Nature en ville à Cergy-Pontoise | Espace d’information et d’échange pour les acteurs du territoire, ces 365 derniers jours

Espace d’information et d’échange pour les acteurs du territoire



mercredi 24 janvier 2018

  • Un cimetière vraiment naturel

    De passage à Niort, j’ai voulu visiter le célèbre cimetière naturel de Souché, créé en 2014, que la presse a tant vanté.

    Cimetière de Souché © CACP – Gilles Carcassès

    Bizarre, bizarre… Oups, ce n’est pas là ! Un employé très aimable me détrompe : le cimetière naturel, c’est un peu plus haut dans la rue.

    Le cimetière naturel de Souché © CACP – Gilles Carcassès

    Ah, effectivement, c’est différent. Ce qui frappe en arrivant, c’est l’abondance des oiseaux ! Ça chante et ça picore de partout ! Mais est-ce bien un cimetière ?

    Stèle à l’entrée du cimetière © CACP – Gilles Carcassès

    Une maxime de Gilles Clément nous accueille : le ton est donné ! Au fond, j’aperçois ce qui pourrait être des sépultures. Allons voir en empruntant les allées engazonnées.

    Sépultures au cimetière naturel de Souché © CACP – Gilles Carcassès

    Les familles entretiennent quelques végétaux dans une gamme choisie pour ne pas dépasser 60 centimètres. La stèle, discrète, est en pierre calcaire. Des fleurs fraiches peuvent être placées dans un vase métallique très sobre mis à la disposition des familles.

    Le gardien © CACP – Gilles Carcassès

    Conçus et fabriqués par les services municipaux de la ville de Niort, les aménagements, mobiliers et oeuvres d’art ont été réalisés à partir de matériaux de récupération. Les urnes, les cercueils et tous les accessoires sont biodégradables. Et ici bien sûr, pas de phytos !

    Je suis touché par tant d’élégance, de cohérence et de simplicité. Et il me vient une drôle de pensée : pourquoi les cimetières ne sont-ils pas tous comme ça ?

    Le cimetière naturel de Souché, un document de la ville de Niort

    Le travail des équipes de la ville de Niort récompensé par une mention spéciale au Grand prix des collectivités territoriales 2015


mardi 23 janvier 2018

  • Gros souci
    Calendula officinalis dans le jardin partagé de LabBoîte – parvis de la préfecture à Cergy © CACP – Gilles Carcassès

    Deux soucis, le gros et le petit

    Le souci des jardins, Calendula officinalis, diffère peu du souci des champs, Calendula arvensis, si ce n’est par sa taille plus imposante. Ce sont toutes deux des plantes d’origine méditerranéenne. Le souci des champs est une adventice des vignes devenue rare en Ile-de-France.

    Cette belle plante, qui fleurit généreusement presque toute l’année, est utilisée en cosmétique et a de nombreuses propriétés médicinales. Ses pétales sont utilisés pour colorer le beurre et certains fromages ainsi que des boissons alcoolisées. Séchés, ils sont parfois employés frauduleusement pour falsifier le safran.

    Indispensables au jardin

    Au jardin la plante est bien jolie, mais elle est aussi très utile. Elle permet de lutter, comme l’œillet d’Inde, contre certains nématodes. C’est de ce fait une bonne plante compagne pour la tomate, mais aussi pour l’ail et les fraisiers. Des études ont prouvé qu’elle est très bénéfique aux mirides du genre Macrolophus, des punaises auxiliaires très polyphages qui se nourrissent d’aleurodes, de pucerons, d’acariens, d’œufs de noctuelles et de ceux de la mineuse de la tomate Tuta absoluta. Il convient de maintenir les pieds de soucis l’hiver au jardin car ils sont utiles pour l’hivernage des auxiliaires. A la belle saison, ses fleurs fournissent aussi nectar et pollen aux syrphes et aux guêpes parasites. Pour cela, les variétés à fleurs simples sont bien sûr préférables.

    Il existe de très nombreuses variétés de soucis dans les tons jaunes à orange, aux fleurs simples ou doubles. Certaines sont aptes au forçage pour la production de fleurs coupées.

    Une variété de souci à fleurs doubles © CACP – Gilles Carcassès

    Sources :

    Biodiversité fonctionnelle en maraîchage biologique, par le GRAB

    Les plantes nématicides, par l’INRA

    Le souci, par Ecological Agriculture Project (Canada)


lundi 22 janvier 2018

  • Savez-vous tailler les arbres ?
    Paulownias ? © CACP – Gilles Carcassès

    Voici un excellent document du CAUE 77 qui présente en quelques règles simples, illustrées de schémas clairs, les gestes techniques et les principes à respecter pour la taille des arbres.

    Et rappelons toute l’importance de cette précaution de conception : le bon arbre planté au bon endroit ne nécessitera pas de tailles !

    Un figuier sur le quai de la gare de Poissy © CACP – Gilles Carcassès

    Planter le bon arbre au bon endroit : voilà bien le secret des aménagements réussis. Pour éviter les bévues, le Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et de l’Environnement de Seine-et-Marne (CAUE 77) vous propose la méthode VECUS.

    Avec cette méthode, impossible de vous tromper. Vous aurez compris, entre autres choses, que pour un petit espace, c’est bien un arbre à petit développement qu’il vous faut.

    Liquidambar sur une place publique à Cergy © CACP – Gilles Carcassès

    Besoin d’un coup de pouce sur le sujet ? Découvrez donc les 133 fiches de petits arbres présentées par ce même CAUE 77


vendredi 19 janvier 2018

  • Coléoptères, fins stratèges !

    Les mandibules des insectes ne servent pas qu’à l’alimentation. On connaît bien sûr les joutes entre mâles des espèces pourvues de mandibules très développées, comme le lucane. Mais elles peuvent aussi servir à découper le végétal, dans le but de saboter les défenses chimiques des plantes, pour se cacher des prédateurs ou encore fournir un nid à leur progéniture !

    Voici trois exemples de ces découpes stratégiques :

    Henosepilachna argus – Eragny-sur-Oise © CACP – Gilles Carcassès

    Avant de consommer cette feuille de bryone, Henosepilachna argus, la coccinelle de la bryone, a soigneusement incisé la feuille selon une longue ligne arrondie en pointillés (en partie basse de la photo ci-dessus). Elle s’attaque ensuite à la partie en aval de cette découpe. Il paraît que de cette façon elle sabote le système de défense chimique de la plante. Ce comportement est à rapprocher de celui de certaines chenilles qui sectionnent les canaux lactifères de feuilles de plantes à latex avant de les consommer tranquillement, hors d’atteinte des gouttes d’un latex à la fois collant et toxique. La bryone n’est pas une plante à latex mais il est possible que sa sève se charge de produits inappétants pour les insectes lorsqu’une feuille est blessée. Avec cette incision, l’insecte couperait le chemin de la sève vers la partie convoitée.

    Couple de coccinelles de la bryone © CACP – Gilles Carcassès

    Cette femelle de coccinelle de bryone a découpé cette feuille et a commencé à en mâchouiller le parenchyme. Mais un mâle entreprenant est venu interrompre son repas !

    Tituboea sexmaculata © CACP – Gilles Carcassès

    Maladroite, cette chrysomèle qui coupe après son repas l’extrémité du rameau sur laquelle elle est installée ? Peut-être que non : certains insectes feraient ainsi pour cacher leurs méfaits et déjouer la gourmandise des oiseaux qui les cherchent parmi les feuilles grignotées… Ne pas laisser de traces pour ne pas attirer l’attention.

    L’oeuvre élégante et savante du cigarier du noisetier © CACP – Gilles Carcassès

    Apoderus coryli, le cigarier du noisetier découpe très précisément une feuille de façon à en faire pendre un large lambeau qu’il roule sur lui-même avec ses petites pattes musclées. En séchant, ce « cigare » servira d’abri solide et de garde-manger à sa larve.

    Apoderus coryli, jeune adulte issu d’un de mes élevages  © CACP – Gilles Carcassès

    Source :

    Le sabotage des défenses des feuilles, par Alain Fraval / Insectes n°186 – 3éme trimestre 2017


jeudi 18 janvier 2018

  • Camellia

    Le genre Camellia comprend de nombreuses espèces originaires d’Asie parmi lesquelles les camélias de jardin, notamment Camellia japonica et Camellia sasanqua, mais aussi le théier, Camellia sinensis et une plante alimentaire, Camellia oleifera, dont les graines fournissent une huile utilisée en cuisine et en cosmétique.

    Extraordinaires floraisons

    Les variétés à fleurs rouges, roses ou blanches du Camellia japonica sont des stars au jardin. Le feuillage persistant et vernissé de cet arbuste, son port arrondi, sa floraison généreuse et renouvelée font merveille. Dommage que les fleurs passent avec la pluie. On le dit exigeant quand au sol, car il redoute les terres trop calcaires ou mal drainées. Et il apprécie la mi-ombre et les ambiances un peu humides. Cependant il prospère sans précautions particulières dans mon jardin à Poissy, où il est exposé au soleil et supporte une terre argileuse.

    Joséphine de Beauharnais, à qui l’on doit l’acclimatation du cygne noir, a fait connaître aussi le camélia en en plantant une collection dans ses jardins du château de La Malmaison.

    Camélia à fleurs doubles blanches dans mon jardin à Poissy © CACP – Gilles Carcassès

    Ce Camellia japonica est peut-être la variété ‘Nobilissima’, qui fut très prisée au 19ème siècle pour orner les boutonnières des messieurs et les belles tenues des dames. Il est en pleine floraison dans mon jardin. Il paraît que la fleur de camélia blanc est symbole de simplicité, d’élégance et d’harmonie. C’est tout moi !

    Où voir des camélias ?

    Camélias variés en sous-bois au parc floral de Paris © CACP – Gilles Carcassès

    Rendez-vous au parc floral de Paris (bois de Vincennes) fin mars, les camélias seront au top ! Et retournez-y mi-mai, ce sera le tour des azalées, une féérie !

    Au printemps 2018, se tiendra le congrès international du camélia à Nantes. Je vous recommande, en avant-première de cet événement, la fête du camélia : un rendez-vous à ne pas manquer au Jardin des Plantes de Nantes les 24 et 25 mars 2018 !

    Sources :

    Les camélias, des fleurs durant huit mois, par Martine Soucail et Alain Stervinou (SNHF)

    L’histoire du camélia, par Daniel Lejeune (SNHF)


mercredi 17 janvier 2018

mardi 16 janvier 2018

  • Les pollinisateurs nocturnes
    Cirsium oleraceum en fleurs visité par un bourdon – Saint-Ouen l’Aumône © CACP – Gilles Carcassès

    L’éclairage, néfaste pour les pollinisateurs nocturnes

    Une équipe d’écologues s’est récemment intéressée à l’effet de l’éclairage nocturne sur la pollinisation des plantes. Leur étude a montré une chute de 13% de la production de graines chez des cirses maraîchers (Cirsium oleraceum) éclairés la nuit par des candélabres, alors qu’ils sont aussi visités par des insectes pollinisateurs diurnes (comme le bourdon dans la photo ci-dessus). Ils en tirent la conclusion que l’éclairage a un effet négatif sur l’activité des insectes pollinisateurs nocturnes, et sur la biodiversité en général. On le savait déjà pour certaines espèces de chauves-souris.

    Qui sont les pollinisateurs nocturnes ?

    Les pollinisateurs nocturnes sont des papillons de nuit, des punaises, certaines mouches…

    Ce Coremacera (diptère Sciomyzidae) serait un pollinisateur strictement nocturne. © CACP – Gilles Carcassès
    Pleuroptya ruralis, la pyrale du houblon, la nuit, sur une fleur de clématite sauvage © CACP – Gilles Carcassès

    Ce sont surtout des fleurs blanches qui sont pollinisées la nuit. L’émission de leur parfum en début de nuit renforce leur attractivité, c’est aussi le moment où leur pollen est le plus accessible. Ainsi les Platanthera, belles orchidées blanches de nos sous-bois, sont visitées par le sphinx de l’épilobe et sans doute d’autres papillons de nuit.

    Platanthera chlorantha – Neuville-sur-Oise © CACP – Gilles Carcassès

    Comment concilier éclairage et biodiversité ?

    La pollution lumineuse augmente chaque année sur Terre. Heureusement, les aménageurs et les gestionnaires peuvent s’appuyer sur les conseils « éclairés » de l’Association Française de l’Eclairage pour tenir compte de la biodiversité (voir les fiches 15 et 16).

    Autres sources :

    Pollution lumineuse : comment la nuit disparaît peu à peu – Les Echos.fr

    Pollinisation de Platanthera chlorantha – un article de la SFO de Poitou-Charente et Vendée


lundi 15 janvier 2018

vendredi 12 janvier 2018

  • Le pouvoir de l’oreille de souris
    Pilosella officinarum, la piloselle alias « oreille de souris » sur un talus très sec à Menucourt © CACP – Gilles Carcassès

    Plantes allélopathiques

    Là où pousse la piloselle, l’herbe trépasse. Cette astéracée stolonifère indigène élimine la concurrence, même si cette photo montre qu’elle s’accommode de la présence de Sedum album. Il paraît que le thym lui résiste aussi, alors que l’achillée, le millepertuis, le lin et bien d’autres disparaissent rapidement à son approche. Comment fait cette plante de petite taille pour se débarrasser de ses voisines ? Le secret de la piloselle est caché dans le sol ! Ses racines sécrètent des exsudats racinaires toxiques pour les racines des autres plantes, on nomme cette capacité la télétoxie, une des formes de l’allélopathie. Le phénomène est connu chez de nombreuses plantes : le brome des toits, l’orge aux rats, la petite pimprenelle, l’origan, le trèfle porte-fraise, l’armoise annuelle, le sarrasin, le romarin… Et des espèces exotiques envahissantes sont également dotées de cette arme chimique : ailante, renouée du Japon, mimosa des fleuristes, caulerpe…

    Quelles utilisations en agroécologie ?

    Les agronomes essaient de tirer parti des propriétés des plantes allélopathiques. Plusieurs pistes sont explorées : l’incorporation au sol de plantes broyées, le paillage avec ces broyats, l’utilisation de macérations de plantes, l’installation d’un couvert végétal.

    Cette dernière technique a été privilégiée dans un programme de recherche dans un vignoble en Alsace. Cette vidéo d’Alimagri témoigne de la démarche de tout un groupe de viticulteurs, entourés d’agronomes et d’écologues, et de la dynamique d’une conversion, avec ses difficultés, ses questionnements et ses résultats. Comment se passer des désherbants ? Et si la solution passait par l’enherbement avec des plantes indigènes locales, dont la piloselle ? A regarder jusqu’à la fin : les meilleurs acquis ne sont pas ceux qu’on croit !

    Sources :

    La guerre chimique chez les plantes, un article du blog La Gazette des plantes

    La piloselle épervière, un article du blog Booksofdante

    Bibliographie abiodoc.com

     


jeudi 11 janvier 2018

  • Le grand comptage des oiseaux de jardins 2018

    Le rendez-vous annuel pour le comptage des oiseaux des jardins, c’est bientôt ! Cette année, le week-end de comptage a été fixé aux 27 et 28 janvier 2018.

    Pinson des arbres © CACP – Gilles Carcassès

    Cette opération organisée dans la cadre de l’Observatoire des oiseaux des jardins par le Muséum national d’Histoire naturelle et la Ligue pour la Protection des Oiseaux permet depuis 2013 de faire avancer la connaissance sur les oiseaux des jardins et leurs populations.

    Tout le monde est invité à compter les oiseaux de jardins ! Il suffit pour cela de choisir un jardin, d’identifier les oiseaux vus dans le jardin à l’aide des posters en ligne, de les compter pendant une heure et de saisir les observations sur le site dédié Oiseaux des jardins.

    Les outils :


mercredi 10 janvier 2018

  • Chardon doré
    Carlina vulgaris en hiver – Neuville-sur-Oise @ © CACP – Gilles Carcassès

    La carline vulgaire affectionne les pelouses calcicoles, on peut aussi la rencontrer sur des friches et d’anciens terrains cultivés. Ses fleurs restent ouvertes sur la plante sèche, ce qui permet de détecter facilement sa présence même en hiver. Cet aspect hivernal a valu à la plante son appellation de chardon doré. La voici en pleine floraison, fin juillet, dans les coteaux crayeux de La Roche-Guyon :

    Carlina vulgaris – La Roche-Guyon © CACP – Gilles Carcassès

    Sans être rare, elle est peu commune en Ile-de-France et semble en régression. C’est une plante-hôte pour la Belle-dame et la très jolie mouche Urophora solsticialis.

    Urophora solsticialis femelle – La Roche-Guyon © CACP – Gilles Carcassès

    Pour faire un peu de tri dans les différents genres de chardons, je recommande la lecture de cet article illustré qui donne quelques clés pour la détermination et montre la grande diversité botanique des plantes que l’on nomme chardons : http://bota-phytoso-flo.blogspot.fr/2013/06/les-chardons.html

    Retrouvez d’autres articles sur des chardons :

    Le chardon roland

    Le chardon des champs

    Le cirse maraîcher

     

     


mardi 9 janvier 2018

  • 2017 : une année riche en observations ornithologiques
    Bébés cygnes – Parc François-Mitterrand à Cergy © CACP – Gilles Carcassès

    Comme chaque année, nous avons participé au Suivi Temporel des Oiseaux Communs (STOC) en avril et mai, afin d’avoir un aperçu de la faune nicheuse sur le territoire de Cergy-Pontoise. Retrouvez dans notre rapport STOC 2017 tous les détails de ces comptages. L’un des faits marquants est la confirmation de l’installation sur le territoire de la perruche à collier, repérée nicheuse pour la première fois à Cergy-Pontoise au printemps 2015.

    L’invasion de la perruche à collier © CACP – Gilles Carcassès

    Parmi les autres espèces exotiques, nous avons confirmé la présence du rossignol du Japon dans une partie boisée du parc du château de Menucourt.

    Leiothrix lutea, le rossignol du Japon – parc du château de Menucourt © CACP – Gilles Carcassès

    Les bernaches du Canada sont toujours très nombreuses au parc du château de Grouchy à Osny, un peu plus discrètes à l’Ile de loisirs de Cergy-Pontoise en raison des opérations de régulation des effectifs effectués chaque année. Au parc du château de Grouchy, d’autres oiseaux exotiques échappés d’élevage sont présents de façon plus ou moins occasionnelle : la bernache nonette, habituée des lieux, et cette année un canard siffleur du Chili.

    Dans l’imposant troupeau de bernaches du Canada, cherchez l’intrus ! © Gilles Carcassès
    Le canard siffleur du Chili – Osny © CACP – Gilles Carcassès

    A l’ile de loisirs de Cergy-Pontoise, nous avons eu jusqu’à deux cygnes noirs pendant quelques semaines. Ces oiseaux exotiques peu farouches fréquentent également d’autres plans d’eau de la région.

    Couple de cygnes noirs – Ile de loisirs de Cergy-Pontoise © François Lelièvre

    Un pélican frisé, sans doute échappé d’un zoo, a stationné quelques temps à l’étang du Corra tout près de Cergy-Pontoise. Le même individu, facilement reconnaissable à la découpe des plumes de son aile droite, a été vu dans le centre de la France puis au nord-ouest de l’Espagne.

    Pélican frisé – étang du Corra © François Lelievre

    Un canard mandarin, dont nous avions observé la reproduction à l’Ile de loisirs de Cergy-Pontoise en 2015, a été signalé en janvier 2017 au bord de l’Oise à Saint-Ouen l’Aumône et à Pontoise.

    Canard mandarin – Saint-Ouen l’Aumône © José Keravis

    Les bassins l’Ile de loisirs de Cergy-Pontoise accueillent des oiseaux hivernants comme les grèbes huppés, les grands cormorans, les canards chipeaux et quelques sarcelles d’hiver. En passage migratoire, une échasse blanche a été vue dans la zone de baignade.

    Canard chipeau mâle © CACP – Gilles Carcassès
    Trois sarcelles d’hiver – Ile de loisirs de Cergy-Pontoise © Gilles Carcassès
    L’échasse blanche (Himantopus himantopus) – Ile de loisirs de Cergy-Pontoise © Sylvain Daguenet

    Le grèbe castagneux a été observé au bassin Blanche de Castille à Saint-Ouen l’Aumône et sur l’étang du parc du château de Menucourt.

    Grèbe castagneux – Menucourt © CACP – Gilles Carcassès

    L’installation, à visée pédagogique, d’un piège photographique au bord de la mare de l’espace de nature créé par les élèves du lycée Jean Perrin à Saint-Ouen l’Aumône a permis quelques belles observations, comme ce pic vert à la sortie de son bain.

    Le bain du pic vert – Saint-Ouen l’Aumône © Lycée Jean Perrin

    Un jeune héron cendré souvent vu au parc François-Mitterrand à Cergy a défrayé la chronique. D’un naturel joueur, il avait pour habitude de saisir des objets divers au fond de l’eau tels que des branches mais aussi des détritus. Ce comportement lui fut malheureusement fatal : il s’est coincé le bec dans un « chouchou » (accessoire de coiffure). Un agent de la SNCF a retrouvé son cadavre sur un chantier ferroviaire à Cergy-Pontoise.

    Héron cendré – 14 juin 2017 – Cergy © CACP – Marion Poiret
    Héron cendré au chouchou – 4 octobre 2017 – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

lundi 8 janvier 2018

  • La graine mystérieuse

    Merci aux courageux qui ont tenté une réponse pour cette photo mystère !

    Le dessous de la chose © CACP – Gilles Carcassès

    Ce bouton gris fixé sur une feuille de Phlomis fruticosa m’a beaucoup intrigué. Les mycologues alertés ont fait et refait des préparations au microscope : ils sont formels, ce n’est pas un champignon. Les entomologistes interrogés n’y voient pas l’œuvre d’un insecte, mais une graine. J’ai alors interrogé deux des plus éminents botanistes du moment au Muséum national d’Histoire naturelle, et la chose ne leur dit rien du tout. Je l’ai mise en culture, hélas elle n’a jamais voulu germer…

    Peut-être une graine extra-terrestre, avec son petit parachute blanc tout déchiré ?

    © CACP – Gilles Carcassès

    C’est dur, mais il faut accepter avec humilité notre grande ignorance des choses de la nature. Pour cette fois, le mystère restera entier…


vendredi 5 janvier 2018

  • La photo mystère de janvier 2018
    A La Défense © CACP – Gilles Carcassès

    8h 30 à La Défense, les employés de bureaux commencent à grossir leurs rangs sur l’esplanade de La Défense. Moi, je n’ai d’yeux que pour ce beau Phlomis fruticosa au pied de la tour Sequoia, où siège une partie de l’administration centrale du ministère de la Transition écologique et solidaire.

    © CACP – Gilles Carcassès

    Mais elle est donc cette chose étrange observée sur une feuille de cet arbuste ?

    A lundi, les amis !


jeudi 4 janvier 2018

  • Le bleuet des montagnes
    Cyanus montanus, le bleuet des montagnes © CACP – Gilles Carcassès

    Trompé par les températures anormalement douces de ce début janvier 2018, ce bleuet des montagnes est en fleurs dans mon jardin !

    Solide plante vivace pour nos jardins

    La plante est aussi connue sous le nom de centaurée des montagnes. C’est une vivace vigoureuse, d’une très bonne rusticité, pouvant former de belles touffes dans une prairie, au soleil comme à mi-ombre. Elle se reproduit par le semis de ses akènes à aigrettes, mais surtout par ses robustes stolons souterrains qui lui confèrent parfois un caractère quelque peu envahissant. Pour cette raison, c’est une plante invasive redoutée en Amérique du Nord.

    Généreuse pour les bourdons !

    Ses grandes fleurs fournissent aux insectes un nectar abondant et du pollen très calorique. La prédominance des bourdons parmi ses visiteurs s’explique par la longueur du tube de ses corolles, bien adaptée à la longueur de leur langue. Les abeilles domestiques peuvent s’y abreuver aussi, mais il leur faut tirer la langue !

    Ne pas la confondre avec le bleuet des champs

    En Ile-de-France, on ne rencontre qu’une seule espèce indigène du genre Cyanus, c’est le bleuet des champs, Cyanus segetum, qui est une annuelle messicole. En Val d’Oise, il ne subsiste plus qu’en quelques stations à l’extrême ouest du Vexin.

    Cyanus segetum – Saint-Martin-la-Garenne © CACP – Gilles Carcassès

    Retrouvez d’autres plantes vivaces faciles :

    La buglosse tours verte

    Les hémérocalles

    Les hellébores

    L’iris d’Alger


mercredi 3 janvier 2018

  • L’ailante, roi des friches

    Les Simaroubaceae, ça existe ? C’est la famille de l’ailante qui compte de nombreux genres tropicaux. L’ailante fait exception, car il est très rustique, résistant jusqu’à -30°.

    Ses ancêtres étaient autrefois bien présents en Europe. Chassés par les glaciations, ils se sont réfugiés en Chine. Puis, l’ailante est revenu chez nous, rapporté par le père jésuite Pierre Nicolas Le Chéron d’Incarville au 18ème siècle. Sa rapidité de croissance, sa faculté à émettre des drageons, et son très faible niveau d’exigence quant aux sols l’ont fait apprécier pour des alignements, des haies brise-vent, des plantations pour la fixation de dunes et de talus, un peu partout en Europe. Essence de lumière et de sols maigres, il est aujourd’hui le roi dans les friches urbaines.

    Ailanthus altissima – château de La Roche-Guyon © CACP – Gilles Carcassès

    Il arrive même à s’installer dans les murs et les falaises ! Et la moindre fissure sur un trottoir lui suffit.

    Jeune ailante parisien © CACP – Gilles Carcassès

    Ses nombreuses graines ailées assurent sa dissémination par le vent et l’eau. Un arbre adulte peut en produire jusqu’à 300 000 par an !

    Fruits ailés et torsadés de l’ailante © CACP – Gilles Carcassès

    Faut-il voir en lui une peste abominable ou s’émerveiller de ses capacités extraordinaires ?

    Un papillon chinois à Paris

    Il semble que très peu d’insectes s’attaquent à cet arbre, hormis un papillon de nuit géant, le bombyx de l’ailante (Samia cynthia), qui a été introduit de Chine dans les années 1860 dans le but de produire de la soie. L’expérience ne fut pas concluante, mais quelques papillons de cette espèce vivent encore dans Paris. En hiver, on peut, paraît-il, repérer ses longs cocons qui pendent aux branches dénudées des vieux ailantes de quelques squares parisiens.

    Sources :

    L’histoire planétaire mouvementée de l’ailante, par Zoom Nature

    Samia cynthia, un chinois dans Paris, par Mes amis papillons

    La fiche Vigi-pratique de la Fredon Ile-de-France sur l’ailante


mardi 2 janvier 2018

  • Bonne année 2018 !

    La cellule Biodiversité de la Communauté d’agglomération de Cergy-Pontoise vous souhaite une excellente année 2018 !

    Episyrphus balteatus sur un hortensia © CACP – Gilles Carcassès

dimanche 31 décembre 2017

vendredi 29 décembre 2017

  • Malacophages
    Hydromya dorsalis © CACP – Gilles Carcassès

    Au bord du bassin qui recueille les eaux de toiture de ma maison, j’ai trouvé cette mouchette élancée, immobile sur une tige fasciée de lysimaque. Avec son museau pointu, elle a un look de Sciomyzidae, ces diptères des milieux humides dont les larves consomment des escargots.

    Hydromya dorsalis – Poissy © CACP – Gilles Carcassès

    Perchée sur un fruit de lysimaque, elle me montre la ligne de cinq gros points noirs qui orne son aile, ce qui permet de la déterminer. Hydromya dorsalis est spécialisée dans les mollusques aquatiques. J’aurais préféré qu’elle s’occupât des escargots du potager…

    Il existerait en France 67 espèces de Sciomyzidae, en voici quelques-unes :

    Sepedon sphegea © CACP – Gilles Carcassès

    Ce sombre Sepedon sphegea, vu au parc François-Mitterrand à Cergy, parasite aussi des mollusques aquatiques.

    Limnia unguicornis © CACP – Gilles Carcassès

    Limnia unguicornis est spécialisée dans les mollusques terrestres. Remarquez chez cette espèce les yeux à rayures et les antennes ornées d’un cil blanc.

    Trypetoptera punctulata – Neuville-sur-Oise © CACP – Gilles Carcassès

    Trypetoptera punctulata, aux ailes joliment décorées, est une autre espèce de Sciomyzidae qui parasite des mollusques terrestres.

    Retrouvé un autre article sur les Sciomyzidae :

    Gare à vos cornes

     


jeudi 28 décembre 2017

  • Trésors des friches urbaines

    Une fois n’est pas coutume, je vous fais l’article sur un nouvel ouvrage de botanique. Car l’événement est rare et mérite d’être souligné.

    La flore des friches urbaines d’Audrey Muratet, Myr Muratet et Marie Pellaton présente 258 plantes sauvages annuelles, vivaces ou ligneuses de nos friches. Le livre convient pour « le nord de la France et les régions voisines ». Chaque espèce est renseignée par une description précise, des illustrations, des éléments sur la biologie et l’habitat. Et pour les mordus de bestioles, un index à la fin du livre répertorie toutes les références animales dans les portraits des plantes : plantes hôtes, dispersions des graines, pollinisation…

    Voici y trouverez les stars des friches, et des espèces plus discrètes, mais tout aussi intéressantes à découvrir !

    Retrouvez quelques-uns de nos articles sur les plantes des friches :

    Tanacetum vulgare, la tanaisie – Neuville-sur-Oise © CACP – Gilles Carcassès
    Eryngium campestre, le chardon roland – Neuville-sur-Oise © CACP – Gilles Carcassès
    Agrimonia eupatoria, l’aigremoine © CACP – Gilles Carcassès
    Capsules sèches du compagnon blanc, Silene latifolia © CACP – Gilles Carcassès
    Oxalis corniculata – Cergy (sur un trottoir) © CACP – Gilles Carcassès
    Datura stramonium – Neuville-sur-Oise © CACP – Gilles Carcassès

mercredi 27 décembre 2017

  • L’araignée zèbre
    Salticus scenicus, l’araignée zèbre © CACP – Gilles Carcassès

    Elle portait un blouson de cuir noir avec un aigle sur le dos…

    Un petit zèbre qui court en tous sens sur un panneau en bois plastifié : c’est Salticus scenicus, la saltique arlequin (ou zèbre). On rencontre communément cette araignée sur les poteaux, les barrières, les clotures en bois, les murs des maisons où elle chasse à vue les moucherons. Comme toutes les saltiques, elle ne tisse pas de toile. Sa technique de chasse s’apparente plus à celle du tigre que du zèbre car elle bondit sur ses proies avec une vélocité surprenante.

    Salticus scenicus © CACP – Gilles Carcassès

    On voit (cliquez sur cette photo pour l’agrandir) les poils blancs et brillants qui garnissent ses palpes, et ses deux gros yeux ronds placés à l’avant de la tête (elle en possède six autres plus petits). Son excellente vision à 360 ° en fait une chasseuse redoutable.

    Cette araignée sauteuse est facile à observer en raison de ses lieux de prédilection dégagés et de sa robe contrastée. Mais je l’avoue, 5 mm ce n’est pas très gros.

    Retrouvez notre article sur les saltiques :

    Araignées sauteuses


mardi 26 décembre 2017

dimanche 24 décembre 2017

vendredi 22 décembre 2017

jeudi 21 décembre 2017

  • Trouver la bonne plante, maintenant c’est facile !

    Où trouver les plantes dont vous rêvez pour embellir votre jardin ?

    Le site Floriscope répertorie 100 000 variétés de plantes. Il est accessible à tous et gratuit. Il donne les adresses des producteurs et la description des plantes. Vous pouvez aussi faire des recherches en sélectionnant des critères. Cette application a été créée dans la cadre du projet Végébase piloté par Plante & Cité, avec le soutien de Val’hor, l’interprofession française de l’horticulture, de la fleuristerie et du paysage, et la région des Pays de la Loire.

    J’ai testé Floriscope avec cette jolie rareté :

    Centaurea ragusina devant l’hôtel d’agglomération à Cergy © Gilles Carcassès

    J’adore cette centaurée à fleurs jaunes et au feuillage argenté. Centaurea ragusina est une plante vivace méditerranéenne originaire de Croatie. On peut la rencontrer çà et là sur la Côte d’Azur. Très résistante à la sécheresse, cette plante généreuse prospère et se ressème naturellement dans la jardinière où je l’ai installée il y a sept ans maintenant. J’ai constaté qu’elle est de plus très visitée par les abeilles et les papillons, attirés par son nectar abondant.

    Eh bien, je l’ai trouvée très simplement dans Floriscope. J’y ai appris qu’on peut la voir dans les collections botaniques de la ville de Montpellier et qu’elle est proposée à la vente par un pépiniériste spécialisé dans les plantes adaptées à la sécheresse.

    Les prestataires n’ont plus le droit de dire que ça n’existe pas…

    Retrouvez notre article :

    Les fleurs des plantes chameaux

    Sources :

    http://blog.paysalia.com/amenagements-paysagers/application-floriscope-accompagne-creation-espaces-verts/

    La foire aux questions de Floriscope


mercredi 20 décembre 2017

  • Pyrales

    On nomme pyrales des papillons de nuit, plutôt de taille assez petite, des familles Crambidae et Pyralidae. Les différences entre ces deux familles me paraissent bien subtiles et compliquées, affaire de spécialistes… Je crois comprendre que les Crambidae ont souvent de grands palpes portés vers l’avant et les Pyralidae un « museau » plus court, mais ça ne marche pas à tous les coups. Donc quand je trouve un papillon qui a une allure de pyrale, je cherche dans les deux familles (et ailleurs si je fais chou blanc !…). Les pyrales sont souvent nuisibles aux cultures, on les désigne alors selon l’espèce ravagée : la pyrale du maïs, la pyrale du haricot, la pyrale du buis, la pyrale du tournesol…

    Voici quelques Crambidae :

    Pyrausta aurata, la pyrale de la menthe © CACP – Gilles Carcassès (cliquez sur l’image pour bien voir les palpes)

    Pyrausta aurata, la pyrale de la menthe, est un joli papillon de nuit qui vole le jour. Il s’intéresse aux menthes, aux origans ou aux nepetas que consomment ses chenilles.

    Anania hortulata, la pyrale de l’ortie – jardin du moulin de la Couleuvre à Pontoise © Gilles Carcassès

    La chenille d’Anania hortulata consomme des orties, mais aussi d’autres plantes comme les liserons, les menthes, les groseilliers, les germandrées.

    Cydalima perspectalis © CACP – Gilles Carcassès

    La tristement célèbre et néanmoins jolie pyrale du buis, ici dans sa forme sombre.

    Et quelques Pyralidae :

    Myelois circumvoluta – parc du château de Menucourt © CACP – Gilles Carcassès

    Myelois circumvoluta est une spécialiste des chardons !

    Pyralis farinalis, la pyrale de la farine © CACP – Gilles Carcassès

    Les chenilles de cette belle espèce consomment les grains des céréales. On trouve ce papillon près des granges, des minoteries et des silos à grains.

    Evidemment, il y a des pièges, comme cet Hypena rostralis qui a de très grands palpes mais fait partie des Erebidae :

    Hypena rsotralis  © Gilles Carcassès

    Et histoire de compliquer encore un peu plus les choses, la « pyrale de la vigne » dont le papillon mange les grappes n’est ni un Crambidae ni un Pyralidae, mais un Tortricidae !


mardi 19 décembre 2017

  • L’amarante couchée
    Amaranthus deflexus – Paris © CACP – Gilles Carcassès

    Elle se contente d’une fissure

    L’amarante couchée est l’une des sept espèces d’amarantes que l’on peut rencontrer dans la nature en Ile-de-France. Cinq sont d’origine américaine et deux, présentes en France depuis la préhistoire, sont probablement d’origine africaine. Ces plantes sont souvent adventices dans les potagers et dans les vignes et on les rencontre aussi sur les trottoirs. Amaranthus deflexus est une amarante vivace sud-américaine au port rampant. Elle peut être verte, ou violette, comme celle-ci, observée sur un trottoir parisien.

    Amarante pourpre – potager fruitier du château de La Roche-Guyon © CACP – Gilles Carcassès

    Très bons légumes !

    Les amarantes sont comestibles, et ce sont des légumes appréciés dans de nombreuses régions du Monde. On accommode leurs feuilles comme des épinards, et leurs graines fines très nutritives sont utilisées comme de la semoule. J’ai vu ce pied d’amarante cultivée au potager fruitier du château de La Roche-Guyon, haut lieu d’expérimentation de légumes insolites.

    Amaranthus caudatus (queue de renard) et  Amaranthus tricolor en compagnie de cosmos et d’ipomées © CACP – Gilles Carcassès

    De nombreuses variétés horticoles d’amarantes sont employées pour le décor des massifs fleuris. Certaines, très spectaculaires, dépassent deux mètres de haut !

    Retrouvez d’autres belles de trottoirs :

    L’oxalis corniculé

    Le séneçon de Mazamet

    Deux mini-fleurettes du printemps

    Ni bonnes, ni mauvaises

    Périlla de Nankin

    Ciboulette

    Les transfuges du mur végétalisé


lundi 18 décembre 2017

  • Décembre, le mois de la phalène brumeuse
    Operophtera brumata, la phalène brumeuse © CACP – Gilles Carcassès

    C’est en fermant les volets que j’ai trouvé, sur la vitre de la fenêtre du salon, ce papillon de nuit aux reflets argentés. Pour un papillon de nuit, la posture n’est pas commune ! La phalène brumeuse est l’une des rares espèces à assembler ainsi les ailes au repos, comme le font communément les papillons de jour.

    Détail des ailes de la phalène brumeuse © CACP – Gilles Carcassès

    Des milliers d’écailles brillantes ornent ses ailes. Ce mâle a déjà un peu vécu, car il commence à lui manquer des écailles. Sa femelle, dépourvue d’ailes fonctionnelles, ne lui ressemble pas du tout. Elle se tient sur les troncs des arbres où elle attire les mâles par l’émission de phéromones. Les œufs qu’elle pond sur les rameaux résistent au gel et écloront en avril.

    Operophtera brumata, l’avers © CACP – Gilles Carcassès

    Quand il étale ces ailes, le mâle est d’un gris terne assez uniforme, plus ou moins brun selon les individus.

    Au printemps, les chenilles arpenteuses de cette espèce consomment les feuilles d’arbres ou d’arbustes à leur convenance. Et elles ne sont pas difficiles : entrent à leur menu les arbres fruitiers, les groseilliers et framboisiers, les chênes, charmes, ormes, frênes, hêtres, érables, châtaigniers… Pour la nymphose qui se passe sous terre, elles se laissent descendre au bout d’un long fil de soie jusqu’au sol. Ce sont elles qui vous gâchent le plaisir de la promenade printanière en forêt lorsqu’elles sont nombreuses. Cette espèce très polyphage est aussi très commune, on la trouve partout où poussent des arbres. Peut-être est-elle aussi dans votre jardin ? Comme le mâle est attiré par la lumière, il suffit pour le savoir d’observer les nuits de décembre les murs éclairés par les lampadaires.

    Retrouvez d’autres portraits de papillons de nuit :

    La phalène auguleuse

    L’été, sur la terrasse éclairée

    Le bombyx disparate

    Le grand paon de nuit

    La rosette

    Le vert-doré

    Le géomètre à barreaux

    L’écaille marbrée


vendredi 15 décembre 2017

  • Les deux compères : Rotengle et Gardon

    Leçon de pêche n°2 à l’Ile de loisirs de Cergy-Pontoise

    Voici deux poissons argentés aux nageoires rouges qui vivent en bancs dans les étangs de Cergy-Pontoise : le rotengle et le gardon. Ces deux espèces sont de bonnes proies pour le brochet.

    Scardinius erythrophthalmus, le rotengle – Cergy © CACP – Gilles Carcassès
    Rutilus rutilus, le gardon © CACP – Gilles Carcassès

    Mais comment faire pour les différencier ?

    Il faut regarder les bons détails !

    Le museau : le rotengle capture des proies flottantes ou près de la surface, sa bouche est logiquement tournée vers le haut et son front est moins bombé que celui du gardon qui se nourrit au fond et dont la bouche s’ouvre vers le bas. C’est le critère le plus facile.

    Les nageoires : chez le rotengle, la nageoire dorsale est implantée très en arrière, en décalage par rapport aux nageoires pelviennes (ventrales), ce qui n’est pas le cas chez le gardon.

    Les yeux : le gardon aurait les yeux plus rouges, mais c’est variable.

    Et il paraît que les deux espèces peuvent s’hybrider, ça peut faire une bonne excuse si on ne sait pas trancher.

    Application :

    Rotengle ou gardon ? – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

    Alors pour celui-ci, l’ouverture de la bouche est vers le haut : c’est un rotengle !

    Rotengles ou gardons ? – bassin Blanche de Castille à Saint-Ouen l’Aumône © CACP – Gilles Carcassès

    En patrouille près de la surface, avec la nageoire dorsale implantée en arrière des pelviennes : encore des rotengles !

    Retrouvez notre article :

    Les perches de l’Ile de loisirs de Cergy-Pontoise


jeudi 14 décembre 2017

mercredi 13 décembre 2017

  • Histoire belge (la suite)
    8T56413, notre mouette belge © Gilles Carcassès

    En janvier 2015 au parc François-Mitterrand à Cergy, nous avions identifié cette mouette rieuse grâce aux inscriptions de la bague qu’elle porte à la patte gauche : « Brussels 8T56413 ». Le Centre de Recherche sur la Biologie des Populations d’Oiseaux nous avait alors indiqué que cet oiseau avait été bagué étant encore poussin dans la région d’Anvers en juin 2013. L’hiver dernier, nous avons attendu en vain le retour de notre mouette belge au bassin du parc François-Mitterrand.

    Chavençon – photo Streetview

    Je viens de recevoir de ses nouvelles : notre oiseau a été repéré par un ornithologue en janvier 2016 à Chavençon dans l’Oise. Mais pourquoi a-t-elle choisi Chavençon ? Franchement, ça ne casse pas trois pattes à canard ! C’est même vexant.

     

    8T56413, reviens à Cergy-Pontoise, il y aura encore des frites pour toi !

    Retrouvez dans nos articles d’autres histoires de mouettes :

    Histoire belge

    Zdzmouette

    Olomouc

    Bien le bonjour de Tchéquie


mardi 12 décembre 2017

  • 6 semaines pour découvrir l’agroécologie

    Un nouveau MOOC sur l’agroécologie, porté par l’Ecole d’enseignement supérieure d’agronomie de Montpellier (Montpellier SupAgro), débute en février 2018. Le cours démarre le 2 février 2018 et les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 22 février 2018.

    © CACP – Marion Poiret

    Le programme du Mooc se déroulera pendant 6 semaines et abordera l’histoire et les différentes approches de l’agroécologie, ses mises en œuvre pratiques, les leviers et les freins de la transition de l’agriculture traditionnelle vers l’agroécologie.


  • La scutigère, chilopode domestique
    Scutigera coleoptrata © CACP – Gilles Carcassès

    Un « mille-pattes » de course

    Plus on va vers l’arrière, plus ses pattes sont longues. Il paraît que c’est le secret de son incroyable vélocité. La scutigère est en effet capable d’accélérations fulgurantes ! Evidemment lorsqu’elle s’est égarée dans la baignoire, malgré ses accélérations, elle patine lamentablement. Vous l’aurez deviné, cette bestiole est un grand chasseur. Elle se nourrit d’araignées, de mouches, de mites, de blattes, de lépismes, de cloportes qu’elle capture à la course et immobilise avec les deux crochets venimeux disposés sous sa tête… Un véritable auxiliaire de ménage domestique !

    Astuce :

    Pour permettre aux scutigères et aux tégénaires aventureuses de s’échapper de votre baignoire, vous pouvez y laisser une serviette ou un manche à balai qu’elles sauront escalader. Ça marche aussi avec un escabeau.

    D’origine méditerranéenne, la scutigère fréquente les endroits chauds et humides, comme les caves, les salles de bain et les buanderies. Elle est très discrète, chassant la nuit. Elle est timide aussi : elle ne vous attaquera pas, vous n’êtes pas comestible pour elle.

    Retrouvez nos articles :

    Combien de pattes ont les mille-pattes ?

    Dans les caves secrètes du palais de Tokyo

    Sources :

    Scutigera coleoptrata par le blog Moineau de Paris

    La scutigère par insectes-net.fr


lundi 11 décembre 2017

  • Votre photo préférée

    Merci à tous pour vos commentaires très sympathiques et vos votes pour désigner votre photo préférée parmi les 14 présentées dans l’article « Mille ! » publié à l’occasion de notre millième article !

    Voici le tiercé gagnant :

    1 er ex aequo (19 %) : les Procridinae, une sous-famille parmi les zygènes. Deux individus sur une fleur d’allium © CACP – Gilles Carcassès
    1 er ex aequo (19 %) : fruits de tilleul flottant dans le bassin des otaries au zoo de Vincennes © CACP – Gilles Carcassès
    3 ème (13 %) : la chenille de l’Etoilée venant de muer – parc du château de Menucourt © CACP – Gilles Carcassès

    Puisque vous aimez les zygènes, en voici un autre, pour le plaisir :

    Zygaena erythrus sur une centaurée © CACP – Gilles Carcassès

vendredi 8 décembre 2017

  • Mille !

    C’est notre millième article ! Pour fêter l’événement, je vous propose une sélection de nos photos préférées.

    En cliquant sur le numéro sous chaque image, vous retrouverez les articles dont sont issues ces photos.

    Vous pouvez voter pour la photo que vous préférez :

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    n° 1 © CACP – Gilles Carcassès
    n° 2 © CACP – Gilles Carcassès
    n° 3 © CACP – Gilles Carcassès
    n° 4 © CACP – Gilles Carcassès
    n° 5 © CACP – Gilles Carcassès
    n° 6 © CACP – Gilles Carcassès
    n° 7 © CACP – Gilles Carcassès
    n° 8 © CACP – Gilles Carcassès
    n° 9 © CACP –  Gilles Carcassès
    n° 10 © CACP – Gilles Carcassès
    n° 11 © CACP – Gilles Carcassès
    n°12 © CACP – Gilles Carcassès
    n° 13 © CACP – Gilles Carcassès
    n° 14 © CACP – Marion Poiret

jeudi 7 décembre 2017

  • Ciboulette
    Ciboulette – Cergy, quartier Grand centre © CACP – Gilles Carcassès

    Quelle est cette herbe à la croissance généreuse au pied de ce poteau ? C’est de la ciboulette ! Une graine, sans doute portée par le vent depuis la terrasse végétalisée de la tour Suez, aura profité d’une fissure et d’un peu d’humus pour s’installer là.

    Une résistance exceptionnelle à la sècheresse passagère

    La ciboulette est une des meilleurs plantes pour végétaliser les toitures. Lorsqu’il fait trop sec, son feuillage fane mais les petits bulbes dans le sol restent vivants et émettent de nouvelles feuilles lorsque les conditions redeviennent favorables. Six centimètres d’épaisseur de substrat lui suffisent pour survivre et prospérer sans arrosage. En outre, sa jolie floraison produit quantité de graines qui permettent à la plante de coloniser l’espace autour d’elle.

    La ciboulette fait partie des plantes qui ont bien réussi sur la toiture végétalisée de l’école Gustave Loiseau à Pontoise.

    Elle est remarquablement présente sur cette toiture à la Maison des russes à Eragny :

    Fétuques et ciboulettes en fleurs – Eragny-sur-Oise © Gilles Carcassès

    Retrouvez un autre article sur des plantes échappées d’un mur végétalisé :

    Un Erasmus pour les plantes vivaces ?

     


mercredi 6 décembre 2017

  • Un grillon provençal

    Une découverte étonnante !

    Dans un magasin de fruits et légumes de Vauréal, un client a trouvé un drôle d’insecte « gros et tout noir, avec de grandes antennes ». La Maison de la nature de Vauréal qui l’a recueilli m’a alerté et j’ai pu l’observer dans son terrarium de fortune. Il s’était régalé de flocons d’avoine et s’abreuvait dans un bouchon en plastique.

    Gryllus bimaculatus, le grillon provençal (ici une femelle) © CACP – Gilles Carcassès

    Je m’attendais à un cafard, mais ce n’est pas ça du tout !

    Il s’agit d’un grillon et même d’une espèce qui ne vit pas chez nous : le grillon provençal, qui est strictement méditerranéen. On le distingue aisément du grillon champêtre, que l’on peut rencontrer un peu partout en France, à ses ailes aussi longues que le corps et à la forme de son pronotum (le dos du thorax) qui n’est pas rétréci vers l’arrière. De plus, il n’a pas de rouge sur les pattes.

    Jeune grillon champêtre (Gryllus campestris) trouvé noyé dans une piscine en été © CACP – Gilles Carcassès

    Mais que faisait donc notre grillon provençal à Vauréal dans un rayon courgettes ?

    Le grillon provençal ne creuse pas de terrier contrairement au grillon champêtre. Le jour, il se cache au sol sous une touffe d’herbe, des feuilles mortes, des pierres ou du bois tombé.

    Peut-être que ce grillon était caché dans un cageot de légumes dans un champ en Provence, et qu’il en est sorti arrivé au magasin ? Une autre explication serait l’évasion d’un élevage. Les grillons provençaux sont en effet élevés par les amateurs de mygales et de serpents de compagnie, comme nourriture vivante. Il est préférable que ce soit un grillon qui s’échappe, d’ailleurs…

    En fin d’été, les mâles stridulent tard dans la nuit pour attirer les femelles, en frottant leurs ailes. Les femelles fécondées par plusieurs mâles pondent dans le sol à l’aide de leur long ovipositeur et ce sont les œufs, chez cette espèce, qui passent l’hiver. Un pot rempli de terre humide a été proposé à cette femelle. Peut-être y pondra-t-elle quelques œufs avant de mourir ? Michka (c’est ainsi qu’elle a été nommée) va vivre une retraite heureuse dans une école maternelle de Conflans-Sainte-Honorine.

    Merci à l’OPIE pour ses bons conseils en matière d’élevage de grillons !

    Retrouvez une autre histoire de clandestin :

    Les clandestins de la gare


mardi 5 décembre 2017

  • Quelle plante pour remplacer le buis nain à bordure ?
    Buxus sempevirens ‘suffruticosa’ est utilisé traditionnellement pour confectionner des bordures de buis – Paris (jardins du Sénat) © CACP – Gilles Carcassès

    Nos buis à bordure sont bien menacés ! La pyrale du buis oblige à multiplier les traitements de biocontrôle et les maladies cryptogamiques dues à Cylindrocladium buxicola et Volutella buxi n’ont pas de traitement biologique vraiment efficace. Quant aux trichogrammes parasitoïdes censés pondre dans les œufs de la pyrale, les échos que j’en ai eu par les collègues qui les ont testés sont assez divergents. Alors je suis allé voir les maîtres jardiniers des jardins du Luxembourg à Paris pour savoir où ils en sont. A mon étonnement, ils m’ont indiqué que ce qui leur pose le plus de problèmes, ce sont les fortes infestations par la cochenille virgule, qui aggravent considérablement la situation.

    Les bordures de buis doivent être impeccables pour mettre en valeur le dessin des broderies et des massifs, et cela devient de plus en plus difficile de les maintenir en bonne santé. Des zones dégarnies apparaissent, puis des trous… Alors que faire, tout remplacer ? Mais avec quel végétal ?

    Ces jardiniers ont rapidement compris, en observant la chlorose des jeunes pousses, que nos sols calcaires ne conviennent pas du tout à Ilex crenata : aucun des cultivars testés n’a donné de bons résultats. Ils ont fait aussi un essai avec un cultivar d’un buis d’une autre espèce d’origine japonaise, réputé très résistant : Buxus microphylla ‘Faulkner’. Il est peut-être costaud, mais pas indemne de dégâts.

    Buxus microphylla ‘Faulkner’, au premier plan – Paris (jardins du Sénat) © CACP – Gilles Carcassès

    Et puis le feuillage est nettement moins fin, la pousse plus importante, alors l’aspect taillé n’est pas très concluant.

    Euonymus japonicus ‘Microphyllus’ – Paris (jardins du Sénat) © CACP – Gilles Carcassès

    La solution viendra peut-être de ce fusain nain Euonymus japonicus ‘Microphyllus’ appelé aussi ‘Pulchellus’. La bordure de la photo ci-dessus a un an et a été taillée une fois. Il faudra cependant attendre quelques années pour vérifier le bon vieillissement de ces arbustes lorsqu’ils sont taillés en bordure très basse. En latin, pulchellus signifie mignon, je trouve que cela lui va plutôt bien.


lundi 4 décembre 2017

  • Grappe d’œufs de chrysope

    Bravo à Patrick, Denis et Catherine d’avoir les premiers proposé une ponte de chrysope pour cette photo mystère de décembre 2017. J’espérais le passage d’un doctorant du Muséum qui ferait justement une thèse sur les œufs de chrysope pour aller à l’espèce, mais non… Alors, on restera un peu dans le vague.

    Ponte de chrysope – Ile de loisirs de Cergy-Pontoise © CACP – Gilles Carcassès

    Ce sont bien des œufs d’insectes qui sont ainsi groupés en bouquet sous cette feuille de Prunus mahaleb. Les spécialistes qui fréquentent les forums y voient la signature de chrysopes du genre Dichochrysa. Chez la plupart des espèces de chrysopes, les œufs sont pondus non pas en grappe mais isolément, parfois en file indienne, chacun au bout d’un filament.

    Ponte de chrysope en file indienne © CACP – Gilles Carcassès

    Cette ombelle de fenouil infestée de pucerons a été choisie comme site de ponte par une chrysope femelle. Dès leur naissance, ses larves trouveront rapidement de quoi se nourrir !

    Chrysope indéterminée – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

    Il existerait en France 51 espèces de chrysopes, dont 21 en Ile-de-France, assez difficiles à déterminer sans examen à la loupe, à quelques exceptions près.

    Retrouvez notre article :

    Une chrysope en hiver

    Source :

    https://www.researchgate.net/publication/268210749_Cartographie_des_Chrysopes_en_France_Neuroptera_Chrysopidae


vendredi 1er décembre 2017

  • La photo mystère de décembre 2017
    Vu à l’Ile de loisirs de Cergy-Pontoise © CACP – Gilles Carcassès

    Un curieux bouquet sous une feuille de cerisier de Sainte-Lucie. Mais qu’est-ce donc ?

    A lundi !


jeudi 30 novembre 2017

  • Révélations sur les chauves-souris d’Ile-de-France !

    Hélas, les chauves-souris ne font pas mieux que les papillons de jour : un tiers des espèces de chiroptères en Ile-de-France sont menacées !

    L’excellente liste rouge régionale des chauves-souris d’Ile-de-France que vient de publier Natureparif nous délivre des informations surprenantes sur les 22 espèces de mammifères volants que l’on peut rencontrer dans notre région.

    Des animaux utiles et méconnus

    Ces malaimées ont droit à notre reconnaissance : certaines espèces sont capables de consommer jusqu’à 10 moustiques par minute, d’autres capturent des papillons dont les chenilles sont urticantes comme la processionnaire du pin. Toutes sont à considérer comme des auxiliaires pour les cultures, par les prélèvements qu’elles font dans les populations d’insectes volants ravageurs.

    Et leurs mœurs sont étonnantes : saviez-vous que le murin à oreilles échancrées cueille les araignées postées sur leur toile, et que le grand murin chasse les carabes au sol, au besoin en leur courant après à quatre pattes ?

    Comment faire pour protéger les chauves-souris ?

    En protégeant les arbres

    Les trois quarts des espèces franciliennes utilisent des arbres creux ! Fissures, vieux trous de pics, cavités naturelles, écorces décollées sont mises à profit pour les mises bas, les gîtes hivernaux ou servent de lieux de repos transitoires. Certaines espèces comme les noctules sont même strictement arboricoles. Il est donc important de préserver ces vieux arbres à cavités, et de ne les abattre,  après examen des cavités et recherche de colonies, qu’en cas d’absolue nécessité et en dehors de la période qui va de novembre à avril. Il faut aussi éviter de supprimer les éléments de paysage qui servent de repères par écholocation aux chauves-souris dans leurs déplacements, comme les grands arbres isolés, les rangées d’arbres et les grandes haies.

    En évitant les dérangements dans les greniers, les caves et les souterrains

    Certaines espèces élèvent leurs petits dans des combles ou des greniers. Il est très important d’interdire aux chats l’accès à ces endroits.

    Les caves et souterrains sont aussi utilisés en période hivernale. Toute pollution ou dérangement intempestif peut avoir de graves conséquences pour la survie de la colonie. Mais l’obturation des entrées de carrières avec des grilles peut aussi décourager les chauves-souris. Il est préférable d’interdire les accès par une clôture dégagée de l’entrée du souterrain.

    En limitant l’éclairage

    On voit souvent les pipistrelles communes chasser la nuit autour des lampadaires. Elles profitent comme d’autres prédateurs nocturnes de la présence d’insectes attirés par la lumière. Mais certaines chauves-souris plus rares, comme le murin de Daubenton, ont une aversion marquée pour les zones éclairées. L’instauration d’une trame noire facilitant leur circulation entre leurs terrains de chasse et leurs gîtes serait très bénéfique. L’éclairage extérieur des édifices devrait prendre en compte l’existence de colonies de chauves-souris afin de ne pas éclairer les façades correspondant à leurs accès. Quant à l’éclairage public, des études ont montré que l’arrêt entre minuit et 5 heures du matin a un effet bénéfique pour les oreillards. Pour aider les rhinolophes, il faudrait pratiquer l’extinction dès 23 heures.

    Heureusement, SOS chauves-souris est là pour vous aider !

    En cas de difficultés avec des chauves-souris, ayez le réflexe « SOS chauves-souris ». Sur ce site, vous trouverez des informations utiles et les coordonnées de spécialistes qui peuvent vous conseiller.

    Retrouvez nos articles :

    L’éclairage nocturne et ses conséquences sur la biodiversité

    La liste rouge des libellules

    Chenilles processionnaires du pin, c’est maintenant qu’il faut agir

    La liste rouge des oiseaux nicheurs

    Le déclin des papillons de jour


mercredi 29 novembre 2017

mardi 28 novembre 2017

  • Signalez les espèces exotiques envahissantes

    Dans le cadre de la Stratégie nationale relative aux espèces exotiques envahissantes, le Centre National de la Recherche Scientifique, le Muséum national d’Histoire naturelle et l’Agence Française pour la Biodiversité ont créé un site participatif dédié à la connaissance des espèces exotiques envahissantes. Vous y trouverez un formulaire de saisie en ligne pour vos observations, et des informations pédagogiques sur ce vaste sujet. J’ai testé, c’est facile et très bien fait.

    Voici quelques-uns de nos articles sur des espèces invasives.

    Cliquez sur les photos pour lire les articles :

    Perruche à collier – Paris © CACP – Gilles Carcassès
    Brun du pélargonium – Cergy © CACP – Gilles Carcassès
    Pyrale du buis © CACP – Gilles Carcassès
    Frelon asiatique © CACP – Gilles Carcassès
    Punaise américaine des pins © CACP – Gilles Carcassès
    Jussie © CACP – Gilles Carcassès

lundi 27 novembre 2017

  • Le déclin des papillons de jour

    Une étude hollandaise à grande échelle sur la diversité et l’abondance des papillons de jour depuis 1990 permet de dessiner des tendances et d’émettre des hypothèses quant aux causes des changements constatés.

    Parage aegeria, le Tyrcis – Jouy-le-Moutier © CACP – Gilles Carcassès

    Tout d’abord, si de nombreuses espèces sont en net déclin, toutes ne le sont pas. Ainsi, le Tyrcis tire son épingle du jeu et ses effectifs progressent nettement. Une autre étude montre que l’espèce serait capable de s’adapter à la raréfaction des haies qu’il affectionne et à la fragmentation de son habitat, en améliorant ses performances de vol.

    Gonepteryx rhamni, le Citron © CACP – Gilles Carcassès

    La raréfaction de la plante-hôte de la chenille est très certainement une explication pour le déclin de certaines espèces autrefois communes. C’est le cas du Citron, papillon inféodé à deux arbustes indigènes qui poussent dans les haies, la bourdaine et le nerprun.

    Aglais urticae, La Petite tortue – Pontoise © CACP – Gilles Carcassès

    Pour la chute des effectifs de la Petite tortue, il s’agit d’autre chose, car les orties qui nourrissent ses chenilles prolifèrent au bord des champs et dans les friches, en raison des fertilisations azotés, de l’épandage des lisiers, des dépôts de déchets verts, de la non-exportation des coupes… C’est plutôt dans la qualité et l’abondance des nectars, source de nourriture des papillons, que se trouve l’explication. Là encore, les pratiques agricoles sont pointées du doigt : fertilisation des prairies, désherbage et labour des bords de champs amenuisent la diversité florale et font se raréfier les fleurs des meilleures espèces nectarifères.

    Source :

    https://www.zoom-nature.fr/fleurs-et-papillons-unis-dans-un-meme-declin/

     


vendredi 24 novembre 2017

  • La bruche de l’arbre de Judée
    Bruchidius siliquastri © CACP – Gilles Carcassès

    Débandade !

    Ce pied de tanaisie recouvert d’oïdium était le terrain de jeux de petits coléoptères gris. J’ai pu faire cette photo. En voulant m’approcher, ils se sont tous laisser tomber. Avec cet abdomen rouge qui dépasse largement des élytres, je ne vois qu’une espèce qui leur ressemble : Bruchidius siliquastri, la bruche de l’arbre de Judée. Cet insecte n’a été décrit qu’en 2007, mais il paraît largement répandu. La nourriture de sa larve est la graine de l’arbre de Judée.

    Gousse de Cercis siliquastrum © CACP – Gilles Carcassès

    Trous de sortie

    Sur cette gousse d’arbre de Judée, on distingue deux trous bien ronds. Ils trahissent la sortie de deux bruches qui se sont développées chacune dans une graine. J’ai vu celle-ci à Marly-le-Roi, et on m’a signalé la présence de cet insecte au parc de l’Amitié à Rueil-Malmaison. J’ai inspecté les gousses de l’arbre de Judée qui décore mon jardin. Pas une n’est trouée… Encore un coup de mes poules, sans doute !

    L’arbre de Judée

    Cercis siliquastrum, l’arbre de Judée © CACP – Gilles Carcassès

    D’origine méditerranéenne, l’arbre de Judée est souvent utilisé dans les jardins pour sa spectaculaire floraison printanière qui apparaît avant les feuilles.


jeudi 23 novembre 2017

  • La galle poilue du hêtre

    A Asnières-sur-Oise, une amie m’a fait découvrir ce superbe hêtre remarquable.

    Fagus sylvatica © CACP – Gilles Carcassès

    C’est bizarre, par ici les hêtres ont de galles poilues sur les feuilles ! Je n’avais encore jamais vu ça.

    Galle poilue sur une feuille de hêtre © CACP – Gilles Carcassès

    C’est l’oeuvre d’un diptère Cecidomyiidae du nom de Hartigiola annulipes. Les adultes, sortes de moucherons, émergent en mai et pondent à la face inférieure des feuilles près de la nervure principale. C’est la petite larve qui va induire par ses morsures la croissance progressive de la galle. Rapidement, elle s’installe à l’intérieur de la cavité et en consomme les parois. L’automne venu, la galle se détache de la feuille et tombe au sol. La larve hiverne à l’intérieur de la galle dans la litière et la nymphose se produit au printemps.

    Galle d’Hartigiola annulipes © CACP – Gilles Carcasses

    Sur cette feuille, on voit une galle et les cicatrices laissée par deux autres galles qui sont déjà tombées à terre.

    J’ai récolté quelques feuilles présentant des galles pour tenter un élevage. Rendez-vous au printemps prochain pour le portrait du moucheron (ou peut-être d’un parasitoïde ?)…

    Retrouvez notre article :

    Les galles de cécidomyies


mercredi 22 novembre 2017

  • La chrysomèle de Banks
    Chrysolina bankii © CACP – Gilles Carcassès

    Immanquable, cette chrysomèle sur sa fleur de zinnia ! Les élytres brillants et fortement ponctués sont noirs avec des reflets cuivrés. La tête, les palpes, les antennes, les pattes et le dessous du corps sont d’un beau rouge Bordeaux.

    Chrysolina bankii, vue de profil © CACP – Gilles Carcassès

    Pas de doute, c’est la chrysomèle de Banks. On rencontre Chrysolina bankii sur les menthes et d’autres Lamiaceae comme le marrube. J’ai photographiée cette espèce méridionale en Aveyron. Elle est également présente dans tout l’ouest de la France, et aurait même été vue dans le Val d’Oise, selon l’INPN. Ouvrons l’œil !

    Chrysolina polita – Pontoise © CACP – Gilles Carcassès

    Attention à ne pas la confondre avec Chrysolina polita, la chrysomèle polie, qui fréquente aussi les menthes !

    Retrouvez d’autres articles sur les chrysomèles :

    Elles mangent les lavandes

    Bonbon à la menthe

    Le gribouri à deux taches

    Casside

    Petits bijoux cachés dans les herbes


mardi 21 novembre 2017

  • Le brochet
    Jeune brochet – Ile de loisirs de Cergy-Pontoise © Eric Nozerac

    Son museau pointu n’évoque-t-il pas une broche ?

    Son nom viendrait de cette ressemblance. Mais qu’on ne s’y trompe pas, il n’embroche pas ses proies, il les engloutit, au terme de l’accélération puissante mais brève que lui permet son corps musclé et profilé. Le brochet chasse en embuscade parmi les branches immergées et la végétation aquatique. Il fonce sur tout ce qui passe à sa portée : poissons de toutes sortes, écrevisses, et même canetons !

    Les femelles, qui peuvent atteindre un mètre et peser jusqu’à 30 kilos, pondent des milliers d’œufs au printemps dans les herbes aquatiques à faible profondeur. Quelques-uns de ces œufs seulement donneront des brochetons d’avenir. Le jeune brochet, s’il ne s’est pas fait manger avant, peut atteindre 30 cm au terme de sa première année. Ses flancs sont marqués de barres claires qui s’estomperont avec l’âge.

    Chair empoisonnée…

    Comme tous les superprédateurs, sa chair accumule fortement les polluants tels que le plomb, le mercure, le PCB, les pesticides, les dioxines… Ainsi, dans les fleuves et rivières trop pollués sa consommation est interdite. Les sages pêcheurs sont bien avisés de relâcher les brochets près capture !

    Source :

    Le brochet, par l’INPN

    Retrouvez un autre article sur les poissons de l’Ile de loisirs de Cergy-Pontoise :

    Les deux perches


lundi 20 novembre 2017

  • La cicadelle qui n’existait pas
    Cicadella viridis, la cicadelle verte, sur une feuille d’ortie – Jouy-le-Moutier © CACP – Gilles Carcassès

    Les cicadelles vertes mâles sont bleues !

    Dans la prairie humide de la ferme d’Ecancourt, les cicadelles vertes sautent et s’envolent à notre approche. Certaines sont d’un beau bleu comme celle ci-dessus, ce sont les mâles. Les femelles sont d’un vert amande. Cette espèce est assez commune dans toutes les régions de France, elle se nourrit de la sève des plantes, et pond ses œufs dans les jeunes rameaux des arbustes.

    Cicadelle inconnue ?

    En vacances cet été dans le Lot, j’ai cherché les cicadelles au bord d’un ruisseau. En voilà une joliment colorée ! Zone humide + coloration bleu-vert = Cicadella viridis, me dis-je… Mais celle-ci est bizarre, il lui manque les taches noires caractéristiques sur les yeux et le dessus de la tête. Elle est plus trapue, et plein de petits détails anatomiques ne collent pas. A l’évidence c’est une autre espèce, mais laquelle ? Il m’a fallu l’aide de spécialistes pour comprendre : cette cicadelle n’existe pas !

    Jikradia olitoria, vue dans le Lot © CACP – Gilles Carcassès

    Ce serait Jikradia olitoria, une espèce commune au Canada et aux Etats-Unis, connue pour être vecteur d’une maladie virale du fraisier. Elle a déjà été vue en Italie, en 2014 et une autre fois en Dordogne, en 2016. L’espèce n’est pas encore répertoriée dans la base de données nationale de l’INPN. Ses origines sans doute ne lui font pas craindre le froid ; aussi est-elle peut-être déjà en Ile-de-France, cachée dans les troupeaux de cicadelles vertes ? Chasseurs de cicadelles, à vos filets fauchoirs !


vendredi 17 novembre 2017

  • A la Maison des insectes

    A la maison des insectes du Parc du peuple de l’herbe, venez admirer les papillons exotiques fraichement éclos dans leur serre !

    Le papillon comète de Madagascar dort sur un schefflera © CACP – Gilles Carcassès

    Argema mittrei, le papillon comète des forêts de Madagascar est le plus grand lépidoptère nocturne producteur de soie. L’adulte est incapable de se nourrir et ne vit que quelques jours, le temps de se reproduire.

    Heliconius melpomene sur une fleur de canna © CACP – Gilles Carcassès

    Les chenilles d’Heliconius melpomene consomment des passiflores dans les forêts tropicales d’Amérique du Sud et centrale.

    Dryas iulia s’est posé sur Julie ! © CACP – Gilles Carcassès

    Le Flambeau est aussi un amateur de passiflores. On l’observe du Texas au Brésil et dans les Antilles.

    Dytiscus marginalis © CACP – Gilles Carcassès

    Le dytique bordé m’observait du fond de son aquarium. Cette espèce indigène de nos mares est présente dans le Val d’Oise. C’est un prédateur qui consomme des têtards, des alevins, des larves de tritons… L’extrémité des pattes antérieures des mâles est élargie et dotée de ventouses pour pouvoir s’agripper aux femelles.

    Bien d’autres merveilles vous attendent à la maison des insectes : blattes souffleuses de Madagascar, phasmes géants, cétoines d’Afrique, scorpions, mygales… Et bien sûr les animateurs de la Maison des insectes sont là pour répondre à toutes vos questions !

    Maison des insectes © CACP – Gilles Carcassès

    La Maison des insectes est aussi un très bel espace, parfaitement adapté pour la présentation pédagogique de tous ces arthropodes.

    Le jour de l’inauguration, il y avait trop de monde, je n’avais pas pu faire la photo avec Pupuce.

    Pupuce, la mascotte © CACP – Gilles Carcassès

    C’est chose faite, en compagnie de Jeanne-Flore, la créatrice de ce blog, maintenant animatrice nature au Parc du peuple de l’herbe.

    Présentation de la Maison des insectes, jours d’ouverture et tarifs, c’est ici


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