Nature en ville à Cergy-Pontoise | Espace d’information et d’échange pour les acteurs du territoire, ces 365 derniers jours

Espace d’information et d’échange pour les acteurs du territoire



mercredi 11 décembre 2019

  • Une saison au potager
    Le jardin des Belles Jardinières – Vauréal © CACP – Emilie Périé

    Le jardin partagé des Belles Jardinières à Vauréal n’est pas un jardin comme les autres. Il est partagé, certes, mais il est né de l’initiative d’un seul, Patrice Lebrun, qui a voulu mettre à la disposition de tous ses talents d’artiste et de jardinier. Ces 7 jolies jardinières ont donc pris place l’an dernier, avec l’accord de la Mairie, sur un terrain communal.

    Nous avons suivi l’évolution des plantations, réalisées par les riverains et supervisées par Patrice, au cours de l’année 2019. En voici quelques images :

    Les belles jardinières, Vauréal © CACP – Emilie Périé

    Le projet vit et se développe. A la suite des jardinières sont nés les planches de patates de gazon, le fraisier de Madame le Maire, la table de partage de graines et de légumes, un composteur collectif et de nouveaux bacs sur le reste de l’espace. Et tout ça, juste en face du jardin école. On ne peut que soutenir l’initiative !

    Les belles jardinières – Vauréal © CACP – Emilie Périé

    En plus d’avoir la main verte, Patrice Lebrun fait preuve d’un humour certain. N’hésitez pas à venir apprécier, échanger et participer à la vie de ces belles jardinières !


mardi 10 décembre 2019

  • La piéride de la rave
    Chenille de Pieris rapae © CACP – Gilles Carcassès

    Joli contraste !

    Dans un massif fleuri automnal, ce très beau chou frisé décoratif héberge quelques chenilles. J’en dégage une des plis du feuillage pour mieux la photographier. Avec cette tête verte et une ligne jaune sur le dos, pas de doute, c’est la chenille de la piéride de la rave, Pieris rapae, de la famille des Pieridae.

    Elle présente aussi une ligne jaune discontinue sur le flanc.

    A quoi ressemble l’adulte ?

    Pieris rapae, la piéride de la rave, sur une lavande – Maurecourt © CACP – Gilles Carcassès
    Couple de piérides du chou, Pieris brassicae © CACP – Gilles Carcassès

    L’adulte se différencie de la piéride du chou, Pieris brassicae, par la forme de la tache noire présente à l’apex de l’aile antérieure : vaguement rectangulaire, elle s’étend sur le bord antérieur alors que chez la piéride du chou cette tache est en forme de croissant aux deux extrémités effilées. Autre différence : la piéride de la rave est plus petite que celle du chou.

    Source :

    Pieris rapae, par l’Atlas des papillons de jour d’Ile-de-France (Cettia)

    Retrouvez dans cet article une autre espèce de la même famille :

    Mais où sont passées les femelles ?


lundi 9 décembre 2019

  • Le pic vert

    Bravo à Françoise et à Antoine qui ont reconnu la crête du pic vert tapis dans l’herbe !

    Mais contrairement au beau mâle que Gilles avait présenté il y a quelques années, notre pic vert n’a pas de moustaches rouges, c’est donc une femelle.

    Pic vert femelle – Jouy-le-Moutier © CACP – Emilie Périé

    Pour comparer, voici un mâle vu une semaine plus tôt au parc des Larris à Pontoise*. On voit nettement une bande rouge partant du bec.

    *Durant l’hiver les pics verts sont solitaires, ils ne se mettent en couple qu’au début du printemps.

    Pic vert mâle – Pontoise © CACP – Emilie Périé

    Cet oiseau des lisières forestières partage son temps entre les prairies et pelouses dans lesquelles il mange des insectes (fourmis et coléoptères notamment), et les vieux arbres des forêts, haies et vergers. C’est sur ces arbres, le plus souvent morts, qu’il va taper du bec et produire les sons caractéristiques des pics. Ces percussions lui sont utiles à plusieurs égards : il appelle des congénères, il déloge des insectes sous l’écorce, il creuse son nid (jusqu’à 30 cm de profondeur dans le tronc !). Mais, outre ces toc-tocs, le pic vert est un bon chanteur. Son chant mélodieux ressemble un peu à un rire.

    Pic vert femelle, sans doute en recherche d’insectes – Jouy-le-Moutier © CACP – Emilie Périé

    Pour en savoir plus :

    Apprenons à reconnaître le chant du pic vert, avec le Studio Les trois becs

    Le pic vert, par l’INPN

    Pourquoi le pic-vert ne devient pas toc-toc, par Ominologie.fr

    Retrouvez d’autres pics dans nos articles :

    Le pic mar

    Le pic noir

    Le pic épeiche


vendredi 6 décembre 2019

jeudi 5 décembre 2019

  • Stratiomys potamida
    Stratiomys potamida en séance photo – Osny © CACP – Emilie Périé

    Revenons sur une séance photo estivale pour faire les présentations avec cette bien jolie mouche : Stratiomys potamida.

    Le général rayé

    Le général rayé, Stratiomys potamida – Osny © CACP – Emilie Périé

    Cette mouche est assez rare, ou du moins peu observée par les naturalistes franciliens. Elle ne fait l’objet que de 10 mentions dans la base de données régionale. Elle n’a d’ailleurs pas de nom français officiel. La traduction de son nom anglais Banded general qui donne « le général rayé » lui va plutôt bien. Le caractère rayé est assez évident, quant à l’aspect militaire il lui vient sans doute des deux fortes épines à la base de son scutellum (son dos). De plus, son nom latin Stratiomys signifie en grec « mouche soldat ».

    Le terme potamida fait référence au fleuve. En effet, les larves de cette mouche sont aquatiques. Ce qui est assez cohérent avec le fait que nous ayons trouvé cet adulte aux Noirs marais, une des zones humides de Osny et donc un potentiel site de ponte.

    Stratiomys potamida – Osny © CACP – Gilles Carcassès

    Vu de dos, cette mouche a une silhouette très particulière avec son abdomen court, large et un peu aplati.

    Un amateur d’apiacées

    Le A est important, cette mouche ne consomme pas de pavots. On la trouve plutôt sur les ombelles des Apiacées : les plantes de la famille de la carotte ou, comme ici, de la berce (Heracleum sphondylium). 

    Stratiomys potamida butinant des fleurs de berce – Osny © CACP – Emilie Périé

    Enfin, détail important, les yeux totalement disjoints sur la face et au sommet de la tête nous indiquent qu’il s’agit ici d’une femelle.

    Sources :

    Stratiomys potamida, par Quel est cet animal ?

    Stratiomys potamida, par l’INPN

    Base de données naturalistes CETTIA

    Field Key to the Soldierflies of the Nederlands, par Menno Reemer (2014)

    Galerie des Stratyomyidae (en Hollandais)

    Retrouvez d’autres mouches de la même famille dans ces articles :

    Deux plumes d’indiens

    Actina chalybea


mercredi 4 décembre 2019

  • Le bruant des roseaux

    Ça bouge dans les roseaux !

    Roseaux Phragmites du Parc des Arènes, Cergy © CACP – Emilie Périé

    Les petits oiseaux sont nombreux en cette fin d’automne sur le Parc des Arènes. Rouges-gorges, rouges-queues noirs, pinsons des arbres, mésanges bleues, mésanges charbonnières, toutes les couleurs sont au rendez-vous ! Et ça s’agite dans les phragmites. Seraient-ce des moineaux ? En zoomant un peu je découvre une belle surprise : ces sourcils crème et ces moustaches blanches trahissent la femelle du bruant des roseaux !

    Un oiseau à protéger

    Bruant des roseaux femelle – Parc des Arènes, Cergy © CACP – Emilie Périé

    Bien que considéré comme « commun » dans la région et protégé à l’échelle nationale, Emberiza schoeniclus, le bruant des roseaux, a vu ses populations s’effondrer ces dernières années. Il a été classé « en danger d’extinction » lors de la dernière révision de la Liste rouge des oiseaux nicheurs d’Île-de-France (2018).

    Ils étaient une petite dizaine perchés dans le Parc des Arènes en ce mois de novembre 2019. On observe souvent ce comportement grégaire pendant l’hiver. Les bruants des roseaux sédentaires et nicheurs en Île-de-France se rassemblent en dortoir pour hiverner.  Mais, il pourrait également s’agir de populations nordiques qui migrent et viennent passer la saison froide sous nos températures plus clémentes. Il faudra vérifier au printemps prochain si un ou des couples, nichent sur place pour confirmer leur préservation sur le territoire. En tout cas, ce n’est pas la première fois qu’on l’observe en hiver dans ce parc.

    Un dimorphisme prononcé

    Bruant des roseaux mâle, en période nuptiale © CACP – Gilles Carcassès

    En période nuptiale, au printemps, les mâles et les femelles sont très distincts. La femelle a la tête brun clair avec des sourcils et des moustaches prononcés alors que le mâle a un capuchon noir et seulement des moustaches blanches. En hiver en revanche, la tête du mâle s’éclaircit fortement. Au point qu’il est compliqué de le différencier d’une femelle qui serait un peu foncée. Aussi, il est difficile de dire si parmi la dizaine de femelles observées au Parc des Arènes, un mâle ne s’était pas glissé.

    Vu !

    Bruant des roseaux femelle – Parc des Arènes, Cergy © CACP – Emilie Périé

    Oups ! Je crois que nous avons été repérés … Il est temps de laisser ces bruants à leur chasse aux insectes et aux graines de phragmites.

    Sources :

    Le bruant des roseaux, par Oiseaux.net

    Le bruant des roseaux, par l’INPN

    Retrouvez d’autres articles sur les bruants du territoire :

    Le bruant zizi

    Les oiseaux rares de l’Arèn’Ice


mardi 3 décembre 2019

  • Le trèfle pied-de-lièvre

    Une espèce en régression

    Trifolium arvense, le trèfle pied-de-lièvre – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

    Cette plante annuelle de la famille des Fabacées était autrefois très commune en Île-de-France. Bien qu’elle soit encore présente dans la région, on constate une diminution de ses stations. La cause principale de cette diminution est l’intensification de l’agriculture.

    Trifolium arvense, le trèfle pied-de-lièvre – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

    Les milieux pauvres en eau sont ceux qu’il préfère, ce trèfle est « xérophile ». On le retrouve souvent sur les terrains secs et sablonneux comme les friches, mais également sur les toitures végétalisées.

    Tout doux le trèfle !

    Trifolium arvense, le trèfle pied-de-lièvre – Pontoise © CACP – Gilles Carcassès

    Le trèfle fleurit de juin à septembre en se revêtant de nombreux poils blancs et soyeux. Son inflorescence est d’ailleurs à l’origine de son nom vernaculaire « Trèfle pied-de-lièvre ». Ses fleurs sont de type « papilionacées », comme la plupart des Fabacées : elles présentent un étendard, deux ailes et un carène.

    Fleur papilionacée de Lathyrus sylvestris, une autre Fabacée © CACP – Gilles Carcassès

    Attention à son autre nom commun

    Trifolium arvense est aussi appelé « trèfle des champs », un nom vernaculaire qu’il partage avec Trifolium campestre, une autre espèce de trèfle. Ils se différencient aisément une fois en fleur : Trifolium campestre est jaune !

    Trifolium campestre, le trèfle des champs – Carrières-sous-Poissy © CACP – Gilles Carcassès

    Sources :

    Philippe Jauzein & Olivier Nawrot, Flore d’Île-de-France, Editions Quae

    Trifolium arvense, par Identification assistée par ordinateur

    Trifolium arvense, par Florif

    Trifolium arvense, par Tela Botanica

    Retrouvez d’autres portraits de trèfles dans nos articles :

    Trifolium fragiferum, le trèfle porte-fraise

    Trifolium pratense, le trèfle des prés


lundi 2 décembre 2019

  • L’œdipode soufrée
    Oedaleus decorus, l’œdipode soufrée © CACP – Gilles Carcassès

    C’est dans les Landes au bord de la mer que j’ai rencontré l’œdipode soufrée (Oedaleus decorus). Comme beaucoup d’espèces méridionales, le massif de Fontainebleau, en Île-de-France, constitue la limite nord de sa répartition.

    Oedaleus decorus © CACP – Gilles Carcassès
    Oedalus decorus © CACP – Gilles Carcassès

    Ce joli criquet a une grosse tête globuleuse. Il est facile à reconnaître en observant les taches du pronotum.

    Deux virgules blanches obliques, de chaque côté de la carène centrale, dessinent vues de dessus un motif en « x ».

    L’œdipode soufrée n’est pas toujours verte, certains individus peuvent être bruns.

    Oedaleus decorus, forme brune vue dans les Alpilles © CACP – Gilles Carcassès

    L’espèce affectionne les dunes et les zones arides, elle est classée vulnérable dans la liste rouge des orthoptères d’Île-de-France.

    Source :

    L’atlas des orthoptères d’Île-de-France, CETTIA

    Retrouvez un autre œdipode :

    L’œdipode turquoise


vendredi 29 novembre 2019

  • Rencontres naturalistes 2019

    Un rendez-vous à ne pas manquer

    © ARB-idf

    Le samedi 7 décembre 2019, les naturalistes franciliens professionnels et amateurs se retrouvent à Nanterre pour échanger sur les sujets marquants de l’année concernant la nature. Ce rendez-vous annuel donne toujours lieu à des exposés passionnants et de riches conversations sur la vie qui nous entoure.

    Pour s’inscrire c’est ici !

    Gilles y sera !

    Le programme est déjà alléchant. Il sera bien sûr question des faits marquants régionaux (à titre d’exemple, retrouvez les faits marquants de Cergy-Pontoise) ainsi que du bilan des Inventaires éclairs du mois de juin auxquels nous avons participé. Seront également présentés les syrphes, ces étonnantes mouches rayées ; la végétalisation des pelouses sur dalles ; les oiseaux parisiens ; les poissons migrateurs et les vers luisants. Quant à notre cher Gilles, il nous parlera des galles de cécidomyies.

    Cliquez dans l’image pour un aperçu de son intervention :

    De quoi satisfaire tous les curieux de nature !

    Alors ? Curieux ? © CACP – Gilles Carcassès

    Retrouvez ses interventions des années précédentes :

    Edition 2018

    Edition 2017


jeudi 28 novembre 2019

  • Le tigre du poirier

    Après le tigre du platane, le tigre de l’andromède et le tigre du chantier, voici le tigre du poirier !

    Stephanitis pyri, le tigre du poirier (un adulte et à droite sur la nervure une petite larve) © CACP – Gilles Carcassès

    Le tigre du poirier est une punaise de la famille des Tingidae. Ses piqures provoquent des décolorations du feuillage qui peuvent être importantes quand ces insectes pullulent. Les taches noires visibles sur la photo sont ses excréments.

    Dégâts du tigre du poirier sur un cognassier du Japon (feuilles partiellement décolorées) © CACP – Gilles Carcassès

    Contrairement au tigre de l’andromède (ou tigre du Pieris), cette espèce est indigène. Elle s’attaque surtout aux pommiers et aux poiriers, mais aussi occasionnellement à d’autres plantes telles que les aubépines, les rosiers ou les châtaigniers.

    Cette espèce méridionale progresse vers le Nord (encore une !) : elle a été vue en avril 2019 à Bois-Colombes. Est-elle déjà à Cergy-Pontoise ?

    Source :

    Stephanitis pyri, par Ephytia

    Reconnaissance de différentes espèces de Stephanitis, par la Fredon PACA


mercredi 27 novembre 2019

  • Bande de tricheurs !

    Mais que fait ce bourdon ? Il se délecte du nectar de la fleur de sauge pour sûr. Mais il ne passe pas du tout par l’entrée prévue par la fleur !

    Connaissez-vous le coup des étamines à pédales ? Au cours de milliers d’années d’évolution les fleurs des sauges se sont adaptées à leur pollinisateurs (essentiellement les bourdons, mais l’ensemble des abeilles, guêpes, mouches et papillons sont aussi susceptibles d’intervenir). Les pétales, les étamines, le pistil et la réserve de nectar sont disposés de manière à ce que le butineur devienne par la même occasion un pollinisateur en récupérant et déposant des grains de pollen au fil de ses visites de fleurs.

    Ce bourdon, paresseux mais non moins ingénieux, a trouvé une parade. A la jonction entre les pétales et les sépales le nectar est disponible sans avoir à se faufiler à l’intérieur de la fleur. C’est sans doute beaucoup plus facile pour le bourdon, mais la fleur y perd sa reproduction. Et il n’était apparemment pas le seul tricheur …

    L’abeille mellifère, Apis mellifera, a trouvé la combine.

    L’abeille mellifère sur une fleur de sauge © CACP – Emilie Périé

    Le moro-sphinx, Macroglossum stellatarum, ne prend même pas le temps de se poser pour boire le nectar.

    Le moro-sphinx butinant une fleur de sauge © CACP – Gilles Carcassès

    La guêpe germanique, Vespula germanica, a également repéré l’entrée secrète.

    La guêpe germanique sur une fleur de sauge © CACP – Emilie Périé

    Vu ! Et le frelon asiatique, Vespa velutina, s’est aussi invité au buffet.

    Le frelon asiatique sur une fleur de sauge © CACP – Emilie Périé

    Quid de la pérennité des sauges ? Car sans pollinisation, pas de reproduction ! Il est possible que cette variété horticole, choyée par les jardiniers de Giverny, n’ait pas trop à pâtir de ce manque de pollinisation. Mais la question se pose pour les sauges sauvages. Verra-t-on de nouvelles évolutions de la forme de la fleur pour palier au problème ?

    Heureusement il reste encore des bons élèves. Ce bourdon fauve, probablement Bombus pascuorum, s’applique à butiner par le bon côté.

    Un bourdon fauve dans une fleur de sauge © CACP – Emilie Périé

    Retrouvez dans nos articles :

    Le coup des étamines à pédales

    Les insectes de Giverny

    Les oiseaux de Giverny

    Bourdon tricheur © CACP – Emilie Périé

mardi 26 novembre 2019

  • L’héliotrope d’Europe

    Une plante très rare

    Heliotropium europaeum – Osny © CACP – Gilles Carcassès

    Heliotropium europaeum est une plante annuelle herbacée. Dans le Val d’Oise, la base de données du Conservatoire botanique national du Bassin parisien (Flora) n’indique que deux données de localisation : une à Vétheuil et l’autre à Asnières-sur-Oise. L’héliotrope d’Europe est une plante classée « très rare » dans la base de données régionale, elle est aussi une espèce déterminante pour l’inventaire ZNIEFF. Gilles et Emilie en ont découvert une station à Osny en septembre dernier, sur un talus ensoleillé dans le secteur du moulin de Busagny.

    Heliotropium europaeum – Osny © CACP – Gilles Carcassès

    On peut la trouver dans les jachères, les friches urbaines et les pelouses piétinées. En effet, elle a la particularité d’arriver à pousser spontanément dans les espaces modifiés par l’activité de l’Homme. La plante est thermophile, elle affectionne les sols chauds et secs. Ce talus a toutes les qualités requises pour son développement.

    Attention, l’héliotrope est toxique.

    Son nom de genre, Heliotropium, fait référence au fait qu’elle tourne ses feuilles en fonction de la position du soleil dans le ciel. En réalité, cette particularité n’est pas réservée à l’héliotrope seule puisque c’est aussi le cas de nombreuses autres plantes.

    Heliotropium europaeum – Osny © CACP – Gilles Carcassès

    Une inflorescence en queue de scorpion

    L’héliotrope, tout comme le myosotis des marais (Myosotis scorpioides), présente une inflorescence dite « scorpioïde » : son extrémité se replie sur elle-même telle la queue d’un scorpion. Jusque récemment, les deux plantes faisaient partie de la famille des Boraginacées. Pour des raisons génétiques l’héliotrope a maintenant sa propre famille, celle des Heliotropiacées.

    Inflorescence scorpioïde d’Heliotropium europaeum – Osny © CACP – Emilie Périé
    Inflorescence scorpioïde de Myosotis scorpioides – Osny © CACP – Gilles Carcassès

    Sa cousine horticole

    L’héliotrope du Pérou (Heliotropium arborescens) est utilisée en horticulture pour sa floraison colorée et parfumée. L’arbrisseau est cultivé comme plante annuelle pour garnir les massifs, mais attention aux gelées qui lui seraient fatales !

    Heliotropium arborescens utilisé en massif fleuri © CACP – Gilles Carcassès

    Source :

    L’héliotrope d’Europe, par Sauvages du Poitou

    L’héliotrope d’Europe, par Jardin ! L’Encyclopédie

    Base de données naturalistes régionale CETTIA

    Retrouvez d’autres plantes de la famille des Boraginacées :

    La buglosse des champs

    La vipérine commune


lundi 25 novembre 2019

  • La punaise des baies
    Dolycoris baccarum – Vauréal © CACP – Gilles Carcassès

    Présente partout en France, la punaise des baies est l’une des plus communes des membres de la grande famille des Pentatomidae. Elle se nourrit des graines et des fruits d’au moins une cinquantaine d’arbres, d’arbustes et de plantes herbacées. On la reconnaît à ses antennes bicolores, à l’avant de sa tête nettement échancré, et aux soies dressées qui couvrent le dessus de sa tête et de son thorax.

    Les couleurs des adultes de cette espèce sont variables, allant du brun violacé au rose pâle.

    Dolycoris baccarum forme rose – Pontoise © CACP – Gilles Carcassès

    Ce spécimen couleur chair a été trouvé par des enfants de l’école des Larris de Pontoise lors d’une sortie à la découverte des insectes que nous leur avons organisée à la demande de leurs maitresses. En cliquant sur l’image ci-dessus, vous pourrez l’agrandir et voir les poils de la tête et du pronotum.

    Retrouvez d’autres portraits de punaises dans nos articles :

    La punaise en or

    La punaise nez-de-rat

    Les punaises du chou


vendredi 22 novembre 2019

  • Le village des Schtroumpfs
    Le village des Schtroumpfs – Cergy © CACP – Léo Micouin

    A Cergy, ce sont des centaines de champignons qui parsèment la pelouse du Parc des Arènes. A croire que toute une colonie de Schtroumpfs y a élu domicile et installé des maisons-champignons ! Heureusement, notre experte en mycologie Marie-Louise nous a proposé une réponse plus rationnelle. Il s’agit d’un champignon très commun en cette période : la volvaire gluante.

    Volvariella gloiocephala, la volvaire gluante

    La volvaire gluante, Volvariella gloiocephala – Cergy © CACP – Léo Micouin

    Ce champignon assez commun de mai à novembre se rencontre fréquemment en ce moment. Sans doute que les dernières pluies lui ont permis de se développer rapidement. De plus, il apparaît être un champignon fortement nitrophile, il pousse sur les substrats très riches en azote (pailles en décomposition, champs et pelouses fertilisés, tas de compost, pâtures). Il est possible que lors du récent aménagement du parc la terre apportée ait été fortement enrichie (en compost par exemple) permettant à la volvaire de s’exprimer de la sorte.

    Gluante, c’est le cas de le dire

    L’un des critères permettant de déterminer cette volvaire est l’aspect gluant de son chapeau en temps humide. Après les pluies matinales auxquelles nous avions échappé de peu, cette caractéristique était bien visible.

    Chapeau brillant et gluant de la volvaire gluante – Cergy © CACP – Léo Micouin

    Des jeunes et des vieux

    Dans ce champ de volvaire, il y avait tous les stades de développement du champignon. En effet, il présente un chapeau conique au début de sa pousse (à gauche sur la photo) qui s’aplatit au fil de sa croissance pour présenter un plateau avec un mamelon central à maturité (à droite sur l’image).

    Deux étapes du développement de la volvaire gluante – Cergy © CACP – Emilie Périé

    Un peu moins originale que l’hypothèse d’une invasion de Schtroumpfs, la détermination de Marie-Louise est pourtant plus convaincante. Merci !

    Sources :

    Les Schtroumpfs, bande-dessinée de Peyo

    La volvaire gluante, par l’INPN

    La volvaire gluante, par mycorance

    La volvaire gluante, par ChampYves

    Retrouvez d’autres histoires de champignons dans nos articles :

    Les oreilles de la terre

    Deux oreilles

    La trémelle


jeudi 21 novembre 2019

  • Un labyrinthe dans l’épaisseur d’une feuille
    Mines de Phytomyza lappae © CACP – Gilles Carcassès

    Cet impressionnant labyrinthe est l’œuvre de larves mineuses d’un moucheron de la famille des Agromyzidae (diptères). Phytomyza lappae est inféodée aux bardanes. Les mines sont sinueuses au début puis elles longent des nervures.

    Mine de Chromatomyia aprilina – Jouy-le-Moutier © CACP – Gilles Carcassès

    Dans la même famille, voici Chromatomyia aprilina qui s’attaque aux chèvrefeuilles et aux symphorines. Sa forme est en étoile, la branche la plus longue contourne le bord de la feuille. On voit le trou de sortie du moucheron sur la feuille de gauche.

    Retrouvez d’autres espèces mineuses de feuilles (lépidoptères) :

    La mine digitée du robinier

    La mineuse du platane

    Ligne continue : pas doubler !

    La mite à trois bandes


mercredi 20 novembre 2019

  • Les plantes rares de la mare de l’Hautil
    La mare de l’Hautil – Triel-sur-Seine © CACP – Emilie Périé

    A quelques centaines de mètres au-dessus de la ferme d’Ecancourt, sur la commune de Triel sur Seine, nous préparons une sortie biodiversité pour des élèves de seconde au lycée de l’Hautil. Juste à l’entrée de la forêt se trouve la mare de l’Hautil. Ce trou d’eau parfaitement circulaire ne paraît pas très naturel. Effectivement, les panneaux aux abords nous apprennent qu’il s’agit d’un site historique créé pour la pêche qui a également longtemps servi comme abreuvoir. Les bovins que l’on conduisaient à pieds depuis le Vexin sur les marchés franciliens faisaient étape sur la mare de l’Hautil pour s’abreuver. Pourtant, malgré la forte incidence de l’Homme sur l’aménagement du site, ce disque d’eau nous réserve quelques belles surprises botaniques.

    Le millepertuis des marais

    Le millepertuis des marais, Hypericum elodes – Triel-sur-Seine © CACP – Emilie Périé

    Cette petite plante aquatique est extrêmement rare dans la région. On n’en connait plus que trois stations : une dans le Gâtinais, une en forêt de Rambouillet et une sur la mare de l’Hautil. Elle y avait été découverte en 2014 et paraît s’être bien installée. Y était-elle arrivée naturellement ? Nous ne saurons le dire. Toutefois la plante est protégée à l’échelle régionale, est classée déterminante ZNIEFF et est considérée comme « En danger » dans la liste rouge régionale de la flore vasculaire. Autant de bonnes raisons pour encourager ses fleurs jaunes et ses feuilles duveteuses à s’épanouir sur les berges de la mare.

    L’hydrocotyle commun

    L’hydrocotyle commun, Hydrocotyle vulgaris -Triel-sur-Seine © CACP – Gilles Carcassès

    Bien qu’il s’appelle « commun » cet hydrocotyle est rare dans la région. Il est également déterminant ZNIEFF. Cette petite plante aquatique fleurit les berges de juin à septembre de toutes petites fleurs blanches. Ses feuilles peltées, en forme d’écuelle, persistent plus longtemps sur les berges de la mare et lui valent le nom d’écuelle d’eau. C’est d’ailleurs grâce à cette forme particulière des feuilles qu’on différencie l’hydrocotyle commun de l’autre hydrocotyle, Hydrocotyle ranunculoides, encore plus rare dans la région.

    La succise des prés

    La succise des prés, Succisa pratensis – Triel-sur-Seine © CACP – Emilie Périé

    La succise des prés est assez commune dans la région mais typique des prés et bois humides et on l’observe assez peu sur Cergy-Pontoise. Ses fleurs bleues ou violettes colorent les hauts de berges entre juillet et octobre. Nous avons eu de la chance d’en trouver encore quelques-unes en fin de saison.

    Et la faune ?

    Bien qu’occupés à observer la flore des berges nous n’avons pas manqué la visite du héron cendré, du couple de martins-pécheurs et de quelques canards. Le site est réellement intéressant pour la biodiversité, les élèves du lycée de l’Hautil ne devraient pas être déçus !

    Sources :

    Retrouvez d’autres reportages sur les mares du territoires :

    Mare forestière de Boisemont

    Mare des Larris

    Mare de la maison des Russes


mardi 19 novembre 2019

  • Le bombyx du chêne
    Lasiocampa quercus femelle © CACP – Gilles Carcassès

    Un bombyx du chêne est venu un soir à la lumière de la terrasse. Je l’ai sauvé des griffes du chat, mais il en garde quelques séquelles. De couleur caramel blond avec des antennes fines, c’est une femelle.

    Lasiocampus quercus mâle © CACP – Gilles Carcassès

    Le mâle de cette espèce est nettement bicolore (caramel et chocolat). Ses antennes pectinées lui servent à pister les femelles : il est capable de repérer quelques molécules de phéromones sur de longues distances.

    Chenille de Lasiocampa quercus rencontrée sur une feuille de viorne lantane – Vauréal © CACP – Gilles Carcassès

    La chenille du bombyx du chêne est très poilue. Elle fréquente les chênes bien sûr, mais aussi les bruyères, les genêts, la viorne lantane, et de nombreuses autres espèces d’arbres et d’arbustes.

    Source :

    Le Bombyx du chêne, par André Lequet

    Retrouvez d’autres papillons de nuit :

    Mes belles nuits d’été

    La chasse nocturne aux papillons : facile !

    Le bombyx disparate


lundi 18 novembre 2019

  • Ne vous trompez pas de cèpes

    L’automne est la saison des champignons de forêt. Il est vrai qu’il est fort agréable de cuisiner une omelette aux cèpes que l’on a soi-même ramassés en forêt. Mais gare aux mauvaises récoltes ! Le monde des champignons est aussi fascinant que dangereux. On comptabilise plus de 500 intoxications dues aux champignons cette saison. Pour la cueillette, faites-vous accompagnez d’un expert.

    Par exemple, chez les cèpes, champignons du groupe Boletus, il existe plus d’une cinquantaine d’espèces référencées dans l’INPN, mais toutes ne sont pas présentes sur le territoire de Cergy-Pontoise. Parmi les plus communes un certain nombre sont toxiques. Attention à ne pas confondre le cèpe de Bordeaux (Boletus edulis), à l’honneur de toutes les cueillettes, avec l’un de ses cousins aux effets désagréables.

    Voici quelques-uns des faux-amis à ne pas inviter à sa table.

    Boletus satanas

    Boletus satanas © CACP – Gilles Carcassès

    Le bolet de Satan… Son nom est suffisamment évocateur, mieux vaut le laisser à la limace qui grignote son pied. C’est sans doute le bolet qui a la plus grande réputation de champignon toxique. La couleur rouge du pied associée à l’aspect globuleux du chapeau sont de bons indicateurs de l’espèce. Il est, de plus, plutôt rare, une raison supplémentaire pour le laisser en forêt.

    Boletus satanas, partie inférieure du chapeau © CACP – Gilles Carcassès

    Attention : les tubes (partie inférieure du chapeau) sont rouges à maturité mais jaunes au début du développement.

    Boletus luridus

    Boletus luridus © CACP – Gilles Carcassès

    Le bolet blafard a la forme caractéristique des champignons du genre Boletus : un chapeau hémisphérique sur un gros pied. Mais, à la différence du cèpe de Bordeaux qui a un réseau de mailles blanches sur le pied, le bolet blafard est réticulé de rouge. Là encore, mieux vaut passer son chemin, il est toxique.

    Boletus felleus / Tylopilus felleus

    Boletus felleus © CACP – Gilles Carcassès

    Ce bolet amer est ici déjà un peu vieux. Avec le temps les champignons du genre Boletus voient leur chapeau, hémisphérique au début du développement, se retourner pour former un plateau, leur donnant un tout autre aspect. Il se différencie du Cèpe de Bordeaux par le réseau de son pied aux mailles plus grandes et plus foncées et par ses pores, bien visibles dans cette configuration, qui tirent sur le rose, alors que ceux de Boletus edulis verdissent en vieillissant. Sa forte amertume le rend inconsommable.

    Quoi qu’il arrive, avec les champignons, la prudence est de mise. Pensez à examiner un à un tous les champignons de la récolte et surtout, ne consommez que ceux pour lesquels vous êtes certains de votre détermination.

    Sources :

    Boletus edulis, par MycoDB

    Boletus satanas, par MycoDB

    Boletus luridus, par MycoDB

    Boletus felleus, par MycoDB

    Les bolets toxiques, par Passions champignon

    Retrouvez d’autres histoires de champignons dans nos articles :

    L’aventure du gros cèpe

    Trois champignons violets

    La saison des champignons


vendredi 15 novembre 2019

  • BirdLab : une nouvelle saison démarre !

    Youpi! L’hiver arrive, et avec lui une nouvelle saison de BirdLab. A partir de demain, 16 novembre 2019, il sera temps de raccrocher les mangeoires et de les remplir : la période de nourrissage et d’observation dure jusqu’à mi-mars.

    Mais pourquoi c’est important ?

    On peut observer les oiseaux depuis sa fenêtre

    N’est-ce pas agréable que de croiser le regard charmeur de cette mésange bleue au petit déjeuner ?

    Mésange bleue à la mangeoire © CACP – Gilles Carcassès

    Le protocole BirdLab permet non seulement de définir un temps d’observation des oiseaux, mais aussi d’apprendre à les reconnaître de manière ludique. L’application (gratuite) spécialement développée pour le protocole rassemble des quiz, des fiches descriptives des espèces, un rappel sur le protocole et le système de saisie des données interactif. Les petits et les grands peuvent l’utiliser sans peine.

    On contribue à enrichir les données scientifiques

    BirdLab est un protocole de sciences participatives développé par le Muséum national d’Histoire naturelle, la Ligue de Protection des Oiseaux et AgroParisTech. Toutes les données saisies dans l’application sont ensuite utilisées par les chercheurs pour leurs travaux.

    Groupe de verdiers d’Europe à la mangeoire © CACP – Gilles Carcassès

    Cela leur permet notamment d’évaluer les dynamiques des populations, de comprendre l’effet des paysages sur la répartition des oiseaux, d’analyser les comportements (par exemple, c’est assez fréquent que les verdiers viennent en groupe à la mangeoire) et par la suite, d’évaluer les effets climatiques sur les effectifs à la mangeoire. De plus, les données transmises sont de plus en plus nombreuses et d’une grande fiabilité ! Continuons !

    C’est bénéfique pour les oiseaux !

    Une étude anglaise l’a récemment montré : le nourrissage augmente la diversité, en espèces et en individus, des oiseaux en ville. Bonne nouvelle non ?

    Pinson des arbres à la mangeoire © CACP – Gilles Carcassès

    Il ne s’agit pas de déplacement de populations vers des zones de nourriture plus abondante ou de concurrence entre les espèces adeptes des mangeoires et les plus timides, mais bien d’une réelle augmentation des effectifs ! Démonstration encourageante pour la poursuite du protocole.

    Le Royaume-Uni a une culture du nourrissage* vieille de plusieurs décennies, mais le nombre de mangeoires progresse en France également. On devrait pouvoir développer la suite des études sur les effets globaux en termes d’écologie. Affaire à suivre.

    *N.B : on parle bien de nourrissage à la mangeoire à base de graines ou de graisses. Ne jetez surtout pas de pain dans les parcs ou les bassins. Cela rend les animaux malades et l’excès de matière organique ainsi engendré pollue énormément.  

    Sources :

    Le protocole BirdLab, par Vigie-Nature

    L’utilisation des données de BirdLab, par Vigie-Nature

    Présentation de l’étude anglaise, par Vigie-Nature

    Retrouvez dans nos articles quelques observations à la mangeoire :

    Présentation du protocole BirdLab

    Reconnaître les oiseaux du jardin

    Le dessert des mésanges

    Acrobaties aux mangeoires


jeudi 14 novembre 2019

  • Connaissez-vous les mélitées ?
    Mélitée (Melitaea sp.) © CACP – Gilles Carcassès

    Les mélitées, les damiers et les nacrés sont ces papillons de jour dont les ailes sont orange, parfois tachées de blanc, et quadrillées ou pointillées de noir. Ces espèces sont de détermination difficile si l’on ne prend pas soin d’observer le dessus et le dessous des ailes. En effet de nombreux critères prennent en compte l’ornementation du revers des ailes. Une excellente clé permet alors de s’y retrouver sans trop de peine : elle décrit 21 espèces de damiers, mélitées et nacrés présents en Champagne-Ardenne. A part quelques raretés, ce sont les mêmes espèces qu’en Ile-de-France.

    Une vue du dessous :

    Melitaea cinxia © CACP – Gilles Carcassès

    Et une du dessus !

    Melitaea cinxia © CACP – Gilles Carcassès

    Les 7 espèces de mélitées de la clé sont assez sélectives quant à la nourriture de leurs chenilles, on cherchera donc ces papillons dans les endroits où croissent leurs plantes hôtes :

    Melitaea athalia : sur les mélampyres, les plantains, les véroniques
    Melitaea aurelia : sur les plantains
    Melitaea cinxia : sur les plantains, parfois les véroniques
    Melitaea diamina : sur les valérianes
    Melitaea didyma : sur les plantains et quelques scrophulariacées
    Melitaea parthenoides : sur les plantains
    Melitaea phoebe : sur les centaurées, les cirses, les bardanes, les plantains

    Une autre mélitée, probablement Melitaea nevadensis, vue dans le Tarn © CACP – Gilles Carcassès

    Retrouvez d’autres papillons du groupe des nacrés :

    Le petit nacré

    Le tabac d’Espagne


mercredi 13 novembre 2019

  • L’altise rouge
    Sphaeroderma sp. © CACP – Gilles Carcassès

    J’ai trouvé sur une bardane à petites têtes ce joli coléoptère d’un rouge brillant. C’est une chrysomèle de la sous-famille des Alticinae, espèces sauteuses que l’on reconnaît aux gros fémurs des pattes postérieures.

    Un numéro de funambule sur un capitule de bardane !

    Sphaeroderma sp. © CACP – Gilles Carcassès

    On aperçoit sur la photo ci-dessus le gros fémur en question.

    Sphaeroderma sp. © CACP – Gilles Carcassès

    Pour différencier Sphaeroderma rubidum de Sphaeroderma testaceum, il faudrait avoir une vision nette de la présence ou pas d’une ponctuation à la base du pronotum. Je ne m’avancerai pas et en resterai prudemment au genre.

    Ravageur des artichauts

    Ces espèces sont appelées altises rouges, elles sont connues pour être des ravageurs des artichauts. On les rencontre aussi sur les cirses, les centaurées, les bardanes, parfois les onopordons.

    Source :

    Les Chrysomèles, par Euphytia (INRA)

    Retrouvez d’autres portraits de chrysomèles :

    Le gribouri à deux taches

    Bonbon à la menthe

    Les donacies, fossiles vivants

    Le doryphore


mardi 12 novembre 2019

  • L’épeire à 4 points

    Bravo à Juliet, José et Véronique qui sont les premiers à avoir retrouvé la bête !

    En effet, ces 4 grosses taches blanches disposées en carré sont le signe distinctif de Araneus quadratus, l’épeire à 4 points ou épeire carrée.

    L’épeire à 4 points – Pontoise © CACP – Gilles Carcassès

    Cette élégante araignée habite nos prairies durant l’été. Son cycle de vie est annuel. Les œufs éclosent au printemps, les araignées grandissent, muent, puis se reproduisent durant l’été. Les œufs passent l’hiver alors que les adultes meurent au cours de l’automne. Cette rescapée trouvée fin septembre n’en avait plus pour très longtemps. Elle a cependant fortement impressionnée les élèves de l’école des Larris lors de leur chasse aux insectes*. Pourtant, selon mes sources, elle consomme essentiellement des criquets et sauterelles, et assez peu d’enfants.

    *NB : les araignées ne sont pas des insectes, mais des arachnides. Cela faisait partie des connaissances transmises aux élèves lors de l’animation.

    Outre ses 4 taches blanches, cette araignée a une grande variabilité de couleurs, allant du jaune, vert clair au brun en passant par le rouge et le orange. Par exemple, cette araignée tissant sa toile dans les pulicaires dysentériques de Courdimanche est aussi Araneus quadratus.

    L’épeire à 4 points – Courdimanche © CACP – Alexandra Marques

    Sources :

    L’épeire à 4 points, par Quel est cet animal

    L’épeire à 4 points, par l’INPN

    Retrouvez d’autres araignées de la même famille :

    La petite bouteille

    La belle à rayures


vendredi 8 novembre 2019

jeudi 7 novembre 2019

  • Verbascum densiflorum, plante rare à Cergy-Pontoise

    Un molène, rare et en double !

    Verbascum densiflorum – Osny © CACP – Emilie Périé

    De grosses fleurs jaunes, une plante bien dressée et des feuilles douces comme des caresses, pas de doute nous avons affaire à un molène (plantes du genre Verbascum) !

    Tâche à nous maintenant de l’identifier parmi les 8 espèces présentes en Île-de-France. Les critères de différenciation sont assez simples, bien que peu ordinaires. Nous commençons par observer la couleur des poils des étamines ! Ici ils sont blancs. Le stigmate a une forme de massue et les feuilles sont très décurrentes : il s’agit bien de Verbascum densiflorum, le molène à fleurs denses, espèce rare en Île-de-France. Et nous en avons vu deux stations : une à Osny et une à Pontoise. Sur cette dernière d’ailleurs les individus avaient un port ramifié peu fréquent chez cette espèce. Que de trouvailles !

    Verbascum densiflorum – Pontoise © CACP – Emilie Périé

    Des feuilles à câliner

    La plupart des molènes ont cette particularité d’avoir des feuilles extrêmement poilues qui les rend très douces au toucher. L’aspect cotonneux est même visible à l’œil. Cela leur donne un charme tout particulier.

    Feuilles de Verbascum © CACP – Gilles Carcassès
    Verbascum mangé par une cucullie © CACP – Gilles Carcassès

    Sources :

    La Flore d’Île-de-France, par Philippe Jauzein et Olivier Nawrot

    La base de données d’Île-de-France CETTIA

    Verbascum densiflorum, par FLORIF

    Retrouvez un autre molène dans cet article :

    Le molène bouillon-blanc


mercredi 6 novembre 2019

  • Le triton ponctué

    Difficile à reconnaître

    Triton ponctué – Pontoise @ CACP – Emilie Périé

    A la recherche d’insectes qui seraient cachés sous des pierres, nous avons fait la rencontre de ce triton. Les spécialistes insistent sur la difficulté de l’identifier à cette période de l’année mais il semblerait que nous soyons en présence d’une femelle de triton ponctué en phase terrestre. Son acolyte, le triton palmé, lui ressemble fortement. Les critères de différenciation sont ténus. Je fais confiance aux herpétologues chevronnés m’ayant confirmé son nom !

    Rare et protégé

    Le triton ponctué, Lissotriton vulgaris, est assez rare dans la région. Il est de plus, comme tous les amphibiens de France, protégé par arrêté ministériel. C’est une bonne nouvelle que de le croiser sur notre territoire !

    Triton ponctué en hivernation – Pontoise © CACP – Emilie Périé

    Comme la plupart de ses congénères, le triton ponctué alterne entre deux phases : vie aquatique et vie terrestre. Au printemps, il entame sa vie aquatique. Les adultes arborent des couleurs beaucoup plus marquées (et ponctuées de taches noires, d’où son nom) et les mâles développent une crête importante. C’est la période de reproduction, il faut se montrer sous son meilleur jour ! Les larves grandissent ensuite dans l’eau et se nourrissent, comme leurs parents, d’insectes, de crustacés et de mollusques. A l’automne, elles se métamorphosent et deviennent de jeunes adultes.

    A l’hiver, les tritons adultes et juvéniles s’installent en phase terrestre, généralement sous des rochers ou des troncs pour hiverner. Leurs couleurs deviennent plus ternes (il est presque impossible des les différencier du triton palmé), les mâles perdent leurs crêtes et les activités ralentissent. Au printemps prochain, ils ressortiront, en habits de fête, pour démarrer une nouvelle saison. Ce cycle peut se répéter de nombreuses fois : les tritons vivent jusqu’à 20 ans !

    Notre premier dragon !

    Ce petit triton ponctué nous a permis de faire notre premier signalement de dragon ! Vous pouvez le retrouver dans la galerie du site Un dragon dans mon jardin.

    wallpaper

    NB : nous avons trouvé ces tritons fortuitement. Nous avons bien évidement pris garde à ne pas les toucher et à remettre leur abris en place pour leur permettre de passer l’hiver en sécurité.

    Sources :

    Le triton ponctué, par l’INPN

    Le triton ponctué, par DORIS

    Les tritons, dans Un dragon dans mon jardin

    Retrouvez d’autres histoires de dragons :

    Le protocole Un dragon dans mon jardin

    Les dragons de la source

    Le triton alpestre 


mardi 5 novembre 2019

  • La pulicaire dysenterique

    Une plante aux différents usages

    Cette plante herbacée de la famille des Asteraceae était jadis reconnue pour ses vertus médicinales. Comme peut le laisser supposer son nom latin, Pulicaria dysenterica était employée pour soulager la dysenterie.

    Pulicaire dysentérique – Courdimanche © CACP – Emilie Périé

    Si l’on s’intéresse à l’étymologie de son nom de genre, on s’aperçoit que là n’était pas son seul usage. En effet, Pulicaria vient du latin Pulex qui signifie « puce ». En plus de ses propriétés médicinales, la pulicaire était utilisée pour tenir les puces à distance. Il se peut que vous la connaissiez sous le nom d’Herbe de Saint-Roch. Une légende du Morvan l’associe effectivement au protecteur des animaux, c’est d’ailleurs pour cela que l’on installait des bouquets de cette herbe dans les étables.

    Un éclat de lumière dans l’eau

    Assez commune en milieux humides, cette espèce peut être observée près des cours d’eau, sur les berges et les fossés ainsi que dans certaines prairies humides. Elle fait d’ailleurs partie des plantes indicatrices des zones humides.

    Son capitule jaune vif offre une luminosité florale aux promeneurs des berges, et ce ne sont pas les seuls à en bénéficier :

    L’abeille Panurgus sp. et la mouche Myopites apicatus butinent la pulicaire – Courdimanche © CACP – Alexandra Marques

    Cette plante indigène d’Île-de-France attire de nombreux pollinisateurs tels que Myopites apicatus (à droite sur la photo), une espèce inféodée à Pulicaria dysenterica.

    Myopites apicatus sur le capitule de Pulicaria dysenterica – Courdimanche © CACP – Alexandra Marques

    Cette petite mouche pond ses œufs exclusivement dans le capitule de dysenterica.

    A ne pas confondre avec…

    La très rare Pulicaria vulgaris, dont la différence réside dans la forme des feuilles.

    Sources :

    Philippe Jauzein & Olivier Nawrot, Flore d’Île-de-France, Editions Quae

    La pulicaire dysentérique, par la Société Française d’Orchidophilie de Poitou-Charentes et Vendée

    La pulicaire dysentérique, par Forêt d’Orléans

    Retrouvez d’autres plantes de milieux humides :

    Le jonc des crapauds

    La lychnide fleur de coucou

    Quelques plantes des Noirs marais


lundi 4 novembre 2019

  • Marron ou châtaigne ?

    La question se pose. Il est vrai que le parler populaire entretient la confusion : les marrons chauds et les marrons glacés sont en réalité des châtaignes. Les marrons, les vrais, sont grandement toxiques !

    Petits conseils pour ne pas se tromper lors de la prochaine balade en forêt :

    Premier indice : les feuilles de l’arbre sous lequel ramasser les châtaignes

    Les châtaignes et les marrons sont portés par des arbres somme toute très différents. Le châtaignier, Castanea sativa, est indigène en Europe. Il a des feuilles entières, fortement dentées et terminées par une pointe.

    La feuille de châtaigner est entière © CACP – Emilie Périé

    Le marronnier, Aesculus hippocastanum, a été introduit en Europe pour l’ornement. Ses feuilles sont divisées en 5 lobes, comme les cinq doigts d’une main. Attention : lorsque à l’automne les feuilles tombent, les lobes se séparent. Mieux vaut se fier à celles encore en place.

    La feuille du marronnier est découpée en cinq lobes © CACP – Emilie Périé

    Deuxième indice : les bogues

    Encore une indication qui oriente vers la bonne identification du fruit que l’on ramasse. Si le fruit est dans une bogue recouverte d’épines, comme un oursin, c’est une châtaigne. S’il est dans une bogue dure et piquante comme une carapace à pointes, c’est un marron !

    A gauche la bogue du marronnier, à droite la bogue du châtaignier © CACP – Emilie Périé

    Enfin, identifier le fruit

    Le marron est tout rond alors que la châtaigne a une face plate et une petite coiffe épineuse à l’une des extrémités. Impossible de se tromper !

    A gauche un marron, à droite des châtaignes ©CACP – Emilie Périé

    Alors, prêts pour la cueillette ?

    Retrouvez d’autres confusions à ne plus faire dans nos articles :

    Couleuvre ou vipère ?

    Ceci n’est pas une mouette

    Ceci n’est pas un scorpion


jeudi 31 octobre 2019

  • Nouvelles rencontres en 2019

    Comme l’an dernier, nous vous présentons nos découvertes de 2019.  Ces douze espèces n’avaient pas encore fait l’objet d’observations au plan national ou régional.

    1ère inscription nationale (INPN) :

    Un hyménoptère

    Galle de tige de Timaspis lampsanae sur Lapsana communis © CACP – Gilles Carcassès

    J’ai observé cette galle de Cynipidae à Feucherolles et à Clairefontaine-en-Yvelines. Nous l’avons aussi rencontré dans le parc du château de Grouchy à Osny.

    1ères données régionales (Cettia Ile-de-France) :

    Deux acariens

    Aceria lycopersici sur la morelle douce-amère – Jouy-le-Moutier © CACP – Gilles Carcassès
    Aceria echii, l’Aceria de la vipérine- campus de Neuville-sur-Oise © CACP – Gilles Carcassès

    Les Aceria sont des acariens qui provoquent souvent chez les plantes contaminées des formes nanifiées et très ramifiées. Il existe de nombreuses espèces inféodées à une seule plante. Nous avions rencontré l’an dernier Aceria genistae, sur le genêt à balais.

    Sept diptères

    Myopites apicatus sur une fleur de pulicaire – Courdimanche © CACP – Alexandra Marques
    Couple de Goniglossum wiedemanni sur une bryone – Cergy © CACP – Gilles Carcassès
    Couple de Tephritis separata sur une picride fausse-épervière – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

    Les trois mouches Tephritidae ci-dessus sont respectivement inféodées à la pulicaire, à la bryone et à la picride fausse-épervière.

    Galles de Dasineura gleditchiae sur un févier – Vauréal © CACP – Gilles Carcassès
    Dasineura rosae sur l’églantier – Courdimanche © CACP – Gilles Carcassès
    Obolodiplosis robiniae sur le robinier – Vauréal © CACP – Gilles Carcassès

    Les trois espèces ci-dessus sont des diptères Cecidomyiidae qui provoquent des galles sur folioles.

    Galles de Kiefferia pericarpiicola – Osny © CACP – Gilles Carcassès

    Cette cécidomyie pond dans les graines de carotte et d’autres Apiaceae. Les graines déformées et creuses abritent la larve.

    Un hyménoptère

    Formica pratensis – Neuville-sur-Oise © CACP – Gilles Carcassès

    La fourmi rousse des prés colonise souvent les bords de route.

    Un homoptère

    Macrosiphoniella tanacetaria – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

    On rencontre parfois cette très belle espèce aux yeux rouges sur la tanaisie.

    Retrouvez plus d’informations sur ces espèces dans nos reportages :

    Timaspis lampsanae (Retour sur la rencontre technique 2019 à Clairefontaine et Bonnelles)

    Aceria echii et Aceria lycopersici (Galles en choux-fleurs)

    Goniglossum wiedemanni (Le petit monde des bryones)

    Tephritis separata (La mouche des picrides)

    Dasineura gleditchiae (le secret des beaux féviers)

    Kiefferia pericarpiicola (la cécidomyie de la carotte)

    Formica pratensis (La fourmi rousse des prés)

    Macrosiphoniella tanacetaria (Le puceron de la tanaisie)


mercredi 30 octobre 2019

  • Des nouvelles de l’équipe

    Un départ

    Un envol vers de nouvelles aventures © CACP – Emilie Périé

    Après une longue et riche carrière au service de la gestion des espaces verts et de la protection de la biodiversité, Gilles prend une retraite bien méritée !

    Une arrivée

    © Marion Poiret

    Un nouveau nom va apparaître parmi les auteurs : celui de Léo Micouin. Nouvel arrivé dans l’équipe en tant qu’apprenti, il sera à nos côtés tout au long de l’année 2019/2020. Après des études en BTS Aménagement Paysager, il entame une licence professionnelle en Ecologie Urbaine à l’école Du Breuil.

    Un peu de changement

    L’équipe passant de 2 à 1,5 il a fallu redistribuer les missions. Il est possible qu’à partir de l’année prochaine les articles paraissent moins fréquemment dans la semaine… Mais pas d’inquiétude, le blog continue et Gilles ne part pas sans laisser de matière, vous verrez sa patte dans de nombreux articles à venir !

    Mais au fait, qui sommes nous ?

    Qui sommes-nous ?

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mardi 29 octobre 2019

  • Le puceron de la tanaisie
    Pucerons sur une tanaisie – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

    Au sommet d’un pied de tanaisie, j’ai observé ces pucerons d’un beau vert franc rayé de gris, ce qui les rend particulièrement discrets sur leur plante hôte. Il s’agit de Macrosiphoniella tanacetaria. Cette espèce fréquente préférentiellement la tanaisie, mais on peut aussi la trouver sur les armoises, les achillées, les matricaires, les marguerites et d’autres Astéracées.

    Macrosiphoniella tanacetaria – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

    Il faut une bonne loupe pour admirer les beaux yeux rouges de ces pucerons (cliquez sur la photo ci-dessus pour profiter des détails). La composition chimique du miellat produit par cette espèce n’attire pas les fourmis. Son accumulation sur les feuilles fait en revanche le bonheur d’autres insectes, notamment les guêpes.

    Voici deux autres espèces de Macrosiphoniella, photographiées sur leur plante hôte préférée :

    Macrosiphoniella absinthii – Jouy-le-Moutier © Gilles Carcassès

    Macrosiphoniella absinthii se nourrit sur les absinthes et d’autres armoises.

    Macrosiphoniella millefolii – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

    Macrosiphoniella millefolii est spécifique de l’achillée millefeuille.

    Sources :

    Macrosiphoniella tanacetaria, par Influentialpoints

    Les pucerons sur la tanaisie, par Influentialpoints

    Macrosiphoniella absinthii, par Influencialpoints

    Macrosiphoniella millefolii, par Influencialpoints


lundi 28 octobre 2019

  • Aidons les hérissons

    Pique pique !

    Hérisson d’Europe © CACP – Gilles Carcassès

    Cette adorable petite boule de piquants est devenue une mascotte de la nature en ville et des leçons d’écologie à l’école. Mais connaissez-vous bien le hérisson d’Europe ?

    Ericaneus europaeus est un mammifère protégé à l’échelle nationale et une espèce dont les populations ont fortement chuté ces dernières années. Sa protection devient une priorité.

    En plus de son faciès attachant, le hérisson est un fabuleux auxiliaire des jardiniers. En effet, son régime alimentaire naturel est principalement composé de limaces, escargots, chenilles, hannetons et fruits tombés au sol. En revanche, si les croquettes du chat sont à hauteur de son museau, il n’hésitera pas à en chiper quelques-unes !

    A cette période de l’année on peut l’entendre fourrager dans les jardins : il prépare son hibernation. Le hérisson a fini de se nourrir durant le printemps et l’été et il construit son nid à partir de feuilles et de mousse dans un coin calme du jardin (sous la haie, derrière le tas de bois, derrière l’abri,…). Il y passera tout l’hiver, profondément endormi.

    Comment aider le hérisson à survivre dans nos jardins ?

    Voici quelques conseils qui rendront services aux hérissons :

    • Comme la plupart des mammifères seuls les jeunes sont capables de digérer le lait, de leur mère uniquement. Ne leur donnez surtout pas de lait de vache, cela les rend malades. En revanche, mettre à disposition un peu d’eau peut les aider grandement.
    • Il est inutile de les nourrir et il peut être judicieux de mettre les croquettes des animaux domestiques un peu en hauteur, ou en intérieur.
    • Les feuilles mortes constituent le matériau principal de construction des nids, ne les ramassez pas trop tôt dans l’automne pour laisser le temps aux hérissons de s’installer. De même, préserver des espaces tranquilles dans le jardin où ils passeront l’hiver en paix.
    • Les hérissons ont besoin d’une surface d’environ 1 ha comme terrain de chasse. Ces surfaces sont difficiles à réunir en ville. Pensez à ménager des passages dans les murs et clôtures.
    • Participez au recensement national. Il reste encore quelques jours pour signaler à France Nature Environnement les hérissons que vous avez vus dans votre jardin. Les résultats de cette étude devraient permettre de comprendre les raisons de la chute des populations.
    Passage à hérisson dans la clôture du jardin école de Vauréal © CACP – Emilie Périé

    Sources :

    Favoriser le hérisson, par Jardinez Autrement

    Le suivi des hérissons, par France Nature Environnement

    L’enquête de suivi des hérissons

    Retrouvez d’autres auxiliaires de jardins :

    Les auxiliaires du jardin

    Le hérisson de 22h18


vendredi 25 octobre 2019

  • Collection d’automne : le lierre et les pollinisateurs

    Banquet à volonté !

    Il y a foule autour des fleurs de cette touffe de lierre. En effet, du fait de sa floraison tardive à l’automne, le lierre représente l’une des dernières sources de pollen et de nectar de la saison pour de nombreux pollinisateurs. C’était l’occasion rêvée pour réaliser une collection SPIPOLL.

    Le protocole SPIPOLL, pour Suivi Photographique des Insectes POLLinisateurs est un protocole de sciences participatives porté par le Muséum national d’Histoire naturelle (MnHn) et l‘Office pour les insectes et leur environnement (OPIE). Il s’agit de photographier durant 20 minutes tous les insectes se posant sur une fleur choisie. Vous pouvez retrouver notre collection validée par les experts entomologistes du programme.

    Voici quelques-uns des plus beaux spécimens

    La collète du lierre © CACP – Emilie Périé

    La collète du lierreColletes hederae, est une petite abeille sauvage inféodée au lierre.

    L’éristale opiniâtre © CACP – Emilie Périé

    L’éristale opiniâtre, Eristalis pertinax, est une grosse mouche exclusivement butineuse.

    L’hélophile suspendu © CACP – Emilie Périé

    Très chic cette mouche ! L’hélophile suspenduHelophilus pendulus, fait également partie de la famille des éristales, ces mouches butineuses.

    Deux frelons asiatiques © CACP – Emilie Périé

    Le frelon asiatique, Vespa velutina, est un hyménoptère pollinisateur. Le voici attablé à déguster un peu de nectar de lierre.

    L’éristale des fleurs © CACP – Emilie Périé

    Encore un éristale ! Cette fois-ci il s’agit de l’éristale des fleursMyathropa florea, que l’on appelle aussi la mouche Batman en raison du symbole noir que l’on voit sur son dos.

    La xylote indolente © CACP – Gilles Carcassès

    Et… oui, encore une mouche de la famille des éristales, décidément bien représentée sur ce lierre : la xylote indolente, Xylota segnis.

    Et ce n’est qu’un petit échantillon de ce qu’il est possible de trouver dans un lierre : guêpes, frelons, abeilles, mouches, coccinelles, mais aussi moineaux, fauvettes, mésanges et pinsons, y trouvent le gîte et le couvert à une période de diminution des ressources. Le lierre est donc une plante indispensable à la biodiversité urbaine.

    N.B : seul le lierre grimpant est capable de fleurir, il lui faut donc un support. Murs, poteaux, arbres, grillages … laissons-le habiller nos façades.

    Il reste encore des fleurs en ce moment, lancez-vous dans un SPIPOLL !

    Sources :

    L’éristale opiniâtre, par Quel est cet animal ?

    L’hélophile suspendu, par Quel est cet animal ?

    La xylote indolente, par Quel est cet animal ?

    Le SPIPOLL

    Retrouvez une autre collection de lierre d’automne dans cet article :

    Le meilleur resto des sentes de Pontoise

    Ca grouille ! © CACP – Emilie Périé

mercredi 23 octobre 2019

  • Fin de saison aux Jardins de Claude Monet : les oiseaux sont à la fête !

    Quand les plantes du jardin sont en graines, la table est mise pour les oiseaux !

    Moineau domestique mâle – Jardins de Claude Monet à Giverny © CACP – Gilles Carcassès

    Voici un moineau très intéressé par les fines graines d’une amarante géante à grappes dressées.

    Moineau domestique femelle © CACP – Gilles Carcassès

    Un peu plus loin, cette femelle cueille un à un les fruits d’une renouée Persicaria virginiana ‘Filiformis’, belle vivace au feuillage décoratif et aux épis très aériens.

    Pinson des arbres femelle © CACP – Gilles Carcassès

    Ce pinson n’est pas en reste : il picore la chair des petits fruits d’un pommier d’ornement.

    Rouge-gorge © CACP – Gilles Carcassès

    Et ce rouge-gorge perché dans un rhododendron au bord d’une allée, quelle gourmandise de saison va-t-il choisir ?

    Il est venu chercher à mes pieds les miettes de mon casse-croûte !

    Retrouvez la planche de reconnaissance des oiseaux de jardins dans notre article :

    Compter les oiseaux : pourquoi, comment ?


  • Galles en choux-fleurs

    Une vipérine toute frisée !

    Aceria echii déformant un pied de vipérine – Neuville-sur-Oise © CACP – Gilles Carcassès

    Cette plante frisottée aux tiges nanifiées est habitée par des acariens du genre Aceria. Leur présence provoque ces galles aux formes étonnantes. Voici pour comparer l’allure normale de vipérines :

    Vipérines – Carrières-sous-Poissy © CACP – Gilles Carcassès

    La morelle douce-amère est parfois aussi attaquée par un acarien spécifique :

    Aceria lycopersici  sur une morelle douce-amère – Jouy-le-Moutier © CACP – Gilles Carcassès

    Voici une inflorescence normale de cette plante, portant des grappes de fruits (non comestibles) :

    Solanum dulcamara, la morelle douce-amère © CACP – Gilles Carcassès

    Des acariens du même genre sont responsables de déformations sur les inflorescences du frêne :

    Galle des fleurs du frêne due à Aceria fraxinivora © CACP – Gilles Carcassès

    Retrouvez un autre Aceria dans cet article :

    Le genêt à balais fait des nœuds

    Et d’autres galles étonnantes :

    Galles du chêne : quelques Andricus

    L’étrange caverne des pucerons soldats


mardi 22 octobre 2019

lundi 21 octobre 2019

  • Sur les feuilles des ormes

    Superbe chrysomèle jaune et noire

    Xanthogaleruca luteola, de la famille des Chysomelidae © CACP – Gilles Carcassès

    Sur les feuilles des ormes, on rencontre souvent Xanthogaleruca luteola la galéruque de l’orme. C’est une sacrée grignoteuse !

    Galéruques de l’orme qui digèrent leur repas de feuilles (Xanthogaleruca luteola) © CACP – Gilles Carcassès

    Sa larve est moins élégante. C’est en retournant les feuilles qu’on peut la voir affairée à décaper méthodiquement de larges plages en ménageant les nervures et l’épiderme supérieur.

    Larve de la galéruque de l’orme © CACP – Gilles Carcassès

    Mais sous les feuilles des ormes, on peut aussi observer de nombreuses autres espèces !

    Poilue à deux bosses

    Voici la chenille du Trident, une noctuelle très commune, qui consomme également les feuilles d’autres arbres (saules, chênes, aubépines…)

    Chenille du Trident (Acronicta tridens) © CACP – Gilles Carcassès

    Epineuse à dos blanc

    Chenille du Robert-le-Diable (Polygonia c-album) © CACP – Gilles Carcassès

    Cette chenille aux couleurs caractéristiques est celle du Robert-le-diable. Elle aussi est polyphage : on peut la trouver sur les saules, les ormes, les orties et le houblon. Le papillon est facile à reconnaître avec ses ailes aux bordures découpées :

    Robert-le-Diable – sur une touffe d’orties au bois de Cergy © CACP – Gilles Carcassès

    Je crois distinguer le profil grimaçant de Robert le Diable dans l’ombre portée sur la feuille d’ortie.

    Moustachu aux yeux verts

    Et celui-ci, aux palpes poilus, c’est un habitué des ormes également ?

    Le Crambus des tiges (Agriphila tristella) © CACP – Gilles Carcassès

    Cette pyrale endormie a seulement trouvé là une cachette. Sa chenille ne consomme que des graminées.

    Retrouvez nos articles :

    La galéruque de l’orme

    Robert-le-Diable

    Pyrales

    La téchla de l’orme


vendredi 18 octobre 2019

  • Pas de soucis à l’université ?

    Et pourtant si !

    Le Souci, Colias croceus – Campus de l’université de Neuville-sur-Oise © CACP – Emilie Périé

    Ce joli papillon ne fait pas honneur à son nom. Tranquillement occupé à siroter du nectar de luzerne, il s’appelle pourtant le Souci.

    Il est assez commun dans la région. La chenille se nourrit principalement de fabacées, comme les trèfles et les luzernes. Apparemment, l’adulte en est friand aussi. Plusieurs individus voletaient parmi les luzernes qui fleurissent aux abords du campus de l’université de Neuville. On le voit principalement en fin d’été et même encore à la mi-octobre. Jusqu’ici il ne parait pas poser de soucis… si ce n’est de le différencier de ses deux compères le Soufré et le Fluoré.

    Jaune safran

    Parmi les Colias, le genre auquel appartient notre petit compagnon, trois espèces se rencontrent en Île-de-France : Colias croceus (le Souci), Colias hyale (le Soufré) et Colias alfacariensis (le Fluoré). Étymologiquement il apparaît que Colias serait un des surnoms de Vénus (déesse de l’amour et de la beauté) et croceus fait référence à la couleur jaune du safran. Effectivement, l’élément qui permet de différencier facilement le Souci des deux autres Colias est ce jaune franc, bordé de noir, de la face supérieure de ses ailes. C’est d’ailleurs un jaune orangé qu’il partage avec l’autre Souci : la fleur des champs.

    Le Souci, Colias croceus – Neuville-sur-Oise © CACP – Emilie Périé

    Mais, le Souci (papillon) se pose rarement les ailes écartées. Pour en apprécier les couleurs, il faut aller le voir se promener au-dessus des luzernes encore fleuries en cette saison.

    Sources :

    Le Souci, par lepinet.fr

    Le Souci, par Quel est cet animal ?

    Base de données régionale CETTIA

    Retrouvez dans nos articles :

    Quelques papillons également vus à l’université

    Quelques fabacées


jeudi 17 octobre 2019

  • La galle de la graine de la carotte

    Un ami photographe m’a fait découvrir le secteur du moulin de Busagny à Osny, un très bel espace naturel dans la vallée de la Viosne. J’y ai observé, dans une clairière, des carottes sauvages aux ombelles un peu irrégulières, certaines graines étant plus grosses et plus vertes.

    Galles de Kiefferia pericarpiicola – Osny © CACP – Gilles Carcassès

    Une recherche documentaire m’a permis de comprendre que ces graines ont été déformées par la ponte du diptère Kiefferia pericarpiicola, qu’elles sont creuses et qu’elles hébergent la larve du moucheron. Cette cécidomyie s’attaque aux carottes, mais aussi au fenouil, aux angéliques, aux buplèvres, au persil, au panais, à la berce commune et aux graines de nombreuses autres Apiaceae… Mais je n’ai jamais détecté sa présence que sur la carotte sauvage. La larve, nous dit-on, passe l’hiver dans un cocon. J’ouvre une galle pour voir cette larve qui est ordinairement d’une belle teinte orange.

    Galle ouverte de Kiefferia pericarpiicola © CACP – Gilles Carcassès

    Surprise, ce n’est pas une larve qui se trouve à l’intérieur, mais une nymphe, peut-être bien celle d’un hyménoptère parasitoïde ! Normalement, la larve se présente ainsi :

    Larve de Kiefferia pericarpiicola © CACP – Gilles Carcassès

    Au passage, je saisis sur Cettia Ile-de-France mon observation : cette cécidomyie n’est pas rarissime, mais c’est une première observation pour l’Ile-de-France. Il faut dire que les chercheurs de galles de graines de carottes ne doivent pas être très nombreux…

    Source :

    Kiefferia pericarpiicola, par le site Bladmineerders.nl

    Retrouvez les portraits d’autres galles :

    La galle en bourse de l’orme

    Carnet de galle

    La galle des fleurs de tanaisie


mercredi 16 octobre 2019

  • Villes fleuries du Val d’Oise, le palmarès 2019

    Vauréal, Saint-Ouen l’Aumône et Osny récompensées

    Lors de la remise des prix des concours Villes et Villages du département du Val d’Oise, Vauréal et Saint-Ouen l’Aumône ont été primées : Saint-Ouen l’Aumône pour l’un de ses jardins particuliers et Vauréal pour le prix de l’enfance et le prix du patrimoine arboré. Retrouvez le palmarès 2019 complet.

    La soirée de remise des prix a aussi été l’occasion de décerner le prix de l’arbre valdoisien 2019. Le magnifique tilleul du parc de Grouchy à Osny a reçu le prix du public !

    Le tilleul du parc de Grouchy est élu arbre valdoisien 2019 – Osny © CACP – Emilie Périé

    Les arbres de Vauréal

    Les tilleuls de l’avenue Blanqui – Vauréal © Christophe Etchemendy

    Cette année, les services de la Ville de Vauréal ont réalisé un inventaire complet du patrimoine arboré : 5252 arbres ont été recensés pour 139 essences (et variétés) différentes.

    Les résultats de ce travail seront bientôt disponibles sur le site de la Ville.

    Prunus serrulata – Vauréal © Christophe Etchemendy

    Par exemple, si vous souhaitez avoir des informations sur la variété Prunus serrulata ou si vous voulez savoir où aller profiter de sa floraison dans Vauréal il vous suffira de consulter sa fiche dans l’Atlas du patrimoine arboré. Les 139 essences sont représentées !

    Chêne vert taillé en nuage – Vauréal © Christophe Etchemendy

    De plus, la Ville prend grand soin de l’ensemble de ses arbres, jusque dans l’esthétique de la taille. Ce chêne vert taillé en nuage, forme assez rare dans nos villes, fait partie d’un très bel ensemble que l’on peut admirer aux abords de la mairie.

    C’est donc pour l’ensemble de ce travail que la Ville de Vauréal a reçu le prix du Patrimoine Arboré décerné par le conseil départemental du Val d’Oise. Félicitations !

    Retrouvez les éditions précédentes du concours :


mardi 15 octobre 2019

  • Le cyclamen de Naples
    Cyclamen hederifolium ou cyclamen de Naples – boulevard de l’Oise à Jouy-le-Moutier © CACP – Gilles Carcassès

    Octobre : c’est la pleine floraison du cyclamen de Naples

    Beaucoup plus petit que les cyclamens hybrides des fleuristes, ce cyclamen botanique des sous-bois méditerranéens se naturalise facilement en situation ombragée. Il se ressème et s’étend facilement. Ses fleurs de dimension modeste s’épanouissent en touffes serrées, aussi la plante lorsqu’elle fleurit fait beaucoup d’effet au jardin.

    Cyclamen de Naples en décembre – parc floral de Paris © CACP – Gilles Carcassès

    Ses feuilles plus ou moins triangulaires évoquent celles du lierre, ce qui lui vaut son nom d’espèce « hederifolium ». Elles forment un tapis très décoratif d’octobre jusqu’au milieu du printemps. Elles sont moins arrondies que celles du cyclamen coum qui fleurit non pas à l’automne mais à la sortie de l’hiver.

    Cyclamen coum – parc du château de Menucourt © CACP – Gilles Carcassès

    Retrouvez notre article :

    Cyclamen coum


lundi 14 octobre 2019

  • La poliste stylopisée
    Guêpe poliste (Polistes dominula) – Ecole Du Breuil à Paris © CACP – Gilles Carcassès

    De passage à l’école Du Breuil, j’ai observé les allées et venues des insectes butineurs sur les fleurs d’un beau pied de panicaut. Des abeilles domestiques et des isodonties du Mexique y étaient très actives, ainsi que quelques guêpes polistes.

    Poliste stylopisée © CACP – Gilles Carcassès

    L’une d’entre avait des tergites (arceaux supérieurs des segments de l’abdomen) curieusement relevés.

    Poliste stylopisée © CACP – Gilles Carcassès

    Sur cette photo, on voit la cause de cette anomalie : des strepsiptères parasitent et « zombifient » cette infortunée guêpe dont le comportement sera modifié aux bénéfice de ses hôtes.

    Amusez-vous à repérer ces guêpes ainsi parasitées (que l’on dit stylopisées), vous avez toutes chances d’en croiser : il paraît qu’une sur douze est concernée.

    Retrouvez notre article sur les mœurs stupéfiantes de ces parasites :

    Les strepsiptères

    Et d’autres intrigantes observations naturalistes faites à l’école Du Breuil :

    Cœur de sorcière

    Cheveux du Diable

    Voir aussi, dans le même registre de l’étrange :

    Une décoration florale sulfureuse à l’école Du Breuil !


vendredi 11 octobre 2019

  • Les noctuelles

    Invisibles mais belles !

    Amphipyra pyramidea, la noctuelle cuivrée © CACP – Gilles Carcassès

    Elles se font discrètes avec leurs couleurs ternes et leurs sorties nocturnes, pourtant les Noctuidae, ou noctuelles en français, sont la famille de papillons la plus riche en France. Plus de 830 espèces ! Parmi les 156 espèces identifiées dans le Val d’Oise par nos collègues naturalistes, nous en avons photographié une vingtaine sur Cergy-Pontoise ! En voici quelques-unes.

    Les chenilles

    La très grande majorité des noctuelles sont phytophages (elles mangent des végétaux). C’est d’ailleurs pour ça qu’elles sont le plus connues. La plupart sont inféodées à une espèce de plante pour la nourriture des chenilles, et quelques-unes d’entre elles ont des goûts assez proches des nôtres : tomate, chou, artichaut, maïs, betterave, salade… Elles ne se font pas beaucoup d’amis chez les agriculteurs, d’autant que certaines sont capables de dévorer une grande diversité de plantes.

    Autographa gamma, plus de 200 plantes hôtes possibles ! © CACP – Gilles Carcassès

    Les chenilles des noctuelles, comme les adultes ont souvent des couleurs variant du vert au gris, voire au marron.

    Chloantha hyperici, la noctuelle du millepertuis – Pontoise © CACP – Gilles Carcassès

    La logique voudrait que les chenilles marron vivent au sol et se nourrissent des parties basses des plantes (on dit qu’elles sont terricoles) et que celles qui vivent dans les feuilles soient vertes, pour se camoufler et échapper aux prédateurs. C’est très souvent le cas, mais certaines espèces font des fantaisies…

    Cucullia verbasci, la cucullie du bouillon blanc © CACP – Gilles Carcassès

    Les adultes

    Après avoir passé l’hiver sous forme de chrysalides dans le sol, les adultes émergent et vivent quelques jours (de 2 à 10 selon les espèces) afin de se reproduire. Ils ne se nourrissent alors plus que de nectar et participent à la pollinisation.

    Diachrysia chrysidis, la plusie vert-doré – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

    Leurs teintes vertes et marron leur permettent de se fondre assez bien dans la végétation et leur activité étant essentiellement nocturne, il n’est pas aisé de les repérer.

    Trachea atriplicis, la noctuelle de l’arroche © CACP – Gilles Carcassès
    Tyta luctuosa, la Funèbre – Osny © CACP – Gilles Carcassès

    Vues de près, leurs ailes sont souvent ornées de jolis motifs. Avez-vous déjà rencontré des noctuelles à Cergy-Pontoise ? Faites-nous part de vos découvertes !

    Le Jour de la Nuit

    Les noctuelles, comme les autres animaux nocturnes, peuvent être perturbées par la pollution lumineuse. Ce weekend, le 12 octobre 2019, a lieu une journée (et une nuit!) de sensibilisation aux problèmes causés par la pollution lumineuse et aux solutions que l’on peut y apporter.

    Un petit geste pour nos amis nyctalopes ?  Commencez par visiter le site internet de la manifestation !

    Sources :

    Les Noctuidae, par Ephytia de l’INRA

    Les Noctuidae, par Insecte.org

    Pour en savoir plus sur la biodiversité nocturne :

    Une conférence de l’Agence Régionale de la Biodiversité en Île-de-France

    Retrouvez d’autres histoires de noctuelles dans nos articles :


jeudi 10 octobre 2019

  • Le moro-sphinx
    Moro-sphinx sur un buddléia – Ferme d’Ecancourt à Jouy-le-Moutier © CACP – Emilie Périé

    Souvenirs d’été

    Ce bel insecte sirotant son cocktail de nectar est un moro-sphinx. Bien qu’on l’appelle fréquemment Sphinx-Colibri, voire même Colibri tout court pour certains, il s’agit bien d’un papillon. Sa façon de voler peut tromper : très rapide, enchaînant les accélérations brusques et les vols stationnaires devant les fleurs qu’il butine, il ressemble effectivement aux colibris. Pourtant, ses deux antennes, ses six pattes et sa longue trompe en attestent, c’est un papillon. Il appartient au groupe des hétérocères (les papillons de nuit) et comme les autres Sphinx, à la famille des Sphingidae. Son nom latin est Macroglossum stellatarum.

    Un vrai athlète

    Le moro-sphinx bat des ailes si vite que l’œil humain n’est pas capable de discerner ses ailes lorsqu’il est en vol. D’ailleurs, nos appareils photo sont aussi bien en peine de capturer une image nette. Cet individu, vu à la ferme d’Ecancourt à Jouy-le-Moutier, nous fait une démonstration de ses incroyables capacités de vol.

    Celui-ci a été vu au plein cœur de l’été, mais les cartes de répartition régionales le disent visible jusqu’au début du mois de novembre. Un buddléia ou une lavande encore en fleur peuvent être propices à de belles rencontres …

    Sources :

    La base de données régionales CETTIA

    Le Moro-sphinx, par lepinet.fr

    Retrouvez nos précédents articles sur le moro-sphinx et d’autres Sphingidae :

    Le moro-sphinx

    Le sphinx du tilleul

    Le sphinx de l’épilobe

    Le moro-sphinx sirote un buddleia © CACP -Emilie Périé

mercredi 9 octobre 2019

  • Anomalies végétales

    La fasciation est une anomalie de croissance d’une plante, elle se traduit par l’épaississement de la tige qui devient plate et large. En voici l’expression chez un gaura observé à l’école Du Breuil :

    Fasciation sur une tige de Gaura lindheimeri © CACP – Gilles Carcassès

    Les tiges des gauras sont d’ordinaire très grêles.

    Gaura lindheimeri – Neuville-sur-Oise © CACP – Gilles Carcassès

    Voici une autre fasciation, sur une euphorbe :

    Fasciation sur Euphorbia characias – Parc des arènes à Cergy © CACP – Gilles Carcassès

    Et là c’est une chicorée :

    Fasciation sur Cichorium intybus, la chicorée © CACP – Gilles Carcassès

    Ces anomalies sont parfois fixées dans des formes horticoles, c’est le cas par exemple de ce Cryptomeria japonica ‘Cristata’, un arbre étrange vu au très beau Jardin des merveilles à Vauréal :

    Cryptomeria japonica ‘Cristata’ © CACP – Gilles Carcassès

    Dans un autre genre, voici un cas de phyllodie sur une berce commune : cette ombelle est beaucoup trop feuillée pour être honnête !

    Feuillaison anormale de l’inflorescence sur une berce commune © CACP – Gilles Carcassès

    Voici l’allure habituelle de cette plante lorsqu’elle est en fleurs :

    La berce commune (Heracleum sphondylium) © Gilles Carcassès

    Les causes de ces anomalies sont mal connues. Peuvent intervenir des stress environnementaux, des chocs, parfois des attaques bactériennes.

    Retrouvez notre article :

    La fraise persil et autres curiosités


mardi 8 octobre 2019

  • Grand chef indien
    Alucita hexadactyla © CACP – Gilles Carcassès

    Les belles plumes que voilà !

    Alucita hexadactyla est un papillon de nuit de la famille des Alucitidae, ses ailes sont laciniées en lobes étroits ressemblant à des plumes. Dans le genre Alucita qui compte 11 espèces en France, c’est l’espèce la plus commune. Elle a déjà été vue sur Cergy-Pontoise (Menucourt).

    Ses chenilles consomment les chèvrefeuilles, notamment les fleurs. Les adultes rentrent parfois dans les maisons, attirés par la lumière.

    Retrouvez d’autres papillons aux ailes étonnantes :

    Les ptérophores, de bien étranges papillons !

    Plaie d’argent n’est pas mortelle

     


lundi 7 octobre 2019

  • Le criquet à ailes bleues

    Vous êtes nombreux à avoir résolu l’énigme de ce mois-ci ! Mais la mention spéciale revient à François qui a partagé le premier sa réponse (7 min après la parution, bravo !). Tapi dans les feuilles sèches, il s’agissait bien de Œdipoda caerulescens, l’œdipode turquoise, ou criquet à ailes bleues.

    Œdipoda caerulescens – Neuville-sur-Oise © CACP – Emilie Périé

    Un vrai caméléon

    L’œdipode turquoise, bien qu’assez fréquent dans la région, est difficile à repérer. En effet, en plus d’être un chanteur assez discret, ce criquet est un as du camouflage : il prend la couleur du substrat sur lequel il naît ! Voici quelques variations de teintes qu’il peut prendre, de l’ocre (sable) au gris (roche) en passant par tous les intermédiaires. Certains disent en avoir vu des roses … Qui sait où ils avaient pu naître ?

    L’œdipode turquoise, un maître du camouflage © CACP – Emilie Périé

    Un criquet bien urbain

    L’œdipode turquoise vit dans les milieux très secs, sablonneux ou rocheux, avec peu de végétation. Ces milieux, à l’état naturel, se font assez rares dans la région. Les pelouses sèches, coteaux calcaires, affleurements rocheux et autres falaises ne sont pas nombreux. Aussi, Œdipoda caerulescens est protégé en Île-de-France. Pourtant, il paraît avoir trouvé refuge sur les espaces minéraux de nos villes. Il est devenu très commun à Cergy-Pontoise. Nous l’avons déjà vu dans les zones de chantier de Jouy-le-Moutier, sur le parking du Verger à Cergy et dans les pelouses rases du campus de l’université de Neuville.

    Le reconnaître à coup sûr

    L’extrême variabilité de sa couleur rend son identification « au premier coup d’œil » peu aisée. Heureusement, quelques critères éloignent tous doutes possibles. Lorsqu’on le regarde de près, le criquet présente deux encoches caractéristiques : l’une sur le pronotum (son dos) l’autre sur le fémur, comme illustré ci-dessous.

    Les critères de détermination de l’œdipode turquoise (cliquez pour agrandir la photo) © CACP – Emilie Périé

    Enfin, l’œdipode ne s’appelle pas turquoise ou criquet à ailes bleues sans raison. Sous ses couleurs sableuses, ses ailes sont d’un bleu franc. Si dans un milieu sec vous vous faites doubler par une tache bleue particulièrement rapide il y a de grandes chances pour que ce soit notre criquet.
    NB : Sphingonutus caerulans lui ressemble énormément mais ne présente pas l’encoche du fémur et est beaucoup plus rare dans la région.
    Le vol du criquet est tellement rapide que la séance photo à Neuville n’a pas suffi à capturer les magnifiques couleurs de ses ailes. Voici pour illustrer, un exemplaire pyrénéen plus coopératif rencontré quelques jours plus tard.

    Les ailes bleues de l’œdipode turquoise © CACP – Emilie Périé

    Sources :

    Clé d’identification des orthoptères, par Julien Ryelandt

    Oedipoda caerulescens, sur CETTIA

    Retrouvez notre article :

    Une aide précieuse pour la détermination des criquets, sauterelles et grillons !


vendredi 4 octobre 2019

jeudi 3 octobre 2019

  • Une polonaise en vacances à la mer

    Les bagueurs font des progrès !

    Ce nouveau système de marquage est lisible de beaucoup plus loin que le traditionnel anneau métallique gravé. J’ai observé cette mouette rieuse cet été dans les Landes, elle portait les deux sortes de bagues, une à chaque patte.

    Mouette rieuse rencontrée dans le port d’Hossegor © CACP – Gilles Carcassès
    Les bagues utilisées par la station nationale polonaise © Tomasz Mokwa

    L’anneau en plastique, en plus du numéro d’identification, indiquait l’adresse du site internet de suivi des oiseaux bagués par l’Institut de zoologie de l’Académie polonaise des sciences de Varsovie : http://ring.stornit.gda.pl/. Cette station est située sur l’île de Sobieszewo à Gdańsk. Je leur ai envoyé mon signalement.

    J’ai vérifié sur l’excellent site European colour-rig birding : le tri multicritères (type de bague, couleur, nombre de caractères, première lettre) pointe bien la Pologne.

    Le baguage permet de mieux connaître le parcours des migrations, le comportement des oiseaux et leur longévité. On sait ainsi que les mouettes rieuses peuvent vivre au moins 30 ans. Plus de 77 000 mouettes rieuses baguées ont été identifiées ces dix dernières années.

    Migration de la moeutte rieuse, par Euring.org

    Migration de la mouette rieuse, par Euring.org

    La mouette polonaise immature que nous avions identifiée au parc François-Mitterrand à Cergy en janvier 2016 ne portait qu’un anneau métallique :

    Jeune polonaise à la toilette (baguée FS14.804 ST.ORN. GDANSK POLAND) © CACP – Gilles Carcassès

    Sources :

    Longévité des oiseaux, par Euring.org

    Retrouvez notre article :

    Cergy-Pontoise, on y revient !


mercredi 2 octobre 2019

  • Le cigarier de la ronce
    Cigare sur une ronce © CACP – Gilles Carcassès

    Mini cigare sur une feuille de ronce

    En balade dans les Landes, je rencontre ce joli petit cigare fait d’une foliole de ronce savamment roulée. Sans doute l’œuvre du cigarier de la ronce ! Ce coléoptère de la famille des Attelabidae, fin stratège, pond dans son cigare et ses larves en consomment l’intérieur bien à l’abri des prédateurs.

    Le responsable a une tête rigolote !

    Justement voici l’adulte qui grignotait une feuille de ronce :

    Compsapoderus erythropterus, le cigarier de la ronce © CACP – Gilles Carcassès

    La même signature sur un églantier !

    Un peu plus loin, j’observe plusieurs de ces petits cigares sur des feuilles d’églantier. Le cigarier de la ronce est connu pour apprécier outre les ronces, les reines des prés, les grandes pimprenelles, les salicaires, les potentilles des marais… Sans doute apprécie-t-il aussi les églantiers bien que ce ne soit pas indiqué dans la littérature scientifique.

    Cigare sur un églantier © CACP – Gilles Carcassès

    Ne pas confondre avec le cigarier du noisetier

    L’espèce voisine Apoderus coryli, le cigarier du noisetier, s’en distingue par la couleur rouge du thorax et des fémurs, et la ponctuation des élytres qui est différente.

    Apoderus coryli, le cigarier du noisetier © Gilles Carcassès
    Un cigare confectionné par Apoderus coryli trouvé à Genainville (95) lors des inventaires éclair 2019 © Gilles Carcassès

    Le cigarier de la ronce est répertorié en Allemagne, Italie, Autriche, Tchéquie, Suisse, Pologne, Hongrie, Russie, Slovaquie, Ukraine. En France, quelques observations ont été faites dans la moitié Sud. Mais, très discret, il est peut-être présent partout en France.

    Qui le trouvera en Ile-de-France ?

    Il est à chercher en zones humides, avis aux amateurs !


mardi 1er octobre 2019

  • La cicadelle mystérieuse
    Sur le mail Mendès-France à Vauréal © CACP – Gilles Carcassès

    Sur le mail Mendès-France à Vauréal, une rose trémière accompagne élégamment le tronc d’un des nombreux arbres de collection qui agrémentent cette belle promenade piétonne. Profitant du soleil du matin, une grosse cicadelle se prélasse sur un pédoncule floral.

    Issidae – Vauréal © CACP – Gilles Carcassès

    A sa silhouette trappue, je reconnais un membre de la famille des Issidae. Mais cela n’est pas Issus coleoptratus, alias la cigale bossue, le seul Issidae répertorié pour l’Ile-de-France dans l’Inventaire National du Patrimoine Naturel (INPN).

    Agalmatium sp. – Vauréal © CACP – Gilles Carcassès

    La bordure claire et relevée de ses élytres me paraissent typiques du genre Agalmatium. L’espèce probable est Agalmatium flavescens, l’isside jaune, déjà observé dans le sud de la France. Je saisis mon observation dans Cettia Ile-de-France, dans l’espoir qu’un expert en Issidae passera par là pour valider ma trouvaille !

    Agalmatium sp. – Vauréal © CACP – Gilles Carcassès

    Agalmatium flavescens est largement réparti dans de nombreuses contrées méditerranéennes. Il se nourrit de la sève de la luzerne, du figuier, de l’olivier, de l’amandier, et aussi des pins, peupliers et tamaris. Cet isside jaune est peut-être arrivé là il y a quelques années avec les livraisons des arbres du mail, en provenance de pépinières méditerranéennes, ou alors l’espèce est indigène en Ile-de-France et était jusqu’alors passée inaperçue ?

    Sources :

    Agalmatium flavescens, par Planthoppers

    Les Issidae occidentaux du paléarctique (Hemiptera, Fulgoroidea) : une liste de contrôle illustrée et une clé pour les genres et les sous-genres, par V.M. Gnezdilov, W.E. Holzinger, M.R. Wilson (2014)


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