourcy © CACP – Gilles Carcassès

    Celle-ci présente des épines au derrière. Elle est peut-être du genre Chrysis.

    Chrysididae sur une inflorescence de carotte – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

    En voici une autre avec un thorax bicolore.

    Chrysididae, sur une achillée, au Verger – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

    Bicolore aussi, mais pas les mêmes couleurs.

    Chrysididae sur un panicaut © CACP – Gilles Carcassès

    Les Chrysididae sont des guêpes-coucous : elles pondent dans les nids d’autres hyménoptères. Leur larve dévore la larve du locataire légitime et aussi ses provisions ! Pour observer les Chrysididae, il faut les chercher près des nids de leurs victimes potentielles : dans les joints en terre des vieux murs, par exemple. Sur les talus et les sols sableux, on repèrera les terriers des abeilles solitaires, et sur les troncs il faut surveiller les trous de sortie des galeries de coléoptères xylophages réutilisées par de petites espèces d’hyménoptères. Bien sûr, les hôtels à insectes sont aussi de très bons endroits pour traquer les guêpes coucous !

    Parfois, les guêpes coucous se font attaquer lors de leurs manœuvres d’approche des terriers. La face inférieure concave de leur abdomen leur permet alors de se rouler en boule et de se protéger ainsi des ardeurs des assaillants.

    Chrysisidae en position de défense © CACP – Gilles Carcassès

    Certaines espèces échappent à ce risque d’incidents violents par un habile stratagème, digne du cheval de Troie ! Elles pondent sur les proies que leur hôte capturera pour approvisionner ses larves. C’est ainsi que l’espèce Omalus aeneus a été vu en ponte sur des pucerons. Or Omalus aeneus est la guêpe coucou d’hyménoptères du genre Pemphredon qui entassent des pucerons dans leur nid (creusé dans une tige à moelle) pour nourrir leurs larves. L’oeuf de la guêpe coucou est introduit dans le nid par l’hyménoptère victime lui-même avec ses provisions. Machiavélique, non ?

    Sources :

    le site de référence chrysis.net
    Omalus et le cheval de Troie


mardi 26 juin 2018

  • La mouchette de l’onoprodon
    Tephritis postica sur un onopordon – potager fruitier du château de la Roche-Guyon © CACP – Gilles Carcassès

    Au potager fruitier de La Roche-Guyon, à côté des artichauts, le jardinier a semé quelques onopordons. Ce très grand chardon aux feuilles laineuses est la plante hôte d’une bien jolie mouche de la famille des Tephritidae : Tephritis postica.

    Tephritis postica femelle © CACP – Gilles Carcassès

    Pendant que les mâles paradent à l’extrémité des feuilles, défendant d’invisibles frontières, les femelles, reconnaissables à l’ovipositeur noir qu’elles ont à l’extrémité de l’abdomen, explorent la plante à la recherche des boutons floraux dans lesquels elles vont pondre.

    Tephritis postica mâle, au poste d’observation © CACP – Gilles Carcassès
    Tephritis formosa mâle, perdu dans un océan de poils laineux © CACP – Gilles Carcassès

lundi 25 juin 2018

  • Rhinocéros
    Oryctes nasicornis, un beau mâle – Vauréal © CACP – Gilles Carcassès

    Un collègue m’a rapporté ce gros scarabée qu’il a trouvé dans son jardin de Vauréal. Il s’agit d’un beau mâle d’Oryctes nasicornis, surnommé le Rhinocéros. Sa larve vit dans le bois pourri. Elle affectionne aussi, et de plus en plus, les tas de compost dans les jardins, lorsqu’ils sont riches en feuilles mortes et en déchets de bois (non résineux). Il paraît que l’espèce est assez casanière et s’éloigne peu de son lieu de naissance. Le Rhinocéros peut cependant voler et il est attiré la nuit par la lumière des lampadaires ou des terrasses éclairées.

    Le stade larvaire dure trois à cinq ans. La larve du Rhinocéros est la plus grosse des larves de coléoptères, elle peut atteindre 8 cm ! L’adulte qui mesure 3 à 4 centimètres, vit quelques mois, se nourrissant peu.

    Oryctes nasicornis est une espèce commune, et fréquente en Ile-de-France.

    Source :

    Le Rhinocéros, par André Lequet


vendredi 22 juin 2018

  • Mélilots

    Les mélilots sont des fabacées bisannuelles de grande taille. Il en existe trois espèces en Ile-de-France, une à fleurs blanches, le mélilot banc (Melilotus albus), et deux espèces très proches à fleurs jaunes, le mélilot officinal (Trigonella officinalis) et le mélilot élevé (Trigonella altissima). Elles ont en commun d’être d’excellentes plantes mellifères, c’est pourquoi elles sont souvent présentes dans les mélanges à semer de prairies fleuries favorables aux pollinisateurs.

    Mélilot blanc – parc François-Mitterrand à Cergy © CACP – Dimitri Vandewiele

    Ce pied de mélilot blanc photographié au bord du bassin du parc François-Mitterrand à Cergy a une histoire. Lors de la requalification du parc en 2013, des prairies fleuries ont été semées pour favoriser les insectes pollinisateurs. Le mélilot blanc qui faisait partie du mélange de graines utilisé s’est fortement exprimé la deuxième année du semis car c’est une plante bisannuelle. Les années suivantes, il a décliné laissant la place aux plantes vivaces comme les silènes enflés, les trèfles des prés, les vesces cracca et les marguerites. Mais quelques mélilots blancs se ressèment régulièrement et apparaissent chaque année ici ou là dans les espaces les plus sauvages du parc.

    Mélilot jaune – Potager du Roi à Versailles © CACP – Gilles Carcassès

    Au Potager du Roi à Versailles, ces mélilots jaunes ont été semés sur cette banquette pour favoriser les pollinisateurs.

    Les mélilots sont aussi utilisés comme engrais verts sur des cultures de deux ans.

    Retrouvez d’autres articles :

    Les plantes attractives pour les abeilles et les insectes pollinisateurs

    La renaissance du sainfoin


jeudi 21 juin 2018

  • Encore vivante !
    Aïe ! © CACP – Gilles Carcassès

    Une surprise au parc de Grouchy

    En repérage pour une animation dans les allées du parc du château de Grouchy à Osny, j’ai trouvé la tête d’un gros coléoptère sur un tas de bois. Un pic, un corvidé ou une chouette aura attaqué ce mâle Dorcus paralellipipedus, (reconnaissable à ses mandibules courtes mais fortes), ne consommant que l’abdomen et une partie du thorax.

    Intéressant, me suis-je dit, pour notre animation, et j’ai ramassé le trophée. Mais je n’avais pas imaginé que la tête de cette « Petite Biche » allait me mordre ! Et si je bougeais, elle serrait plus fort ! Pas vraiment douloureux, mais impressionnant. Alors j’ai attendu, une minute ou deux, qu’elle se fatigue et tombe à terre. J’ai pris cette photo pour immortaliser l’aventure.

    Je me suis demandé combien de temps la tête séparée du corps d’un insecte est encore capable d’effectuer des mouvements. Autrement dit, ai-je loupé le pic à quelques minutes près ou à quelques heures ? Et la chouette de la nuit précédente, est-elle aussi plausible ?

    Pour répondre à cette question, un entomologiste du début du siècle dernier a fait des expériences. Selon les espèces, la tête reste active entre 3 heures (pour les taons) et 6 jours (pour les perce-oreilles). Pour les coléoptères, ce serait de l’ordre d’une dizaine d’heures. Et le corps des insectes décapités, gigote-t-il aussi longtemps ? Plus encore que la tête : généralement plusieurs jours, jusqu’à 18 pour certains papillons !

    Source :

    Résistance à la mort par décapitation ou immersion, V. Brandicourt (1901), OPIE

    Retrouvez notre article :

    Ma petite biche


mercredi 20 juin 2018

  • Qui mange mes carottes ?
    Chenille sur une feuille de carotte © CACP – Gilles Carcassès

    Qui mange mes carottes, me demande Anaïs, de la Ferme de la Cure, à Sailly ? S’agit-il de la chenille du Machaon ? Car elle ne ressemble pas à celle que l’on montre dans les livres ! Voyons cela de plus près…

    Chenille de Machaon de 3ème stade (sur 5) © CACP – Gilles Carcassès

    C’est bien une chenille de Machaon, mais elles changent d’aspect à mesure de leur croissance et de leurs mues successives. Les petites chenilles du Machaon naissent très sombres et couvertes d’épines. Plus tard, leurs picots s’atténuent, et la selle blanche au milieu du dos finit par disparaître.

    Chenille du Machaon au 4ème stade – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

    Cette chenille se régalait de feuilles de Seseli gummiferum, une apiacée décorative vivace, dans une jardinière de la dalle Grand centre à Cergy. On peut observer cette chenille aussi sur le fenouil, l’aneth, le persil et aussi la rue (Ruta graveolens).

    Papilio machaon, le Machaon © CACP – Gilles Carcassès

    Et voici l’adulte, à ne pas confondre avec le Flambé, une espèce voisine, protégée en Ile-de-France.

    Iphiclides polidarius, le Flambé © Gilles Carcassès

    Les chenilles du Flambé consomment les Prunus, notamment Prunus mahaleb, le cerisier de Sainte-Lucie.

    Source :

    Le machaon, par André Lequet

    Retrouvez un autre article :

    Le Flambé


mardi 19 juin 2018

  • Couleuvre ou vipère ?

    Trois espèces de serpents sont présents dans le Val d’Oise :

    • la couleuvre helvétique (Natrix helvetica)
    • la coronelle lisse (Coronella austriaca)
    • la vipère péliade (Vipera berus)

    Ces serpents sont craintifs et en cas de rencontre leur réflexe sera la fuite. Cependant la vipère péliade peut infliger une morsure dangereuse si elle se sent menacée.

    La couleuvre helvétique ou à collier se reconnaît à son collier blanc en arrière de la tête. Elle fréquente les zones humides et les milieux aquatiques où elle chasse les amphibiens, les petits mammifères et les petits poissons.

    Couleuvre à collier – parc du château de Menucourt © CACP – Marion Poiret
    Coronelle lisse © Stanislas Wroza

    La coronelle lisse apprécie les milieux chauds comme les éboulis, les murs de pierres , les anciennes voies ferrées. Elle consomme majoritairement des reptiles dont des vipéreaux et des lézards. Ses traits caractéristiques sont les écailles dorsales lisses et une bande sombre qui part de la narine et se poursuit sur le flanc.

    Le grand public connaît la vipère aspic au museau retroussé, spécialiste des milieux chauds et ensoleillés, mais cette espèce méridionale ne dépasse pas le sud de l’Ile-de-France. Dans le Val d’Oise, c’est la vipère péliade que l’on peut rencontrer. On la trouvera dans les landes humides et les tourbières. Elle y chasse les petits mammifères tandis que les lézards vivipares constituent la base alimentaire des vipéreaux.

    Vipère péliade Wroza Stanislas
    Vipère péliade © Stanislas Wroza

    Et ce serpent là ?

    Anguis fragilis – Vauréal © CACP – Gilles Carcassès

    Ce n’en n’est pas un, l’orvet est un lézard sans pattes ! On le reconnait à ses écailles très fines et lisses. Comme les autres lézards il peut perdre sa queue.

    Sources :

    Pour visualiser toutes les différences entre les vipères et les couleuvres : Ceci n’est pas une vipère, par La Salamandre

    Un site spécialisé sur les reptiles : http://coronella.free.fr/


lundi 18 juin 2018

  • L’hémérobe des haies
    Micromus angulatus – Poissy © CACP – Gilles Carcassès

    Un auxiliaire de jardin injustement méconnu

    J’ai trouvé cet charmant insecte dans ma cuisine, arrivé dans l’évier avec la salade du voisin. Je l’ai gentiment déposé sur la table de jardin et il a bien voulu que je le prenne en photo. Il s’agit d’un névroptère, d’une famille voisine de celle des chrysopes, les Hemerobiidae.

    Je vous présente Micromus angulatus, l’hémérobe des haies, un auxiliaire de jardin moins connu que les coccinelles, mais tout aussi efficace. Les adultes et les larves se nourrissent de petites proies vivantes, parmi lesquelles beaucoup de pucerons. Cette espèce est utilisée en lutte intégrée en maraichage pour la protection des cultures de fraises, choux, poireaux…

    J’avais déjà observé un Micromus dans mon jardin, mais d’une autre espèce : Micromus variegatus, qui a la face sombre et les ailes plus contrastées. Lui aussi est un prédateur de pucerons et d’autres petits insectes.

    Micromus variegatus – Poissy  © Gilles Carcassès

    J’espère qu’ils feront bon ménage !

    Sources :

    Micromus angulatus, par Encyclop’Aphid

    Micromus angulatus et variegatus des croqueuses de… pucerons, par le blog Le jardin de Lucie

    Les hémérobes, par Bruno Didier

    Protéger son jardin grâce aux haies et massifs champêtres


vendredi 15 juin 2018

  • Apprendre par l’échange et l’expérience : le jardin école de Vauréal
    Plantation collective au jardin pédagogique – atelier du 12 mai 2018  © CACP – Marion Poiret
    • Jardiner en préservant la biodiversité
    • Echanger et apprendre dans un lieu collectif
    • Fréquenter et entretenir un espace public

    Voici les défis relevés par un petit groupe d’habitants dans le jardin pédagogique de Vauréal.

    Ce jardin est le fruit de la collaboration entre la commune de Vauréal et la Communauté d’agglomération de Cergy-Pontoise : un lieu d’apprentissage, d’échange et de partage créé en 2018, dans le cadre du PCAET  partenarial (Plan Climat Air Energie Territorial) dont une des actions vise à favoriser les pratiques de jardinage respectueuses de la biodiversité.

    Le terrain a été mis à disposition par la commune. Le jardin, situé dans un quartier pavillonnaire, se compose de plusieurs espaces préalablement aménagés par les services techniques de la ville : un potager clôturé, une haie de démonstration, une jardinière de plantes aromatiques. Sur une dizaine d’ateliers d’avril à octobre 2018, l’association B.A.BA, mandatée par la CACP, diffuse les bonnes pratiques du jardinage écologique et expérimente sur place avec les habitants.

    Installation au jardin des plants de courge, préalablement semés puis entretenus chez les habitants  – 12 mai 2018 © CACP – Marion Poiret
    Vue du jardin école, le lundi 11 juin 2018 © CACP – Marion Poiret
    La milpa, technique agricole traditionnelle de cultures associées, pratiquée par les Amérindiens © CACP – Marion Poiret
    Le hérisson a son propre accès © CACP – Marion Poiret
    Le long de la clôture, place aux petits fruits. Ici des groseilles à maquereaux © CACP – Marion Poiret

    Le jardin a bel allure et les participants sont ravis. A l’évidence, c’est une belle réussite : un grand merci aux équipes municipales de Vauréal pour leur implication !

    Dans le jardin des Taillis voisin, le gazon est conduit depuis ce printemps en prairie à vocation pédagogique. Des animations spécifiques sur la découverte de la faune et de la flore du jardin école et de la prairie auront lieu en juillet et en septembre avec la cellule biodiversité de l’agglomération et l’OPIE

    Et voici un petit aperçu de la prairie et de ses premiers habitants :

    La prairie du jardin des taillis © CACP – Gilles Carcassès
    Deux orchidées sont présentes, dont Ophrys apifera, l’ophrys abeille © CACP – Marion Poiret
    L’azuré commun ou azuré de la bugrane (Polyommatus icarus), sur une inflorescence de plantain lancéolé © CACP – Marion Poiret

    Ce petit papillon, très commun, fréquente les milieux ouverts (prairies, jardins, talus, bords de route…). les chenilles se nourrissent de trèfle, de luzerne, de lotier corniculé et de diverses autres plantes de la famille des fabacées.

    La coccinelle à 7 points (Coccinella septempunctata) viendra peut être visiter le potager © CACP – Marion Poiret

    Retrouver d’autres articles :

    Le choix de la prairie

    Les auxiliaires du jardin, comment les favoriser

    Découvrons les auxiliaires

    Les plantes favorables aux insectes auxiliaires

    Devenir un jardinier éco responsable

    Le retour de l’ophrys abeille


jeudi 14 juin 2018

  • Le hanneton argenté

    Un nouveau venu au bord du bassin du parc François-Mitterrand à Cergy ? Je n’avais encore jamais observé cette espèce qui serait pourtant assez commune en Ile-de-France.

    Hoplia philanthus, nommée hoplie floricole ou hanneton argenté, est un coléoptère de la famille des Scarabaeidae. Il est parfois considéré comme un ravageur des gazons, car sa larve, semblable à celle du hanneton des jardins, consomme les racines des graminées. Son cycle de développement s’étend sur deux années. Il semble affectionner les sols sableux.

    Hoplia philanthus posé en haut d’une armoise © CACP – Gilles Carcassès

    Le hanneton argenté doit son nom aux très petites écailles brillantes qui ornent son corps.

    Hoplia philanthus – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

    Les adultes consomment les feuilles des bouleaux et des charmes, mais ne sont pas réputés faire de gros dégâts. Leurs griffes recourbées, d’une longueur étonnante, leur servent à s’agripper aux rameaux et aux feuilles. Ils peuvent ainsi prendre tranquillement leur repas sans se faire décrocher par le vent !


mercredi 13 juin 2018

  • Fausse guêpe !

    J’ai failli me faire avoir !

    Sphiximorpha subsessilis – Pontoise © CACP – Gilles Carcassès

    Dans le parc du château de Marcouville, Sophie, de la Ferme pédagogique de Pontoise m’a montré un vénérable marronnier en fin de vie. Il ne subsiste qu’un gros tronc creux car, victime peut-être de la foudre et de coups de vent, il a perdu toutes ses branches charpentières. L’eau de pluie s’accumule dans le tronc et suinte abondamment au niveau de fissures de l’écorce. Le manège d’une guêpe qui fait des va-et-vient près d’un suintement m’intrigue.

    Sphiximorpha subsellis © CACP – Gilles Carcassès

    Surprise, ce n’est pas une guêpe mais un diptère ! Et c’est bigrement bien imité : les rayures noires et jaunes de l’abdomen, la longueur des antennes, le bout des pattes jaunes, les taches sur le thorax, et même l’allure plissée des ailes un peu fumées ! Mais ses gros yeux la trahissent. Il s’agit d’un syrphe, et même d’une espèce rare, inféodée à ce type de milieu constitué par les suintements des vieux arbres blessés. C’est là en effet que vivent ses larves qui, paraît-il, se nourrissent des bactéries qui s’y développent.

    Un syrphe rare

    L’espèce, en déclin certain en France, et classée menacée au niveau européen, a déjà été observée dans le Val d’Oise lors d’un inventaire des syrphes des marais de Montgeroult et de Boissy-l’Aillerie réalisé en 2006 à l’initiative du Parc naturel régional du Vexin français. Les auteurs indiquent que sur les 68 espèces de syrphes recensés, Sphiximorpha subsellis est « sans conteste l’espèce la plus emblématique rencontrée sur le site d’étude ».

    Sources :

    Inventaire des syrphes des marais de Montgeroult et marais de Boissy-l’Aillerie, article dans le courrier scientifique n°5 de décembre 2011 du PNR du Vexin français.

    Syrphes portraits de pollinisateurs 2017, par l’Association des entomologistes de Picardie


mardi 12 juin 2018

  • Deux plumes d’Indien

    Dans la série des bestioles rares du parc du château de Grouchy !

    Drôle de mouche sur une feuille d’ortie – Osny © CACP – Gilles Carcassès

    Une mouche noire aux ailes fumées, avec le dessus du thorax d’un beau rouge satiné, qu’est ce que ça peut être ?

    Ce sont les antennes « en plumes d’Indien » qui vont me mettre sur la piste de la famille : Stratiomyidae.

    Chloromyia formosa (Stratiomyidae) – Poissy © CACP – Gilles Carcassès

    J’avais observé ce joli Stratiomyidae dans mon jardin. Remarquez la forme particulière des antennes. Ses larves, qui consomment de la matière organique en décomposition, habitaient peut-être dans mon composteur.

    Clitellaria eppiphium – Osny © CACP – Gilles Carcassès

    Vu de près, ce Stratiomydae montre deux grosses épines noires sur le scutellum, juste en arrière de la partie rouge. A quoi lui servent-elles ? Je n’ai pas trouvé de réponse, il faut dire que les experts en Stratiomyidae, ça ne court pas les rues… Ce que l’on croit savoir de cette espèce, nommée Clitellaria eppiphium, se résume à peu de choses : l’espèce serait rare et sa larve vivrait dans les colonies de fourmis qui habitent le bois mort. Et justement, du bois mort plein de fourmis ce n’est pas ce qui manque au parc du château de Grouchy !


lundi 11 juin 2018

  • Coccinelles à 10 points
    Coccinelle noire à dix points orange © CACP – Gilles Carcassès

    Cette petite coccinelle qui explore les feuilles de la ronce et de l’églantier n’a pas un look commun. Chouette, une nouvelle espèce à déterminer !

    Adalia decempunctata © CACP – Gilles Carcassès

    C’est l’une des formes d’Adalia decempunctata, la coccinelle à dix points, une chasseuse de pucerons, comme beaucoup d’autres espèces dans la famille des Coccinellidae. Elle est présente en Val d’Oise, mais est peu signalée. Avis aux amateurs : il faut la chercher dans les haies champêtres et sur les chênes.

    On peut rencontrer dans les arbres une autre coccinelle à dix points, mais il sera difficile de les confondre !

    Calvia decemguttata, la coccinelle à dix points blancs – Saint-Ouen l’Aumône © CACP – Gilles Carcassès

    Source:

    Adalia decempunctata, par Encyclop’Aphid

    Retrouvez d’autres articles sur les coccinelles :

    Les coccinelles à points blancs
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vendredi 8 juin 2018

  • Sur le millepertuis
    Cryptocephalus moraei © CACP – Gilles Carcassès

    Le long d’une sente ensoleillée à Poissy pousse en abondance le millepertuis perforé (Hypericum perforatum). « Perforé de mille trous » nous dit son appellation vernaculaire. Mais sont-ce vraiment des trous, tous ces points clairs sur les feuilles? Non, ce sont des vésicules huileuses qui laissent un peu passer la lumière.

    Cette chrysomèle noire à taches orange est très classique sur le millepertuis, il s’agit de Cryptocephalus moraei. Elle est commune mais discrète : farouche, elle se cache rapidement sous les feuilles ou derrière la tige dès qu’un individu louche approche !

    Chrysolina hyperici – Poissy © Gilles Carcassès

    Une autre chrysomèle tout aussi timide se cache sur cette plante : Chrysolina hyperici. Elle est nettement moins commune que la précédente.

    Cette espèce a été introduite en Amérique du Nord pour lutter contre la prolifération dans les pâtures de notre millepertuis considéré là-bas comme une plante invasive, toxique pour le bétail.

    Tenthredo zona – Poissy © CACP – Gilles Carcassès

    Cette fausse chenille en revanche était facile à voir. Elle était trop occupée à manger sa feuille de millepertuis pour s’inquiéter de la présence d’un photographe. Avec une telle ligne centrale de points noirs tout le long du dos, pas de doute, c’est Tenthredo zona, une espèce peu observée, à la répartition bien mal connue. Cette année, je l’ai vue aussi près du chalet nature de l’Ile de loisirs de Cergy-Pontoise.

    Retrouvez notre article :

    Portrait de famille : les chrysomèles

    Source :

    La chrysomèle et le millepertuis, par Omafra (Ontario)


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